‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 4)Chapitre 3 sur 46 · AUX · texte numérisé non relu

AUX

tie pourd-ouest la baie,

sommict

jusqu'au bord de l'eau, Les diverses pointes qui s'avancent, et les différentes îles répandues dans Ja baie, forment un coup d'œil pittoresque. La mer tranquille et éclairée par le soleil couchant, les nuances variées de la verdure, et le chant des o1= scaux qui résonnait de toutes parts, adoucissaient li dureté qu'offrait d'ailleurs ce paysage. »

Tandis que Forster et son filsremontaicnt Ja baie en canot pour chercher des objets relatifs à l'histoire naturelle, Cook se rendit vers un rocher où l'on tua trois phoques: lun d'eux, qui pesait deux cent vingt livres, et qui avait six pieds de long, fut trésdiflicile à prendre ; ses blessures le mirent en fureur; il attaqua la chaloupe. Après avoir passé plusieurs îles, Cook atteignit les bras de la baie le plus au nord et à l'ouest ; ils sont formés par la côte de la pointe appelée Five Fingers (des cinq doigts), On vit au fond de cette £nse beaucoup de canards, des bécasses et d'autres oiseaux sanvages : on en tua quelques-uns. Forster rapporta une collec uon précieuse d'oiseaux nouveaux et de nouvelles plantes.

Il plat presque continuellement, et plusieurs jours s'écoulérent avant qu'on eût aucune entrevue avec les sauvages. Un homme et denx femmes se présentérent enfin le G avril, appelant par des cris les Européens. Debout sur nn rocher, Fhonime était armé de sa massue, et derrière lui, au bord du bois, étaient les deux femmes ayant chacune une pique à la main,

Ils avaient le teint de couleur d'olive où d’un brun foncé; leurs cheveux étaient noirs et bouclés, remplis d'huile et de poussière d'ocre ronge. L'homme les portait attachés sur le haut de la tête, et les fermes courts. Leurs corps étaient très-hien proportionnés dans la partie supérieure ; mais leurs jambes étaient minces, tournées en dehors et mal faites. On leur cria , dans la langue de Taitui, tayo harré, ami, viens 1c1.

« L'homme ne put s'empêcher de montrer beaucoup de crainte lorsque notre canot s'approcha du rocher ( c'est Cook qui parle): cependant il garda son poste avec intrépidité , et 1l ne se remua pas même pour ramasser les petits présens que nous lui jetions à terre. Enfin je débarquai , tenant à la main des feuilles de papier blanc; j'eflai à Pui et je l'embrassai ; je lui offris les bagatelles que j'avais sur moi, et je dissipai sur-le-champ sa frayeur. Bientôt après, les deux femmes, les ofliciers qui s'étaient embarqués avec moi, et quelques-uns des matelots vinrent nous joindre. Nous passâmes ensuite environ une demi-heure à parler sans nous entendre ; la plus jeune des deux femmes, qui babillait continuellement , eut la plus grande part dans cette conversation. Nous leur offrîmes du poisson et de la volaille que nous avions dans notre canot ; mais ils rejetérent ces dons , et ils nous firent entendre qu'ils n'en avaient pas besoin : le soir il fallut les quitter ; alors la plus jeune des femmes,

qui, par Ja volubilité de sa langue, surpassait toutes

ou d’un s et boure rouge.

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les parleuses que j'aie jamais rencontrées, dansa devant nous ; l’homme nous examina avec beaucoup d'attention.

« Le lendemain au matin, je fis avec MM. Forster et Hodges le peintre, une autre visite aux naturels du pays; je leur portai diverses choses qu'ils recurent avec beaucoup d'indifférence , si l'on en excepte les haches et les clous qu'ils estimaient plus que tout le reste. Cette entrevue se passa au méme endroit que celle de la veille; nous vimes alors toute la famille, composée de deux femmes (que nous prîmes pour les épouses du Zélandais ), d'une troisième trés-jeune, d’un garcon d'environ quatorze ans, et de trois petits enfans, dont le plus jeune était à la mamelle. Ils étaient tous de bonne mine, excepté l’une des femmes qui avait une grosse loupe sur la lévresupérieure, etqui paraissait fort négligée par l’homme à cause de cette difformité. Ils nous menérent dans leur habitation , placée à peu de distance des bords du bois : nous trouvämes deux pettes huttes d’écorces d'arbres, et sur la grève d'une crique près des huttes , une petite pirogue double , assez grande pour transporter toute la famille de place en place. Tandis que nous fûmes parmi eux, M. Hodges fit leur portrait, et ils lui donnérent le nom de toe-toe, mot qui signifie sans doute marquer ou peindre. En les quittant, le chef me présenta une pièce d’étofle on un vêtement de leur fabrique, un ceinturon d'algues, des colliers d'os, de petits oïscaux et des peanx d’albatros : je crus

22 NISTOIRE CÉNÉRALE d'abord qne c'était en retour de nos présens ; mais 1] me détrompa bientôt, en me témoignant qu'il désirait un de nos manteaux de mer. Je compris ce qu'il voulait , et je luren fis faire un de drap rouge dés que je fus à bord, où la pluie me retint le lendemain.

« Le 9, nous allâmes revoir nos Zélanduis, et je les avertis de notre approche en poussant des cris à leur manière; mais ils ne nous répondirent point, et ils ne vinrent pas à notre rencontre sur la côte comme à l'ordinaire. J'en appris bientôt la raison, car nous les trouvâmes dans leurs habitations, qui s’habillaient et se paraïent avec soin : leurs cheveux étaient peignés et huilés, rattachés an hant de la tête et ornés de plumes blanches : quelques-uns portaient une tresse de plumes antour de leur tête ; tous avaient des bouquets de plumes blanches fichés dans leurs oreilles. Ajustés ainsi, et tous debout, 1ls nous recurent avec beauconp de courtoisie. J'avais sur mes épaules le manteau ou la couverture desunée an chef, et je la lui présentai : il en fut si charmé, qu'il détacha de sa ceinture son patoupatou (il était d'un os de gros poisson), pour me le donner. Gibson, le caporal des soldats de marine, que j'avais pris avec moi, était l'hornme de l’équipage qui savait le mieux la langue zélandaise ; cependant il ne put pas venir à bout de se faire entendre : la prononciation de cette famille semblait avoir une dureté particulière. Nous ne fûmes qne peu de temps auprès d'eux ; et après avoir employé

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DES VOYAGES. 23 le reste du jour à reconnaître la baïe, la nuit nous renvoya à bord.

« Le temps avait été à terre nébuleux, sans pluie, dit Forster ; mais en arrivant au vaisseau , on nous dit qu'il avait plu sans relâche. Nous fimes souvent la même remarque durant notre séjour dans Ja baie Dusky. Les hautes montagnes situées le long de la côte sud de la baie, et dont la pente diminue par degrés vers le cap ouest, occasionnent probablement cette différence dans l'atmosphère. Ces montagnes étant presque toujours couvertes de nuages, et le vaisseau se trouvant au-dessous , il était exposé aux vapeurs qu'on voyait se mouvoir avec divers degrés de vitesse sur les flancs des collines, et qui, enveloppant d’un brouillard blanc et à demi opaque les arbres sur lesquels elles passaicnt, se convertissaient enfin en pluie ou en brumes, qui nous mouillaient jusqu'aux os. Les îles, dans la partie septentrionale, n’ayant pas de ces collines élevées qui attirent les brouillards, ils passent librement jusqu'aux Alpes couvertes de neige. Le brouillard continuel qui nous entourait, causait dans tout le vaisseau une humidité malsaine, ct gätait notre collection de plantes. Le bâtiment, mouillé si prés de la côte, était couvert par des bois, comme on l'a dit : même dans le beau temps, nous vivions dans l'obscurité ; 1l fallait allumer des flambeaux à midi : mais le poisson frais, la biére de myrte et de sapin , nous maintenaient en bonne santé, malgré les inconvéniens de notre position.

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À LE k { î

« Nous étions de véritables ichtyophages : nous mangions du poisson apprêté de tontes les mamicres, €t nous employions toutes sortes d'expédiens pour prévenir le dégoût : parmi les espèces

variées qu'offrait la mer, nous nous bornâmes à

| ' | | une particulière, que les matelots appelaient le LA charbonnier à cause de sa couleur foncée , et dont

le goût ressemble à peu près à celui de la morue : il est en effet du même genre ; sa chair ferme,

I. succulente et nourrissante n’est pourtant pàs aussi { grasse ni aussi ferme que celle de plusieurs autres

poissons de cette baie, que nous trouvions déli- | cieux , mais qui nous dégoûtaient bientôt. Un trésbeau homard, des coquillages, et de temps en temps un cormoran, un canard, un pigeon etun maca- un

reux, nous procuraient un régal extraordinaire.

« Le ciel ne fut clair et serein que le 12 avril; d'e nous pümes sécher nos voiles et notre linge. l'a M. Forster et son détachement profitérent du beau sex temps pour aller à terre faire une course de bota- avé ji: nique. |

« Sur les dix heures, les Zélandais vinrent en or | famille nous rendre une visite. Comme ils appro- tt | chaient de notre bâument avec beaucoup de pré- lie

caution , j'allai dans un canot à leur rencontre ; et

ti dés que je fus près d'eux, j’entrai dans leur piro- co gue : mais ne pouvant les engager à venir le long de du bâtünient, je fus obligé de les laisser suivre leur ce inclination. Ils débarquérent dans une petite anse ce ‘out près «de nous, et ensuite ils vinrent s'asseoir ur

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sur Je rivage, vis vis de La Résolution, d'où ils nous parlérent. Je fis alors jouer les cornemuses et les fifres, et battre du tambour. Ils ne montrérent aucune attention pour les deux premiers instrumens; mais ils parurent attentifs au son du tambour ; malgré nos invitations el nos caresses, ils refusèrent constamment de monter à bord ; ils conversérent trés-familiérement (sans se faire enwndre ) avec les ofliciers et les matelots qui allaient prés d'eux : ils avaient beaucoup plus d'égards pour quelques-uns de nos gens que pour d'autres; etnous avions lieu de croire qu'ils prenaient ceuxlà pour des femmes. La jeune Zélandaise témoigna particuliérement un attachement extraordinaire à un homme, jusqu'à ce qu'elle eùt découvert son sexe ; dés lors elle ne voulut plus le souffrir près d'efle. Je ne sais si cette réserve venait de ce qu’elle l'avait pris auparavant pour une personne de son sexe, où de ce que le matelot, pour se découvrir, avait pris quelque hberté qui lui avait déplu.

« L’aprés-midi je conduisis M. Hodges à une grande cascade qui tombe d'une haute montagne située à la côte méridionale de la baie, à environ une lieue au-dessus de l'endroit où nous étions mouillés.

« Cette cascade, observe Forster, semble peu considérable quand on la regarde d’en bas, à cause de sa grande élévation ; mais après avoir monté six cent pieds plus haut, nous la vimes à découvert ; ce spectacle est d’une extrême beauté. Une colonne transparente et argentée de vingt à trente picds de

circonférence, qui se précipite avec beaucoup d'impétuosité d'un rocher perpendiculaire élevé de six cents pieds, frappe d'abord les regards. Au quart de la hauteur, la colonne rencontrant une portion de roc un peu inclinée, forme une napre Himpide d'environ soixante quinze pieds de largeur. Sa surface courbée se brise dans sa course rapide sur Loutes les petites éminences, et les eaux se réur missent enfio an milieu d'un beau bassin, d'enviren trois cents pieds de tour, enfermé de trois côtés par les flancs des rochers, et en face, par des masses énormes de pierres irréguliérement entassées les unes sur les autres. Le courant s'ouvre un passage entre ces pierres, et s'enfuit en écumant le long de la pente de la colline jusqu’à la mer. Tous les environs de cette cascade, à la distance de trois cents pieds, sont remplis de vapeurs aqueuses que produit la violence de la chute. Ce brouillard est si épais, qu'il pénétrait comme de la pluie nos vétemens en quelques minutes. Je montai sur la pierre la plus élevée devant le bassin; ©t, regardant au-dessous, je remarquai un superbe arc-en-ciel d'une forme parfaitement circulaire, causé par les rayons du soleil réfractés dans la vapeur de la cascade. Au-delà de ce cercle, le reste du brouillard était teint de couleur prismatiques réfractées dans un ordre inverse. À guuche, on voit des rochers escarpés et bruns, dont le somniet est couronné d'arbres et d’arbrisseaux pendans; et à droite un tas prodigieux de grosses

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pierres, que la force du torrent avait probablement arrachées de la montagne. De là s'élève un banc incliné, haut d'environ deux cents pieds, sur lequel cest placé nn rempart perpendiculaire de soixante-quinze pieds, surmonté de verdure et de feuillages. Plus loin, à droite, les rochers brisés sont revêtus de mousses, de fougères, d'herbes et de fleurs : les deux côtés du ruisseau sont couverts d'arbrisseaux et d'arbres qui s'élévent jusqu’à quarante pieds. Le bruit de la cascade est si fort, et les échos voisins le répêtent si constamment, qu'il étoufle presque tout autre son : les oiseaux paraissaient s'en écarter un peu; dans le lointain, le chant aign des uns, les accens plus graves, ou la mélodie enchanteresse des autres, résonnaient de toutes parts, ct ajoutaient encore aux charmes de cette scène pitloresque. En jetant les regards autour de soi, on découvre une vaste baie jonchée de peuiles îles, embellies par de grands arbres : audelà, on aperçoit d’un côté des montagnes majcstueuses qui portent vers le ciel leurs têtes revêtues de nuages et de neiges; de l’autre, l'immense plaine de l'Océan termine l'horizon. Il estimpossible d’exprimer avec des mots la magnificence de ce tableau. Aprés avoir bien joui d'un coup d'œil si ravissant, nous contemplämes les fleurs qui animaient le terrain, et les petits oiseaux qu chantuient et voltigealent de toutes parts. Les productions végétales et animales étaient plus belles et plus abondantes dans cctte haie que partout ailleurs où nous

avions débarqué : pent-être parce qne les côtés perpendiculaires du rocher réfléchissant les rayons du soleil, et mettant cet espace à l'abri des tempètes, le climat y est plus doux.

Cette cascade est à la pointe orientale d’une anse qui court sud-ouest l'espace de deux milles, et que Cook nomma l'anse de la Cascade. On y trouve un bon mouillage et tout ce qui est nécessaire à des navigateurs. C’est dans cette anse que nous vimes pour la première fois les naturels du pays. Le 18 avril ils nous promirent de venir nous voir le lendemain. Dans l'intervalle, ils eurent une querelle : l'homme batut les deux femmes; la jeune fille lui rendit ses coups , et se mit à pleurer. Nous ne sûmes pas quelle fat la cause de cette dispute; mais si la Jeune femme était fille du Zélandais, il paraît qu'ils ne respectent pas beaucoup le droit paternel ; on peut dire aussi que cette famille solitaire, méprisant les coutumes et les règles de la société civile, agissait en tout d’après l'impulsion de la nature, qui se révolte contre tonte espèce d'oppress10N,

« Le chef se présenta avec sa fille à nos avantpostes à terre, tandis que le reste de la famille allait à la pêche sur une pirogue : il commenca par frotter son nez contre le mien et contre celui de M. Forster, ce qui est la manière de saluer. Je leur montrai d'abord nos chèvres et nos moutons ils les regardérent quelque temps avec une insensibilité stupide ; mais ensuite ils les demandérent :

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DES VOYAGES, 20 nous ne leur en donnâmes pas, parce qu'ils les auraient laissés mourir de faim. L'homme, avant d'entrer dans le vaisseau, se tourna de côté, placa une peau d'oiseau et des plumes Blanches dans le trou d'une de ses orcilles, et rompit une branche verte d'un arbrisseau. 1 prità sa main cette branche, et ilen frappa plusieurs fois les flancs du vaisseau, en répétant unc harangue ou priére qui semblait avoir des cadences régulières, et un mètre comme un poëme. Dès qu'il eut fini, il jeta la branche dans les grandes chaînes de haubans, et il entra à bord. Quoique la jeune femme ne fit d'ailleurs que rire et danser, elle parut trés-sérieuse , et elle se ünt durant la harangne anx côtés de l'homme qui parlait. Cette manière de prononcer un discours avec solennité et de faire la paix, est universelle parmi les insulaires du grand Océan.

« Je conduisis les deux Zélandais dans ma chambre où nous déjeunions : ils s’assirent à table; mais 1]s ne voulurent täter d’aucun de nos mets. L'homme cherchait à savoir où nons dormions, et il furetait dans tous les coins de la pièce, dont chaque partie lui causait de la surprise. Mais 1] ne pouvait pas fixer un moment son attention sur un objet en particulier. Les ouvrages de Part lui apparaissaient sous le même point de vue que ceux de la nature, et il était aussi éloigné de concevoir les uns que les autres. Le nombre et la force de 168 ponts, ainsi que d’autres parties du bâtiment, semblaient cependant le frapper davantage, Avant

d'entrer, 1l n'avait présenté une pièce d’'étoffe et une hache de tale vert : il donna une seconde pièce d''toffe à M, Forster; et la fille, reconnaissant M. Hodges, dont elle avait tant admiré le pinceau, Jai en offrit amicalement une troisième. Cette coutume de faire des présens est répandue chez les naturels des îles du grand Océan; mais je ne savais pis encore qu'elle s'observät à la Nouvelle-Zélande, De tout ce que mon hôte recut de moi, les haches et les clous avaient le plus de prix à ses yeux. Dés qu'une fois il les avait touchés, 11 ne voulait plus les laisser sortir de ses mains; au lieu qu'il portait négligemment partout, et à la fin*oubliait de reprendre la plupart des autres présens.

« Nos oies parurent les amuser beaucoup : ils caressérent aussi à diverses reprises un johi chat ; mais ils lui rebroussaient toujours le poil, quoique nous leur montrassions à le toucher de l'autre côté : 1]s admiraient probablement la richesse de sa fourrure.

« Ils n’entrérent dans nos chambres qu'après un long débat ; ils furent surtout charmé d'apprendre l'usage des chaises, et de voir qu'on les portait de place en place.

« Parmi les différentes caresses qu'ils nous firent, .

l'homme tira de dessous son vêtement nn petit sac de peau de phoque; et après y avoir mis avec beaucoup de cérémonie ses doigts qui en sorti rent couverts d'huile, il voulut oindre les cheveux du capitaine; mais celui-ci n'accepta pas cet hon-

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DES VOYAGES. 31 neur, parce que l'onguent, qui était peut être pour les Zélandais un parfum délicieux, sentait mauvais pour nous, et la saleté du sac qui le contenait achevait de nous dégoûter. M. Hodges fat contraint de subir l'opération : car la jeune fille ayant plonge une toufle de plumes dans cette huile, elle voulut absolument en orner le cou de notre &essinateur, qui par complaisance garda ce présent de mauvaise odeur.

« Dés que je me fus débarrassé d'eux , on les conduisit dans la sainte-barbe, et l'on épuipa deux canots pour aller examiner le fonds de la baie: Fan fut monté par M. Forster, M. Hodges et mot, et Pantre par le lieutenant Cooper. Je remontai le côté méridional, et nous arrivämes au fond Île la baie au coucher du soleil, En nous éloignant de la mer, nous trouvâmes les montagnes plus élevées, plus escarpées et plus stériles. La hauteur et la grosseur des arbres diminuaient insensiblement : on ne voyait plus que des buissons ; ce qui ne s'ohserve pas dans les autres parties du monde, où l'intérieur d’un pays renferme de plus belles forêts et de plus beanx bois que les côves de Ja mer. Nous apercevions trés-distinctement la rangée inférieure des montagnes appelées les Alpes méridionales, dont les sommets élevés étaient couverts de neie.

« Nous passimes près de plusieurs iles boisées, on y voyait de petites anses et de petits ruisseaux : sar une des pointes avancées vis-ï-vis la dermere

il , A 1 < LR ile, nous découvrimes une belle cascade se préct-

pitant par-dessus un grand rocher revêtu d'arbres et de buissons : l'eau était au bas parfaitement calme, unie ct transparente; on y apercevait comme dans une glace le paysage des environs; une foule de points de vue pittoresques, réunis par des masses de lumière et d'ombre, produisaient un effet admirable.

« Nous crûmes remarquer de la famée au fond de Ja baie; mais comme il ne parut aucun feu la nuil suivante, nous crûmes que nous nous trompious. Nous fîmes alors nos préparatifs pour nous coucher : ayant choisi une grève près d’un ruisseau et d'un bois, on débarqua les avirons, les voiles, les manteaux, les fusils, les haches, sans oublier les bouteilles de bière et de liqueurs fortes. Les uns rassemblérent du bois sec (il est quelquefois diflicile d'en trouver dans un pays ausst humide que Ja Nonvelle- Zélande ); les aitres firent du feu, Ceux-ci dressérent une petite tente; ceux-là nettoyérent et séchérent le terrain aux environs. Quelques matelots préparérent le porsson, plumérent et rôurent les oiseaux aquaiques, mirent Ja table, et firent le service : nous soupämes avec beancoup d'appéut; discourant sur la délicatesse serupuleuse des nations civilisées. Nous écoulämes ensutte les plaisauteries de nos matelots,

qui, en mange our du feu, racontent des

histoires véritab Hits, entremélécs de juremers, dit, LURDICSSIONS LTOS= SICFCS, Apres us ul hit avec des

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