‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 4)Chapitre 4 sur 46 · CC · texte numérisé non relu

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« Le lendemain, je débarquai sur un des côtés de Ja baie, en ordonnant à la chaloupe d'aller à notre rencontre de l’autre. À peine fümes-nous à terre, que nous vimes quelques canards : en me glissant doucement à travers les buissons, je vins à bout d'en tuer un. Au moment où je tirai, les naturels, que nous n'avions pas découverts, poussérent un cri horrible en deux ou trois endroits près de nous. Nous leur répondîmes par d’autres cris, et nous nous retirâämes à notre chaloupe, qui était à un demi-mille au large. Les Zélandais conunuérent leurs cris, mais sans nous suivre. Je reconnus ensuite qu'ils ne le pouvaient pas, parce qu'un bras de riviére les séparait de nous, et que leur nombre n’était pas proportionné au bruit qu'ils faisaient. Dés que j'eus aperçu cette rivière, j y entrai avec la chaloupe, et je fus bientôt joint par M. Cooper; avec ce renfort je la remontai, tuant des canards sauvages : nous entendions de temps en temps les naturels du pays dans les bois. Enfin un homme et une femme se montrérent sur le bord de la rivière : la femme agi-

tait dans sa main quelque chose de blanc en signe

d'amitié. Il est étonnant que presque toutes les na-

4ions de la terre aient choisi la couleur blanche ou

les branches vertes pour annoncer leurs dispositions pacifiques, et qu'avec ces emblèmes dans leurs XX, 5

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mains, ils se confient à la bonté des étrangers; ea enfin cette couleur blanche et ces branches vertes n'ont aucune aison mtrinséque avee Fidée d'ami

té et de paix. Comme M. Cooper était prés d'eux,

je lu dis de débarquer : sur ces entrelutes, je pro-

fit de la marée pour remonter lirivicre aussi haut qu'il me serait possible, A peine eus-je fait un denmi-nulle, que je fs arrêté par la force du cou rant, et par de grosses pierres qui étaient au mien du lit.

« M. Forster pére monta de son côté sur un colline, au travers des fougères, des arbres pourris et des forêts épaisses, et 1l arriva au bord d'un joh ac d'environ un demi-mille de diametre.

L'eau était limpide, douce et d'un bon goût; mais les feuilles des arbres qui s'y plongeaient de tous côtes, lui avaient donné une couleur brunître : 1l n'y vit qu'une espéce de poisson sans écailles, brun et tacheté de jaune, ressemblant à la truite. Une forèt sombre, composée de grands arbres, enfermat le lac, et des montagnes de différentes formes s'élevaient tout autour. Les environs étaient déserts et silencieux ; on n'entendait pas le gazouillement d'un seul oiseau, tant il fuisait froid à cette hauteur; pas une seule plante ne poussait des fleurs : ce lieu tranquille inspirait une douce mélancolie.

« J'appris à mon retour que M. Cooper n'ayant pas débarqué au moment où les Zélandais l’attendent , ils s'étaient retirés dans les bois; mais deux

autres parurent alors sur le bord opposé. J'essayai

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