‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 4)Chapitre 31 sur 46 · HET · texte numérisé non relu

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DES VOYAGES, 569 usages et les mœurs de son pays. Il ne faut pas s'étonner qu'un naturel des îles de la Société préfère la vie heureuse, les alimens sains et les habits suuples de ses compatriotes, à l'agitation perpétuelle, aux mets dégoûtans, et à la parure gênante et bizarre d’une troupe de :

puisqu'on voit les Esquim ment dans leur affreux pa

eurs européens , rner joyeusenourrir de la

chair et de l'huile rance de baleine, après avoir

mangé à Londres des mets infiniment plus délicats, et joui de tous les plaisirs et de la magnificence de cette grande capitule.

« Oedidi fut traité ainsi qu'il l’espérait : tous les Taitiens qui le virent le regardaient comme un prodige : ils lui offrirent les mets les plus exquis, plusieurs vêtemens complets, et les nymphes de l'île lui prodiguérent leurs faveurs. Il aimait le plaisir comme tous les enfans de la nature : privé de femmes pendant long-temps, et ayant pris peut-être du goût pour la débauche, en fréquentant les matelots, il ne manqua pas de profiter de

| l'occasion , et ne revint plus guère à bord. Ce qui

lui donnait le plus de goût pour rester à terre, c’est

{qu'il pouvait aisément y satisfaire tous ses désirs.

D'ailleurs le vaisseau , sous un climat chaud, est un asile pen commode pendant la nuit. I y aurait été enfermé dans une chambre étroite et puante,

qau lieu qu'à terre il respirait un air pur, embaumé

de parfums délicieux, et rafraîchi par une brise de terre exactement pareille au zéphyr dont parlent XX. 24

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370 HISTOIRE GÉNÉRALE tant les poètes. Enfin l’'heureux Oedidi goûta des jouissances dont nous sommes incapables de sentir le charme.

« Dès le premier soir, les matelots appelèrent des femmes à bord, et les excès de la nuit furent incroyables.

« Les femmes qui avaient passé la première nuit à bord revinrent la nuit suivante accompagnées de plusieurs autres; de sorte que chaque matcelot eut la sienne. La nuit fut très-belle et la lune charmante ; et comme nous célébrions la fête de saint George, patron de la Grande-Bretagne, ils mélérent les plaisirs de Vénus aux orgies de ces anniversaires.

« Le 24, le roi O-tou et plusieurs autres chefs,

suivis d’un nombreux cortége, nous rendirent vi- | site, dit Cook, et nous apportérent en présent dix &

ou douze gros cochons et des fruits : nous les ac-

cueillimes le mieux qu'il nous fut possible. Averti @

de l’arrivée du prince, j'en ürai un augure favorable, et sachant combien il était important de gagner son anutié , j'allai à sa rencontre près de nos tentes, puis je le conduisis sur mon canot, ainsi que ses amis, à bord , où ils restérent à dîner. Ils partirent

ensuite chargés de présens et trés-contens de notre M

réception.

« Le roi était accompagné de sa sœur Touraï et M de son frère, et il ne montrait plus cette défiance qu'il avait lors de notre première relâche. Il de- 4 manda surtout des plumes de perroquet rouge, #

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mage précieux qu'Oedidi fit à ses amis donnèrent

sans doute occasion aux demandes du prince :

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cherchant à l'instant tout ce que nous avions rasit furent

semblé aux îles des Amis , nous en trouvämes une quantité considérable, que nous ne jugeâmes pas à propos de montrer tout à la fois. Les Taïitiens mettent un prix inestimable à ces plumes rouges, dont » Îles gucrriers ornent leurs vêtemens, et dont ilsse servent peut-être dans les grandes solennités.

« Le lendemain, malgré un orage violent accomptgné de tonnerre, d’éclairs et de pluie, le roi revint avec beaucoup de provisions. Les princi-

& paux personnages des deux sexes s’efforcérent aussi

Le chefs 4 de gagner nos bonnes grâces en nous amenant des Aer VE À cochons, des fruits, et tout ce que produisait l'île, résent dix afin d'obtenir de même des plumes d’oura. Il fut heureux pour nous d’en avoir beaucoup, car notre | fonds de marchandises était alors fort épuisé ; de sorte que sans elles il eùt été diflicile d'approvi- | sionner le vaisseau des rafraichissemens nécessaires. | « Notre ami Potatou , Ouhaïneou, sa femme ac- | LÉ tuelle, et Polatehera, sa première femme, vinrent PARUTEN * { aussi nous voir : ils étaient attirés par l'éclat de OR AQU «À nos plumes rouges; ils ne négligérent rien pour en avoir ; ils donnèrent les plus gros cochons pour de petits morceaux d’étoffe garnis de ces plumes.

« L'orage avait été si violent, que l’on plaça une chaîne de cuivre tout au haut du grand mât : à l'instant où un des matelots venait de la dégager

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du milieu des haubans, et de jeter l'extrémité pardessus bord , un éclair terrible brilla au-dessus du vaisseau, el nous vimes la flamme courir tout le Jong de la chaîne jusqu'à la mer ; il fut suivi d’un coup de tonnerre épouvantable qui ébranla tout Je bâtiment, au grand étonnement des Européens et des Taïtiens qui étaient à bord. Cette explosion ne nous causa pas le moindre dommage, ce qui prouve Putilité de la chaîne électrique.

« Nous trouvâmes qu'on venait de construire et qu'on construisait beaucoup de grandes pirognes et de maisons de toute espèce ; que le même penple qui, buit mois auparavant, n'avait pas d'asile pour s'y mettre à l'abri, vivait alors dans des habitations spacieuses ; on apercevait d'ailleurs toutes les marques de la prospérité d'un état naissant.

« Nous avions déjà tant de cochons à bord , qu'il failut faire nne étuble à terre; l'on se souvient qu'en 1773 c'était une faveur lorsque le roi ou le chef voulait bien nous en cé “ua seul.

« D'après ces favorablese: . snstances, Cook ré. !

solut de faire un Toni; séjour à Taïui ; en conséguence, on porta à terre les futuilles vides et les voiles pour les réparer ; on se prépara à calfater le

bâtiment et à raccnimmoder les agrés; la longue 24 navigation sous les hantes latitudes australes avait ?

rendu tous ces travaux indispensables.

« Le matin du 26, dit Cook , j'allai à O-parri, Xl avec quelques-uns de nos officiers et M. Forster, |

pour faire à O-tou une visite en forme. En appro-

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