‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 4)Chapitre 8 sur 46 · RUE · texte numérisé non relu

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donnerions quelque chose, La veille, dans la maünde, un homme m'avait ainsi présenté son fils, âgé d'environ neufou dix ans : comme on assurait alors qu'ils vendaient Jeurs enfans, je crus qu'il voulait que j'achetasse le sien ; mais je découvris enfin qu'il demandait seulement ne lui une chemise blanche; je lui en donnai nine, L'enfant était sicharmé de son nouveau vêtement, qu'il se promena sur le vaisseau, et se montra avec complisance à tous ceux qu'il rencontrait, Cette liberté offensa nn vieux bouc qui Fétenditsur le pont d'un coup de corne, et aurait recommencé si l'on ne füt allé au secours de PFenfant, La chemise fit salie, l'enfant n'osait reparaître devant son pére, qui était dans ma chambre ; 11 fallut que M. Forster lintroduisit : alors le pauvre enfant raconta une histoire trés-lamentable sur gourey, le grand chien (car c'est ainsi qu'ils appelaient tous les qudrupédes que nous avions à bord ), et on ne put le calmer que lorsqu'on eut lavé et séché sa chemise. Ce fait, minutieux en lui-même, prouvera combien nous sommes sujets à nous méprendre sur les intentions de ces peuples, et à leur attribuer des usages qui leur sont absolument étrangers.

« Vers les neuf heures, nous apercümes une grande pirogue double, montée par vingt'ou trente hommes. Les Zélandais, nos amis , que nous avions à bord, parurent fort alarmés ; ils nous dirent que

cétuent leurs ennenus; et deux d'entre eux, Fan

76 HISTOIRE GÉNÉRALE tenant à la main une pique et l’autre une hache de pierre, montèrent sur l'arrière du vaisseau ; là ils défiérent leurs ennemis, par une espéce de bravade. Les autres qui étaient à bord, se rendirent sur-le-champ à leurs pirogues, et gagnèrent la terre, probablement afin de mettre en sûreté leurs femmes et leurs enfans.

« Toutes mes sollicitations ne purent pas engager les deux qui nous restaient à appeler les étrangers le long de notre bâtiment : au contraire ils étuient fâchés de ce que je leur faisais des signes d'invitation ; ils me priaient de plutôt tirer dessus. Les Indiens qui montaient la pirogne parurent lare peu d'attention à ceux qui étaient à notre bord , mais 11s s’avancèrent lentement vers nous.

« Deux hommes d’une belle aille , l'un à l'avant et le second à l'arrière Ac la pirogue, se levérent tandis que les autres restérent assis. Le premicr avait un manteau parlaitement noir de natte trésserrée, garni de compartimens de peau de chien : il tenait à la main une plante verte (c'était dr phormium , dont on à déjà parlé plusieurs fois ), et de temps en temps il proférait quelques mots. Son camarade prononcait trés-hant, et lune mamére solennelle, une longue harangue bien aruculée ; tantôt 1l élevait , tantôt il abaissait sa voix. D'après la diversité de ses tons et de ses gestes , 1l semblait, tour à tour, faire des questions, se van: ter, défier au combat et nous persuader : quelquefois 1 parlait sur un ton assez bas; puis 1l pous-

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DES VOYAGES, 77 sait tout à coup des exclamations violentes, ensuite il s’arrêtait un momeni pour reprendre haleine. Quand il eut fini son discours, le capitaine l'invita à monter à bord : il parut d’abord indécis et défiant ; mais, emporté par son courage naturel, 1l entra sur le vaisseau et fut suivi de tous ses gens. Ils saluèrent à l'instant, par une application de nez, les naturels qui étaient déjà à bord , et firent le même compliment à tous ceux d’entre nous qui se trouvérent sur le gaillard d’arrière. Les deux orateurs furent introduits dans la grand’ehambre ; l'un se nommait Teirétou ; il venait de la côte opposée de l’île septentrionale, appelée Tierraouhite,.

« Dés qu'ils furent avec nous, la paix s'établit à l'instant de tous côtés. Il ne me parut pas que ces nouveaux venus eussent dessein d'attaquer leurs compatriotes ; du moins s'ils avaient formé ce projet, ils sentirent que ce n'était ni le temps ni le licu de commettre des hostilités. Ces étrangers demandérent aussi, avant tout, des nouvelles de Topia; et quand ils apprirent sa mort, ils exprimérent leur afflicuion par une espèce de lamentauon, qui me sembla plus feinte que réelle. Ses lumières et ses talens, la facilité avec laquelle il parlait ie langage des Zélandais, l'avaient rendu cher à ces barbares. Déjà ceux que le capitaine Furneaux avait vus à son arrivée, et ceux qui veaient fréquemment nous visiter s'étaient aussi informés de Topia, avaient témoigné le même regret

en apprenant sa mort, ct même demandé si nous ne l'avions pas mangé. Topia était peut-être plus propre que nous à conduire ces hommes à état de civilisation où sont parvenus les îles de la Société. En effet, nous ne prendrions pas dans nos instructons Ja voie la plus courte, parce que nous n'entrevoyons point les chaînons intermédiaires qui lient leurs faibles idées à la sphère étendue de nos connaissances.

« T'eiréiou et ses camarades étaient plus grands que les Zélandais que nous avions vus jusqu'alors. Nous n'avions pas remarqué parmi les habitans du canal de la Reine Charlotte, des habits, des ornemens et des armes aussi riches que les leurs ; ils parlaient avec une volabilité absolument nouvelle pour nous. Is avaient plusieurs manteaux couverts presque partout de peaux de chien, et meltaient un grand prix à ces manteaux qui Îles préservaient du froid que l’on commencait à senur. Ils portaient d’antres manteaux de fibres de phormium tont neufs et embellis par d'élégantes bordures, symétriquement travaillées en ronge, noir et blanc, et qu'on aurait pris pour l'ouvrage d'un peuple plus civilisé. Le noir est si fortement imprimé sur leurs étofles, qu'il mérite l'attention de nos manufacturiers ; en eflet, on a grand besoin, en Angleterre, de productions végétales qui donnent cette couleur d'une manière durable; mais nous connaissions si peu la langue de ces insulaires, qu'il ne nous a pas été possible d'acquérir des lu-

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DES VOYAGES. AT mivres sur ce point. Leurs manteaux sont carrés ; deux coins se rattachent sur la poitrine avec une épingle d'os de baleine où de pierre verte. Un ceinturon d'une fine natte d'herbes, lie sur leurs reins la parte inférieure du manteau, qui descend ensuite Jusqu'au milieu de Ja cuisse, et quelquefois jusqu'au milieu de la jambe. 11s étaient d'ailleurs aussi malpropres que les Zélandais du canal de la

eine Charlotte, et des essaims de vermine reniphissuient leurs habits. Outre ceux qui avaient le visage sillonné, d’autres y mettaient de locre rouge et de l'huile: ils étaient charmés quand nous enduisions leurs joues de vernullon, Ils gardaient dans de petites calchasses proprement sculptées, une huile très-puante : tous leurs outils étaient sculptés d’une manière élégante et faits avec beaucoup de soin; le tranchant d'une hache qu'ils nous vendirent était du plus beau jade vert, ete manche relevé par une jolie ciselure. Is nous apportérent quelques instrumens de musique, entre autres une trompette ou tube de bois , d'environ quatre pieds de long , assez droit, de deux pouces de diamètre à l'embouchure, et de cinq à Pautre extrémité : elle produisait un braiement sauvage, toujours sur la même note : des joueurs plus habiles auraient pu en tirer de meilleurs sons. A l'aide d'une autre trompette faite d’un grand burgau, montée en bois, sculptée et percée à la pointe où s'applique la bouche , ils produisaient un mugissement horrible. Nous donnäâmes le nom de flûte à un troi-

$o HISTOIRE GÉNÉRALE

sième instrument : c'était un tube creux, élargi dans la partie du milieu, où il y avait une grande ouverture, une seconde et une troisième aux deux extrémités. Cette trompette, ainsi que la premiére, était composée de deux demi-cylindres creux, placés si exactement l'un sur l’autre , qu'ils formaient un tube parfait. Une figure humaine décorait, comme à l'ordinaire , la prouc de leur pirogue ; mais outre les yeux de nacre de perle, une longue langue sortait de la bouche, probablement parce qu'ils sont dans l'usage de uürer la langue, pour témiotgner du mépris et faire un défi à leurs ennenuis. La figure de 12 langue se trouve encore à la prouc de leurs pirogues de guerre et à l'extrémité de leurs haches de bataille ; ss la portent sur la poitrine, suspendue à un collier, et ils Ja seulptent méme sur les peiles avec lesquelles ils vident l'eau, et sur leurs pagaies.

« I y eut bientôt un commerce d'échange entre eux et nous, Ils achetaient avec beaucoup d'empressement nos ouvrages de fer. I ne fut pas possible d'empècher les matelots de vendre leurs habits pour des bagatelles sans atilité et sans aucun prix, ce qui mobligea de renvoyer nos hôtes plus tôt que je n'aurais fait. En partant ils montérent à Motouara, où , à l’aide de nos lunettes, nous decouvrimes quatre où cinq pirogues et plusieurs Indiens sur la côte. Je résolus de m'y rendre en chaloupe avec M. L'orsier et un de mes officiers. Le chef et toute la tribu composée d’une centaine de

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« Nous leur donnâmes, entre autres objets, des médailles de cuivre doré, d'environ un pouce trois quarts de diamètre, qu’on nous avait chargés de répandre parmi les nouveaux peuples, comme des 3 paumens de notre expédition. L'un des côtés rep' sec latétedu roi, avec l’inscripüon : Georgerzr1, ro ela Grande-Bretagne , de France et d'Irlande ; et le revers, deux vaisseaux de guerre, avec ces noms, la Résolution et l’Aventure; et on lit sur l'exergne : Partis d'Angleterre au mois de mars 1772 (1). Nous avions déjà donné quelques-unes de ces médailles aux naturels de la baie Duasky, et à ceux du canal de la Reine Charlotte. Comme ils avaient beaucoup d'armes, d'outils, de vêtemens, etc., nous en achetâmes un grand nombre, et parce qu'ils montraient un certain respect pour HRénsou y Cook avait pensé que c'était un chef et même un roi. Forster observe que le capitaine à pu se tromper, car ces insulaires ont constamment des égards pour les vieillards, vraisemblablement à cause de leur expérience. Les chefs, jeunes et dans Ja fleur de l’âge, sont toujours frts et actifs. Ils choisissent peut-être , ainsi que les sauvages de l'Amérique septentrionale , les hommes d’un courage et d’un talent reconnu, et bons soldats : en effet,

\ > É , LÉ 37 4 (9) Il avait d’abord été décidé que les vaisseaux partiraient dès le mois de mars,

un peuple en guerre a besoin d'un pareil chef pour l'animer et le diriger. Plus on considère le caractère guerrier des Zélandais, et leur manière de vivre en petites peuplades, plus cette élection paait nécessaire. Ils voient clairement que les qualités d'un chef ne se transmettent pas à son fils, et que le gouvernement héréditaire tend au despotisme.

« Ces Indiens avaient avec eux six pirognes et tons leurs meubles ; d'où l'on peut conclure qu'ils étaient venus résider dans ce canal, 11 faut cependant remarquer que, lors même qu'ils s'éloignent peu de leurs habitations, 1ls ont coutume de porter avec eux tous leurs biens ; tout canton leur est indiflérent dés qu'ils y trouvent la subsistance nécessaire ; ainsi ils ne sont jamais hors de chez eux, Il est aisé d'expliquer par là l'émigration de ce petit nombre de familles qu'on trouve dans la baie Dusky. Conmme ils vivent dispersés en petites troupes, 1ls éprouvent plusieurs inconvéniens auxquels ne sont pas sujettes les sociétés réunies en forme de gouvernement ; celles-ci établissent des lois ei des réglemens pour l'utilité commune, L'apparition des étrangers ne les alarme pas, et si l'ennemi public les attaque ou envahit leur pays, elles ont des forteresses où elles peuvent se retirer et défendre avec succes leurs propriétés et leurs foyers. Telle paraît être la situation des Zélanduis d’Ihéi-Nomouei ; tandis que ceux de Tavai-Poennammou, ménent une vie errante, el ne jouissentpresqued'au-

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DES VOYAGES. 09 cun des avantages de la société, ce qui les expose À des alarmes continuelles. En général, nous les avons trouvés constamment sur leurs gardes ; soit qu'ils voyagent, soit qu'ils travaillent, ils ont toujours les armes à la main. Les femmes elles-mêmes ne sont pas exemptes d'en porter, ainsi que je le reconnus à notre premiére entrevue avec la famille de la baie Dusky : chacune des deux femmes avait une pique de dix-huit pieds de long.

« J'ai fait ces réflexions, parce que je ne me souviens pas d'avoir, lors de mon second voyage, revu un seul des insulaires que j'y avais aperçus trois ans auparavant ; aucun ne m'a reconñu, non plus que les compagnons de mon premier voyage. Il est donc probable que la plus grande partie des Zélandais qui habitaient ce canal en 1770 en ont depuis été chassés, ou que de leur propre gré ils se sont retirés ailleurs. Il est sûr qu’en 1775, le nombre des habitans était diminué de plus des deux uers. Leur forteresse, sur la pointe de Motouara , était déserte depuis long-temps; et dans toutes les parties du canal beaucoup d'habitations étaient abandonnées. Il ne faut cependant pas conclure de là que ce canton ait été jadis très-peuplé ; car chaque famille qui se meut de place en place peut avoir, pour sa commodité, plus d’une ou deux huttes.

« On demandera peut-être comment ces Zélandus, n'ayant jamais vu l’Endeavour, ni personne

de son équipage, ont appris le nom de Topia,

et pourquoi l'on trouve parmi eux des meubles,ete., qui n'ont pu leur venir que de ce bâtiment. Je répondrai que le nom de Z'opia était si généralement connu chez eux lors de ma premiére expédition, que vraisemblablementil se répandit sur une grande partie de la Nouvelle-Zélande , et qu'il devint trésfamilier à tout le monde. Ils auraient également demandé des nouvelles de Topia au premier vais seau qui y serait arrivé, de quelque nation qu'il eût été. La plupart des objets et des marchandises qu'y laissa l'Endeavour ont sans doute passé de même entre les mains de ceux qui n'avaient jamais aperçu ce navire, J'obtüins d'un des Indiens un pendant d'oreille d'un verre trés-bien poli : ce verre leur avait sûrement été apporté par l'Endeavour. »

Cook eut soin de mener le chef aux jardins que l'on avait semés : 1l lui fit voir toutes les plantes, eten particulier les pommes de terre. Le Zélandais montra beaucoup de goût pour cette derniére; il semblait la connaître, parce que la patate douce ( convolvulus batatas ) se trouve sur l’île septentrionale. 11 promit de ne pas détruire la plantation, et même d'en prendre soin.

« Après avoir demeuré environ nne heure à Motouara avec ces Zélandais, je retournai à bord, ct je passaï en fête, avec le capitaine Furneaux et ses officiers, le reste de ce jour, anniversaire de la naissance du roi George 11; j'accordai une double ration aux matelots , et ils partagèrent la joie gé-

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mer, je donnai au capitaine Furneaux le journal par écrit de la route que je projetais de suivre, Je lui dis que je voulais faire route à l'est, entre les 41 et 46° parallèles sud, jusqu'an 140 ou 135° degré de longitude ouest ; ensuite , si je ne découvrais point de terre, cingler vers Taïti, puis revenir de là à la Nouvelle-Zélande par la traversée la plus courte, et après y avoir fait du bois et de l'eau, me diriger au sud, reconnaître toutes les parties inconnues de la mer qui est entre le méridien de la Nouvelle-Zélande et le cap Horn. En cas de séparalion avant notre arrivée à Taïti, je nommai celte île pour rendez-vous ; je lui recommandai de m'y attendre | jusqu ’au 20 août ; et si je ne le rejoignais pas à cette époque, de revenir promptement dans le canal de la Reine Charlotte, et d'y rester jusqu'au 20 novembre ; enfin ( si je ne le retrouvais point alors ) , d’appareiller et d'exécuter les instructions de l’amirauté.

« Quelques navigateurs traiteront peut-être d’extraordinaire le projet d'entreprendre des découvertes au sud jusqu’au 46° degré de latitude, au milieu de l'hiver ; mais quoique cette saison ne soit point du tout favorable à de pareilles campagnes , il me parut nécessaire de ne pas perdre ce temps, alin de diminuer ce qui me restait à faire ; car je €raignais de ne pouvoir pas, l'été suivant, achever de reconnaître la partie méridionale du grand Océan ; d'ailleurs, si je découvrais quelque terre

dans ma route à l'est, j'aurais pu commencer avec l'été à examiner ses côtes. Indépendamment de loutes ces considérations, je ne courais pas de grands dangers; mes deux vaisseaux étaient bien approvisionnés, et les équipages en bonne santé ;il était impossible de mieux employer la saison : en supposant que mes tentatives n'enssent aucun succés, je comptais du moins apprendre à la postérité quon peut naviguer sur ces mers, et y entreprendre des découvertes, même au milieu de l'hiver.

« Durant notre séjour dans le canal de la Reine Charlotte , je fis des remarques qui ne me donnèrent pas trop bonne opinion de la morale des insulaires. Les femmes de la Nouvelle-Zélande m’avaient toujours paru plus sages que celles des îles du grand Océan. Si quelques-unes accordérent de légères faveurs à l'équipage de l’Endeavour, elles le faisaient ordinairement en secret , et les hommes ne semblaient pas s'en mêler. Mais on me dit alors qu'ils étaient ‘les principaux entremetteurs d'un commerce honteux ; que, pour un clou ou tout autre objet, ils obligeaient les femmes à se prostituer elles-rrémes de gré ou de force, et sous les yeux du public. »

Le 7 juin 1975, les deux vaisseaux sortiren:

du canal de la Reine Charlotte par le détroit de Cook, et firent route au sud, Pendant plus de deux mois de navigation, Cook et son collégne cherchérent à découvrir un continent dans les latitudes

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moyennes de la mer du Sud; mais ils ne rencontrérent que des îles basses, à demi submergées , qui ne s’élevaient au-dessus de la mer que de trois ou six pieds au plus. Ces îles paraissaient couvertes de cocotiers. Nos navigateurs avaient le plus grand besoin de rafraichissemens et de repos. Cook se détermina donc à relâcher dans la bai iu-Piha, près de l'extrémité sud-est de Tati. eaux y abordérent le 16 août. Il faut ent jeune Forster.

« Dés la veille, les montagnes de ce pays désiré sortaient du milieu des nuages dorés par le coucher du soleil. Tout le monde , excepté un ou deux matelots qui ne pouvaient pas marcher, se rendit avec empressement sur le gaillard d'avant , pour contempler cette terre sur laquelle nous formions tant d'espérance, et qui enchante tous les navigateurs qui y ont abordé.

« Nous passâmes une nuit heureuse dans l’attente du matin : nous résolûmes d'oublier les fatuigues et l’inclémence du climat austral; la tristesse qui s'était emparée de nous se dissipait. L'image de la maladie et de la mort ne nous épouvantait plus.

« A la pointe du jour, nous jouîmes d’une de ces belles matinées que les poètes de toutes les nations ont essayé de peindre. Un léger souffle de vent nous apportait de la terre un parfum délicieux , et ridait la surface des eaux. Les montagnes, couvertes de forêts, élevaient leurs têtes majestueuses sur les-

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