‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 5)Chapitre 11 sur 34 · CON · texte numérisé non relu

CON

rs de us les joint :

| SéCuleuse.

it OUquelle s con— miéres assurer l'autres | parait s habierdu de autre lificulté dans un É jamais re pour distincemblent sont SOUtre et si à le jour ent mé- ’empire- DP mon s fûmes

DÈS VOYAGES, 117 parmi eux ; nous jugeâmes toutefois qu’il leur inspirait de la haine et du mépris. Sil eût fait un usage convenable des trésors qu'il rapportait d’Angleterre, cette conduite prudente et les connaissances que lui avaient procurées ses voyages, lui offraient des moyens de former des liaisons trèsutiles; mais on a vu que, semblable aux enfans , 1l dissipa ses richesses sans s'occuper de ses intérêts. Sa tête se trouvait remplie de projets qui paraissent nobles au premier coup d'œil, et dont la réflexion ne tarde pas à dévoiler la bassesse. Il montra , dés le commencement, le désir de se venger plutôt que celui de devenir un grand personnage. Au reste, la passion de la vengeance est ordinaire aux îles de la Société, et on peut l'excuser sur ce point. Son père possédait des biens considérables à Ouliétéa lorsque cette île fut conquise par les guerriers de Bolabola; il vint, ainsi qu'un grand nombre de proscrits, chercher un asile à Houaheiné, où il mourut, et où il laissa O-maï et d’autres enfans qui furent réduits à la misère et à la dépendance. O-maï était donc pauvre et délaissé lorsque le capitaine Furneaux le prit sur son vaisseau pour l'emmener en Europe. J'ignore si, d’après l'accueil qu’il avait reçu en Angleterre, ik comptait qu’on lui fournirait des secours contre les ennemis de son père et de sa patrie, ou s'il imaginait que son couragé et la supériorité de ses connaissances sufliraient pour chasser les conquérans

d'Ouliétéa ; mais du moment où nous partimes de Londres, il ne cessa de parler de ses projets contre les tyrans de Bolabola. Il ne voulut pas écouter les remontrances que nous lui fimes sur une résoluüon si folle;. il entrait en colère lorsque nous lui donnions, pour son avantage, des avis plus modérés et plus raisonnables. Infatué de son grand projet, il affectait de croire que les guerriers de Bolabola abandonneraient l'île d'Ouliétéa dès qu’ils apprendraient son arrivée à Taïu. Ses illusions néanmoins diminuérent durant tiotre navigation; et lorsque nous abordâmes aux îles des Amis, il était si inquiet sur les dispositions de ses compatriotes à son égard , qu'il songea à s'établir à Tongatabou , sous la protection de Finaou, comme je l'ai dit ailleurs. Il y dissipa, sans aucune nécessité, une partie de ses trésors; et, ainsi que je l'ai raconté plus haut, il ne fut pas moins imprudent à Ticrebou , où il ne pouvait chercher des amis, puisqu'il ne voulait point y demeurer. Il continua ses prodigalités à Matavaï , jusqu’à l'instant où j'y mis fin, et il forma des liaisons si peu convenables, qu'Otou, disposé d’abord à le protéger, témoigna hautement son dédain pour lui. Cependant il aurait encore pu recouvrer les bonnes grâces du roi ; il aurait pu s'établir avantageusement à Taïiui, où 1l avait passé autrefois plusieurs années, et où il était fort considéré de Toaouha, qui lui fit présent d’une double pirogue , chose très-précieuse. En s’établis-

sant moi

aisér dess et Je hein Jen” lesbi par l mieu malg:

bles, tranq Vaisse cherc venu .

irop O Bolab.

indisc par la ceux d à bout dernic rent.

Jeur in

aucun(

vâmes bassad (

melle

es de ontre er les ssoluus lui modéd pro- Bolails apnéanon ; et il était riotes à tabou, l'ai dit é, une raconté à Ticreuisqu'il ses pronsfin, ,) qu'0era hau- 1 aurait h roi; il i,où il 1 il était t d’une *établis-

sant sur cette ile, son élévation aurait rencontré moins d'obstacles; car un étranger parvient plus aisément qu'un naturel du pays à jouer un rôle audessus de sa naissance ; inais il fut toujours indécis, et je crois qu'il n’aurait point voulu se fixer à Houaheiné , si je ne lui avais pas déclaré nettement que je n'emploierais jamais la force pour lui faire rendre les biens de son père. Les navigateurs qui aborderont par la suite sur ces îles, nous apprendront s'il aura mieux employé le reste de ses richesses, lesquelles, malgré ses profusions, étaient encore considérables, et si les soins que j'ai pris pour qu'il vécût tranquille auront eu du succés. Les commandans des vaisseaux qui se trouveront dans ces parages, rechercheront sans doute avec intérêt ce qu’est devenu le pauvre O-maï. Ilexprimait d’une manière trop ouverte son antipathie contre les habitans de Bolabola , et 1l a surtout à craindre les suites de son indiscrétion. Les naturels de Bolabola, entraînés par la jalousie , s’efforceront de le rendre odieux à ceux de Houaheiné ; ilsen viendront d'autant mieux à bout, qu'ils sont aujourd’hui en paix avec cette dernicre île, et que plusieurs d’entre eux y demeurent. Il lui eût cependant été très-facile d'éviter leur inimitié, car non-seulement il ne leur inspirait aucune aversion, mais même celui que nous trouvâmes à Tierebou et qui y jouait le rôle d’un ambassadeur, d'un prêtre ou d’un dieu, proposa formellement de le rétablir dans les biens qui avaient

appartenu à son pére. Il ne voulut jamais accéder à cette offre, et il se montra résolu jusqu'à notre départ de saisir la première occasion qui s’ofrirait, et de se venger par une bataille. Je conjecture que sa cotte de mailles ne contribuait pas peu à son ardeur guerrière; il se croyaitinvincible avec sa cuirasse et ses armes à feu.

« Quels que fussent les défauts d'O-muï, ils se trouvaient plus que contre-balancés par son extrême bonté et par la docilité de son caractère. Je n'ai guëre eu occasion de me ficher au sujet de sa conduite en général ; son cœur reconnaissant fut toujous pénétré des bontés qu'on a eues pour lui en Angleterre , et il n’oubliera jamais ceux qui l'ont honoré de leur protection et de leur amitié pendant son séjour à Londres. Il était doné d'une assez grande pénétration; mais ilne s’appliquait pas, et il n'avait point cette constance qui suit les mêmes idées. Ainsi ses connaissances étaient superficielles et imparfaites à bien des égards. Il observait peu ; il vit aux îles des Amis une foule d’arts utiles et d’amusemens agréables qu'il aurait pu porter dans sa patrie, où vraisemblablement on les adopterait volontiers , puisqu'ils sont si analogues aux habitudes des naturels des îles de la Societé ; mais je ne me suis pas aperçu qu'il ait fait le moindre effort pour s’en instruire. Cette espèce d’indifférence, je l'avoue , est le défaut caractéristique de ses compatriotes. Ils ont reçu à diverses reprises, depuis dix

ccéder

notre s’ofirijecture u à son >sa CUI-

, ils se on exère. Je t de sa sant fut our Jui qui l'ont lé penne assez Pas » ei memes ficielles it peu ; iles et ter dans opterait ax habiais je ne re effort ence, Je compapuis dix

DES VOYAGES. 121 ans, la visite des navigateurs européens; je n'ai pas découvert toutefois qu'ils aient essayé le moins du monde de profiter de ce commerce, et jusqu'ici 1ls ne nous ont copiés en rien. Il est donc difficile qu’O-maï vienne à bout d'introduire parmi eux un grand nombre de nos arts et de nos coutumes, ou qu'il perfectionne beaucoup les usages et les méthodes auxquels ces peuples sont accoutumés depu's si long- temps. Je suis persuadé néanmoins qu'il cultivera les arbres fruitiers et les végétaux que nous avons plantés , et que les îles de la Société lui auront en ce point des obligations essentielles ; mais le plus grand avantage qu'elles semblent devoir tirer de ses voyages, résultera des quadrupèdes nouveaux que nous y avons laissés, et que vraisemblablement elles n’auraient jamais obtenus s’il n'était pas venu en Angleterre. Lorsque ces animaux se seront muluüpliés, Taïti et les autres îles de la Société égaleront, si elles ne surpassent pas, les relâches célèbres par l'abondance des pro- Visions.

« Ce retour d'O-mai et les preuves séduisantes qu'il offrait de notre libéralité, excitérent un grand nombre d'insulaires à me demander la permission de me suivre à Bretané (1). J’eus soin de déclarer dans toutes les occasions que je ne souscrirais point à ces demandes. O-maï toutefois, qui mettait un

(1) En Angleterre,

nr ne FRERES

— Er

eue rer ss

EE, — EE z SEE

PR er Sn une Be Va AE Te, = nn. rt #54

grand prix à être cité comme le seul homme qui eût fait un long voyage, craïgnait que je ne consentisse à donner à d’autres les moyens de lui disputer ce mérite; et 1l me dit souvent que milord Sandwich lui avait promis qu'aucun des naturels des îles de la Société ne viendrait en Angleterre.

«S'il yeût eu la probabilité, même la pluséloignée, qu'on enverrait un vaisseau à la Nouvelle-Zélande, j'aurais pris avec moi les deux jeunes gens de cette contrée qui s'étaient embarqués à la suite d'O-maï ; car 1ls désiraient extrêmement l’un et l’autre de ne pas nous quitter. Tiaroua , le plus âgé, avait des dispositions trés-heureuses ; il était doué d'un bon sens admirable , et susceptible de toutes sortes d'instructions. Il paraissait sentir que la Nouvelle- Zélande se trouvait inférieure aux îles de la Société ; et, frappé des plaisirs et de l'abondance que lui offrait Houaheiné , il finit par se soumettre gaîment à la loi du sort qui l’obligeait à y terminer sa carrière. Son camarade nous était si attaché, qu'il fallut l'enlever du vaisseau et le conduire de force à terre; celui-ci était spirituel et malin, et sa pétulance amusait beaucoup mon équipage. »

Les vaisseaux arrivèrent le 3 novembre à Oulietéa. C’est encore le capitaine Cook qui va parler.

« Le lendemain de notre arrivée, j'allai rendre à Oréo, roi de l’île, la visite que j'avais recue de Jui la veille ; je lui donnai une robe de toile, une chemise , un chapeau de pluies rouges de Ton-

gata le r.

des « des.

vato pag ses [ nos pren au cl à ret ques fit es Mon n’ave une { comi suite proc L'ala sa fa cont qu'il côté rend Nou Je d moa

à qui con- | disilord urels tre.

gnée, inde, celte Mai ÿ re de avait d'un sortes velle- CIÉLE 5 1e lui iment a carqu'il force sa pC-

Dulie= rler.

endre ue de >, une Ton-

gatabou, et d’autres choses de moindre valeur. Je le ramenai dîner à bord, ainsi que qüelques-uns de ses amis.

« Dans la nuit du 12 au 13, Jean Harrison, l'un des soldats de marine qui était en faction à l'observatoire, déserta , et emporta son fusil et son équipage : je sus le matin de quel côté il avait tourné ses pas ; j'envoyai un détachement à sa poursuite ; nos gens revinrent le soir sans avoir pu en apprendre de nouvelles. Le lendemain , je m'adressai au chef, et je le priai de n''aider de tous ses moyens à retrouver le fugitif. Il me promit d'envoyer quelques-uns des insulaires après le déserteur , et il me fit espérer qu'on me le raménerait le même jour. Mon soldat n’arrivait point, et je pensai qu'Oréo n'avait fait aucune démarche. Nous avions alors une foule de naturels autour des vaisseaux , et il se commettait des vols. Les insulaires craignirent les suites de ces larcins; un trés-petit nombre s'approchérent de nous le 15; le chef lui-même prit l'alarme ainsi que les autres, et il s'enfuit avec toute sa famille. Je crus avoir une belle occasion de les contraindre à-livrer le déserteur : on m’informa qu'il était à un endroit appelé Hamoa , de l'autre côté de l'ile. Je fis armer deux canots, et je me reudis à Hamoa, accompagné de l’un des naturels. Nous rencontrâmes Oréo qui monta sur mon bord. Je débarquai à environ un mille et demi de Hamoa , suivi de quelques hommes, et je marchai

en avant au pas redoublé ; je craignis que les canots, en approchant davantage, ne donnassent l'alarme, et que le déserteur ne vint à bout de se sauver dans les montagnes ; mais cette précaution était inutile , car les habitans de ce canton avaient appris mon arrivée, et ils se disposaient à me livrer le soldat,

« Je trouvai Harrison assis entre deux femines qui, dés qu’elles me virent, se levèrent pour me demander sa grâce : comme il était important de prévenir de pareilles désertions , je les accueillis fort mal, et je leur ordonnai de se retirer; elles fondirent en larmes , et elles s’en allèrent. Paha, chef du district, arriva ; il m'offrit un banvnier et un cochon de lait en signe de paix. Je refusui son cadeau, et je lui enjoignis de se retirer. Aprés avoir embarqué le déserteur sur le premier canot qui atteignit le rivage, je retournai aux vaisseaux. Notre correspondance avec les insulaires se rétablit. Le soldat se contenta de die, pour sa justification, que les naturels l'avaient débauché : cela pouvait être vrai, car les deux femmes doni j'ai parlé étaient venues sur mon bord la veille de sa désertion ; je reconnus d’ailleurs qu'il avait quitté son poste peu de minutes avant l'heure où on devait le relever , et le châtiment que je lui infligeai ne fut pas rigoureux.

« Quoique nous fussions séparés d'O-mai, nous pouvions encore en recevoir des nouvelles. Je lui

avai sera il m extr paix mor enve d’avc ami.

lui p mâle Déco «| taine de m «3 shipn

turels s'étaic de la l’île.

désir clair (| preje

leur

chemd

avoir :

teurs sh pui

$ Ca— issent de se ation aient livrer

mines ir me nt de 1eillis elles >aha , ier et ii son Avoir t qui SCAUX rétajusti- : cela ni j'ai de sa quitté n defligeau

| nous Je lu

avais recommandé de m'instruire de ce qui se pas serait. Quinze jours après notre arrivée à Ouliétéa, il m'envoya deux de ses gens : j'appris avec un extrême plaisir que ses compatriotes le laissaient en paix; que tout allait bien, mais que sa chèvre était morte en faisant ses petits : il me priait de lui en envoyer une autre , et deux haches. Je fus bien aise d’avoir une nouvelle occasion d'être utile à mon ami, et, le 18, je renvoyai ses deux messagers qui lui portérent les haches et deux chevreaux, l’un mâle et l’autre femelle, que je pris à bord de a Découverte.

« Le 19, je dressai les instructions que le capitaine Clerke devait suivre, s’il venait à se séparer de moi après notre départ des îles de la Société.

« J'appris, le 24 au matin, l'évasion d’un midshipman et d'un matelot de la Découverte. Les naturels nous dirent bientôt après que les déserteurs s'étaient enfuis sur une pirogue, la veille, à l'entrée de la nuit, et qu'ils étaient à l’autre extrémité de l'île. Le midshipman ayant témoigné souvent le désir de passer sa vie sur ces terres, il paraissait clair qu'il avait, ainsi que son camarade, formé le prejet de ne pas revenir. Le capitaine Clerke alla à leur poursuite avec deux canots armés et un détachement de soldats de marine. Il revint le soir, sans avoir appris aucune nouvelle sûre des deux déserteurs : il jugea que les naturels cachaient le midshipman et le matelot; qu'ils l'avaient amusé toute

Ja journée avec des mensonges, et qu'ils lui avaient indiqué malignement des endroits où il ne devait pas retrouver ses deux hommes. Nous sûmes en effet le lendemain que les déserteurs étaient à Otaha, Ces deux hommes n'étaient pas les seuls de nos équipages qui eussent envie de s'établir sur ces Îles fortunées; et, afin de contenir de semblables désertions, il devenait indispensable d'employer tous mes moyens; voulant d'ailleurs montrer aux naturels que je mettais un grand intérêt au retour des déserteurs, je résolus d'aller les chercher moimême : j'avais observé en bien des occasions que les insulaires s’avisaient rarement de me tromper.

« Je partis en effet le 25 au matin, avec deux canots armés. Le chef de l’île me seryit de guide, et je marchai sur ses pas : nous ne nous arrêtâmes qu'au moment où nous eûmes atteint le milieu du côté oriental d'Otaha ; nous débarquâmes alors, et Oréo détacha en avant un homme auquel il enjoignit de saisir les déserteurs et de les tenir aux arrêts jusqu'à ce que nos canots fussent arrivés; mais quand nous arrivâmes à l'endroit où nous comptions les trouver, on nous dit qu'ils avaient quitté l’île, et passé la veille à Bolabola. Je ne crus pas devoir les suivre, et je retournai anx vaisseaux , bien décidé à faire usage d’un expédient qui me parut propre à contraindre les naturels à ramener le midshipman et le matelot.

« Le chef, son fils, sa fille et son gendre, vinrent

dés la p:

résolus « ce qu'on ce plan, son vaiss sonna da lorsqu'il arrété sa séquent s Je lui ré emprison et ses reg mais je n je lui dis le voudra à nous re on mettr:

couverte, nerais av plusieurs Pévasion ( de plus à droit de pareils dé « Nous les motifs tion parut conçue ; sûreté, il

dès la pointe du jour à bord de La Résolution. Je résolus de tenir aux arrêts les trois dernicrs, jusqu’à ce qu'on me ramenât les deux déserteurs : d'après ce plan, le capitaine Clerke les invita à passer sur son vaisseau , et, dès qu'ils y furent, il les emprisonna dans sa chambre, Oréo était auprès de moi lorsqu'il en apprit la nouvelle : croyant qu'on avait arrêté sa famille sans que je le susse, et par conséquent sans mon aveu, il m'en aveftit tout de suite. Je lui répondis que j'avais ordonné moi-même cet emprisonnement : il commenca à craindre pour lui, et ses regards annoncérent le plus grand trouble ; mais je ne tardai pas à le tranquilliser sur ce point : je lui dis qu'il pouvait quitter le vaisseau quand il le voudrait, et prendre les mesures les plus propres à nous rendre nos déserteurs ; que s'il réussissait, on mettrait en hberté ses amis détenus sur Za Découverte, et que s'il ne réussissait pas, je les emmenerais avec moi. J'ajoutai qu'il avait, ainsi que plusieurs de ses sujets, eu la hardiesse de faciliter l'évasion de mes deux hommes; qu'ils cherchaient de plus à en débaucher d’autres, et que j'avais droit de tout entreprendre pour mettre fin à de pareils délits.

« Nous vinmes à bout d'expliquer aux insulaires les motifs qui me déterminèrent , et cette explication parut diminuer la frayeur qu'ils avaient d’abord conçue; mais s'ils furent plus tranquilles sur leur sûreté, 1l continuérent à ressentir de vives inquic-

tudes sur celle de leurs prisonniers. Un grand nombre d’entre eux conduisirent leurs pirogues sur l'arrière de la Découverte, et ils y déplorérent en longues et bruyantes exclamations la captivité de leurs compatriotes. On entendait de tous côtés le cri de Poëdoua ! nom de la fille du chef; les femmes du pays semblaient se disputer à lenvi la satisfaction de lui donner des marques d'intérêt, plus expressives encore que les larmes et les cris, en se faisant à la tête des blessures terribles.

« Oréo lui-même eut part à ces lamentations inuüles ; mais il s’occupa tout de suite des moyens de nous rendre les déserteurs. Il expédia une pirogue à Bolabola; 1l avertit Opouny, souverain de cette île, de ce qui était arrivé, et le pria d'arrêter les deux fugiufs et de les renvoyer. Le messager, qui n'était rien moins que le pére de Poutoué, gendre d'Oréo, vint prendre mes ordres avant de partir. Je lui enjoignis expressément de ne pas revenir sans les déserteurs, et de dire de ma part à Opouny d’envoyer des pirogues à leur suite s’ils avaient quitté Bolabola; car je présumais qu’ils ne demeureraient pas long-temps dans le même endroit.

« Les insulaires s'intéressaient si vivement à la liberté du fils, de la fille et du gendre d'Oréo, qu'ils ne voulurent pas la laisser dépendre du retour de nos déserteurs ; ou au moins leur impatience fut si vive, qu'ils méditérent un complot, dont les suites au raient été plus funestes encore pour eux si nous

n'eli sur | piro, envi fraye et je la ca verte avaler se pre Étonn sembl.

je ne prendi gros de avec or canots virent M. Wi les eml dés qu

chemet nouvell

« Il G constan(

formé l pas un sd chose

tous les

and s sur t en é de és le nmes Is fac

plus

en SC

sinuns de roguë cette ter les r; qui rendre partir.

ir sans y d’enquitté braient

t à la | qu'ils de nos si vive, es au ii nous

n'étions pas venus à bout de l’étouffer. J’observai sur les cinq ou six heures du soir, que toutes leurs pirogues qui se trouvaient dans le havre où aux environs, commençaient à s'enfuir comme si la frayeur se füt répandue dans le pays. J'étais à terre, et je fis vainement des recherches pour découvrir la cause de cette alarme. L’équipage de la Découverte m'avertit, par des cris, que les naturels avaient arrêté le capitaine Clerke et M. Gore qui se promenaient à quelque distance des vaisseaux. Étonné de la hardiesse de ces représailles, qui semblaient détruire l'effet de mes combinaisons, je n’eus pas le loisir de délibérer. J'ordonnai de prendre les armes, et en moins de cinq minutes un gros détachement, commandé par M. King , parut avec ordre de délivrer M. Clerke et M. Gore. Deux canots armés , et un second détachement, poursuivirent en même temps les pirogues; j'enjoignis à M. Williamson, qui le commandait, d'empêcher les embarcations des insulaires d'aborder à la côte; dès que nous eùmes perdu de vue les deux détachemens, j'appris qu'on m'avait donné une fausse nouvelle, et je leur envoyai un ordre de revenir.

« Il était clair néanmoins, d'apres plusieurs circonstances , que les naturels avaient véritablement formé le projet d'arrêter M. Clerke. Ils n’en firent pas un secret le lendemain. Ils méditaient bien autre chose, car ils voulaicut m'arrêter aussi. Je prenais tous les soirs un bain d’eau douce ; j'allais souvent

au baïn seul, et toujours sans armes, Ils avaient ré- cer

ET solu de m'attendre ce jour-là , et de s'assurer de mas

ci ma personne et de celle du capitaine Clerke, s'ils D que

13 le trouvaient avec moi. Mais depuis que je tenais «

ù aux arrêts la famille d'Oréo, je n'avais pas cru de- J'un voir m'exposer , et j'avais recommandé au capitaine | Aya

Clerke et aux officiers de ne pas s'éloigner des vais- D tcrai

seaux. Dans le cours de l'après-midi, le chef me d'en

demanda, à trois reprises différentes, si je n'irais cont

ie point me baigner; et, s'apercevant que ce n’était D com]

4 ji: pas mon dessein, il s’en alla avec ses gens, malgré rions sl tout ce que je pus dire et faire pour le retenir. LR nous Hi N'ayant point alors de soupçons de leur projet, ses at ail j'imaginai qu’une frayeur subite s'était emparée D aprés

| jui d'eux, et que cette terreur, selon leur usage, ne D tenir 154 A: tarderait pas à se dissiper : comme il ne leur res- | dela R tait plus d’espoir de m'attirer dans le piége, ils W « L MAGIE essayèrent d'arrêter ceux de nos messieurs qui Æ nous Se étaient un peu éloignés de la côte. Heureusement R porté à il pour eux et pour nous , ils ne réussirent pas. Par D nous: ne un autre hasard également heureux, tout ceci se L'aprè

: 1 passa sans eflusion de sang; on ne tira que denx R {rayeu ou trois conps de fusil, afin d'arrêter les pirognes. bièren

M. Clerke et M. Gore düreni peut-être leur sûreté Æ de la

à ces deux ou trois coups de fusil (1); car, dans Æ « Où de not

(1) Le capitaine Clerke marchait avec un pistolet qu'il tira une fois; cette circonstance, à laquelle ils dûrent peut- taine Co äpprise

être leur sûreté, se trouve omise dans le journai du capi-

it ré-

r de

, s'ils Lenais

u dejitaine

$ Valsef me n'irais n’était malgré retenir

rojet »

She age ? NE eur res— 1ége , 1ls eurs qui usement pas. Par t ceci Se que deux irogries.

ur sûreté ar, dans

stolet qu'il rent peuti du capi-

DES VOYAGES. 131 ce même instant, une troupe d’insulaires, armés de massues, s'avançait vers eux; elle se dispersa dés qu'elle entendhit l'explosion.

« La conspiration fut découverte par une fille que J'un de mes officiers avait amenée de Houaheiné. Ayant oui dire aux habitans d’Ouliétéa qu'ils arrêteraient le capitaine Clerke et M. Gore, elle se hâta d'en avertir le premier de nos gens qu’elle rencontra. Ceux qui étaient chargés de l'exécution du complot la menacérent de la tuer dés que nous aurions quitté l’île. Craignant qu'elle ne fût punie de nous avoir obligés, je déterminai quelques-uns de ses amis à venir la chercher à bord quelques jours après, à la conduire dans un lieu de sûreté, et à la tenir cachée jusqu’à ce qu’ils eussent une occasion de la renvoyer à Houaheiné. |

« Le 27, nous abattimes nos observatoires, et nous conduisimes à bord tout ce que nous avions porté sur la côte; les vaisseaux démarrèrent, et nous mouillämes plus près de la sortie du havre. L'après-midi, les insulaires montrèrent moins de frayeur; ils vinrent sur nos bords, ou ils se rassemblérent autour de nos bâtimens, et la brouillerie de la veille sembla oubliée de part et d’autre.

« Oréo, aussi afiligé que moi de ne point recevoir de nouvelles de Bolabola , partit le 28 au soir pour

Co

taine Cook et dans celui de M, Anderson ; mais nous l'avons apprise du capitaine King.

cette île, et 11 me pria de l'y suivre le lendemain avec les vaisseaux. C'était mon projet; mais le vent ne nous permit pas d'appareïller. Ce vent, qui nous relenait dans le havre, ramena Oréo de Bolabola avec les deux déserteurs, Ils avaient atteint Otaha la nuit de leur désertion ; mais la tranquillité de latmosphère les ayant mis dans l'impossibilité de gagner aucune des îles situées à l’est, où ils voulaient se réfugier, ils s'étaient rendus à Bolabola, et de là à la petite île de Toubaï, où ils furent arrêtés par le père de Potoué, conformément au premier message envoyé à Opouny. Dès qu'ils furent à bord, je relâchai le fils, la fille et le gendre du chef. Ainsi se termina une affaire qui m'avait donné beaucoup de peines et d’inquiétudes ; les raisons exposées plus haut, et le désir de conserver à l'Angleterre le fils d'un de mes camarades dans la marine du roi, me déterminérent à prendre des mesures si violentes.

« Le vent se int constamment entre le nord et l'ouest, et nous demeuräâmes dans le havre jusqu’au 7 décembre.

« Durant la dernière semaine de notre relâche, nous recûmes la visite des habitans de toutes les paruies de l’île, qui nous fournirent une quantité considérable de cochons et de bananes vertes : et les jours que nous passimes à attendre un vent favorable ne furent pas entièrement perdus : les bananes vertes, qui se gardent deux ou trois semaines , nous tinrent hieu de pain, et nous achevâmes d’ailleurs

pet sine vien nati nes niér( nom con:

sous tenir aujou trefoi parai l'adm mille Oulié

détrô

notre

emain e vent 1inous Jabola taha la de l’atde gaulaient et de la tés par er mesord , je f, Ainsi 'AUCOUP ces plus re le fils rol, Me lentes.

nord et usqu'au

relâche , s les paruté cons; et les nt favobananes es, nous l'ailleurs

DES VOYAGES. 155 d'embarquer l’eau et le bois dont nous avions besoin.

« Les habitans d'Ouliétéa sont en général plus peuts, et d'un teint plus noir que ceux des îles voisines ; 1ls paraissent aussi plus déréglés, défaut qui vient peut-être de ce qu’ils ont passé sous la domination des naturels de Bolabola : Oréo , leur chef, ne semble être que le lieutenant du roi de cette dernicre île, et la conquête paraît avoir diminué le nombre des chefs subalternes ; en sorte que cette coltrée se trouve d’une manière moins immédiate sous l'inspection du souverain intéressé à la maintenir dans l’obéissance. On nous a dit qu'Oulhiétéa, aujourd'hui réduite à cet état d’humiliation , fut autrefois la plus distinguée des îles de ce groupe ; 1l paraît même vraisemblable qu’elle était le centre de l'administration, car les naturels assurent que la famille royale de Taïti descend de celle qui régnait à Ouliétéa avant la dernière révolution. Le roi Ourou, détrôné par cette révolution , vivait encore lors de notre relâche à Houaheiné , où il résidait. Il offrait à ces peuplades un exemple de l'instabilité du pouvoir; et ce qui montre bien leur respect pour les familles des chefs, et pour ceux qui se sont trouvés revêtus de la qualité de souverains , quoiqu'il et perdu ses états , il conservait toutes les marques distinctives de la royauté.

« Notre séjour à Ouliétéa nous fournit une autre preuve de la justesse de cette remarque. J'y recus la

visite de mon vieil ami Oréo, précédemment chef de Houaheiné. Il était encore un personnage important; il arrivait toujours avec une suite nombreuse, et ne manquait pas de nous apporter de magnifiques présens. Sa santé paraissait beaucoup meilleure qu'à l'époque de mon premier et de mon second voyage. Pour expliquer comment sa santé se fortifiait en vieillissant , je supposai que durant sa régence il avait trop bu d’ava, et qu’étant simple paruculier 1l en buvait moins. »

Le capitaine Cook arriva sur la côte de Bolabola le 8 décembre ; il n’y put conduire ses vaisseaux dans un havre de l’île, mais il eut des entrevues avec le roi et les habitans , et nous en parlerons ici comme s'1l y eût relâché.

« Je voulais , dit-il, aborder à cette île afin d'acheter du roi Opouny l’une des ancres que Bougainville perdit à Taïu ; les Taïtiens qui la relevérent aprés le départ des Français, l'avaient envoyée en présent à ce monarque. Si je désirais de l'obtenir, ce n'était pas que nous en eussions besoin pour les vaisseaux ; mais ayant donné ou vendu toutes les haches et les autres outils de fer que nous avions apportés d'Angleterre, il ne nous restait plus de moycus de faire des échanges avec les peuples que nous rencontrerions. Les serruriers employaient depuis quelque temps la provision de fer que nous avions à bord à fabriquer les objets les plus propres à ce commerce; et ces transmuta-

tion Déc part tien que me ] « sêrer plup aurai oblig bâtin Jen.

comp la cô «© quèr sente nomb dès q je le | monti préset

une cl

des g hache

ion u Jut ab pour

chef e imnomter de acoup emon santé durant simple

>labola isseaux trevues rons 1cL

fin d’'ae Boula releent enirais de ons be-

vendu ue nous tait plus es peuers em n defcr bjets les hsmuta-

tions, jointes au service de la Résolution et de la Découverte, en avaient déjà consommé une grande partie. Je pensais que l'ancre de Bougainville nous tiendrait lieu de fer en barres , et je ne doutai pas que je ne vinsse à bout de déterminer Opouny à me la céder.

« Oréo et six ou huit insulaires d'Ouliétéa passèrent sur nos vaisseau à Bolabola. En général la plupart des naturels, si j’en excepte le chef, nous auraient suivis de bon cœur en Angleterre. Je fus obligé de renoncer au projet de mener nos deux bâtimens dans le havre : les canots étaient prêts ; jen pris un, dans lequel je reçus Oréo et ses compatriotes , et les rameurs nous portérent sur la côte,

« Nous débarquâmes à l’erdroit que nous indiquérent les naturels, et on ne tarda pas à me présenter à Opouny, qui était environné d'une foule nombreuse. Je n'avais point de temps à perdre, et dès que ;e me fus conformé au cérémonial du pays, je le priai de me donner l'ancre : j’eus soin de lui montrer ce que je lui donnerais de mon côté. Mon présent consistait en une robe de chambre de toile, une chemise, quelques fichus de gaze, un miroir, des grains de verroterie, d’autres bagatelles ct six haches ; la vue des hache: produisit une acclamaon universelle parmi les insulaires. Opouny voulut absolument attendre qu’on m'eût livré l'ancre pour recevoir ces diverses choses , et je ne conce-

SLR LEE md

putes vais pas trop les motifs de son refus. Il ordonna à RME irois de ses gens de me mener à l'endroit où était 4 l'ancre, et de me la livrer. Il espérait, à ce que je ps 4 compris, que je leur remettrais le prix de l'échange. Riin) Ces trois hommes me conduisirent à une île située 1 RAN: au côté septentrional de l'entrée du havre ; l'ancre el n'était ni aussi grande, ni aussi entière que je l’imaginais. Je reconnus à la marque qu’elle avait pesé pd | sept cents au sortir de la forge; l’organeau, une due parue de la uge, et les deux pates manquaient. il Je sentis alors pourquoi Opouny n'avait pas ter- LA miné tout de suite notre marché ; il imaginait sans An 1 doute que mon présent excédait trop la valeur de / l'ancre, et que je lui reprocherais de m'avoir trompé. Quoi qu'il en soit, je pris l'ancre et j'en- | voyai au roi tous les objets que je lui avais promis. 4 Ma négociation ainsi terminée, je retournai à bord, et quand on eut remonté les canots, nous jo nous éloignâmes de Bolabola , et nous fimes route na au nord.

| « Tandis qu'on remontait les canots, quelques- PE | uns des naturels arrivèrent sur trois ou quatre pirogues , disant qu'ils venaient voir nos vaisseaux ; ils nous apportérent un petit nombre de cocos, et un cochon de lait, le seul que nous nous procurâmes sur cette ile. Je suis persuadé cependant que, si nous avions attendu jusqu'au lendemain, on nous aurait fourmi des provisions en abondance ; et Je crois que les naturels eurent hien du regret

der déjà den gage «C ‘ann tal ; et d plus:

de la pain rom ajout latior «E qu'on ses h:

"ÿu miérd

bcauc guerr Le ré

teur, de l'h

«I Jlongturels deux

désur

nna à 1 était que Je ange.

située l'ancre l’imait pesé |, une aient.

as terut sans eur de n'avoir et jenomis.

rnal à , nous »s roule

elquestre pisseaux ; DcOs , et procuendant emain, ndance ; u regret

DES VOYAGES. 157 de nous voir partir si LÔt; mais comme nous avions déjà beaucoup de cochons et de fruits, et fort peu de moyens d’en obtenir davantage, rien ne m'engogeait à différer la suite de notre voyage.

« La montagne élevée ec à double pic qu'on voit ‘au milieu de l’île , nous parut stérile au côté oriental; mais au côté cccidental, elle offre des arbres et des arbrisseaux, même dans les endroits les plus escarpés. Les terrains bas qui l’environnent prés de la mer sont couverts de cocotiers et d'arbres à pain , ainsi que les autres îles de cet océan; et les rombreux îlots qui la bordent en dedans du récif ajoutent à ses productions végétales et à sa popu= lation.

« Bolabola n’a que huit lieues de tour; et lorsqu'on songe à ce peu d’étendue , on est étonné que ses habitans aient entrepris et achevé la conquête d’‘uliétéa et d'Otaha ; car la grandeur de la premicre de ces deux îles est au moins double. J'avais beaucoup entendu parler dans mes voyages de la guerre qui a produit une révolution si mémorable. Le résultat de nos recherches peut amuser le lecteur, et je vais l’insérer ici, comme une esquisse de l’histoire de nos amis de cette partie du monde.

« Les îles contiguës d'Ouliétéa et d'Otaha furent Jong-temps amies, ou , selon l'expression des naturels, elles se regardéreni long-temps comme deux frères que des vues d'intérêt ne pouvaient désunir, Elles formérent aussi avec Houahic'né des

LR nur

\ LÉTA nu me "1 HP RH He «! ; jh WE sul 1 QAI HE ? LE 4# , qu ji tas!

HET ‘utl 4 RU ET ox uh

158 NMISTOIRE GÉNÉRALE

liaisions d'amitié qui furent moins intimes : Otaha

cependant eut la perfidie de se liguer avec Bola-

bola pour attaquer Ouliétéa. Les habitans d’Oulié-

téa appelèrent à leur secours les habitans de Houa-

heiné. Les guerriers de Bolabola étaient encouragés

par une prêtresse, ou plutôt par une prophétesse

qui leur annonçait la victoire : pour ne pas leur laisser de doute sur la certitude de sa prédiction,

elle dit, que sion envoyait un d’entre eux dans un endroit de la mer qu’elle désigna , il verrait s’élever une pierre du sein des flots. L'un d'eux prit en effet une pirogue, et se rendit au lieu indiqué ; il essaya de plonger dans la mer pour reconnaître où était la pierre ; mais il fut à peine sous l’eau, qu'il fut rejeté brusquement à la surface avec la pierre à sa main. Les naturels, étonnés de ce prodige , déposérent religieusement la pierre dans la maison de l’éatoua , et on la conserve à Bolabc'a , afin d’rttester que la femme était inspirée par le dieu. Ne doutant plus du succès, l’escadre de Bo= labola alla chercher les pirogues d'Ouliétéa et de Houaheiné, Celles-ci se trouvant jointes les unc3 aux autres par de grosses cordes, le combat fut long; et malgré la prédiction et le miracle, les insulaires de Bolabola auraient vraisemblablement été battus , si la marine d'Otaha n’était pas arrivée au moment de la crise. Ce renfort décida le sort de la journée. Les naturels de Bolabola défirent l'ennemi et tuérent beaucoup de monde : profitant

de 1 savai guer de | fugié tres.

d'Ou récit quele dx peu c mani pend viste et obl l'ile « recon Inm nies d'Ota leurs ils es ilye d'Oul trouv qui y Pour bola cut u

Jtaha Bolauliélouaragés éLesse leur tion »

ns un s'éle= x prit iqué ; naître l’eau , vec la e proans la bc , par le e Bo= et de s unc3 at fut le, les lement 1rrivée le sort éfirent ‘ofitant

de la victoire, ils envahirent Houaheiné, qu'ils savaient mal défendue, et dont la plupart des guerriers étaient absens. {ls se rendirent maîtres de l'île, et un grand nombre des habitans se réfugièrent à Taïti, où ils racontèrent leurs désastres. Ceux de leurs compatriotes ou des naturels d'Ouliétéa qu'ils rencontrérent, attendris par le récit des cruautés du vainqueur, leur donnèrent quelques secours, mais ils ne purent équiper que dix pirogues de guerre. Quoique leur force fùt si peu considérable , ils concertérent leur plan d'une manière sage : ils débarquèrent à Houaheiné pendant une nuit obscure; et, tombant à l'improviste sur les vainqueurs, ils en tuérent la plupart et obligèrent le reste à se sauver. Ils reprirent ainsi l'ile de Houaheiné, qui depuis cette époque ne reconnait pour souverains que ses propres chefs. Immédiatement après la défaite des escadres réunies d'Ouliétéa et de Houaheiné, les habitans d'Otaha demandèrent aux naturels de Bolabola, leurs alliés, à être admis au partage de la conquête ; ils essuyérent un refus, et ils rompirent l'alliance : il y eut une guerre, ct l’île d’Otaha, ainsi que celle d'Ouliétéa, furent subjnguées. L'une et l'autre se trouvent aujourd’hui soumises à Bolabola ; les chets qui y commandent sont des lieutenans d'Opouny. Pour réduire les deux îles, les guerriers de Bolabola livrèrent cinq batailles, dans lesquelles il y cut un grand nombre d'hommes tués,

140 WISTOIRE GÉNÉRALE

« Tels sont les détails que nous apprimes des gens du pays. J'ai remarqué plus d’une fois que ces peuples ne fixent pas d’une manière exacte les dates des événemens un peu anciens. Quoique la guerre dont je viens de parler soit trés-récente , nous fümes réduits à calculer l’époque de son commencement et de sa fin, d'après des circonstances accessoires que nous observâmes nousmêmes ; Jes naturels ne nous dirent rien de précis sur ce point. La conquête d'Ouliétéa , qui termina la guerre, fut achevée avant la relâche que je fis aux îles de la Société en 1760, et il y a lieu de croire que la paix venait d’être rétablie, car nous apercümes alors des traces bien récentes des hosülités commises sur cette île. L'âge de Taïritaria, chef actuel de Houaheiné, pent «ussi nons guider; ses traits n'annonçaient pas plus de dix ou-douze ans, et nous apprimes que son père avait élé tué dans une des batailles. Pour ce qui regarde le commencement des hostilités, les jeunes gens d'environ vingt ans, que nous interrogeñmes, se souvenaient à peine des premiers combats, et j'ai déjà dit que les compatriotes d'O-maï, rencontrés par nous à Ouatiou , n'avaient pas oui parler de cette guerre : ainsi elle commenca aprés leur voyage.

« Depuis la conquête d’Ouliétéa et d'Otaha, les guerriers de Bolabola ont été regardés comine invincibles ; et telle est l'étendue de leur renommée , qu'à Taiti, île trop éloignée pour avoir à craindre

une

eflro nent nom insul

la sv pas | dieu une | nous « ] Jjouiss leur :

explic envoy pagnc d'un a navig:

nous

embar

mais rent, mont

souve

shipm

ignore

de ce voir O nous :

*s des ue ces te les que Ja ‘ente ;, le son 1rconnous— précis rmina e je fis eu de r nous *s hosntaria, uider; -douze ‘16 tué e comnviron naient lit que nous à

FUErTCE .

ha, les ne 1nninée , ‘andre

DES VOYAGES. 141 une invasion, on parle de leur valeur , sinon avec eflroi , du moins avec éloge, On dit qu'ils ne prennent jamais la fuite dans une bataille, et qu'à nombre égal, ils triomphen, toujours des autres insulaires. Les peuples voisins semblent croire que la supériorité du dieu de Bolabola ne contribue pas peu à leurs succés : ils imaginérent que ce dieu ne voulait point nous permettre d'aborder à une Île qui est sous sa protection spéciale , et qu'il nous relint par des vents contraires à Ouliétéa.

« Ilest évident que les insulaires de Bolabola jouissent de la plus hante estime à Taïti, puisqu'on leur a envoyé l'ancre de Bouguinville , et il faut expliquer de la même manière le projet de leur envoyer en outre le taureau qu'y laissérent les Espaguols : ils étaient déjà en possession du mâle d'un autre quadrupéde déposé à Taïti par les mêmes navigateurs. D’après la description imparfaite que nous en firent les Taïtiens , nous aurions été bien embarrassés de deviner de quelle espèce il était : mais les déserteurs du capitaine Clerke m'apprirent, à jeur retour de Bolabola, qu'on leur avait montré l'animal, et que c'était un bélier. 1} résulte souvent du bien d'un mal quelconque ; et si le mid-

shipman et le matelot n'avaient pas déserté, j'aurais ignoré de quel quadrupède il s'agissait. Je profitai de cette information lorsque je débarquai pour voir Opouny : je conduisis à terre une brebis que nous avions amenée du cap de Bonne-Espérance,

et j'ai lieu de croire que les habitans de Bolabola auront désormais des moutons. J'ai laissé aussi à Ouliétéa, aux soins d'Oréo, un verrat et une truie, et deux chèvres ; en sorte que Taïti et toutes les îles d'alentour ne tarderont pas à voir leur race de cochons améliorée, et à posséder des troupeaux de chaqan des quadrupèdes et de chacune des volailles que nous y avons portés d'Europe.

« Quand cette propagation sera bien établie, ces îles offriront aux navigateurs des rafraîchissemens plus abondans et plus variés que toutes les autres parties du monde, et même, dans leur état actuel, je ne connais point de relâche meilleure. Des observations répétées durant plusieurs voyages m'ont appris que , si des divisions.intestines ne les troublent point, et lorsqu'elles vivent en bonne intelligence, ce qui a lieu depuis quelques années, on y trouve une quantité considérable de diverses productions du sol, et en paruculier de cochons.

« Si nous avions eu à bord plus de choses propres aux échanges, et assez de sel, je crois que nous aurions pu saler la quantité de porc nécessaire à la consommation des deux vaisseaux pendant une année : mais notre relâche aux îles des Amis , et notre long séjour à Taïu et sur les terres des environs, avaient épuisé nos marchanilises, ct

Surtout nos haches, qu’on exigeait ordinairement

lorsque nous demandions à acheter des cochons, Le sel qui nous restait à notre arrivée sur ces pa-

peu rabl

arr ser Les de 1 des] anntc est 1 ils p« et qu les

« je su reux naîtr de la 1gn0!

conn leur « il esi cet 6

labola aussi à true, les iles de coaux de les vo-

lie, ces semens s autres actuel, Des ob- :s n’ont les trou- 1e intelannées ; diverses ochons.

ses proois que c néces“ ux penîles des es terres dises, et irement ‘ochons.

ces pa-

DES VOYAGES. 143 rages suffisait à peine pour saler quinze barriques de viande. Nous en salâmes cinq barriques aux îles des Amis, et les dix autres à Taïti. Le capitaine Clerke en sala une quantité proportionnée pour La Découverte.

« Les Européens ont abordé si souvent à ces îles depuis quelques années, que les naturels auront peut-être soin de nourrir une quantité considérable de cochons; car ils savent par expérience qu’à l’arrivée des vaisseaux 1ls sont sûrs de les échanger contre des choses très-précieuses à leurs yeux. Les Taïtiens , ainsi que les autres naturels des îles de la Société , attendent à chaque instant le retour des Espagnols ; ils espéreront pendant deux ou trois années l’arrivée de bâtimens de notre nation. Il est inutile de leur dire que l’on ne reviendra pas; ils pensent qu'on doit revenir , quoiqu’ils ignorent et qu'ils ne se donnent pas la peine de demander les motifs du voyage.

« Je ne puis m'empêcher de dire une chose dont je suis intimement convaincu : il eût été plus heureux pour ces pauvres insulaires de ne jamais connaître les arts et les superfluités qui font le bonheur de la vie, que d’être abandonnés de nouveau à leur ignorance et à leur misère primitives, après avoir connu les ressources de l’industrie humaine. Si leur commerce avec les Européens estinterrompu, il est impossible qu'ils se retrouvent heureux dans cet état de médiocrité où ils vivaient si doucement

eusi tranquillement avant que nous eussions abordé sur leurs côtes. 1] me paraît que les Européens ont en quelque sorte contracté l'obligation d'aller les voir une fois en trois ou quatre ans, afin de leur porter lesinstrumens utiles et les choses d’agrément que nous avons introduits parmi eux, et dont nous leur avons donné le goût. Si l’on n'a pas soin de leur envoyer ces secours passagers , 1ls éprouveront vraisemblablement une disette trèsficheuse à une époque où ils ne pourront plus reprendre leurs méthodes, moins parfaites, qu'ils méprisent aujourd’hui, et dont ils ne font plus usage depuis qu'ils se servent des nôtres. En effet, lorsque les outils de fer qu'ils emploient maintenant seront usés, ils auront presque oublié la forme des instrumens qu'ils employaient jadis ; une hache de pierre est actuellement aussi rare que l'était une de fer il y a huit ans, et l'on n’aperçoit pas un ciseau d’os ou de pierre. Les grands clous ayant remplacé les ciseaux de pierre, leur simplicité est si grande , qu'ils croient leur provision de cet objet inépuisable ; car ils ne nous en demandèérent jamais de nouveaux : ils changèrent néanmoins quelquefois des fruits contre des clous d’une moindre grosseur. Les couteaux étaient fort estimés à Ouhétéa ; et dans chacune de ces îles, les herminettes et les petites haches l'emportèrent sur les autres marchandises. Quant aux objets de parure, leur fantaisie est aussi mobile que celle des nations

Cipale talier nos d Océan multi} d'occa:

de ses les île connai que to applic « Ne

ordé Jéens aller in de 'agré x, et ’a pas rs » ils , trèslus re qu'ils t plus neffet, nainte— 1 forme e hache l'était soit pas S ayant cité est et objet rent jans quelhoindre à Ounettes $ autres e, leur nations

polies de l'Europe, et la chose qui plaît à leur imagination lorsque la mode lui donne du prix , est dédaignée lorsqu'il s'établit une mode nouvelle ; mais nos outils de fer sont d’une utilité si frappante , qu'on peut assurer hardiment qu'ils continueront toujours à les estimer beancoup, et qu'ils seront trés à plaindre, si, dépourvus des matières premiéres, ou ignorant l’art de les fabriquer, ils cessent de recevoir des cargaisons de ceux de nos outils qui leur sont devenus nécessaires à bien des égards,

« Quoique Taïti ne soit pas, à proprement parler, au nombre des terres que j'ai appelées îles de la Société en 1769, elle est habitée par la même race d'hommes, qui ont le même caractère et les mêmes mœurs que les insulaires voisins. Ce fut un bon'-enr pour nous de découvrir cette île principale :::1 les autres ; l’accueil amical et hospitalier que nous y recûmes nous a déterminés, dans nos différentes courses sur cette partie du grand Océan , à y faire des reläches plus longues. La multiplicité de nos relâches nous a fourni plus d'occasions d'étudier les productions et les mœurs de ses habitans , que nous n’en avons eu d'observer les îles et les peuples d’alentour. Au reste, nous connaissons assez bien les derniers pour assurer que tout ce que nous avons dit de Taïu leur est applicable avec de trés-légères modificitions.

« Nos premières relations n'ont décrit que trop XXII,

146 HI: ©OIRE GÉNÉRALE

en détail les scènes de sensualité qui rendent Taïti un séjour si agréable à la plupart des navigateurs, et lors même que j'aurais quelques traits à ajouter à celte esquisse déjà tracée d'une manière assez exacte, j'hésiterais à peindre dans mon journal des mœurs licencieuses, propres seulement à exciter le dégoût des lecteurs qui chercheni à s'instruire ; mais quelques points des institutions domestiques, politiques et religieuses de ces peuples ne sont encore que trés-imparfaitement connus. Le récit de ce qui nous est arrivé jettera probablement un jour nouveau sur ce sujet, et les remarques de M. Anderson contribueront à l’éclaireir. »

« Il semble d'abord superflu de rien ajouter aux détails qu'on trouve sur Taïti dans les relations de Wallis et de Bougainville , et dans le premier et le second voyage du capitaine Cook : car on est tenté de croire qu'on ne peut guëre aujourd’hui que répéter les mêmes observations ; mais je suis loin de penser ainsi. Malgré la description exacte du pays, et des usages les plus ordinaires des habitans , dont nous sommes redevables aux naviga= teurs que je viens de citer, et surtout au capitaine Cook, je ne craindrai pas de dire qu'il reste un grand nombre de points dont on n’a pas parlé; qu'on a commis quelques méprises, rectifiées depuis par des recherches postérieures, et que, méme à présent, nous n'avons aucune idée de diverses institutions trés-importantes de ce peuple.

No, la} vais serv pas rem un d'un ture) ques qu'ar diffic ont E comp stituti lation exacts avons mais c très-in quelqu

forma

Voisine d'O:m soit d

« Le entre | table y de ma

Taiu teurs y jouter assez al des exciler truire ; ques 1e sont Le récit nent ui

ques de

ajouter relations emier Et ar on est | ourd'hui is je SUIS on exacte Ls des hax naviga® capitaine reste un as parlé ; ufées deet que , ée de dt e peuple.

DES VOYAGES. 147 Nos relâches ont été fréquentes, mais passagères ; Ja plupart de ceux qui se trouvaient à bord des vaisseaux ne se souciaient pas de recueillir des observations; d’autres qui s’en occupaient n'étaient pas en état de distinguer une remarque utile d’une remarque oiseuse ; et nous avions tous, quoiqu à un degré différent, le désavantage inséparable d’une connaissance imparfaite de la langue des naturels, qui seuls pouvaient nous instruire. Quelques Espagnols ont résidé à Taïti plus long-temps qu'aucun autre Européen, et il leur a été moins difficile de surmonter ce dernier obstacle : s'ils ent profité de leurs moyens, ils se sont instruits complétement de tout ce qui a rapport aux institutions et aux usages de cette île, et leur relation offrirait vraisemblablement des détails plus exacts et plus authentiques que ceux dont nous avons acquis la connaissance après bien des efforts ; mais comme il est trés-incertain , pour ne pas dire trés-improbable , que l'Espagne nous apprenne quelque chose à cet égard, j'ai rassemblé les informations nouvelles relauves à Taïti et aux îles voisines , que je suis venu à bout d'obtenir, soit d'O-mai, tandis qu'il était à bord de Za Résolution, soit des naturels avec qui j'ai conversé à terre.

« Le vent est fixé la plus grande partie de l’anné* entre l'est-sud-est et l’est-nord-est; c’est le véritable vent alisé auquel les naturels donnent le nom de maarai ; il souffle quelquefois avec beaucoup

de force. Dans ce dernier cas, l’atraosphére est souvent nébuleuse, et il tombe de la pluie ; mais lorsqu'il est plus modéré, le r- l'est clair et serein. Si le vent tourne davantage «1 sud, s'il devient sud-est ou sud-sud-est, il est plus doux et accompagné d’une mer tranquille, et les naturels l’appellent maoaï. Aux époques où le soleil est à peu près vertical, c’est-à-dire aux mois de décembre et de janvier, le vent et l'atmosphère sont trèsvariables; mais le vent soufile fréquemment de l’ouest-nord-ouest ou du nord-ouest; ce vent est appelé Toeraou : en général il est accompagné d’un ciel sombre et nébuleux, et de fréquentes ondées de pluie : quoique modéré, il souffle de temps en temps avec force, mais il ne dure guëre plus de cinq ou six jours sans interruption; c’est le seul par lequel les habitans des îles sous le vent arrivent à celle-ci. S'il vient un peu plus du nord, ila moins de force, et on le désigne par le terme d'Éra-potaia. Les gens du pays disent qu’Éra-potaia est la femme de Toeraou, lequel, selon leur mythologie , est l'espèce mûle.

« Le vent du sud-ouest et de l’ouest-sud-cuest est plus fréquent encore que celui dont je viens de parler ; et quoiqu'il soit en général doux et interrompu pas des calmes ou des brises de l’est, il souffle quelquefois par rafales très-vives. Le temps

‘alors est ordinairement couvert, nébuleux et pla-

vieux, et ce vent est fréquemment accompagné de

sommet

| qui bord

bea éloa ordi Farc imp surto

il est

« ] naissa sphèr prono

| guesp plutôt beau te aigus, | dent à « Il

| Canton | de Taït raboteu | et des a

ne pas :

etd’entr

Jicentes, force ex sol, le S] pas sur 1]

pe est mais ‘rein.

‘vient CuomMl'ap-

a peu embre t trèsent de ent est né d'un ondées mps en plus de le seul t arri= rd ,1la e terme Éra-polon leur

1d-cüest viens de et inter“

l'est, il e temps x et plupagné de

| canton d’un aspect plus riche que la partie sud-est | de Taïti. Les collines y sont élevées, escarpées et | raboteuses en plusieurs endroïts; mais des arbres

| sommet, qu'en les voyant on a bien de la peine à ne pas attribuer aux rochers le don de produire

qui bordent les collines vers la mer, et les vallées ad- | jacentes, offrent une multitudede productionsd’une

beaucoup d'éclairs et de tonnerres : on l'appelle . étoa , et il succède fréquemment au Toeraou. Il est ordinaire aussi de voir le Toeraou remplacé par le Faroua , qui vient plus du sud : celui-ci est trèsimpétueux ; il renverse les maisons et les arbres , et surtout les cocotiers, à cause de leur hauteur; mais il est de peu de durée.

« Les naturels ne paraissent pas avoir une connaissance bien exacte de ces variations de latmosphere, et ils croient néanmoins avoir formé des pronostics généraux sur leurs effets. Lorsque les vagues produisent un son creux et battent la côte, ou plutôt le récif, avec lenteur, ils comptent sur un beau temps; mais si les flots produisent des sons aigus, et s'ils se succèdent avec rapidité, ils s’attendent à un mauvais temps.

« Il n’y a peut-être pas dans le monde entier de

et des arbrisseaux les couvrent tellement jusqu’au etd'entretenircette charmante verdure. Les plaines

force extraordinaire ; à la vue de ces richesses du sol, le spectateur est convaincu qu'il ne se trouve pas sur le globe de lieu où la végétation soit plus

vigoureuse et plus belle. La nature y a répandu des eaux avec la même profusion ; on trouve des ruisseaux dans chaque vallée; ces ruisseaux , à mesure qu'ils s'approchent de l'Océan, se divisent souvent , en deux ou trois branches qui fertilisent les plaines sur leur passage. Les habitations des naturels sont dispersées sans ordre au milieu des plaines; et quand nous les regardions des vaisseaux , elles nous offraient des points de vue délicieux. Pour augmenter le charme de cette perspective, la por- Uon de mer qui est en dedans du récif et qui borde la côte est d’une tranquillité parfaite; les insulaires y naviguent en sûreté dans tous les temps; on les y voit se promener imollement sur leurs pirogues, lorsqu'ils passent d’une habitation à l'autre, ou lorsqu'ils vont à la pêche. Tandis que je jonissais de ces coups d'œil ravissans, j'ai souvent regretté de ne pouvoir les décrire d'une manière à com-

muniquer aux lecteurs une partie de l'impression

qu'éprouvent tous ceux qui ont le bonheur d’abor.

der à Tati.

« C’est sans doute la fertilité naturelle du pays,

jointe à la douceur et à la sérénité du climat, quil donne aux insulaires tant d'insouciance pour la cul ture. Il y a une foule de cantons couverts des plusk riches productions où l'on n’apercoit pas la moin: dre trace du travail de l’homme. Ils ne soignentk guêre que la plante d’où ils tirent leurs étoffes , k

quelle vient des semences apportées des montagnes,

don rép min sera sent long couv ne se blanc men, peut oblige front qui le tirpe d'autr choses « L par ie pas de Pieds nier d à prod des fr

du des es rUismesure nt sOusent les es natuplaines; x, cles x. Pour \ la porqui borde ipsulaires s ; on les pi rogues ; autre, OÙ e jouissais it regrelle e à commpression ur d’abor.

e du pays; |

limat, qu'É

pour la cul:

rs des plu as la moin È e soignent éoffes , li}

montagnes,

et l'ava ou le poivre enivrant, qu'ils garantissent du soleil lorsqu'il est très-jeune, et qu'ils convrent à cet effet de feuilles d'arbres à pain ; ils tiennent fort propres l’une et l'antre de ces plantes.

« J'ai fait de longues recherches sur la maniére

dont ils culuvent l'arbre à pain, et on m'a toujours répondu qu'ils ne le plantent jamais, Si l’on examine les endroits où croissent les rejetons, on en sera convaincu, On observera toujours qu'ils poussent sur les racines des vieux arbres, qui se prolongent près de la surface du terrain : les arbres couvriraient donc les plaines, quand même l'île ne serait pas habitée, ainsi que les arbres à écorce blanche croissent naturellement à la terre de Diemen, où ils composent de vastes forêts ; d’où l’on peut conclure que l'habitant de Taïu , loin d’être obligé de se procurer son pain à la sueur de son front , est forcé d'arrêter les largesses de la nature, qui le lui offre en abondance. Je crois qu'il exürpe quelquefois des arbres à pain pour planter d’autres arbres et mettre de la variété dans les choses dont il se nourrit.

« Les Taïtiens remplacent surtout l'arbre à pain par le cocotier et le bananier : le premier n’exige pas de soins lorsqu'il s’est élevé à deux ou trois pieds au-dessus de la surface du sol; mais le banamer donne un peu plus de peine : il ne tarde pas à produire des branches, et il commence à porter des fruits trois mois après qu'on l’a planté: ces

fruits et les branches qui les soutiennent se succédent assez long - temps ; on coupe les vieilles tiges à mesure qu'on enlève le fruit.

« Les productions de l’île sont cependant moins remarquables par leur variété que par leur abondance , et il y a peu de ces choses qu'on appelle curiosités naturelles. On peut citer toutelois un étang ou lac d’eau douce qui se trouve au sommet de l’une des plus hautes montagnes, où l’on n’arrive du bord de la mer qu'après un jour et demi ou deux jours de merche. Ce lac est d’une profondeur extrême, et renferme des asguilles d’une grosseur énorme ; les naturels y péchent quelquefois sur de petits radeaux de deux ou trois bananiers sauvages joints ensemble. Ils le regardent comme la première des curiosités naturelles de l'île. En général, on demande tout de suite aux voyageurs qui viennent des autres îles s'ils l'ont vu. On y trouve anssi, à la même distance de la côte, une marre d'eau douce, qui d’abord paraît trés-bonne, et qui dépose un sédiment jaune ; mais elle a un mauvais goût ; elle devient funeste à ceux quien boivent une quantité considérable, et elle produit des pustules sur la peau lorsqu'on s’y baigne.

« En abordant à Taïti, nous fùmes vivement frappés d’un contraste remarquable : habités à la stature robuste et au teint brun du peuple de Tongatabou, nous ne nous accoutumions pas à la déli-

cat tien reg:

der:

not oub Ja :

cepe égar tout fem barb chev gatal nous trie On:

si Co et q Taiu mén( embd« Tapp nous pas à

sorte

fimes bats eflor

e sUCneilles

moins abonippelle os un ommet n n’ar- 4 demi proton ;s d'une nelquejs banagardent elles de nte aux ils l'ont ce de la d paraît jaune ; t funeste dérable,

orsqu'on

vivement itnés à la » de Tonà la déli-

catcsse des proportions et à la blancheur des Taitiens : ce ne fut qu'après un certain temps que nous regardâmes cette différence comme favorable aux derniers ; peut-être même n'arrêtämes-nous ainsi notre opinion que parce que nous commencions à oublier la taille et la physionomie des habitans de la métropole des îles des Amis. Les Tuitiennes cependant nous parurent l'emporter à bien des égards; nous leur trouvâmes tous les agrémens et tonte la délicatesse des traits qui distinguent les femmes dans la plupart des pays du monde. La barbe que les hommes portent longue, et leur chevelure qui n’est pas coupée si près qu'à Tongatabou, produisaient un autre contraste, et il nous sembla dans toutes les occasions qu'ils mons de ce es DR ns de caractère.

musculaires qui sont si communes parmi les naturels des îles des Amis et qui sont la suite d’un exercice très prolüngé. Faiu étant beaucoup plus fertile, ses habitans ménent une vie plus indolente, et ils offrent cet embonpoint et cette douceur de la peau qui les rapprochent peut-être davantage des idées que nous avons de la beauté, mais qui ne contribuent pas à embellir leur fignre, puisqu'il en résulte une sorte de langueur dans leurs mouvemens : nous fimes surtont cette remarque en voyant leurs combats de Intte et de pugilat, qui paraissent de faibles efforts d’enfans, si on les compare à la vigueur

ik rilk Sa M h ©

des mêmes combats exécutés aux îles des Amis.

« Les Taïtiens, estimant beaucoup les avantages extérieurs, recourent à plusieurs moyens pour les

IISTOIRE GÉNÉRALE

augmenter : ils sont accoutumés, surtout parmi les arrcoïs ou les célibataires d'un certain rang, de se soumettre à une opération médicale , afin de blanchir leur peau : à cet effet, ils passent un mois ou deux sans sortir de leur maison; durant cet intervalle , ils portent une quantité considérable d'étofles, et ils ne mangent que du fruit à pain, auquel ils attribuent la propriété de blanchir le corps. Ils semblent croire aussi que leur embonpoint et la conleur de leur peau dépendent d'ailleurs de leurs alimens , car le changement des saisons les oblige à changer leur régime selon les différentes époques de l’année.

« Les nourritures végétales forment an moins les neuf dixièmes de leur régime ordinaire. Je pense que le mahié en particulier, ou le fruit à pain fermenté, dont ils font usage à presque tous leurs repas, les relâche, et produit en eux une fraicheur trés sensible, qu'on n'aperçoit pas en nous qui vivons de nourritures animales ; et s'ils ont si peu de maladies, il faut peut-être l'attribuer à leur régime tempéré.

« Ils ne comptent que cinq ou six maladies qu'on puisse appeler chroniques, parmi lesquelles je ne dois pas oublier l'hydropisie et le sefaï, ou ces enflures sans douleur, que nous avions trou-

reu

les

de

les

en

pra

Amis.

ages ur les arini rang ; fin de mois nt cet érable pain, hir le 1bon= illeurs ns les rentes

moins ire. Je fruit à ie tous ix une Jas en et s'ils tribuer

aladies quelles far, ou s trou-

vées si communes à Tongatabou. Il s'agit ici de l'époque qui a précédé l'arrivée des Européens, car nous les avons infectés d’une maladie nouvelle, qui équivaut seule à toutes les autres, et qui est presque universelle aujourd'hui : il paraît qu'ils ne savent pas la guérir d'une manière eflicace. Les prêtres la traitent quelquefois avec des composttions simples : mais, de leur aveu , ils ne la guérissent jamais parfaitement ; ils conviennent néanmoins que, dans un petit nombre de cas, la nature , sans le secours d’un médecin, détruit le fatal virus, et opére une guérison complète. lis disent qu'un homme infecté communique souvent sa ma ladie anx personnes qui vivent dans la même maison ; que ces personnes la prennent en mangeant dans les mêmes vases que les malades, et même en les touchant ; qu'alors elles meurent souvent, tandis que celui-là guérit: mais ce dernier fait me paraît difficile à croire ; et, s'il est vrai, c’est avec des modifications dont on ne nous a pas parlé. |

« Leur conduite, dans toutes les occasions, annonce beaucoup de franchise et un caractère généreux. Néanmoins O-maï, que ses préventions pour les iles de la Société disposaient à cachet ls défauts de ses compatriotes, nous a avertis souvent que les Taïtiens sont quelquefois cruels envers leurs ennemis. {ls les tourmentent, nous disait-il, de propos délibéré; ils leur enlèvent de peuts mor-

me mm

156 HISTOIRE CÉNÉRALE

ceaux de chair en différentes parties du corps; ils leur arrachent les yeux ; ils leur coupent le nez, et enfin ils les tuent et ils leur ouvrent le ventre : mais ces cruautés n’ont lieu qu’en certaines occasions, Si la gaîté est l’indice d'une âme en paix, c: doit supposer que leur vie est rarement souillée par des crimes; je crois cependant qu'il faut plutôt attribuer leur disposition à ia joie, à leurs sensations, qui, malgré leur vivacité, ne paraissent jamais durables : car lorsqu'il lenr survenait des malheurs, je ne les ai jamais vus affectés d’une manière pénible aprés les premiers momens de crise. Le chagrin ne sillonne point leur front; l'approche de la mort ne semble pas même altérer leur bonheur. J'ai observé des malades près de rendre le dernier soupir, ou des guerriers qui se préparaient an combat, et Je n'ai pas remarqué que la mélancolie ou des réflexions tristes répandissent des nuages sur leur physionomie, | « Ils ne s'occupent que de ce qui peut leur don

ner du plaisir et de la joie. Le but de leurs amusemens est toujours d'accroître la force de leur penchant amoureux ; ils aiment passionnément à chanter , et le plaisir est aussi l’objet de leurs chan- Sons : mais Comme on est bientôt rassasié des jouissances charnelles interrompues, ils varient Îles sujets de ces chants, et ils se plaisent à célébrer leurs triomphes à la guerre, leurs travaux durant la paix, leurs voyages aux terres voisines, et les

aven del rons ceux eux sent savai den vant:

toujc

quir chass l'âme citer sous rons tente:

gue a d’aillc attira comn l’avoi

s’amu où co miér & gue,

ment l'emb

ss ils z, et mais s10NS.

, doit e par Ôt atlions, imais leurs, re pé- > chade la r. J'ai r SOU mbat, u des r leur

donamuleur ent à chan- Jouisnt les ébrer urant et les

aventures dont 1ls ont été les témoins, les beautés de leur île , et ses avantages sur les pays des environs, ou ceux de quelques cantons de Taïti sur ceux qui sont moins favorisés. La musique a pour eux beaucoup de charmes; et quoiqu’ils montrassent une sorte de dégoût pour nos compositions savantes , les sons mélodieux que produisait cliacun de nos instrumens en particulier, approchant davantage de la simplicité des leurs, les ravissaient toujours de plaisir.

« Ils connaissent les impressions voluptueuses qui résultent de certains exercices du corps, et qui chassent quelquefois le trouble et le chagrin de l'âme avec autant de succès que la musique. Je puis citer là-dessus un fait remarquable qui s’est passé sous mes yeux. Me promenant un jour aux environs de la pointe Matavaï, où se trouvaient nos tentes, je vis un homme qui ramait dans sa piro= gue avec une extrême rapidité, et comme il jetait d’ailleurs autour de lui des regards empressés, il attira mon attention. J'imaginai d’abord qu'il avait commis un vol, et qu’on le poursuivait ; mais aprés l'avoir examiné quelque temps, je m’aperçus qu'il s’amusait. 11 s’éloigna de la côte jusqu’à l'endroit où commence la houle, et épiant avec soin la pre mière vague , 1l fit force de rames devant cette vague, jusqu'à ce qu'il pût en éprouver le mouvement, et qu’elle eût assez de force pour conduire l’'embarcation sans la renverser; il se tint immo-

bile alors, et 1l fut porté par la lame qui le débarqua sur la grève : il vida tout de suite sa pirogue, ei retourna à la houle. Je jugeai qu'il goûtait un plaisir inexprimable à être promené si vite et si doucement sur les flots. Quoiqu'il für à peu de di- Stance de nos tentes, de là Résolution et de la Decouverte, 1l ne fit pas la moindre attention au rassemblement nombreux de ses compatriotes, qui s'empressalent de voir nos vaisseaux et notre Camp, objets qui devaient être si extraordinaires pour eux. Tandis que je l’observais, deux ou trois insulaires vinrent me joindre ; ils semblérent partager son bonheur, et ils lui annoncèrent toujours par des cris l'apparence d’une houle favorable; car ayant le dos tourné et cherchant la lame du côté où elle n’était pas, il la manquait quelquefois. Ils me dirent que cet exercice, appelé ehororoë dans la langue du pays, est très-commun parmi eux. Ils ont vraisemblablement plusieurs amnsemens de celte espèce, qui leur procurent an moins autant de plaisir que nous en donne l’excreice du patin, le seul de nos jeux dont les effets puissent être comparés à ceux que je viens de décrire.

« La langue de Taïti, radicalement la même que celle de la Nouvelle-Zélande et des îles des Anis, n'a pas leur prononciation gutturale, et elle manque de quelques-unes des consonnes qni abondent dans les deux derniers dialectes. Elle à pris la douceur et la mollesse des habitans, J'avais rassemblé,

dur:

long en autr aucu l'idi avec et j'e le pl sions parfa rang et l'é expri de la ou pl ter q dent :

qui m répon saints

serve moral siége

sirs in dans 1 cest | Leur ] cent |

“bargue »

it un et Si le dia Deu ras- 3, qui can P; pour instirtagcr rs par 2; car lu côté fois. Ils pé dans 11 CUXe hens de autant atin, le e com-

me que ; Ans, le manondent s Ja dou-

semble,

DES VOYAGES. 1£g

durant le second voyage du capitaine Cook, un long vocabulaire d'aprés lequel je me suis trouvé en état de comparer ce dialecte au dialecte des autres Îles. Durant celui-ci, je n’ai laissé échapper aucune occasion de m'instruire davantage sur lidiome de Taïti; j'ai eu de longues conversations avec O-maï avant d'arriver aux îles de la Société, et j'ai fréquenté les naturels pendant nos reläches le plus que j'ai pu. Cet idiome est rempli d’expressions figurées très-belles ; et si on le connaissait parfaitement, je suis persuadé qu'on le meurait au rang des langues dont on estime le plus la hardiesse et l'énergie des images. Ainsi les Taïtiens, pour exprimer avec emphase les idées qu'ils se forment de la mort, disent que l’dme va dans les ténèbres, ou plutôt dans la nuit. Lorsque l’on a l'air de douter qu’une telle ferime soit leur mère, ils répondent sur-le-champ avec surprise : Oui, c'est la mère qui n’a porté dans son sein. Une de leurs tournures répond précisément à cette tournure des livres saints : les entrailles sont émues de douleur ; ils s’en servent toujours quand ils éprouvent des affections morales qui les tourmentent. Ils supposent que le siége de la douleur causée par les chagrins , les désirs inquiets et les diverses affections de l'âme, est dans les entrailles, et ils supposent de plus que cest le siége de toutes les opérations de l'esprit. Leur langue admet ces inversions de mots qui placent le latin et le grec bien au-dessus de la plupart

de nos langues modernes de l’Europe, si imparfaites, que, pour prévenir les ambignités , elles sont réduites à arranger servilement les mots les uns aprés les autres. Elle est si riche, qu'elle a plus de vingt termes pour désigner le fruit à pain dans ses différens états; elle en a autant pour la racine de taro, et environ dix pour le coco. J'ajouterai qu'outre le d'alecte ordinaire, les Taïtiens ontune langue qu'on peut appeler la langue plaintive, et qui forme ivujours des espèces de stances, ou un récitatif.

« Leurs arts sont en petit nombre , et bien simples : néanmoins, si on doit les en croire, ils font avec succés des opérations de chirurgie que nous n'avons pas encore pu imiter, malgré nos connaissances étendues. Ils environnent d’éclisses les os fracturés ; et si une partie de l'os s'est détachée , ils insèrent dans le vide un morceau de bois taillé comme la partie de l'os qui manque : cinq ou six jours aprés , le rapaou ou le chirurgien examine la blessure, et il trouve le bois qui commence à se recouvrir de chair ; ils ajontent qu'en général ce bois est entiérement couvert de chair le douziéme jour : qu'alors le malade a repris ses forces, qu'il se baigne, et qu'il ne tarde pas à guérir. Nous n'ignorons pas que les blessures se guérissent sur des balles de plomb, et quelquefois, mais rarement, sur d’autres corps étrangers ; mais je doute d'autant plus de l'opération dont je viens de parler , qu'en d’au-

| pénétre qua, ne Let cepe

| plus bo | plus d’ad } néanmo | ques oc suites d | mède qi | chaud :

|vrent en

tres « si gra bras laissé qui a n'ouh fectue une MOIS ( mettr'e moins les fra mortel du cré quelles bles. Il

des cou

« Le

Page 1