XXIII
Une femme qui vivait avec eux avait deux dents d’une grosseur prodigieuse , et aprés leur mort, elle alla s'établir à Otaha; les insulaires la mirent au nombre de leurs déesses lorsqu'elle eut rendu le dernier soupir. Elle ne mangeait pas de la chair humaine comme ses deux époux ; mais, d’après la grandeur de ses dents, on donne le nom de théiaï à tout animal qui a un aspect farouche ou de larges crocs.
« On doit avouer que cette histoire est aussi vraisemblable que celles d'Hercule détruisant l’hydre, ou des tueurs de géans dont parlent les romanciers du moyen âge ; mais j'y trouve aussi peu de moralité que dans la plupart des vieilles fables de la mème espèce, reçues comme des vérités par des peuples ignorans, dont la civilisauon peut être comparée, à quelques égards , à la civilisation des naturels des îles de la Société. Elle est d’ailleurs heureusement imaginée, car elle exprime l'aversion et l'horreur qu'inspirent ici les cannibales. Plusieurs raisons feraient croire cependant que les habitans de ces îles mangeaient jadis de la chair humaine. J'interrogeai O-maï sur ce point : il soutint, de la manière la plus positive, que je me trompais; mais il me conta un fait dont il avait été témoin, et qui confirme presque cette opinion. Un tués à l'époque où les habitans de Bolabola baturent ceux de Houaheiné, Un homme de sa famille eut
grand nombre de ses parens et de ses alliés furent à
ens les :
de ]
il le qu’o imm usa gr beau embl «I présic des at peut-« qui pi donne appor propo inspire il les 1
du sy
des md de ma tres ; l’
se sou
se servi À
a mort niére a
animal O-maïi
lents nor; irent “endu chair rés la théiaï larges
si vralhydre, anciers > mOra“ s de l par des zut être üon des ’aitleurs » J'avernibales.
t que les la chair t:1lsoume tromit été tÈnion. Un és furent baturent mille eut
ensuite occasion de se venger ; il battit à son tour les insulaires de Bolabola, et, coupant un morceau de la cuisse de l’un de ses ennemis, 1l le rôtit et il le mangea. Le capitaine Cook a raconté plus haut qu'on offre au roi un œil du malheureux qu’on immole aux dieux, et nous n'avons vu dans cet usage que Îles restes d’une coutume qui était jadis beaucoup plus étendue , et dont cette cérémonie emblématique rappelle le souvenir.
« La prérogative d’être investi du maro, et de présider aux sacrifices humains, paraît être un des attributs disunctifs de la souveraineté, Il faut peut-être y ajouter celui de sonner d'une conque, qui produit un son trés-éclatant. Dès que le roi donne ce signal, tous ses sujets sont obligés de lui apporter des denrées de différentes espèces, en proportion de leurs facultés. Son nom seul leur inspire un respect qui va jusqu'à l’extravagance, et il les rend quelquefois cruels. Lorsqu'on le revêt du symbole de la royauté, s’il y a dans la langue des mots qui aient de la ressemblance avec celui de maro, on les change , et on en substitue d’autres ; l'homme qui a ensuite la hardiesse de ne pas se soumettre à ce changement, et de continuer à se servir des mots proscrits, est sur-le-champ mis à mort avec toute sa fannile. On traite d’une manière aussi barbare ceux qui s’avisent d'appeler un animal du nom du prince. D'après cet usage, O-mai fut toujours indigné de voir que les Anglais
donnent à des chevaux ou à des chiens les noms d'un prince ou d’une princesse. Au reste, tandis que les Taïtiens punissent de mort quiconque emploie légèrement le nom de leur souverain, ils se contentent de confisquer les terres et les cabanes de ceux qui outragent son administration.
« Le roi a, dans chaque canton, des maisons qui lui appartiennent, et il n'entre jamais dans la raison (l’un de ses sujets. Si un accident l’oblige à s'écarter de cette règle, on brûle la maison qu'il a honorée de sa présence, ainsi que tous les meubles qu’elle renferme. Non-seulement ses sujets se découvrent devant lui jusqu'à la ceinture, mais lorsqu'il est quelque part, on dresse dans les environs un poteau garni d'une piéce d’étofle auquel ils rendent les mêmes honneurs. Les naturels des deux sexes se découvrent également jusqu'à la ceinture devant ses frères ; mais les femmes seules se découvrent devant les femmes du sang royal. En un mot, ils portent jusqu'à la superstition leur respect pour leur roi, et sa personne est presque sacrée à leurs yeux. Il doit peut-être à ces préjugés la possession tranquille de ses états. Les naturels du canton de Tierebou conviennent qu'il a droit aux mêmes honneurs parmi eux, quoique leur chef particulier leur paraisse plus puissant, et quoiqu'ils le supposent héritier du gouvernement de l'île , en cas de lexunction de la famille royale actuclle. Il est assez vraisemblable qu'Ouaciadon:
devi car © cant( étenc quell
et la | de le fréqu de pa:
guerri battre
CIis ou suite l leouteo les escl.
se lien femmes avec de un enfa fant »q ne doi dernier un hor fans el une int de l’éri de son roi meu
10m5 andis » emils se banes
aisons ans la oblige n qu'il s meuajets se , Mais les en- | auquel rels des la ceineules se yal. En on leur presque
, , préjugés
naturels
a droit que leur ,etquotment de oyale acaciadoni
DES VOYAGES. 181 deviendra en effet souverain de toute la contrée ; car outre Tierebou, il est le maître de plusieurs cantons d'Opourinou. Ses états égalent presque en étendue ceux d’O-tou, et la portion de Pile à laquelle il dicte des lois est d’ailleurs la plus peuplée et la plus fertile. Ses sujets ont donné des preuves de leur supériorité ; ils ont remporté des victoires fréquentes sur ceux de Taïti-noué , et ils affectent de parler de leurs voisins comme d’une troupe de
guerriers méprisables, qu'il serait de combattre , si leur chef voulait déclarer e.
« Après l’éri-de-hoë et sa famill ut les
éris ou les chefs revétus de quelque pouvoir ; ensuite les manohounés ou les vassaux, et les teous ou teouteous, c'est-à-dire les domestiques, ou plutôt les esclaves. Les hommes de chacune de ces classes se lient, selon l'institution primitive, avec des femmes de leur tribu; mais s'ils ont des privautés avec des femmes d’un rang inférieur, et s’il résulte un enfant de ce commerce , on laisse la vie à l’enfant, qui prend le rang de son pére , à moins qu'il ne doive le jour à un éri; car on le tue dans ce dernier cas. Si une femime de condition se lie avec un homme d’une classe inférieure , on tue ses enfans , et on met à mort le teou, qui est surpris dans une intrigue avec une femme du sang royal. Le fils de l’éri-de-hoï succède aux titres et aux honneurs de son père dés le moment de sa naissance ; si le roi meurt sans enfans, le gouvernement passe à son