‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 5)Chapitre 31 sur 34 · ET · texte numérisé non relu

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il était blanc, tacheté de brun , et plus grand que le phoque : c'était vraisemblablement la vache de mer ou le manati.

« Je crois pouvoir assurer que les oiseaux marins et aquatiques ne sont ni aussi nombreux ni aussi variés que dans les parties septentrionales de notre mer Atlantique ; il y en a cependant quelques -uns que je ne me souviens pas d’avoir vus ailleurs.

« Nos courses et nos observations ne s'étant pas étendues au-delà du bord de la mer, le lecteur ne doit pas espérer que je lui donnerai de grands détails sur les animaux ou les végétaux du pays. Si j'en excepte les cousins, les insectes sont peu nombreux. Je n’ai point vu de reptiles , si ce n’est des lézards, On ne rencontre des dainis ni à Ounalachka, ni sur aucune des autres îles. Les insulaires n'ont pas d'animaux domestiques, pas même des chiens. Les renards et les belettes furent les seuls quadrupèdes qui frappèrent nos regards; mais les naturels nous dirent qu’on y trouve aussi des lièvres et des marmottes. Il en résulte que la mer et les rivières fournissent la plupart des subsistances. Les naturels doivent aussi à la mer tous les bois qu'ils emploient dans leurs constructions, car il n'en croit pas un brin sur aucune des îles non plus que sur la côte d'Amérique adjacente.

« Les savans disent que les graines des plantes sont portées de différentes manières d’une partie

— { HISTOIRE GÉNÉRALE du monde à lautre, qu'elles arrivent même sur les îles situées au milien des mers les plus considérables et fort éloignées de toutes les terres : pourquoi donc ne trouve-t-on point d'arbres sur cette partie du continent de l'Amérique , non plus que sur aucune des îles qui en sont voisines ? Ces contrées sont certainement aussi propres à recevoir des graines par les divers moyens dont j'ai entendu parler, qu'aucune des côtes qu’on voit abonder en forêts. La nature n’aurait-elle pas refusé à certaines espèces de terrains la puissance de produire des arbres sans le secours de l’art ? Quant aux bois qui flottent sur les côtes de ces îles, je suis convaincu qu’ils viennent d'Amérique; car si on n’en aperçoit pas sur les côtes du Nouveau-Monde les plus voisines , lintérieur du pays peut en produire assez pour que les torrens au printemps renversent des portions de forêts, et en amènent les débris à la mer : d'ailleurs il en arrive peut-être des côtes boisées, quoiqu'elles soient sitnées à une plus grande distance.

« Ounalachka offre une grande variété de plantes; la plupart étaient en fleur à la fin de juin. On y trouve plusieurs de celles qui croissent en Europe et en d’autres parties de l’Amérique, et particulierement à Terre-Neuve; on en voit d’autres qu'on rencontre au Kamtchatka, et que mangent les naturels des deux pays, par exemple la sarane : elle ne semble pas être fort abondante, car nous ne

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