‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 5)Chapitre 7 sur 34 · PA · texte numérisé non relu

PA

ni

Go HISTOIRE GÉNÉRALE

« Nous quitiämes Etary et sa petite troupe, qui vraisemblablement ne tardèrent pas à se repentir de la sottise qu'ils venaient de faire , et nous accompagnâmes O-tou à un autre village peu éloigné de là. Nous y tronvâmes les domestiques d’un chef dont j'oublini de demander le nom ; ces domestiques nous attendaient avec un gros cochon, un cochon de lait et un chien qu’ils voulaient présenter au roi de la part de leur maître. Ils les présentérent en effet , en observant le cérémonial accoutumé; et l'un d'eux, qui prononca un discours, s'informa, au nom de son maître, de la santé d’Otou, et des principaux personnages de sa cour. Un des ministres d'O-tonu répondit à ce compliment, et on parla ensuite de la gnerre d'Eimeo, sur laquelle on discuta longnement. Les députés du chef désiraient qu’on fit la guerre d'une manière vigoureuse , et ils conseillèrent à O-tou d'offrir aux dieux un sacrifice humain. Un second chef, qui ne s’éloignait guère de la personne du roi, s'y opposa; et il nous parut qu'il motivait très - bien son avis. Je fus convaincu de plus en plus qu'O-tou ne mettait point d’ardeur à la poursuite de cette guerre : il recut alors des messages multipliés de Toaouha, qui le pressait vivement de Jui envoyer du secours. On nous dit que l'escadre de Torouha était en quelque sorte cernée par celle de Mabeiné, mais que ni l’une ni l’autre n’osaient risquer un combat,

sâme nous celle et SO arriv du :

Rien veill tout tant n'épi des

soin

les c:

plus se tr lant envi d'en obse blis grar Mat laie gue rev!

fut

e, qui pentr us aC= loigné n chef mesti=

n, un résen— résen— ccou— ours , santé cour.

mpliimeo , éputés e Ma | d'of- | chef, Di, S'V -bien O-tou » cette iés de voycr aouba heiné,

[er Un

« Après avoir dîné avec O-tou, que nous laissâmes à Oparri, nous retournâämes à Matavai, On nous apporta peu de fruits durant cette journée et celle du lendemain : O-tou en fut instruit ; et lui et son frère, qui s'était attaché au capitaine Clerke, arrivèrent d'Oparri entre neuf et dix heures du soir du 19, avec une quantité considérable de vivres. Rien ne prouve mieux jusqu'où il portait sa bienveillance et ses attentions pour nous. Le lendemain toute la famille royale vint nous voir, nous apportant de nouveaux présens; non-seulement nous n'éprouvâmes plus de disette, mais nous eûmes des vivres au-delà de ce que nous en pouvions consommer.

« À celte époque, notre eau était embarquée ; les calfats avaient achevé leur travail ; il ne restait plus rien à faire au grément ; nos deux vaisseaux se trouvaient en état de reprendre la mer, et, voulant avoir assez de temps pour aborder aux îles des environs , je songeai à mon départ. J'ordonnai donc d'enverguer les voiles, et de reconduire à bord les observatoires et les instrumens que nous avions établis sur la côte. O-tou vint m’avertir le 21, dès le grand matin, que toutes les pirogues de guerre de Matavai et de trois cantons de no':2 voisinage allaient à Oparri, afin de se réunir aux pirogues de guerre de cette partie de l'île, «1 qu'il y aurait une revue générale. Bientôt après, l'escadre de Matavaï fut én mouvement ; et après avoir paradé autour

de la baie , elle y entra : je montai mon canot pour examiner cette marine de plus près.

« Il y avait environ soixante pirogues ‘e guerre, munies de plates-formes sur lesquelles combattent les guerriers : le nombre des pirogues moins grandes était à peu prés sus considérable. Je voulais les accompagner à Oparri; mais les chefs décidérent bientôt que l’escadre ne parürait pas avant le lendemain. Je fus bien aise de ce délai, qui m'offrait une occasion de connaître la manicre de se battre des Taïtiens. Je priai O-tou d’ordonner à quelquesunes des pirogues d'exécuter devant moi les manœuvres du combat. Le roi s’'empressa d’en faire sortir deux de la baie; nous montâmes sur l’un de ces bâtimens, O-tou, M. King et moi; et O-mai se rendit à bord de la seconde. Lorsque nous eûmes assez d'espace pour les évolutions , les deux pirogues se retourbérent en face Fune de l'autre ; elles s’avanccrent , elles eculèrent avec toute la vivacité que purent leur donner les rameurs. Sur ces entrefaites, les guerriers qui occupaient les plates-formes brandissaient leurs armes, et faisaient des mines et des contorsions qui me semblèrent n'avoir d’antre but que de les préparer à l'assaut. O-tou se tenait à côté de notre plate-forme, et il donnait le signal d’avancer ou de :vculer. La sagacité et la promptitude du coup d'œil lui étaient nécessaires pour saisir les momens favorables, et évier ce qui devait offrir de l'avantage à l'ennemi. Enfin, lorsque les piro-

gues dou com plate mier.

tres nosr été r « Jours détai sulan semb qu'iks guent crois terril rir, Ï toire mais

priso

plus

« fond:

d'un qu'ils parti passe

néc

pour

1erre, attent randes ais les dérent le lenoffrait battre Jquesanœusortir le ces lai 56 eû nics

"ogues :s s'a— 16 que faites, branet des re but à cÔtÉ ’avanutude sir les offrir

po

Éeunenres

gues eurent avancé et reculé, chacune au moins douze fois, elles s’abordérent de l'avant. Après un combat de peu de durée, les guerriers de notre plate-forme parurent se laisser tuer jusqu’au dernier, et O-maï et ses camarades se rendirent maitres de notre bâtiment. En cet instant, O-tou et nos rameursse jetérent à la mer, comme s'ils avaient été réduiis à la nécessité de se sauver à la nage.

« Leurs batailles navales ne se livrent pas toujours de çette manitre, si l’on peut compter sur les détails qu'O-maï nous donna. Il me dit que les insulaires commencent quelquefois par amarrer ensemble les deux pirogues, l'avant contre l'avant, et qu'ils combattent ensuite, jusqu'à ce que tous les guerriers d’un des bâtimens soient tués. Mais je crois qu'ils adoptent seulement cette manœuvre terrible lorsqu'ils ont résolu de vaincre où de mourir. Ils ne doivent compter en effet que sur la victoire ou la mort; car, de leur aveu , ils ne font jamais de quartier, à moins qu'ils ne réservent les prisonniers pour les tuer le lendemain d’une facon plus cruelle.

« La puissance et la force de ces peuples sont fondées sur leur marine. Je n'ai jamais oui parler d'une action générale de terre, et c’est sur la mer qu'ils se livrent des batailles décisives. Si les deux partis ont fixé l’époque et le lieu de l’action, ils passent dans des amusemens et des festins la journée de la veille et la nuit. Is lincent à l’eau leurs

dns:

pirogues ; ils font leurs préparatifs au lever de l’aurore , et ils commencent le combat avec le jour : son issue termine ordinairement la dispute; les vaincus s'enfuient à la hâte ; ceux qui atteignent la côte s’empressent de gagner les montagnes, et d'emmencr leurs amis. Les vainqueurs qui, durant l'accès de leur furie, n'épargnent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfans, s’assemblent le lendemain au moraï pour remercier l’éatoua de la victoire qu'ils viennent de remporter, et lui offrir en sacrifice les guerriers qu'ils ont tués , et les prisonnicrs eux-mêmes, s'ils en ont fait quelques-uns : on négocie ensuite un traité, dont en général ils dictent les conditions; ils obtiennent des territoires particuliers , et quelquefois des îles entières. O-maï nous apprit qu'il avait été fait prisonnier par les ha= bitans de Bolabola ; qu'il fut mené dans la patrie des vainqueurs , et que lui et tous ses compagnons de captivité auraient été mis à mort le lendemain, s'ils n'étaient pas venus à bout de se sauver pendant la nuit.

« Après ce combat simulé, O-maï endossa sa cui rasse , ct le reste de son armure de l’ancienne che= valerie ; il monta sur la plate-forme de l’une des pirogues, et les rameurs le menèrent en triomphe le long du rivage de la baïie; en sorte que tous les naturels purent le contempler à loisir. Sa cotte de mailles n'attira pas l'attention des insulaires autant que je l'aurais imaginé, Quelques-uns d’eux , il est

vrai, volté Icur Sans «] arrive sais d havre île en désir escort à Toa mis d 24, € bord ( Aprés rendre guerre se réu « À on vint

traité :

houro les pré guerre avait d

ordre Nous M. Kin

au ar :

les ent , et rant rds , len- Fr en sonuns !

al ls oires )-maï »s ha patrie mons main, dant

à Cui= che= e des mphe us les te de autant ilest

DES VOYAGES. 62 vrai, la connaissaient déjà, et d’autres étaient si révolés de la conduite imprudente de mon ami, qu'il Icur montrait les choses les plus extraordinaires sans obtenir un coup d'œil.

« Le 22, des le grand matin , O-tou et son père arrivérent à hord , pour savoir quand je me proposais d'appareiller. Ayant appris qu’on trouve un bon havre à Eimeo , je leur dis que je toncherais à cette île en allant à Houaheiné ; alors ils témoignèrent le désir d’y venir avec moi , et de mettre sous mon escorte l’escadre de renfort qu'ils voulaient mener à Toaouha. Comime j'étais prêt à parur, je leur permis de fixer le jour ; ils choisirent le surlendemain 24, et nous convinmes que je prendrais sur mon bord O tou, son pére , sa mère, et toute sa famille. Après cet arrangement, je proposai au roi de nous rendre tout de suite à Oparri, où les pirogues de guerre destinées à l'expédition d'Eimeo devaient se réunir et être passées en revue.

« Au moment où nous entrâmes dans mon canot, on vintapprendre au roi que Toaouha avait fait un traité avec Maheiné , et ramené son escadre à Attahourou. Cette nouvelle inattendue rendait inutiles les préparaufs de l'expédition, et les pirogues de guerre, au lieu de marcher à Oparri qu’on leur avait désigné pour le lieu du rendez-vous, eurent ordre de retourner dans leurs cantons respectifs. Nous suivimes cependant le prince à Oparri, M. King et mor. Notre voyage ne fut pas long. Tan-

dis qu'on apprêétait notre diner, un messager arriva d'Eimeo, et il exposa les articles de la paix, ou plutôt de la trêve ; car la suspension d’armes n'était que pour un temps limité. Les conditions se trouvaient désavantageuses à Taïli, et on blâma beaucoup O-tou, dont la lenteur à envoyer des ren orts avait obligé Toaouha à se soumettre à un accommodement honteux. On disait même publiquement que Toaov a, indigné de la conduite du roi, avait juré de réunir ses forces à celles de Tierebou , et d'attaquer O-tou à Matavaï ou à Oparri, lorsque je serais parti. Je déclarai solennellement de mon côté que je défendrais les intérêts de mon ami, et que je Jui donnerais des secours contre une pareille ligue ; que je reviendrais dans l’île, et que je me vengerais sans pitié de ceux qui auraient l'audace d'y prendre part. Mes menaces eurent vraisemblablement l'effet

que j'en attendais; et si Toaouha forma d’abord le

projet dont je viens de parler, 1l ne tarda pas à y renoncer , ou du moins 1l n’en fut pas question. Ouhappaï, pére d'O-tou, désapprouva beaucoup le traité de paix, et 1] ne ménagea point Toaouha, qui l'avait conclu : cet habile vieillard sentait bien que, si j'accompagnais à Eimeo l’escadre des T'aitiens, je serais trés-uuile à leur cause , sans me mêler directement de la querelle. Toutes ses raisons portaient sur ce calcul ; il justifiait de la même manière O-tou qui m'avait attendu , quoique ce délai l'eùt empêché de donner à Toaouha des sc-

co dai « Toa lenc les « moi sage.

mala vitali dans et Oaccon et de douze faire au vais Passer la gué J'avais de la h

- faisans

leur dr et Je m rent an avec les tout da mon cd

fatigue

va OU ail Juui )TtS mOent vait , € 1e je côté ue Je FAUSE

a1$ era

S pore ma

fatiguer comme si l’on m'avait roué de coups :

DES VOYAGES. 67 cours aussi promptement que celui-ci les attendait.

« Nos débats finissaient lorsqu'un député de Toaouha arriva ; ce général invitait Otou à aller le lendemain au moraï d’Attahourou pour remercier les dieux de la paix qu'il venait de conclure : du moins O-maï me dit que c'était là l’objet du message. On me pria d'assister à la cérémonie; j'étais malade, et il me fut impossible de profiter de l’invitation ; mais voulant savoir ce qui se passerait dans une fête si mémorable, j'y envoyai M. King et O-maï, et je retournai à bord de 4 Résolution, accompagné de la mére d’O-tou, de ses trois sœurs et de huit autres femmes. Je crus d'abord que ces douze femmes montaient sur mon canot pour se faire mener à Matavaï ; mais lorsque nous fûmes au vaisseau , elles me dirent qu’elles voulaient y passer la nuit ; que leur but était d'entreprendre la guérison de la maladie dont je me plaignais. J'avais une sciatique, et la douleur se faisait sentir de la hanche aux pieds. J'acceptai les soins bien-

. faisans qu’elles me proposaient : j'ordonnai qu'on

leur dressât des lits sur le plancher de ma chambre, et je me soumis à leur traitement : elles se rangèrent autour de moi, et elles se mirent à me presser avec les deux mains de la tête aux pieds, et surtout dans les parties où je souffrais ; elles pétrirent mon corps jusqu'à faire craquer mes os, et à me

Gd IISTOIRE GÉNÉRALE

Jorsque j'eus subi un quart d'heure cette espcce de discipline , je fus bien aise de m’y soustraire. L'opération néanmoins me soulagea sur-le-champ, et je me décidai à permettre qu'on la recommencât avant de me coucher ; elle eut tant de succes la seconde fois, que je passai une trés-bonne nuit, Mes douze femmes réitérérent le traitement le lendemain matin avant de retourner à terre : elles re-vinrent le soir, et je consentis de bori cœur à mc laisser pétrir de nouveau. Je n’éprouvais plus aucune espèce de douleur , et ma guérison étant bien achevée , elles me quittérent le 24. Les Taïtiens donnent à ce traitement le nom de romi ; il me paraît bien supérieur aux frictions et aux remèdes de ec genre qu'ordonnent nos médecins. Il est d’un usage universel aux îles de la Société ; il est adminisitré quelquefois par les hommes, plus communément par les femmes. Si quelqu'un paraît languissant et accablé , ses compatriotes le prient de s'asseoir près d'eux ; ils se mettent tout de suite à pratiquer le romi sur ses jambes, et j'ai toujours vu qu'elle produisait d’excellens effets. |

« O-tou, M. King et O-mai revinrent d’Attahourou le 25 au matin ; et M. King me donna les détails suivans sur ce qu'il avait vu.

« Vous m'eûtes à peine quitté qu'un second messager de Toaouha arriva près d'O-tou avec un bananier. Nous partimes d'Oparri au coucher du soleil, et nous débarquâmes vers cinq heures à

Te:

hot de que vue d'in s ass T'oa l'ay aux use?

vinre de Le temr Sora rien

mant( répol ami)

Attal

long

savoi

Je re que:

mec

moi.

pitai

Ce ire.

ni; en ces juils len- 3 re à mic s AU uen iiens JL me nèdes , d'un adiwimuuît Janent de suite à ujours

d’Attaana Îles

second hvec un her du

eures à

DES VOYAGES. 6) Tettaha , sur la langue de terre contiguë à Attahourou. Les habitans de ce canton nous appelèrent de la côte, vraisemblablement pour nous averur que Toaouha s’y trouvait. Je comptais que l'entrevue de ce chef et du roi m'offrirait quelque chose d'intéressant. O-tou et les gens de sa suite allèrent s'asscoir sur la plage, près de la pirogue où était Toaouha. Celui-ci dormait ; mais ses domestiques l'ayant éveillé et ayant nommé O-tou , on apporta aux pieds du roi un bananier ei un cochon, et un assez grand nombre d'insulaires attachés à Toaouha vinrent causer avec O-tou; je jugeai qu'ils parlaient de leur expédition d'Eimeo. Je demeurai quelque temps assis à côté du roi; et comme Toaouha ne sortait point de sa pirogue , et qu'il ne nous disait rien, je montai sur son embarcation : il me demanda si Touté (1) était fâché contre lui. Je lui répondis que non; que Touté était son tayo (son ani), et qu'il n'avait chargé de me rendre à Attahourou pour le lui dire. O-maï eut alors une longue conversation avec ce chef; mais je ne pus savoir quelle avait été la matière de leurs discours. Je retournai auprés d'O-tou, qui paraissait désirer que:je mangeasse quelque chose et que j'allasse mc coucher : nous le quittâmes en effet O-maï et moi. Je questionnai O-mai sur les raisons qui

(1) C’est ainsi que les Taïtiens prononcent le nom du capitaine Cook.

Frilinnaié -

avaient empêché Toaouba de sortir de sa pirogue; il me dit que ce chef était boiteux ; mais qne bientôt ils causeraient en particulier : il me dit probablement la vérité, car lesinsulaires que nous avions laissés prés d’O-tou, vinrent bientôt nous trouver, el O-tou lui-même arriva environdix minutes après: nous allâmes tous nous coucher dans sa pirogue.

« Le lendemain au ma‘in, ils préparérent une grande quantité de kava; l’un d’eux en but tellement, qu'il perdit l'usage de ses sens, Il avait des convulsions si fortes, que si je n’en avais pas connn la cause, je l'aurais supposé trés-malade : deux hommes le tenaient par les cheveux. J’abandonnai celte scéne pour en voir une autre plus touchante, l'entrevue de Toaouha, de sa femme et d’une jeunc personne qui me parut être sa fille. Aprés avoir découpé sa tête de manière à en faire sortir beaucoup de sang , et après avoir bien pieuré , elles se laverent et embrassèrent le chef d’un air tranquille ; mais la jeune fille n'était pas encore au bout de ses souilrances, Terridiri (1) arriva ; alors elle répéta avec un maintien Calme tout ce qu’elle avait fait avant d'aborder son père. Toaouha avait amené une grande pirogue de guerre d'Eimeo ; je lui demanda s'il avait tué les guerriers qui Ja montaient, ct il me répondit qu’elle n'avait point d'hommes à bord iorsqu'il la prit.

CS nd

{1} Terridiri est fils d'Obéréa.

«1 heure tahov pirog y ava desso ne pù cérén et Pot d'imr

«lT cocho d'O-t comn (faux avait

grand O-tou la par

sa pi gran

ment d’un qui n

rent €

cime

branc

ue; enbaons er,

rés :

une elledes nnu eux nai nte, une voir eau- >s Se ille ; e ses péta fait une ndai ct il

bord

« Nous partimes de Tettaha entre dix et onze heures , et nous débarquâmes près du moraï d’Attahourou , un peu aprés midi. Nous trouvâmes trois pirogues retirées sur la grève, en face du moraï; il y avait trois cochons dans chacune : on voyait audessous de leurs hangars quelque chose que nous ne pûmes pas distinguer. Nous comptions que la cérémonie aurait lieu dans la soirée ; mais Toaouha et Potatou n’arrivérent point, etil ne se passa rien d’important.

« Un chef qui arrivait d'Eimeo apporta un peut cochon et un bananicr qu'il déposa aux pieds d'O-tou ; il causa quelque temps avec le roi ; et comme 1l répéta souvent le mot ouarry, ouarry (faux), je supposai qu'O-tou lui racontait ce qu’il avait oui dire, et que le chef niait les faits.

« Toaouha et Potatou arrivèrent le 24 avec huit grandes pirogues , et débarquérent près du moraï. O-tou reçut une grande quantité de bananiers de la part de différens chefs. Toaouha ne quitta point sa pirogue. La cérémonie commença enfin : le grand-prêtre apporta d'abord le maro soigneusement enveloppé, et un paquet qui avait la forme d’un pain de sucre ; il les plaça à l'entrée d’un lieu qui me parut être le cimetiére : trois prêtres allérent ensuite s'asseoir en face à l’autre extrémité du cimetière ; ils apportèrent aussi un bananier , une branche d’un autre arbre, et une fleur de cocotier. « Les prêtres prononcérent séparément de pe-

em

tites phrases en tenant ces diverses choses à leurs mains ; deux d’entre eux et quelquefois les trois chantaient de temps en temps un air mélancolique, auquel l'assemblée fit peu d'attention. Ces prières et ces chants durérent une heure. Le grand-prètre, ayant fait une autre prière qui fut de courte durée, découvrit le maro : O-tou se leva ; on lui ceignit le marc, rendant cette opération il tenait à sa main un chapeau ou bonnet fait de plumes rouges de la queue du paille en-cul , mélées d’autres plumes brunes, 11 se placa au milieu de la scène en face des trois prêtres, qui continuèrent leurs prières l’espace d'environ dix minutes : l'un des assistans se leva d’une manière brusque ; il dit quelque chose qui finit par le cri de heiva, et l'assemblée lui répondit trois fois en criant à haute voix : éri ! On nr'avait averu auparavant que c'était la partie principale de la cérémonie.

Les assistans passèrent alors au côté opposé de la grande masse de pierres, où l'on voit une large fosse que les insulaires appellent le moraï du rot. On y répéta la cérémonie que je viens de décrire, et elle finit également par trois acclamations. On replia le maro , dont la splendeur se trouva augmentée d'une toufle de plumes rouges que lun des prêtres donna à O-tou , tandis que le roi l'avail autour cle ses reins.

« L'assemblée se rendit ensuite à une grande cabane situe prés du morai, et elle s’y assit avec

beau ment fit ur habit qui | d'abo prem chées très-g ou, deux fit pe rent t en am être q des pi

nir.

au mi

autou épaul( d'heu mots

les di

cette ]

roi : | phrasd

«ce brise cendr

eurs rois que, ères ‘tre, rée , gnit nain le la mes > des l’es- 1s se hose 1 rélOn prin-

sé de large h roi.

rire , 5, On aug= l'un

le caavec

beaucoup plus d’ordre qu’on n’en voit ordinairement à Tai. Un homme di district de Tierebou fit un discours qui dura environ dix minutes ; un habitant d’Attahourou pérora ensuite; Potatou , qui prit la parole après eux, s’exprima avec plus d'abondance et de grâce; en général, les deux premiers ne dirent que de petites phrases détachées, accompagnées d’un mouvement de main très-gauche. Touteo harangua aussi au nom d'Otou, etaprès lui un insulaire d'Eimeo. Il y eut deux ou trois autres discours auxquels l'auditoire fit peu d'attention : Omaï m'assura qu'ils promirent tous de ne point combattre, mais de vivre en amis. Plusieurs des orateurss’échaufférent ; peutêtre qu'ils se plaignirent du passé, et qu’ils firent des protestations de ne pas troubler la paix à l'avenir. Un habitant du district d’Attahourou se leva au milieu de ces harangues; il portait une fronde autour de ses reins et une grosse pierre sur ses épaules : après s'être promené environ un quart d'heure dans le cercle, et avoir répété quelques mots d'un ton chantant, il jeta sa pierre. Lorsque les discours furent terminés, on porta au morai cetie pierre et un bananier qui était aux pieds du roi : l’un des prêtres prononca ici deux ou trois phrases avec le roi.

« Au moment où nous nous embarquämes, id

brise de mer avait commencé, et il fallut redescendresur la côte ; nous fimes à pied presque tout le

chemin de Tettaha à Oparri; cette promenade fut très-agréable. Nous trouvâmes un «rbre auquel étaient suspendus deux paquets de feuilles sèches : il sert de bornes aux deux territoires. L'insulaire qui avait paru dans la cérémonie avec la fronde et la pierre nous accompagnait : le père d'O-tou l'entretint long-temps; 1l paraissait fort en colère, et je compris qu'il était irrité du rôle qu'avait joué Toaouha dans l'affaire d’'Eimeo. »

« Autant que je puis juger de cette cérémonie, d’après la description de M. King, ce ne fut pas uniquement une action de grâces aux dieux, mais plutôt une confirmation du traité ; peut-être même avait-elle l’un et l'autre de ces objets pour but. Le cimeuère dont il fait mention paraît être le lieu où commencèrent les cérémonies du sacrifice humain auquel j'assistai , et devant lequel on déposa la victime après qu'on l'eut retirée du bord de la mer. C'est aussi dans cette partie du moraï qu'ils invesussent leur roi du maro pour la premiére fois. O-maï, qui s'était trouvé au couronnement d'O-tou, m'en expliqua tous les détails sur les lieux ; et ces détails se rapprochent beaucoup de ceux que vient de donner M. King, quoique les deux cérémonies aient eu lieu par des moufs bien diflérens. Le banamer est la premiére chose qu'on aperçoit dans toutes les cérémonies religieuses de ces peuples, et même dans tous leurs débats publics ou particuliers. Is l’emploient aussi en d’autres occasions, et peut-

ètr re

en exp la piec seya mess {crer voir deva conti est t( des î « nelles amis, savaie nous £ vions nous salé n « L et, av:

volall soin. ‘ les so oies et

du pa

nade fut

auquel sèches :

nsulaire ronde et ou l'enère, et ait joué

émonie , fut pas X, mais re même but. Le > lieu où humain a la vicla mer.

1e vient monies e banat dans les, et

uliers.

L peut-

être plus fréquemment encore que nous ne l'avons remarqué. Tandis que Toaouha fut à Eimeo, il envoya chaque jour des messagers à O-tou : ces exprés ne manquaient jamais d'arriver en tenant à la main un jeune bananier, qu'ils déposaient aux pieds d’O-tou avant d'ouvrir la bouche ; ils s’asseyaient ensuite devant le roi, et ils faisaient leur message. Deux hommes qui se disputaient s échaufférent tellement un jour, que je m'attendais à les voir se frapper : l’un d'eux ayant placé un bananier devant l’autre , ils se calmèrent tout à coup, et ils continuérent sans emportement. Enfin le bananier est toujours le rameau d’olivier pour les habitans des îles de la Société.

« La guerre d'Eimeo , et les cérémonies solennelles qui en furent la suite, n’accupant plus nos amis, ils revinrent nous voir le 26; et, comme ils savaient que nous étions sur le point de partir, ils nous apportérent plus de cochons que nous ne pouvions en acheter; car nous manquions de sel, et nous n'avions besoin que de la quantité de petit salé nécessaire à notre consommation journalière.

« Le lendemain j'accompagnai O-tou à Oparri, et, avant de le quitter, je fis la revue du hétail et des volailles dont je lui avais recommandé de prendre soin. Tous ces animaux étaient en bon état , et on les soignait d'une manière convenable. Deux des oies et deux des cannes couvaient , mais la femelle du paon et les dindes n'avaient pas encore pondu.

nÜ HISTOIRE GÉNÉRALE Je redemandai à O-tou quatre chèvres : j'en voulais laisser deux à Ouliétéa, où ces animaux n’avaient pas encore été introduits , et je me proposais de garder les deux autres pour quelques-unes des îles que je pourrais rencontrer en allant à la côte d'Amérique.

« Une supercherie d’O -tou que je vais citer montre que ces insulaires savent, au besoin, employer la ruse.et l’arufice pour arriver à leur but. Je lui avais donné, entre autres choses , une lunette qu'il garda deux ou trois jours : habitué ensuite à cel instrument , et selon tonte apparence ne le trouvant d'aucune utilité pour lui, 1l le porta en secret au capitaine Clerke; il ni dit qu'il était son bon ami; que ce présent devait lui être agréable, et qu'il le priait de l’accepter. « Mais, ajouta-t-il, « vous ne devez pas en parler à Touté : 1l désire « cette bagatelle, et je ne vondrais pas qu'il l'eût. » 11 mit la lunette entre les mains du capitaine Clerke, et il l’assura qu'il la possédait à juste titre. M. Clerkc refusa d'abord de l’accepter; O-tou insista et ne voulut point la reprendre. Quelques jours après, il eut soin de parler de la lunette : le capitaine Clerke n'en avait pas besoin, il désirait cependant d'obliger le prince; et, croyant que des haches seratent plus utiles à Taïti que cet instrument, il: ürit d'en donner quatre en retour. O-tou s’écria sur-lechamp: « Touté nr'en a offert cinq pour la lunette. » M. Clerke li répondit : « Si cela est, je ne veux « pas que votre amitié pour moi vous soit désavan-

pré sur préd dix f6re alur d'Eu dero holl:

dont {lam ils le je le « leur Soci proc pas indi,

voulais ent pas garder que Je rique.

s citer n, emar but.

lunette suite à le trou- 1 secret on bon ble, et ta-t-1l , | désire l’eût. »

lerke, Clerkc aet ne aprés, pitaine endant hes seil. rit sur-leette, »

veux

savan-

DES VOYAGES. 77 « tageuse, el vous cn aurez six. » Le roi reçut les six haches, mais 1l recommanda de nouveau de ne pas m'instruire de ce qui venait de se passer.

« O-maï, qui prodigua si follement ici les choses utiles qu'il avait apportées, s’en procura toutefois une dont il devait urer de grands avantages. C'était

une trés-belle pirogue double, et à voiles, équipée

d'une manière complète. Je lui avais fait faire, peu de temps auparavant, les divers pavillons de beaupré, cornettes, guidons et flammes dont on se sert sur les vaisseaux anglais ; mais il les croyait trop précieux pour les employer à Taïti : 1l rapetassa dix ou douze de nos vieux pavillons ou de nos villes flammes ; 1l les arbora tous à la fois en dif férentes parties de son bâtiment, et ce spectacle altira autant de monde qu’en attire dans un port d'Europe un vaisseau de guerre pavoisé. Ces banderoles étaient anglaises , françaises , espagnoles et hollandaïses; il n’en avait pas vu d’autres. J'avais donné, en 1774, un pavillon de beaupré et une flamme à O-tou , etune simple flamme à Toaouha ; ils les avaient conservés avec un soin extrême, car je les retrouvai en bon état.

« Les étoffes et l'huile de coco sont bien meilleures à Taiu que sur aucune des autres îles de la Société, où on les vend fort cher, et O maï s'en procura une assez grande quantité : 1l ne ;se serait pas conduit d’une manière si inconséquente el si indigne de la vie qu'il avait menée en Angleterre et

durant le voyage, sans sa sœur, sans son beau-frère, et quelques personnes de sa connaissance qui s’emparèrent de lui, dans la vue de le dépouiller de toutes ses richesses. Leur complot aurait réussi, si Je n'avais pris à temps les trésors de mon ami sous ma garde, Cette précaution n’eût pas même été suffisante , si j'eusse permis à ces fripons de le suivre à Houaheiné , où il avait le dessein de s'établir. C'était leur projet de ne point le quitter; mais je leur défendis de se montrer à Houaheiré tant que je me trouverais dans ces parages , et ils me connaissaient trop bien pour enfreindre mes ordres.

« O-tou vint à bord le 28; il me pria d'accepter une pirogue, et de l'offrir de sa part à l’éri-rahié no Bretané (1); il me dit que, voulant envoyer quelque chose à un si grand mrnarque, il n'avait rien imaginé de mieux. Je fus charmé de sa reconnaissance ; 1] avait seul le mérite de cette galanterie; personne d'entre nous ne lui en avait donné Jidée : ce qui nous prouva qu’il savait bien à qui il était redevable des trésors quenouslui avions apportés. Je crus d’abord qu'il voulait me donner un modéle en petit de leurs bâtimens de guerre; mais je reconnus bientôt qu'il s'agissait d’un ivahah d’environ seize pieds de longueur. Elle était double, et je jugcai qu'on l'avait construite exprès, car elle était décorée de beauconp de sculpture : elle m’au-

es summarene res cum

(1) Au roi de la Grande-Bretagne.

rait Jlont l'acc

« retir le c Dur:

d'in gues rons passa du 2

« tirer in'en curlo roi, 1 fecuo ils no marc} etjerc el rel

« À un pe salent venir.

en s01 premi qui K

-frére, | S’ernler de ss, SL 11 SOUS é suffiuvre à C'était ur déje me saient

cepter -rahié voyer V'avait *econlanteonné qui il pporn moais Je d’enle, et elle V'au-

DES VOYAGES. 79 rait trop gêné , et je le remerciai de sa bonne volonté : je vis que je lui aurais fait plus de plaisir en l'acceptant.

« Des brises légères de l'ouest et des calmes nous retinrent à Taiu quelques jours de plus que je ne le comptais : je ne pus pas même sortir de Ja baie. Durant cet intervalle , les vaisseaux furent remplis d'insulaires et environnés d’une multitude de pirogues, car les naturels ne voulaient quitter les environs de Matavai qu'après notre départ. Le vent passa enfin à l’est, à trois heures de l'après-midi du 27, et nous levâämes l'ancre.

« Dés que nous fûmes sous voile, j'ordonnai de tirer sept coups de canons chargés à boulets ; O-tou i'en avait prié, el je voulais d’ailleurs satisfaire la curiosité de ses sujets. Tous nos amis, excepté Île roi, nous quiltèrent ensuite avec des marques d’affecuion et de douleur qui montrérent assez combien ils nous regrettaient. Le roi ayant désiré de voir marcher les vaisseaux, je m'étendis en pleine mer, etjerevins prés de la côte; 11 me fit alors ses adieux, el relourna à terre sur sa pirogue.

« Nous avions abordé si souvent à Taïti depuis un petit nombre d'années , que les insulaires paraissaient persuadés que nous ne tarderions pas à revenir. O-tou me recommanda avec instance de prier en son nom l’éri-rahié no Bretané d'envoyer, parles premiers vaisseaux , des plumes rouges et les oiseaux qui les fournissent, des haches, une demi-dou-

80 HISTOIRF GÉNÉRALE

zaime de fusils, de la poudre, du plomb, et de ne pas oublier des chevaux.

« J'ai dit souvent que j'avais reçu des présens considérables d'O-tou et du reste de sa famille ,et je n'ai pas toujours fait mention de ce que je donnais de mon côté. Lorsque les habitans de ces îles font un présent, ils laissent entrevoir ce qu'ils espérent en retour, et nous étions obligés de les satisfaire ; ainsi ce qu'on avait l'air de nous offrir gratuitement nous coûtait plus que ce que nous acheuions; mais lorsque nous éprouvions un moment de diselte, et qu'on n'apportait rien au marché, nous pouvions recourir à nos amis; et en tout, celte maniére de trafiquer fut aussi avantageuse pour nous que pour eux. En général , je payais tout de suite chacun des présens qu'on me fit; j'en excepte ceux queje reçus d’O-tou. Ses largesses furent si multipliées et si fréquentes, que nous ne compuons ni l’un ni l'autre. Je lui offrais sur-le-champ les choses qu'il me demandait, lorsqu'elles ne m'étaient pas nécessaires, et je le trouvai toujours modéré dans ses demandes.

« Si j'avais pu déterminer O-maï à se fixer ici, je ne serais pas parti si (Ôt; car, à l'époque où je quittai l'ile, on nous fournissait des rafraichissemens en si grande quantité et à si bon marché , que je n'espérais pas rencontrer ailleurs le même avantage : 1! régnait d’ailleurs entre nous et les habitans une anutié si cordiale et une confiance si entière ,

qu'il

d’aut

extre n'ait eu à pas q Taiu attril des c un tr qu'ils Jarein

méme de la (1

et de

pour !

ces det la man pas les souffer je lui heureu funeste un mot vale.

« Le:

les vols s'en pla entre m

le ne

ésens et Je nnais s font érent faire ; tuitetions; de di- nous te mar nous e suite Le CEUX multi-

er 1C1;

où je hisse= é, que » avanbitans uiére ,

DES VOYAGES. Sr qu'il était dificile d'espérer un pareil avantage sur d'autres îles du groupe de la Société. Il est assez extraordinaire que cette correspondance amicale n'ait pas été troublée une seule fois, et que je n’aie cu à me plaindre d'aucun vol important. Ce n’est pas que je crcie aux progrès du caractère moraldes Taïuens sur cet article; je pense plutôt qu'il faut attribuer la régularité de leur conduite aux soins des chefs : ces chefs craignaïent de voir suspendre un trafic qui leur donnait plus de marchandises qu'ils n'auraient pn en obtenir par des vols et des lareins. Je ne manquai pas de les en avertir moiméme immédiatement après mon arrivée. Frappé de la grande quantité de provisions qu'offrait l’île, et de l'empressement que montraient les naturels pour nos marchandises, je résolus de profiter de ces deux circonstances favorables, et je déclaraï, de la mamiére la plus positive , que je ne supportérais pas les vols des gens du pays comme je les avais soufferts autrefois. O-maï me fut en cela très-utile ; je lui recommandai de leur bien expliquer les heureux effets qu’aurait leur honnêteté, et les suites funestes qu’entraîneraient leurs friponneries ; en un mot, je lui fis sa leçon, ct 1l la dit à merveille.

« Les chefs ne peuvent pas toujours empêcher les vols ; on les vole souvent eux-mêmes, et ils s'en plaignent comme d’un grand mal. O-tou laissa entre mes mains, jusqu à la veille de mon départ,

XXHII. 6

les choses qu'il avait obtenues de nous; lorsqu'il m'en chargea, il me dit qu’elles ne seraient pas en sûreté ailleurs. Depuis que ce peuple connaît de nouvelles richesses, ses dispositions au vol doivent avoir augmenté. Les chefs, qui ne l'ignorent pas, désirent beaucoup d’avoir des coffres; ils semblaient mettre un prix extrême à un petit nombre laissés dans l’île par les Espagnols, ct ils nous en demandaient d’autres sans cesse. J'en fis faire un pour O-tou ; il le voulut de huit pieds de long, de cinq de large et de trois de profondeur. Les serrures et les verroux ne sufliront pas pour écarter les voleurs; mais il est assez grand pour que deux hommes puissent coucher dessus pendant la nuit pour le garder.

« Nous savions un peu la langue du pays ; O-mar nous servait d’ailleurs d’interprète, et cependant il est assez singulier que nous n’ayons pu découvrir l’époque précise de l’arrivée des Espagnols et la durée de leur séjour. En multipliant nos questions surce point, nous reconnümes de plus en plus que ces insulaires sont incapables de noter ou de se raj:peler la date des événemens anciens, surtout s'il s'est écoulé dix ou vingt mois. L'inscription que nous trouvämes sur la croix, et les détails que nous donnérent les plus intelligens des Taitiens, me firent juger cependant que deux vaisseaux arrivérent à Oheitepeha en 1774, peu de temps après mon départ de Matavaï, qui eut lieu au mois de

mars

direr les bc ils re:

revin ne le:

gateu des cc pèce ; un bé] Vvait al

& Le déjà at trés-n( plus u un'peu offrent Espagn mer q1 ces chi « Les un dom par les qu'ilétu assez bic coup de haute id vaise op que no

quil Ss en de doirent 3 ils peut 9 ct .J'en pieds rofon-.

nt pas grand

dessus

O-mai dant il

arrivéaprès ois de

mars de la même année. Quelques insulaires nous dirent que lorsque les Espagnols eurent débarqué les bois de la maison et un petit nombre d'hommes, ils remirent à la voile pour me chercher , et qu'ils revinrent dix jours après; mais j'en doute, car on ne les vit ni à Houabheiné ni à Ouliétéa. Ces navigateurs laissérent à Taïti un taureau, des chèvres, des cochons, des chiens et le mâle d’une autre espèce ; nous apprimes ensuite que ce dernier était un bélier , et il se trouvait à Bolabola, où l’on devait aussi transporter le taureau.

« Les cochons, qui sontd'une grosse taille, avaient déjà amélioré la race indigène du pays, et ils étaient très-nombreux lorsque nous arrivâmes. Il y a de plus un assez grand nombre de chèvres ; les chefs un\peu importans en ont quelques-unes. Les chiens offrent deux ou trois variétés, et je pense que les Espagnols auraient mieux fait de les jeter tous à la mer que de les déposer sur cette ile : c'est un de ces chiens qui tua mon bélier.

« Les vaisseaux espagnols laissérent deux prètres, un domestique, et un autre homme appelé Matima par les insulaires, dontil a gagné l'amitié. 11 paraît qu'ilétudia leur langue, ou du moins qu'il la parlait assez bien pour se faire entendre, et qu'il prit beaucoup de peine pour inspirer aux naturels la plus haute idée de sa nation , et leur donner une mauvaise opinion des Anglais ; il alla jusqu'à les assurer que nous ne formions plus un état indépendant ;

que Bretané (1) n'était qu'une petite île ravagée depuis peu par ses compatriotes ; qu'ils m’avaient rencontré en mer, et qu'avec quelques boulets ils avatent coulé bas mon vaisseau et tous les hommes de mes équipages. Ainsi mon arrivée à Taïti excita une grande surprise de toute manière : le véridique personnage fit croire aux gens dn pays ce mensonge, et beaucoup d’autres aussi peu vraisemblables. Si l'Espagne n'avait pour but, dans cette expédition , que de déprécier les Anglais , elle pouvait se dispenser d'envoyer si loin ses vaisseaux ; car mon retour parmi les Taïtiens réfnta complétement tout ce que Matima leur avait dit.

« J'ignore quelle fut l'intention des prêtres espagnols qui s’établirent à Taïu pour quelques mois; on ne peut que former des conjectures à cet égard. S'ils voulaient convertir les insulaires, ils n’ont pas fait un seul prosélyte ; mais il ne paraît pas qu'ils l'aient jamais essayé : car on me dit qu'ils ne parlèrent point de religion. Ces prêtres ne s’éloignérent pas de la maison bâtie par leurs compatriotes à Oheitepeha ; mais Matima parcourut la plupart des cantons de l’île : enfin ils se trouvaient à Taïu depuis dix mois, lorsque deux vaisseaux de leur nation arrivérent à Oheïtepeha, et ils s'embarquerent cinq jours aprés. Ce brusque départ annonce que, s'ils songèrent d'abord à former un petit éta-

(1) L'Angleterre.

blis seit aut!

eur ame esp dan, ajou ne le qui.

proj:

Sa vai royal serai!

ment serve sulai:

s’eftec être &

une c a mai blisse de re croire manië n'offrd sances prédi

point.

ge ent s ils mes xcita ique nensemcette pou- AUX $ pléte-

espamois ; suard.

nt pas qu'ils e parignériotes upart à Taiu leur rquénonce it éta-

blissement, ils ne tardèrent pas à changer de dessein. J'appris cependant d'O-tou et de quelques autres naturels qu'avant de mettre à la voile, ils eurent soin d’avertir qu'ils reviendraient et qu'ils améneraient des maisons, des animaux de toute espèce , des hommes et des femmes qui se fixeraient dans l'île, et qui y passeraicnt leur vie. O-tou ajouta que, si les Espagnols revenaient en effet, il ne leur permettrait pas de s'établir au fort Matavaï, qui zous appartenait. Il était aisé de voir que ce projet de colonie lui faisait plaisir ; c’est qu'il ne savait pas que son exécution le priverait de son royaume, et détruirait la liberté de son peuple. Il serait très-facile sans doute de former un établissement à Taïti; mais la reconnaissance que je conserve de tous les services que j'ai reçus de ces insulaires me fait espérer qu'un projet semblable ne s'effectuera pas. Nos relâches passagères ont peutêtre amélioré leur sort à quelques égards; mais une colonie parmi eux, dirigée sur le plan qu'on a malheureusement suivi dans la plupart des éfablissemens européens, leur donnerait bientôt lieu de regretter de nous avoir connus. Je ne puis croire que les nations de l'Europe songent d'une manière sérieuse à y établir une colonie ; car Taïti n'offre rien de séduisant pour l'ambition des puissances ou la cupidité des particuliers ; et j'oserais prédire que, sans ces motifs , on ne l’entreprendra point.

86 NiSTOIRE GÉNÉRALE

« J'ai déjà raconté que je reçus la visite de l’un des deux Taïitiens conduits par les Espagnols à Lima. Je ne le revis plus, et j'en fus étonné ; car je l'avais trés-bien accueilli : je crois qu'O-mai, jaloux de trouver dans l’île un voyageur qu’on pût lui comparer, le maltraita, afin de l’éloigner de moi. Ce fut un bonheur pour O-maï que nous eussions touché à Ténériffe; il se vanta d’avoir vu aussi une contrée soumise à l'Espagne. Je ne rencontrai pas l’autre insulaire qui était allé à Lima ; mais le capitaine Clerke, q'i eut occasion de causer avec lui, m'en parla comme d'un polisson qui était un peu fou. Ses compatriotes en avaient la même opinion ; en un mot, ces deux aventuriers n'étaient point estimés. O-maï, que le hasard a mieux servi, revenait dans sa patrie chargé de trésors; il avait beaucoup profité de son séjour en Angleterre, et ce sera sa faute s'il tombe un jour dans la même obscuritc. »

Le capitaine Cook arriva à Eiméo le 30 au soir.

« Dès que nous eûmes mouillé, dit-il, les vaisseaux se remplirent d'insulaires que la curiosité seule amenait à bord; car ils n'apportaient rien qu'ils voulussent échanger : mais le lendemain , dés le grand matin, plusieurs pirogues arrivérent des parties les plus éloignées de l’île, avec une quantité considérable de fruits à pain, de cocos et un petit nombre de cochons. Ils échangérent ces diverses denrées contre des haches, des clous et des

prai plu Taït rats près attac anin à te que de p same

de seau press bord

tiens

ferio pas q sa qu qui | chefs mort auxq plus passé rent relot sCCOI

e l'un 1ols à i; car -mäi, n püt er de s eusir vu renma ; > caU— n qui ent la uriers ard a e tréur en

jour

oir.

Vais- 10S11E rien ain , érent une os et t ces tdes

grains de verroterie : ils ne recherchaient pas les plumes rouges avec autant d'empressement que les Taïtiens. La Résolution se trouvant infestée par les rats, je la fis conduire à cent pieds de la côte , aussi prés que la profondeur de l'eau le permit, et en attachant des hansières aux arbres, on ouvrit à ces animaux Un sentier par où ils pouvaient se sauver à terre. On dit que cet expédient a réussi quelquefois ; mais je crois que nous nous débarrassâmes de peu de rats, si même nous : débarrassimes d'un seul.

« Le 2 dans la matinée nous : .umes la visite de Maheiné, chef de l’île ; il s’approcha des vaisseaux avec beancoup de précaution, et il fallut le presser long-temps pour le déterminer à venir à bord : il nous regardait comme les amis des Tai tiens, et croyait vraisemblablement que nous lui ferions du mal; car ces peuples ne comprennent pas qu'on puisse être ami d’une tribu sans épouser sa querelle contre une tribu ennemie. Sa femme,

qui l’accompagnait, était sœur d'Oamo, l’un des

chefs de Taïti, dont on nous avait raconté Ja mort. Je leur donnai à l’un et à l’autre les choses auxquelles ils me semblérent devoir mettre le plus de prix, et ils s'en retournérent après avoir passé une demi-heure sur la Résolution. Ils revinrent bientôt pour m'oflrir un gros cochon en retour de mon présent; mais je leur en fis un second qui valait au moins ce qu'ils m'appor-

Corporation

Page 1