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ci avaient un embonpoint aussi considérable que les chefs d'Ouatiou. Je ne voulais commencer ma négociation qu'après l’arrivée de l’éri-rahié ;. nous attendîmes donc Taïritaria ; mais en le voyant, je jugeai que sa présence était inutile, car il n'avait pas plus de huit à dix ans. O-maï, qui se tenait à quelque distance du prince et de ceux qui l'entouraient, offrit d’abord aux dieux des plumes rouges, des étoffes , etc. Il fit ensuite une seconde offrande qui devait être présentée à l’éatoua par le chef, et après celle-ci il distribua plusieurs touffes de plumes rouges : chaque objet fut placé devant un des assistans y que je pris pour un prêtre, etaccompagné d'un discours ou d’une prière prononcée par un des amis d'O-maï, près duquel celui-ci était assis, et auquel il souffla presque toute la harangue : 1l n'oublia pas ses amis d'Angleterre , non plus que ceux qui l'avaient ramené sain et sauf. I] fit mention de l'éri-rahié no Bretané (1), du lord Sandwich , de Touté et de Taaté (2). Quand O-mai eut achevé ses offrandes et ses prières, le prêtre prit un à un les divers objets qu’on avait déposés devant lui, et après une courte prière, il les envoya au morai. O-maï nous dit que, si cet édifice n’eùt pas été aussi éloigné, il les y aurait portés luimême.
(1) Du roi d’A ngleterre.
(2) De Cook et de Clerke.
« Dés que ces cérémonies religieuses furent tcrminées, O-mai s’assit prés de moi, et nous entrâmes en négociation. Je fis d’abord mon présent au jeune roi, qui m'en fit un de son cdi ; l’un et Pautre furent assez magnifiques. Nous convinmes ensuite de la manière dont les insulaires trafiqueraient avec mes équipages, et j'eus soin d'exposer les suites ficheuses qu’entraineraient les larcins, si les gens du pays s'avisaient de me voler comme durant mes premières relâches. Enfin, je parlai aux chefs assemblés de l'établissement de mon ami. O-maï leur dit : « Que nous l’avions conduit dans notre patrie où il avait été fort accueilli du grand roi et de ses éris ; qu'on l'avait traité avec beaucoup d'égards, et qu'on lui avait donné toutes les marques possibles d’attachement pendant son séjour en Angleterre; qu'on avait eu la bonté de le ramener anx îles de la Société ; qu'il arrivait riche d'une foule de trésors qui seraient trés-utiles à ses compatriotes; qu'outre les deux chevaux qu'il devait garder dans son habitation, nous avions laissé à Taiti plusieurs animaux précieux et d’une espèce nouvelle, qui se muluplreraient et se répandraient bientôt sur toutes les îles des environs. Il leur déclara que, pour prix de
mes services, je demandais avec instance qu'on lui accordät un terrain ; qu'on li permit d'y bäür uve maison, et d'y cultiver les productions
nécessaires à sa subsistance et à celle de ses
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DES VOYAGES. 103 domestiques: Il ajouta que, si je n'obtenais pas à Houaheiné, gr ‘uitement ou par échange, ce que je sollicit: +, j'étais décidé à le conduire à Ouliéiea.
« J'aurais peut - être fait un discours meilleur que celui que prononça mon ami, mais O-mai n’oublia aucun des points importans sur lesquels je lui avais recommandé d'insister. Le morceau relatif au projet où il me supposait de le conduire à Oulictéa parut obtenir l'approbation de tous les chefs, et j'en devinai bientôt la raison. O-maï, ainsi que je l'aidéjà fait observer, se flattait vainement que jemploicrais la force pour le rétablir à Ouliétéa dans les biens de son père ; 1l l'avait dit sans mon aveu à quelques personnes de lassemblée. Les chefs s'imaginérent tout de suite qne je me proposais d'attaquer Ouliétéa, et que je les aiderais à chasser de cette île les naturels de Bolabola. Il était donc nécessaire de les détromper : je leur déclarai en effet, d’une manière positive, que je ne les aiderais pas dans une entreprise de cette espèce , que même je ne la souffrirais pot, tant que je me trouverais dans leurs parages; et que, s1 O-mai se fixait à Ouliétéa, je ly établirais d’une manière amicale, et sans faire la guerre aux insu laires de Bolabola.
« Cette déclaration changea les idées du conseil. L'un des chefs me répondit sur-le-champ que je pouvais disposer de l’île enticre de Houahciné et de
tout ce qu’elle renferme ; que j'étais le maître d’en donner à mon ami la portion que je voudrais. Sa réponse fit un grand plaisir à O-maï, qui, semblable au reste de ses compatriotes, ne songe guëre qu'au moment actuel; il crut sans doute que je serais très - libéral, et que je lui accorderais une vaste étendue de terrain. Je réfléchis qu’en m'offrant ce qu'il ne convenait pas d'accepter, on ne m'offrait rien du tout, et je voulus non seulement qu'on désignât le local, mais la quantité précise de terrain dont jouirait mon ami. On envoya chercher quelques-uns des chefs qui avaient déjà quitté l’assemblée ; et après une délibération qui fut courte, ils souscrivirent à ma demande d’une voix. unanime : ils me cédérent à l’instant un terrain contigu à la maison où sc tenait le conseil : son étendue, le long de la côte du havre, était d'environ six cents pieds, et sa profondeur, qui allait jusqu’au pied de la colline et qui en renfermait même une partie, se trouvait un peu plus considérable.
« Aprés cet arrangement, qui satisfit les insulaires, O-maï et moi, j'ordonnai de dresser une tente et les observatoires sur la côte, où j'établis un poste. Les charpentiers des deux vaisseaux construisirent une petite maison, dans laquelle mon ami devait renfermer ses trésors : nous lui fimes de plus un jardin ; nous y plantämes des chaddecks, des ceps de vigne, des ananas, des melons, et les
e d’en graines de plusieurs autres végétaux : avant de Poe ais. Sa quitter l’île, j'eus le plaisir de voir réussir chacune 1 | | y Sem- des parties de sa plantation. fe 1 guére À «€ O-maï commença alors à s'occuper sérieuse- je que Je ment de ses intérêts ; 1] se repentit beaucoup d’avoir Lu is une été si prodigue à Tait:. Il trouva à Houaheiné un HA m'of- frère, une sœur et un beau-frère; car sa sœur : né on ne À était mariée : mais ses parens de cette île ne le AR lement Pillèrent pas, ainsi que l'avaient fait les autres. | | précise Toutefois je m'aperçus à regret que s'ils étaient “ envoya trop honnêtes pour le tromper , ils étaient trop peu FT at déjà | considérés dans l’île pour lui rendre des services d | 1! on qui essentiels : dénués d'autorité et de crédit, ils ne É fi d'une À pouvaient protéger ni sa personne ni ses biens ; et, Lo my unter- À daïis cet état d'abandon, il me parut courir de ‘ ne | pnseil: À grands risques d’être dépouillé de ce qu'il avait qu ,) était obtenu de nous, lorsqu'il ne nous aurait plus au- fFipi if ir,qui Æ près de lui. Ses compatriotes, j'en étais sûr, ne le je renfer- À maltraiteraient pas tant qu’il serait à portée de réuplus À clamer nos secours; mais j'avais des inquiétudes bien fondées sur l'avenir. f s insu « Un individu plus riche que ses voisins est sûr er une À d'exciter l’envie d’une foule d'hommes qui désirent AE ’établis le rabaisser à leur niveau. Mais dans les pays où la * 1x con- civilisation, les lois et la religion ont de l'empire, e mon les riches ont toutes sortes de motifs de sécurité : j'te fimes | les richesses se trouvant dispersées dans un grand EU decks, nombre de mains , un simple particulier ne craint ME
etles | pas que les pauvres se réunissent contre lui, plutôt
que contre d'autres, dont la fortune est également un objet de jalousie. La position d'O-maï était bien différente ; 1l allait vivre dans une contrée où l’on ne connaît guêre d'autre principe des actions morales que l'impulsion immédiate des désirs et des fantaisies : 11 allait être le seul riche de la peuplade, et c'est là surtout ce qui le mettait en danger. Un hasard heureux l'ayant lié avec nous, il rapportait une quantité de richesses qu'aucun de ses compatriotes ne pouvait se donner, et que chacun d'eux enviait : il étuit donc bien naturel de les croire disposés à se réunir pour le dépouiller. « Afin de prévenir ce malheur, sil était possible, je lui conseillai de donner quelques-unes de ses richesses à deux ou trois des jæincipaux chefs ; je Jui dis que la reconnaissance les exciterait peut-être à le prendre sous leur protection et à le garantir des injustices des autres. Il promit de suivre mon conseil, et j'eus la satisfaction de voir , avant mon départ, qu'il l'avait suivi : ne comptant pas trop néanmoins sur les effets de la reconnaissance, je voulus employer un moyen plus imposant, celui de la terreur. Je ne laissai échapper aucune occasion d'avertir les insulaires que je me proposais de revenir dans l'île après une absence de la durée ordinaire ; que s'ils attentaient à la propriété ou à la personne de mon ami, je me vengerais impitoyablement de tous ceux qui lui auraient fait du mal. Selon toute apparence , cette menace servira beau-
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DES VOYAGES. 107 coup à contenir les naturels; car les diverses reliches que nous avons faites aux îles de la Société leur persuadent que nos vaisseaux doivent revenir à certaines époques, et tant qu'ils auront cette idée, que Jj'eus soin d'entretenir , O-maï peut espérer de jouir en paix de sa fortune et de sa plantation.
«Tandis que nous étions dans ce havre, on porta à terre le reste du biscuit qui était dans la soute aux vivres, afin d'en ôter la vermine qui le dévorait. On ne peut imaginer à quel point les blattes infestaient mon vaisseau. Le dommage qu'elles nous causérent fut trés-considérable, et nous employämes vainement toutes sortes de moyens pour les détruire. Ces blattes ne firent d'abord que nous incommoder ; habitués aux ravages que produisent les insectes, nous y fimes peu d'attention ; mais elles étaient devenues pour nous une véritable ca lamité, et clles détruisaient presque tout ce qui se trouvait à bord. Les comestibles exposés à l'air durant quelques minutes en étaient couverts ; elles y creusaient bientôt des trous comme on en voit dans une ruche à miel. Elles mangeaient en paruculier les oiseaux que nous avions empaillés, et que nous conservions comme des curiosités ; ce qui était plus fâcheux encore, elles semblaient aimer l'encre avec passion; en sorte que l'écriture des étiquettes atiachées à nos divers échantillons était complétement rongée ; la fermeté seule de la re-
liure pouvait conserver les livres, en empêchant
ces animalcules déprédateurs de se glisser entre les feuillets. M. Anderson en apercut deux espèces, la blatta orientalis et la germanica. La première avait été apportée de mon second voyage, et quoique le vaisseau eût toujours été en Angleterre dans le bassin , elle avait échappé à la rigueur de l'hiver de 1776. La seconde ne se montra qu’aprés notre départ de la Nouvelle-Zélande ; mais elle s'était multipliée si prodigieusement, qu'outre les dégâts dont je parlais tout à l'heure, elle infestait jusqu'au grément ; et dés qu’on lâchait une voile, il en tombait des milliers sur le pont. Les blattes orientales ne sortaient guère que la nuit ; elles faisaient alors tant de bruit dans les chambres et dans les postes, que tout semblait y être en mouvement. Outre le désagrément de nous voir ainsi environnés de toutes parts, elles couvraient de leurs excrémens notre biscuit à un point qui aurait excité le dégoût des gens un peu délicats.
« Rien ne troubla, jusqu’au 22, le commerce d'échange et d'amitié qui eut lieu entre nous et les naturels : le 22 au soir, un des insulaires trouva moyen de pénétrer dans l'observatoire de M. Bayley, et d'y voler un sextantsans être aperçu. Je descendis à terre dès que je fus instruit du vol, et je chargear O-maï de demander l'instrument. I] le réclama en eifet, mais les chefs ne firent aucune démarche ; ils s'occupèrent de l’héva qu’on jouait alors, jusqu'au moment où j'ordonnai aux acteurs de cesser. Ils
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DES VOYAGES. 109 sentirent que ma réclamation était trés-sérieuse, et ils se demandèrent les uns aux autres des nouvelles du voleur, qui était assis tranquillement au milicu d’eux. Son assurance et son maintien me laissaient d'autant plus de doutes , qu’il niait le délit dont on l'accusait. Je l’envoyai néanmoins à bord de mon vaisseau sur le témoignage d'O-muaiï, et je l'y tinsen prison. Son emprisonnement excita une rumeur gé= nérale parmi les insulaires, et ils s’enfuirent en dépit de mes efforts pour les arrêter. Le prisonnier , interrogé par O-maiï, finit par dire où il avait caché le sextant; mais la nuit commençait, et nous ne pümes le retrouver que le lendemain à la pointe du jour : il n’était point endommagé lorsqu’on nous le rapporta. Les naturels revinrent de leur frayeur , et ils se rassemblèrent autour de nous selon leur usage. Le voleur me parut être un coquin d’habitude , et je crus devoir le punir d’une manière plus rigoureuse que les autres voleurs auxquels j'avais infligé des châimens. Je lui fis raser les cheveux et la barbe, et couper les deux oreilles.
« Cette correction ne lui suffit pas , car la nuit du 24 au 25, des cris d'alarme nous avertirent qu’il essayait de voler une de nos chèvres. Quelques-uns de nos gens se rendirent à l'endroit d'où partaient les cris, et ils ne s’aperçurent pas qu’on eût commis de vol; vraisemblablementleschèvres étaient si bien gardées , qu'il ne put exécuter son projet; mais ses hostilités réussirent à d’autres égards. On reconnut
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qu'ilavait détruit ou emportéles ceps de vigne et les choux da jardin d'O-mai ; il disait hautement qu'il tücrail mon ami, et qu'il brülerait sa maison dès que nous aurions quitté l'ile, Afin d’ôter à ce scélérat les moyens de nuir désormais à O-muiï et à moi, je lefis arrêter, je le uns en prison pour la seconde fois à bord de mon vaisseau, et je résolus de l’enlever : tous les chefs montrérent de la satisfaction de ce que je voulais les débarrasser d'an homme aussi intraitable. 11 était natif de Bolabola ; mais il trouvait à Houaheiné trop de gens disposés à lui donner des secours pour l'exécution de ses coupables projets. J'avais rencontré dans cette île, durant mes deux premiers voyages , des hommes plus incommodes que sur aucune antre des terres voisines ; et si les insulaires se conduisaient d’une manière plus honnête, je ne pouvais l'attribuer qu'à la crainte et au défaut d'occasion. Ce pays semblait être en proie à l'anarchie: l'eri-rahié, ou le souverain, n’était qu'un enfant, ainsi que je l'ai déjà fait observer, et je ne remarqual pas que personne en particulier, ou un conseil quelconque gouvernât en son nom : ainsi lorsqu'il survint de la mésintelligence entre nous, je ne sus jamais d’une façon assez précise à qui je devais nradresser pour arranger la querelle et obienir justice. La mére du jeune roi essayait quelquefois , il est vrai , d’interposer son crédit , mais je ne m’aperçus pas qu'elle eût beaucoup d’autorité.
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« La maison d'O-maï fut presque achevée le 26,
et nous y portâmes la plupart de ses trésors. Parmi la foule de choses inutiles qu'il avait reçues en Angleterre , je ne dois pas oublier une caisse de joujoux : il eut soin de montrer aux naturels les bagatelles qu'elle contenait, et la multitude étonnée parut les contempler avec un grand plaisir, Quant à ses pots, ses chaudrons, ses plats, ses assiettes, ses bouteilles , ses verres, enfin aux divers meubles dont on se sert dans les ménages d'Europe, il y eut à peine un seul de ces objets qui attirât les regards des insulaires : 1} commençait lui-même à juger cet attirail inutile ; il sentait qu'un cochon cuil au four est plus savoureux qu'un cochon bouill, qu'une feuille de bananier peut tenir lieu d'un plat ou d'une assiette d’étain, et qu'on boit aussi-bien | dans un coco que dans un verre de cristal. Il ven- Hi if dit aux équipages de nos vaisseaux tous les meu-
bles de cuisine où de paneterie qu'ils voulurent 4 se
acheter, et il eut raison ; il recut en échange des é Hu | haches et d'autres outils de fer, qui avaient plus de ë ii l fui! valeur intrinséque dans cette partie du monde, et Al fi qui devaient ajouter davantage à sa supériorité sur RAY nt les individus avec lesquels il allait passer le reste de sim ji
ses jours. ANA
« Ise tronvant des pièces de feu d'artifice parmi 1 EU les présens qu'on lui avait faits à Londres. Le 25 au soir nous en lirâmes quelques-unes ; la nombreuse assemblée qui nous environnait vit ce spec-
PTE
tacle avec un mélange de plaisir et de crainte
or mit en bon état les piéces qui restaient, et Oma les serra dans son magasin ; la plus grande parue
avait été employée dans les fêtes que nous donnämes
sur d’autres îles, ou s'était gâtée durant le voyage,
ce dont nous eûmes peu de regret.
« Le 30, le naturel de Bolabola, que je tenais en prison sur mon bord, se sauva entre minuit et quatre heures du matin; il emporta le fer du morceau de bois qu'on avait mis à sa jambe. Lorsqu il fut sur la côte, l’un des chefs lui reprit le fer qu'il donna à O-maï ; et celui-ci vint me dire dès le grand Malin que son mortel ennemi était en liberté. Je jugeai , aprés quelques recherches, que la sentinelle chargée de surveiller le prisonnier, et même que tous les hommes de quart sur le gaillard d'arrière où il se trouvait s'étaient endormis : le prisonnier profita de ce moment; il prit la clef des fers dans le tiroir de l'habitacle où il l'avait vu placer, et 1l se débarrassa ainsi de ses entraves. Cette évasion me prouva que mes gens avaient mal fait Jeur devoir : je punis les coupables, et afin de prévenir une semblable négligence, je donnai sur ce point de nouveaux ordres. Je fus charmé d'apprendre ensuite que notre coquin s'était sauvé à Ouliétéa ; j'avais l'espérance de l'y rencontrer et de l'arrêter de nouvesu.
« Dès qu'O-maï fut établi dans sa nouveile habitation, je songeai à partir ; je fis conduire à bord
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« Le être un devoir satisfais p'isàT leurs se son frèr rent à vait dé) toutefoi ménage semblab ne devie du tout « La à quatre P
que nous moins dé du fer n XXII,
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nals it, et morqu’il qu'il rand é. Je nelle e que rrière nnier 5 dans et il rasion r deévenir point endre 1étéa ; \rrêter
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tout ce que nous avions débarqué, excepté le cheval , la jument et une chèvre pleine, que je laissai à :.0n ami, dont nous allions nous séparer pour jamais. Je lui donnai aussi une trnie et deux cochons de race anglaise ; il s'était procuré d’ailleurs une ou deux truies. Le cheval couvrit la jument durant notre relâche à Taïti, et je suis persuadé que les navigateurs trouveront désormais des chevaux dans ces îles.
« Les détails relatifs à O-maï intéresseront peutêtre une classe nombreuse de lecteurs, et je crois devoir dire tout ce qui peut exposer d’une manière satisfaisante dans quel état nous le laissâmes. Il avait pris à Taïti quatre ou cinq teouteous ; il gardait d’ailleurs ses deux jeunes gens de la Nouvelle-Zélande ; son frère et quelques autres de ses parens le joignirent à Houahciné, en sorte que sa famille sc trouvait déjà composée de huit ou dix personnes, si toutefois on peut donner le nom de famille à un ménage où 11 n’y avait pas une femme, et où vraisemblablement il n'y en aura jamais, à moins qu'il ne devienne moins volage : il ne paraissait point du tout disposé au mariage.
« La maison que nous lui bâtimes avait vingtquatre pieds de long sur dix-huit de large et dix de hauteur ; nous y employämes les bois des pirogues que nous avions détruites à Eiméo; on y mit le moins de clous qu'il fut possible , afin que l’appât du fer n'excitât point les naturels à la dévaster. Il
fut décidé qu'immédiatement aprés notre départ ; il en bâtirait une plus grande sur le modèle des habitations du pays; que pour mettre en sûreté celle que nous avions construite nous-mêmes, il la couvrimit avec l’une des extrémités de la nouvelle. Quelques-uns des chefs promirent de l'aider ; et si l'édifice projeté occupe le terrain qu'indiquait son plan, il n’y en aura guère dans l’île de plus étendu,
« Un mousquet, une baïonnette et une giberne; un fusil de chasse, deux paires de pistolets, et deux ou trois sabres ou coutelas, composaient son arsenal ; il fut enchanté d’avoir ces armes, et en les lui donnant, je ne songeai qu’à lui faire plaisir ; car j'étais persuadé qu'il serait plus heureux si nous ne Jui laissions point d'armes à feu ou d'armes européennes d'aucune espèce. En effet, cet attirail de guerre entre les mains d'un homme dont la prudence m’est suspecte, doit plutôt accroîtreses dangers qu'établir sa supériorité sur ses compatriotes. Lorsqu'il eut conduit à terre les diverses choses qui lui appartenaient, et qu'il les eut placées dans sa maison, 1l donna à dîner deux ou trois fois à la plupart des officiers de la Résolution et de la Dé. couverte : sa table nous offrit en abondance les meilleures productions de l'ile.
« Avant d’appareiller, je gravai l'inscription suivante au dehors de sa maison:
profi La p qu'a et afi tirer leurs accon amarr mome aux romp sur la canot, embra tra du moi ; un to dait le « Jé l'avais prime des ch sembla
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berne; et deux on arsea les lui sir ; Car nous ne es euro rail de la pruses danbatriotes.
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tion SUI-
DES VOYACES. 115