‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 21 sur 79 · DURS LED TETE · texte numérisé non relu

DURS LED TETE

L 1 fl 16 HISTOIRE GÉNÉRALE | | aurait voulu, disait1l, avoir des Portugais pour l'aider Le | dans ses guerres. On conclut avec lui un traité d’al- nl liance, et Gama lui remit généreusement les prison- L niers qu'il avait faits sur la sambucque. Le prince et LL Jui se firent des présens mutuels ; mais jamais Gama ne voulut consentir à entrer dans la ville, quelque te instance qu’on lui en fit, tant les Maures lui avaient Ca an inspiré de défiance. On lui mena cependant un Tr | | pilote indien, nommé Kanaka, gentil de Guzarate, pl trés— habile dans la navigation. On lui montra un dre | astrolabe. I] y fit peu d’attention, comme accoutumé bc à se servir d'instrumens plus considérables. En effet, Che il connaissait parfaitement l’usage de la boussole, tou des cartes marines et du quart de cercle. C’est sous bin AE la conduite d’un pilote indien que Gama, aprés mo avoir reconnu toute la partie de la côte orientale I Ï d'Afrique , que l’on nomme Zanguebar, traversa ce bn grand golfe , de plus de sept cents lieues, qui sépare l'ét l'Afrique de la péninsule de l'Inde. On avait suiviles Jeu k côtes jusqu'à Mélinde; maïs alors il falluts’abandon- gi Ne ner à l'étenduede l'Océan. On était paru le 22 d'avril. lon “48 La traversée fut heureuse et s’acheva en vingt-cinq bar. jours. Le vendredi, 17 mai, les Portugais décou- eyt || | vrirent la terre de huit lieues en mer. On tira un peu que | vers le sud, et l'on s’apercut, le jour suivant, aux vit, po petites pluies qui commencçaient à se faire senur, put

que l’on approchait de la côte de l'Inde, où l’on était pen alors dans la saison de l'hiver. Le 20 mai 1498, on , sem découvrit les hautes montagnes qui sontau-dessusde ayai Calicut. La joie futuniverselle, Gama donnaune fête aux

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DES VOYAGES: 17 à toute sa flotte, et récompensa libéralement le pilote indien. 11 jeta l'ancre à deux lieues de Calicut , dans une rade ouverte, parce que la ville n'a mi port ni abri. Ilyavaittreize mois qu'ilétait parti de Lishonne.

Calicut est situé sur la côte de Malabar, qui contenait alors sept petits royaumes ou principautés ; Cananor, Cranganor, Cochin, Perka, Coulan, Travankor et Calicut. Cette dernière ville étant le plus fameux marché de la côte pour les épices, les drogues, les pierres précieuses, les soies, les calicots, l'or, l'argent, et pour toutes sortes de richesses. C'était l’état le plus puissant du Malabar ; tous les autres princes étaient tributaires du samorin ou empereur de Calicut, et frappaient leur monnaie > son coin.

Le spectacle des vaisseaux portugais, dont la forme était inconnue dans ces mers, excita d’abord l'étonnement et la curiosité des Indiens. Quatre de leurs almadies, chargées de pêcheurs servirent de guides aux Portugais jusqu’à la barre de Calicut, où l'on jeta l'ancre. Un des malfaiteurs qu’on avait embarqués pour Les exposer aux épreuves périlleuses, eut ordre de descendre à terre, et d'observer l'accueil et les dispositions du peuple de Calicut. I se vit entouré et assailh de questions auxquelles il ne put répondre, ne sachant ni l’indien ni l'arabe. Cependant on le conduisit chez un Maure qui heureu-

.Sement savail l'espagnol. Il s'appelait Bentaybo. Il

avait connu des Portugais à Tunis, d’où il était venu

aux Indes par la route du Caire , et ne pouvait com-

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prendre comment la flotte de Gaina avait pu venir de Lisbonne à Calicut par mer. Il offrit à manger au Portugais , ei le pria de le conduire à son général. En approchant de la flotte, ilse mit à crier en espagnol : « Bonnes nouvelles, bonnes nouvelles ! des « rubis, des émeraudes , des épices, des pierreries, « toutes les richesses de l'univers! » Gama et les siens entendant parler la langue de leur pays, pleurèrent de joie. L’amiral embrassa Bentaybo , qu'il prenait pour un chrétien. Le Maure le détrompa; mais il offrit ses services aux Portugais auprès du samorin. Il se chargea d'aller Jui-même à Panami, où était ce prince, à cinq lieues de Calicut, pour lui annoncer l'arrivée des Portugais ; maïs la renommée l'y avait déjà devancé. On savait qu’il était arrivé des hommes inconnus sur des vaisseaux d’une forme extraordipaire. Bentaybo confirma cette nouvelle, en y joignant des détails qui devaient flatter le samorin. Un roi chrétien lui envoyait, de l'extrémité du monde, un ambassadeur, avec des lettres etdes présens, pour lui demander son amitié. La réponse fut aussi favorable qu’elle pouvait l'être. On assurait Gama qu'il seraittrés-bien recu, et on lui envoyait un pilote pour le conduire à la rade de Padérane, où ses vaisseaux seraient en sûreté, et d'où il pouvait se rendre par terre à Calicut. L’amiral suivit le pilote; mais, dans la crainte de quelque trahison , il refusa de s'engager trop avant dans le port de Padérane. Le samorin, sans s’offenser de cette défiance, lui fit dire, par le catoual ou principal ministre, qu’il était le maitre

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