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DÉS VOYAGES. 127 pey se rendit à bord sans répliquer, de peur qu'on n'en demandäât davantage; au lieu de la somme, il envoya un mémoire au gouverneur, quin'y répondit point, mais qui donna ordresur-le-champ que l'on conduisit les deux Anglais jusqu’à Zénan, résidence du pacha, pour qu'il décidit de leur sort. Sharpey mit à la voile, suffisamment instruit du respect qu'avaient les Turcs pour ce que nous appelons le droit des gens.
Il fut mieux accueilli à Moka, le plus grand marché de l'Arabie. Le commerce rapproche et ature tous les hommes. La capitaine anglais, sachant que la rade de Moka était le rendez-vous d'un grand nombre de vaisseaux de différentes nations, crut que l'intérêt du commerce engagerait tant d'étrangers à favoriser les plaintes qu'il voulait fure du gouverneur d’Aden. Il ne se passe point de semaine qu'on ne recoive à Moka des caravanes de Zénan , du Caire, de la Mecque et d'Alexandrie. On y vend toutes les productions de PAfrique et de l'Asie. Les Anglais y trouvèrent une quantité surprenante d'abricots, de coins, de dattes, de raisins, de pêches, de citrons; ce qui parut d'autant plus surprenant aux Anglais, que les habitans leur racontèrent qu'ils n'avaient eu depuis six ans aucune pluie dans le canton. Le blé même y était à fort bon marché. Il y avait un si grand nombre de bestiaux, qu'un bœuf gras ne s’y vendait que trois piastres , et les autres animaux à proportion ; pourle poisson ,
avec trois sous on en pouvait acheter de quoi nour-
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