‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 49 sur 79 · BE · texte numérisé non relu

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à Achem, à Priaman, à Tékou, ports de l'ile de à que. Sumatra ; mais les maladies désolérent l'équipage, B\ de D et de soixante-dix-sept Anglais dont il était composé, D qu'il il n’en revint que neuf. Le vaisseau, en arrivant, D dans était en si mauvais état, qu'on le déclara incapable D assai de servir. #. Moka

Sharpey errait encore sur les mers , lorsque I: | déBer

compagnie des Indes d'Angleterre fit parur Henr, À Goute Middleton , avec trois vaisseaux et une pinasse char. Be hand: gée de provisions. Il monta dans la mer des Indes Bi passa d jusqu'à Aden; 1l ignorait tout ce que Sharpey vf polites: avait essuyé, et n’en fut que plus aisément ‘rompt insigne par les apparences de bonne foi et d'arizié qu'on lui D Gans la: prodigua. Cependant, comme :l voulait aller à M en bless Moka, il ne laissa dans la rade d’Aden qu’un de sc; coup qu trois vaisseaux, nommé le Pepper-Corn. Le sien, 1 ain nommé le Trades increase, échoua prés de Mok: D ;vec les sur un banc de sable; mais cet accident, commu chaines. aux vaisseaux qui entrent dans ces détroits, étai sauvages sans danger. Les Turcs de Moka vinrent l'aider ie débarrasser son vaisseau. L’aga qui commandai dans la ville le fit presser de descendre à terre, «& le désir de vendre ses marchandises, le premier mobile de tous les navigateurs commerçans, le fi consentir imprudemment à cette demande. Ce qu peut excuser sa confiance, c’est qu'il apportait urege Lu lettre du roi d'Angleterre pour le pacha de Zénan in p, accompagnée de présens. Cependant le plus süBavait p aurait été de demander des otages, avant de soment remettre entre les mains d'hommes aussi perfidi irines ,

lamiral a | Pend Fdévuisés le Darlin proche d Dbarqnes ,

‘ile de DR que les Turcs, et bien dignes en tout temps du nom npage, D de barbares. 11 ne tarda pas à reconnaître la faute myosi, D qu'il avait faite. L'aga, comme tous les commanfivant, D dans turcs, ne cherchait que le pillage, et s'embarca pable | rassait peu du commerce des marchands arabes de

… Moka. Ceux-ci même avaient averti Middleton de se rsque l: || défier des Turcs. Mais l’aga, qui ne cherchait sans r Henry À doute qu'à atürer à terre plus d’Anglaïs et de marsse char- chandises, ne cessa, durant huit jours que l'amiral les Indes Be passa dans la ville avec sa suite, de le traiter avec les harpes Y L. politesses les plus distinguées. Elles finirent par une it trompé WE insigne trahison. Les Turcs fondirent à l’improviste qu'on lu | È dans la maison de l'amiral, Iui tuérenthuithommes, st aller à en blessèrent quatorze. Lui-même fut renversé d’un un de ses M coup qui le fit tomber sans connaissance. On Jui lia , Le sien, 1 les mains derrière le dos, et en cet état il fut traîné ,s de Moki L avec les siens dans un cachot, et chargé de grosses , commu DR chaînes. Tel est le traitement, digne des peuplades roits, était Msuvages , que reçut dans une ville de commerce un

{ l'aider à amiral anglais chargé de lettres de son maître. ommandatl Pendant ce temps, cent cinquante soldats turcs, , à terre, tdéguisés et sans turbans ; essayérent de surprendre

le premitr le Darling , un des vaisseaux anglais qu était le plus rcans, le liproche du rivage. Ils vinrent das trois grandes nde. Ce qubarqnes, et étant entrés dans le vaisseau à la faveur pportait une leur déguisement, ils commencèrent à faire a de Zénan main-basse sur Îles Anglais, et l'équipage, qui le plus savait pas eu le temps de se reconnaître, fut un avant de smoment en danger. Mais , dès qu’on eut couru aux ussi perfidélrmes, le triomphe des traîtres ne fut pas long.

Ils furent tous égorgés en demandant la vie qu'ils ne méritaient pas.

Cependant l’aga fit venir l'amiral devant lui, et eut l’insolence de lui demander comment il avait été

assez hardi pour venir dans le port de Moka, si près

de la Ville Sainte. Middleton lui répondit qu'il n'y était entré que sur les instances et les promesses qu'on lui avait faites, et sur la foi des traités qu subsistaient entre le roi d'Angleterre et le grand seigneur. L’aga répliqua qu'il n’était pas permis aux chrétiens d'approcher de la Ville Sainte, ni de Moka , qui en était la clef; que le pacha avait ordre de faire esclaves tous ceux qui se présenteraient, Le grand seigneur n’ordonnait pas sans doute qu'on attirât les étrangers dans des piéges pour les arrêter par trahison. Mais si les ordres qu’alléguait ce Turc étaient réels, quelle stupidité de la part du divan de Constantinople d’éloigner les commerçans qui apportaient leurs richesses dans ses ports, et qu venaient grossir les revenus du grand seigneur! car les droits de la douane de Moka étaient évalué à près de 40,000 liv. sterling par an.

L’aga proposa à l'amirald'écrire aux commandans de ses vaisseaux qu'ils descendissent à terre, et qu'il y débarquassent leurs marchandises. « Croyez-vous, « lui dit l'amiral, que les Anglais soient des insen. « sés, et qu'ils viennent se précipiter volontairement « dans l’esclavage ? » La réponse de l’aga fait voi quelle idée on a de l’obéissance dans les pays despo tiques, « N’êtes-vous pas leur chef? Ils viendront

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qu'ils Bu « si vousleur écrivez.— Je ne veux pas leurécrire », D. dit fièrement l'amiral. L’aga le menaça de lui faire

i,et DR: couper la tête. Midäleton répondit qu'il était tout itété B\ prêt, et que les fatigues de la navigation et les trai- 3 près D temens qu'il éprouvait lui rendaient la vie insup- Alny} portable. On le chargea de nouvelles chaînes aux messes D pieds et aux mains, et on l’enferma dans une étable és qu à chiens. On ne sait quels termes auraient eu toutes grand D ces barbaries, si le consul des Banians, nommé

permis | Thermal, et un riche négociant, nommé Toukar, 3 ni de intéressés par état à ce que les négocians étrangers tordre ne fussent pas maltraités à Moka , ne s'étaient réunis eraient D pour protéger les Anglais avec Hamed Ouadi, riche Le qu’on M marchand , qu’on appelait le marchand du pacha, arrêter parce qu'il était l'ami du pacha de Zénan, et lui ce TurBlavait même rendu de grands services avant son lu divanélévation. Ces trois hommes mirent dans les intérêts cans qu es Anglais le kiaïa ou secrétaire du pacha, en lui , et qufusant espérer une somme d'argent pour récomeigneur' pense de ses soins. Le pacha , informé par les lettres tévaluä de l'aga de l’arrivée des vaisseaux anglais, et de

tout ce qui s'était passé, avait ordonné qu'on amenût

mandas les prisonniers à Zénan, éloigné de Moka de quinze > ,etqu'iffours de route. Le peuple, qui n’avait jamais vu byez-Vouid'hommes de leur nation, s’assemblait en foule des inseour les regarder. Partout où l’on passa la nuit, ils tairemeï'eurent point d'autre lit que la terre. C'était à la à fait voï@in de décembre, et, sans les robes fourrées que ays despiiddleton fit acheter dans la route, et dont il n’auiendront@uit pas cru avoir besoin à seize degrés dela ligne, la

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154 HISTOIRE GÉNÉRALE plupart seraient morts du froid qui se fait sentie dans les montagnes d'Arabie , malgré leur situation entre le tropique et l'équateur. La terre était couverte de frimas tous les matins, et la nuit la glace avait un pouce d'épaisseur. C’est une observation attestée par le journal de Middleton.

À quelque distance de la ville, on rencontra u” officier dn pacha à la tête de deux cents hommes, avec leurs trompettes et leurs timbales. Ils se partagérent en deux lignes, entre lesquelles on plaça les Anglais, à qui l’on fit quitter leurs robes et leurs chevaux , et qui marchèrent à pied. À la premiere porte, ils trouvérent une garde nombreuse. La seconde était défendue par deux grosses pièces d'arüllerie sur leurs affüts. Les soldats qui les avaient escoriés firent une décharge de leurs mousquets à la premiére porte, et se mélérent avec le reste de ki garde. L'amiraletsesgensattendirent quelquetemps dans une cour fort spacieuse , où quelques officiers vinrent les prendre pour les conduire devant le pacha. C'était un jour de divan ou de conseil. Il; montérent un escalier au sommet duquel deux bon: mes, d'une taille extraordinaire, prirent l’amiril par les bras, en les serrant de toute leur force, «t l'introduisirent dans une longue galerie où le conseil était assemblé. Il y avait de chaque côté nn grand nombre de spectateurs assis ; mais le pacha était dans l’enfoncement , seul sur un sopha, avec un certain nombre de conseillers qui étaient à quelque distance de lui, Le plancher était couvert de taps

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dort riches, et tous ces objets formaient un coup d'œil imposant.

A cinq ou six pas du pacha , les deux guides l’arrétérent brusquement. Ildemeura pendant quelques minutes exposé aux regards de l'assemblée ; enfin le pacha lui demanda d’un air sombre et dédaigneux de quel pays il était, et ce qu'il venait chercher dans celui des Turcs; l'amiral répondit qu'il étaitun marchand anglais, et que, se croyant ami du grandwigneur , en vertu des traités du roi son maitre, il était venu pour exercer le commerce. Il n’est permis àaucun chrétien , lui dit le pacha, de mettre le pied dans cette contrée. Middleton lui exposa comment on l'avait trompé par de fausses assurances , et comeue on l'avait traité; le pacha répondit que l'aga n'était que son esclave, qu'il n’avait pu rien promettre sans son ordre, et qu'il avait suivi celui du grand-seigneur, en châtiant des infidèles qui avaient osé venir prés de la Ville Sainte. Enfin :1l ajouta qu'il allait écrire au sultan pour savoir sa volonté, et que l'amiral pouvait écrire de son côté à Mishasass deur que les Anglais avaient à Constantinople, qu'en atendant ils demeureraient prisonniers. L’amiral fut congédié après cette explication, et conduit avec cinq ou six de ses gens dans une prison assez commode , tandis que tous les autres furent jetés dans un noir cachot et chargés de chaînes. Un jeune homme de sa suite, qui s’était imaginé , en se voyant conduire devant le pacha, qu'il allait recevoir la mort, et que tous les Anglais n’attendraient pas

long-temps le même sort, tomba dans un évanouissement si profond , qu’il n’en revint que nour expirer peu de jours après.

Mais, dés le lendemain, Middleton fut fort étonné de recevoir un messager du kiaia , qui l'invitait à déjeuner avec lui : c'était l'effet des recommandations de l’honnête banian et du négociant Hamed. Un Maure du Caire, fameux par ses richesses, ct qui même avait prêté de grosses sommes à ce pacha, osa lui dire qu'il s’exposait, par ces violences, à ruiner tout le commerce du pays. Ce Maure avait un vaisseau dans la rade de Moka , et craignaït le ressentiment des Anglais, qui en effet ne tarda pas à éclater. L’amiral, encouragé par ces protections puissantes, et par les promesses du kiaia qui paraissait lui être dévoué , fit présenter au pacha une requête assez hardie, par laquelle il lui déclarait qu’en quittant la rade de Moka, il avait donné ordre aux commandans de ses vaisseaux de suspendre les hostilités pendant vingt-cinq jours, et d'en user ensuite à leur gré ; si, dans cet espace de temps, ils ne recevaient aucune nouvelle de lui; que, ce terme étant expiré, il prenait la liberté d'en avertir le pacha , afin qu'il daignât se hâter de terminer son affaire , ou de lui donner quelques favorables assurances qu’il pût communiquer à ses ofliciers, sans quoi il ne pouvaitrépondre que, se voyant sans chef, ils ne se portassent à la violence. Cette requête, qui renfermait une menace que l’on savait pouvoir être effectuée, fit impression sur le pacha ; deux

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DES VOYAGES. 197 jours aprés, l'amiral eut l'assurance de sa liberté prochaine, et l'on n’attendit, pour le renvoyer à Moka , que l'arrivée de quelques autres Anglais qui avaient été arrêtés à Aden. Middleton vit une seconde fois le pacha , qui, dans cet intervalle , avait été nommé visir ; il en reçut un accueil assez flatteur : on lui dit que, lorsqu'il serait arrivé à Moka, la plus grande partie de ses gens pourraient retour ner aussitôt sur leur bord ; mais qu'il serait retenu dans la ville avec quelques officiers , jusqu’à ce que les vaisseaux qu’on attendait de l'Inde fussent arrivés dans le port. Cette précaution montrait la crainte qu'avaient les Turcs que les Anglais, pour se venger, n'arrétassent les vaisseaux commercçansdel’Inde qui viendraient se rendre à Moka, et qui n'étaient pas de force à se défendre contre trois vaisseaux d’Furope. Le pacha, joignantles menaces aux promesses, et vantant beaucoup sa clémence, lui répéta qu'il eût à se souvenir que l'intention du grand-seigneur était qu'aucun vaisseau chrétien n’entrât dansla mer d'Arabie. « L’épée du sultan est longue, » lui dit-il. L'aga avait déjà tenu le même discours à Middleton, et cet Anglais lui avait répondu avec une juste fermeté : « Vous ne m'avez pas pris par l'épée, «€ mais par trahison ;‘je n'aurais craint ni votre épée « ni celle de personne. » Mais il n’osa pas faire la même réponse au pacha. Il apprit depuis, que le premier dessein de ce Turc avait été de lui faire couper Ja tête, et de faire tous ses compagnons esclaves.

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