‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 64 sur 79 · L'ART TN · texte numérisé non relu

L'ART TN

LA

268 HISTOIRE CÉNÉRALE

pièce d'ambre gris d’une grosseur incroyable. Nonseulement cette heureuse pêche le fit rappeler dans sa patrie, mais il acheta, du fruit de son trésor, des terres considérables en Portugal. Le roc auprès duquel la fortune l'avait favorisé porte encore son nom.

Le nombre des insulaires ne monte pas à plus de deux cents. Roberts le. représente comme les plus ignorans, les plus simples et les plus humains de toutes les îles. Dans un autre lieu, il loue be:ucoup leurs vertus morales, surtout leur charité, leur humilité et leur hospitalité. C’est les offenser que de refuser leurs bienfaits. Leur respect pour l’âge avancé mériterait, dit l’auteur , de servir d'exemple à tous les hommes du monde; ils le rendent aux vieillards de tout rang et de toute nation.

Pendant que l’auteur fut malade parmi eux, l’attention ne se relâcha jamais pour lui fournir ce qui était nécessaire à sa situation. Il ne se passa pas de jour qu'il ne recût la visite de quelques habitans, qui s informaient soigneusement de sa santé , et qui lui apportaient quelque pièce de volaille ou quelque fruit. Le gouverneur même le visitait tous les jours, et lui envoyait, deux ou trois fois la semaine , un quartier de chevreau.

Il n’y a pas plus d’un siècle que l’île de Saint-Jean est peuplée. Pendant plusieurs années, ses habitans se réduisirent à deux famillesnègres, jusqu'en 1680, que, la famine ravageant l’île de Fuégo , quelques pauvres habitans de cette île passèrent dans celle de

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Saint-Jean , sur un bâtiment portugais. Ils furent reçus avec joie par les Nègres de cette île, qui waient déjà fort augmenté le nombre de chèvres, de vaches, et surtout de porcs, que les Portngais avaient laissés dans l’île en la découvrant. La compassion naturelle porta les Négres à leur donnér une partie de leurs hestiaux. 11 arriva de là que chacun entreprit de nourrir séparément les siens, aque, le goût de la propriété prenant naïssance, celui qui eut l'habileté d’en élever et d’en nourrir un plus grand nombre, passa pour le plus riche.

fl n'y eut que les chèvres qui furent laissées dans

ks montagnes, et qui continuérent d’être sau- “ages. | | Les nouveaux häbitans de Saint-Jean apprirent us autres l’art de filer le coton ‘qui croissait natuelement dans l'île, et d’en faire une sorte d’ étôfle pour se couvrir; car ils étaient nus auparavant, mme Ja plupart des Nègres de la côte de Guinée. ]s leur cominuniquérent aussi les principes de la rlision romaine , autant du moins qu’ils avaient été sébies de les’ prendre eux-mêmes dans l’île de ugo, dont ils étaient sortis. Mais un prêtre de te Île se sentit assez de zele pour se faire corihire à Saint-Jean, où il s’efforça de cultiver ces remiéres semences de l'Évangilé. 11 baptisa tous s Nègres. À la vérité, on! put douter de la bonté eses moufs, Jorsqu il parut exiger des récomnses trop mercenaires pour le service qu il leur

uit rendu. Il üra de l’un des étoffes de coton , de

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