‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 67 sur 79 · PR RE · texte numérisé non relu

PR RE

RE

sm

mnmaqeire

- mr

rivière de Sénégal, qui est fort grande, et qui sépare ui

le désert de la premiére contrée des Nègres de |, P

côte. (1) b Les Azanaghis habitent plusieurs endroits de |;

côte au-delà du cap Blanc. Ils sont voisins des di. rl

serts, et peu éloignés des Arabes de Ouaden, ], à re

vivent de dattes, d'orge et du lait de leurs cha. mi meaux. Comme ïls sont plus prés du pays ds à m

Nègres que de Ouaden, ils y ont tourné leur con. ch merce, qui se borne à tirer d'eux du millet et d'u. épi tres secours pour la commodité de leur vie. I; gr: mangent peu, et l'on ne connaît pas de nation quil dés supporte si patiemment la faim. Les Portugais en par enlevaient un grand nombre, et les aimaient mieux M les pour esclaves que des Nègres. Il est vrai qu'on vien pen

de dire qu'ils mangeaient peu; mais l’esclave qui mange le moins n'est pas toujours le meilleur, même pour l'avarice.

Cadarmosto attribue une coutume fort singulier à la nation des.Azanaghis. Ils portent, dit-il, a. tour de la tête une sorte de mouchoir qui le couvre les yeux, le nez et la bouche ; et la raioi de cet usage est que, regardant le nez et la boucle comme des canaux fort sales , 1ls se croient oblits

de les cacher aussi sérieusement que d'autres par

(1) Nous nous servons de cette expression pour distingn les Nègres de Guinée, les seuls dont nous nous occupior

dans le cours de cet ouvrage, des Nègres qui habitent À

contrées intérieures appelées par les géographes Vigrii

qui tirent leur nom du grand fleuve Niger.

t qui sé pare égres de la

ndroits de |; isins des dt- Ouaden. 1} de leurs cha.

du pays de rné leur com.

millet et d'au.

leur vie. 1h i de nation qu >s Portugais en aimaient mieu rai qu'on vient ns l'esclave qui rs le meilleur,

e fort singulier ent, dit-il, a achoïr qui leu che; et la rai nez et la boucli e croient obhgts que d’autres parne mentir sion pour distingtt ous nous OCCupin res qui habitent à réographes Migrili

iger.

ties auxquelles on attache la même idée dans des pays moins barbares; aussi ne se découvrent-ils la bouche que pour manger.

Ils ne reconnaissent aucun maître ; mais les plus riches sont distingués par quelques témoignages de respect. En général, ils sont tous fort pauvres, menteurs, perfides , et les plus grands voleurs du monde. Leur taille est médiocre. Ils se frisent les cheveux , qu'ils ont fort noirs et flottans sur leurs épaules. Tous les jours ils les humectent avec de la graisse de poisson ; et quoique l'odeur en soit fort désagréable, ils regardent cet usage comme une parure. Ils n'avaient connu d’autres chrétiens que les Portugais , avec lesquels ils avaient eu la guerre pendant treize ou quatorze ans. Cadamosto assure que lorsqu'ils avaient vu des vaisseaux , spectacle inconnu à leurs ancêtres , ils les avaient pris pour de grands oiseaux avec des ailes blanches, qui venaient de quelques pays éloignés. Ensuite les voyant à l'ancre ct sans voiles, ils avaient conclu que c'étaient des poissons. D’autres, observant que æs machines changeaient de place, et qu'après avoir passé un jour ou deux dans quelque lieu, on les voyait le jour suivant à cinquante milles, et toujours en mouvement au long de la côte, s'ima-

| ginaient que c’étaient des esprits vagaboï:ls, et

redoutaient beaucoup leur approche. En supposant que ce fussent des créatures humaines, iis ne pouvaient concevoir qu’elles fissent plus de chemin dans une nuit qu'ils n'étaient capables d'en faire

fl

METRE ë >

dans trois jours; ct ce raisonnement Îles confirma dans l'opinion que c’étaient des esprits. Plusieurs esclaves de leur nation que Cadamosto avait vus à la cour du prince Henri, ettous les Portugais qui étaient entrés les premiers dans cette mer, rendaient là-dessus le même témoignage.

Environ six journées dans les terres au-delà de Ouaden, on trouve une autre ville nommée Te.

gazza , qui signifie caisse d’or, d’où l’on tire tous les ans une grande quantité de sel de roche, qui se transporte sur le dos des chameaux à Tombout. tou , et de là dans le royaume de Melli. Les Arabes vagabonds qui font ce commerce disposent en huit jours de toute leur marchandise, et reviennent chir. gés d’or.

Le royaume de Melli est situé dans un climat fort chaud, et fournit si peu d’alimens pour les bêtes, que, de cent chameaux qui font le voyage avec les caravanes, il n’en revient pas ordinaire. ment plus de vingtcinq. Aussi cette grande région n'a-t-cÎlle aucun quadrupede. Les Arzbes mêmes et les Azanaghis y tombent malades de l'excès de h chaleur. On compte quarante journées à cheval de Tegazza à Tombouctou, et trente de Tombouctou à Melli. Tout le pays de Tombouctou qui est situé dans la Nigritie touche au grand désert de Sahara, ou pent-être même en fait partie. Il nous est fort peu nu, et celui de Melli encore moins. Cadamosio ayant demandé aux Maures quel usage les marchands de Melli font du sel, ils répondirent

s confirma , Plusieurs

avait vus Drtugais qui mer , ren-

; au-delà de ommée Te- 'on tire tous

roche, qui à Tombouic.

. Les Arabes osent en huit lennent char.

ns un climat ens pour les

ont le voyage |

as ordinairesrande région Les mêmes et » l'excès de h es à cheval de Tombouctou

u qui est situé

ert de Sahara, | nous est fort moins. Cadaquel usage les

|s répondirent

qu'il s'en consommuit d'abord une petite quantité dans le pays, et que ce secours était si nécessaire à ces peuples situés prés de la ligne, que, sans un tel préservatif contre la putridité qui naît de la chaleur, leur sang se corromprait bientôt. Ils emploient peu d'art à le préparer. Chaque jour ils en prennent un morceau qu'ils font dissoudre dans un vase d’eau ; et, l’avalant avec avidité, ils croient lui être redevables de leur santé et de leurs forces. Le reste du sel est porté à Melli en grosses pièces, deux desquelles suffisent pour la charge d’un chameau. Là, les habitans du pays le brisent en d’autres pièces , dont le poids ne surpasse pas les forces d'un homme. On assemble quantité de gens robustes qui les chargent sur leur tête, et qui portent à la main une longue fourche, sur laquelle ils s'appuient lorsqu'ils sont fatigués. Dans cet état , ils se rendent sur le bord d'un grand fleuve dont l’auteur n'a pu savoir le nom.

Lorsqu'ils sont arrivés au bord de l’eau, les maîtres du sel font décharger la marchandise et placent chaque morceau sur une même ligne, en y mettant leur marque ; ensuite toute la caravane se retire à la distance d’une demi-journée. Alors d’autres Négres, avec lesquels ceux de Melli sont en commerce, mais qui ne veulent point être vus, et qu'on suppose habitans de quelques îles, s'approchent du rivage dans de grandes barques, examinent le sel, mettent une somme d’or sur chaque morceau, et se relirent avec autant de discrétion qu’ils

sont venus. Les marchands de Melli retournant au bord de l'eau , considérent si l'or qu’on leur a laisst leur paraît un prix suffisant ; s'ils en sont satisfaits, ils le prennent et laissent le sel, s'ils trouvent la somme trop petite , 1ls se retirent encore en laïssant l'or et le sel, et les autres, revenant à leur tour, mettent plus d’or ou laissent absolument le sel. Leur commerce se fait ainsi sans se parler et sans se voir: usage ancien qu'aucune infidélité ne leur donne jamais occasion de changer. Quoique l’auteurtrouve peu de vraisemblance dans ce réci:, 1l assure qu'il le tient de plusieurs Arabes, des marchands Azanaghis, et de quantité d’autres personnes dont il vante le témoignage.

Ildemanda aux mêmes marchands pourquoi l’em.

pereur de Melli, qui est un souverain puissant, n'avait point entrepris par force ou par adresse de découvrir la nation qui ne veut ni parler, ni se laisser voir. Ils lui raconterent que, peu d’années auparavant, ce prince, ayant résolu d'enlever quelques-uns de ces négocians invisibles, avait fait assembler son conseil, dans lequel on avait résolu qu'à la première caravane, quelques Nègres de Mell: creuseraient des puits au long de la riviére, pres de l'endroit où l’on plaçait le sel, et que, s'y cachan: jusqu'à l’arrivée des étrangers, ils en soruraient tout d’un coup pour faire quelques prisonniers. C projet avait été exécuté ; on cn avait pris quatre, €! tous les autres s'étaient échappés par la fuite. Comme un seul avait paru suflire pour satisfaire

rnant au

r a laisse

satisfaits, ouvent la bn laissant

eur tour, e sel. Leur ns se voir :

ur donne teurtrouve assure qu'il inds Azanalont 1l vante

rquoi l'emn puissant, r adresse de er, nise laisd'années aunlever quelavait fait as-

avait résolu gres de Mell:

ière, prés de , Sy cachani n sortiralent risonniers. Ce ris quatre , € par la fuite.

jour satisfaire

l'empereur, on en avait renvoyé trois, en les assurant que le quatrième ne serait pas plus maltraité ; mais l'entreprise n’en eut pas plus de succès : le prison nier refusa de parler ; en vain l’interrogea-t-on dans plusieurs langues, il garda le silence avec tant d’obsunation, que, rejetant toute sorte de nourriture, il mourut dans l'espace de quatre jours. Cet événement avait fait croire aux Nègres de Melli que ces négocians étrangers étaient muets. Les plus sensés pensérent avec raison que le prisonnier, dans l’indignation de se voir trahi, avait pris la résolution de se taire jusqu'à la mort. Ceux qui l’avaient enlevé rapportèrent à leur empereur qu'il était fort noir, de belle taille et plus haut qu'eux d’un demi-pied ; que sa lévre inférieure était plus épaisse que le poing, et pendante jusqu'au-dessous du menton; qu'elle était fort rouge, et qu'il en tombait même quelques gouttes de sang, mais que sa lèvre supérieure était de la grandeur ordinaire ; qu’on voyait entre les deux ses dents et ses gencives, et qu'aux deux coins de la bouche il avait quelques dents d'une grandeur extraordinaire; que ses yeux étaient noirs et fort ouverts ; enfin que toute sa figure était terrible.

Cet accident fit perdre la pensée de renouveler la même entreprise, d'autant plus que les étrangers, irrités apparemment de linsulte qu'ils avaient reçue, laissérent passer trois ans sans reparaître au bord de l'eau. On était persuadé à Melli que leurs grosses levres s'étaient corrompues par l'excés de la chaleur,

Page 1