‹ Abrégé de l'Histoire romaineChapitre 16 sur 30 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Depuis la fin de la seconde guerre punique jusqu'à la destruction de Carthage , épé^ nement qui termina la troisième guerre punique. .

X^END AMT que les Romains combattaient An- An 55o. nibal , ils faisaient la guerre encore à Philippe , roi de Macédoine. Les Athéniens , incapables de se défendre contre ce prince, avaient imploré leur secours. Les Rhodiens , ainsi qu'Attalus , roi de Fergame , s'étaient pareillement ligués contre Philippe. Ce dernier avait été plus d'une fois vaincu par le consulGalba. Il entreprit le siège d'Athène;?, que les Romains l'obligèrent de lever aussi* tôt. Il s'empara du détroit des Thermopyles ; mais il en fut chassé par Quintus-f lamir nius, et perdit beaucoup de monde. Il vou« lut encore se. réfugier en Thessalie ; mais il y fut défait y et forcé à demander la paix , qu'il obtint en payant mille talens. Cette paix donna aux Romains l'occasion de

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montrer leur générosité , en rendant à I» Grèce sa liberté.

Ce fut au tour d^Antiochus, roi. de Syrie, d'être subjugué par les Romains.

Après plusieurs ambassades des'deux côtés , on lui déclara la guerre cinq ans après celle contre les Macédoniens. Il demanda bientôt ]a paix , ayant commis plusieurs Ëiutes. Il offrit d'abandonner toutes les places qu'il avait en Europe , et de rendre celles d'Asie, alliées de Rome. Mais il était trop tard ; Scipion sentant sa supériorité , résolut d'en profiter. Obligé de se défendre, Antiocbus se retira pendant quelque temps de devant l'énnemijusqu'àceque, pressé par les Ro* mains, il fut forcé de ranger son armée en bataille près de la ville de Magnésie. Elle était de soixante mille fantassins et de vingt mille chevaux. Les troupes de Scipion étaient aussi inférieures en nombre que supérieures par la discipline et le courage. Antiochus fut bientôt défait. Ce qui contribua à sa perte , ce furent ses propres chariots armés de faulx , qu'on dirigea contre ses soldats. Réduit à la dernière extrémité , il accepta avec joie les conditions que lui dicteront les Romains. Elles consistaient à

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fiayer quinze mille talens, à abandonner les possessions qu'il avait en Europe , et celles situées en Asie, en*deçà du mont Tauras , à donner vingt otages comme garans de sa fidélité , à livrer enfin Annibal, ennemi invétéré de Rome , qui s'était réfugié à sa cour. Annibal, dont la perte était l'un des articles de ce traité , tâcha d'éviter le sort qui le menaçait Depuis long- temps, cet infortuné général errait loin de son ingrate patrie^ Il avait demandé un asyle à Antiochus , qui le reçut d'abord avec bienveillance, et le fit amiral de ses flottes. H montra , dans ce poste , son savoir et son adresse ; mais il perdit bientôt l'estime du roi de Syrie, en formant des projets que ce prince ne comprenait point, et qu'il avait encore moins le talent d'exécuter. Ne trouvant ni sûreté , ni protection , Annibal partit à la dérobée ; et après avoir encore erré dans des petits Etats qui n'avaient ni le pouvoir ni la générosité de le protéger , il se réfugia cbess Prusias , roi deBythinie. Les Romains , avec un désir de vengeance indigne d'eux , l'envoyèrent demander au roi par Paul-Emile, l'un de leurs plus célèbres généraux. Prusias, craignant leur ressentiment, et vou-

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lant gagner lear amitié par la yiolation de9 droits de Thospitalité , fit placer à la porte d'Ânnibal une garde qui devait le livrer. Le vieux général, poursuivi de pays en pays, et ne voyant aucun moyen de se sauver, résolut de se donner la mort II se fit apporter du poison , et mourut , comme il avait vécu, avec une bravoure intrépide.

On déclara une seconde fois la guerre aux An 584. Macédoniens commandés par Persée ,filsde Philippe^qui avait été obligé de demander la paix. Pour s'assurer la couronne, Persée avait fait massacrer son frère Démétrius , et se berçant , à la mort de son père , de triomphes imaginaires , il voulut faire la^ guerre aux Romains. Pendant cette guerre, qui dura trois ans, il eut plus d'une fois l'occasion de tailler en pièces l'armée romaine ; mais ne sachant comment profiter des avan* tages que lui donnait la témérité de l'ennemi , il perdit le temps à d'oiseuses négociations. Paul'Emile remporta à la fin une victoire décisive. Persée voulut se réfugier en Crète j mais étant abandonné de tout le monde , il fut contraint de se.rendre, et de donner , par sa présence, un nouvel éclat au triomphe du général romain.

Massinissa^Toi de Numidie, ayant £aitqael^ i^es incursions sur un territoire réclamé par les Carthaginois ^ ceux-ci entreprirent de le repousser par la force. Gela occasionna une guerre entre ce prince et Gartbage. Les Romains^ regardant cette conduite comme une infraction au traité , en firent leurs plaintes. Les ambassadeurs qu'on envoya à Carthage, trouvèrent cette ville ricliQ et flo^ rissante. Lapaix dont eDe>$>mssait dépuis ein^ quante ans , lai avait fait réparer ses pertes. Soit par avarice et pour s -enrichir .de ses dé* pouilles^soit par crainte de voiv accroître sa puissance^ les ambassadeurs insistèrent sur la nécessité de la guerre qui fut bientôt déclarée ; et les consids» partirent détermi- An 6o5. nés à ruiner eiitièrementCarthage« Les malheureux Carthaginois^ voyant que les vainqueurs ne mettraient aucun terme à leurs demandés, tant qpOh auraient quel* que chose à doimer y voulurent les adoucir par la soumission; mais ils reçurent Tordre d'abandonner leur ville ^ qu'on voulait détruire de fond en* comble. Cette sévérité mit le peuple au désespoir : ils firent des re* présentations sur la dureté de cet arrêt. On employa les larmes et les prières* Trouvant

les coûsiils' inexorables', ils se préparèrent , avec uu sombre courage, à souffrir les der- Biéres extrémités , et à combattre tous pour défendre leur empire.

Les Tases d'or et d^argent, objets de luxe et de faste, furent convertis en armes. Les femmes se dépouillèrent de leurs- ornemens^ et se coupèrent les cheveux dont elles firent des cordes pour les archers. Asdrubal, con--' damné depuis peu pour s'être opposé aux Romains, fut tiré de prison , et mis à la tête des troupes. On fit ^e si grands prépa-ratifs , que lorsque les consuls arrivèrent aux portes de la ville, au lieu de trouver une conquête facile, comme ils se l'étaient ima* giné , ils virent une telle résistance , que le courage de leurs troupes diminua , et leur résolution fut ébranlée. On livra , hors de la ville, plusieurs combats où les Romains n'eurent pas l'avantage. On 'aurait levé le siège sans Scipion Ëmilien , fils adoptif de Scipion l'Africain, qui fiit désigné pour commander les troupes* Il était aussi habile à sauver ses soldats après un échec , qu'à leur inspirer de nouveUesespérances pour la victoire. Tout son art eût été inutile, s'il n'avait trouvé le moyen de corromprePhar-

DE LÀ RélPUB« ROMAINE^ 169 néas , maitre de la cavalerie câjiliaginolse« Cet homme se rangea de son côté. Les habitans infortunés virent l'ennemi s'approcher de plus prés. Le rempart <(ui conduisait au havre, était entièrement démoli. Le forum fut bientôt pris. Un spectacle déplorable s'offrit aux vainqueurs : des maisons chan-^ celantes, des hommes morts , amoncelés )ea uns sur les autres ; des blessés se débattant, luttant contre la mort ^ et déplorant la ruirie de leur patrie. La citadelle se rendit à discrétion. Il ne restait plus que le temple, défendu par les déserteurs de l'armée romaino et ceux qui avaient été les plus entêtés à vouloir la guerre. N'attendant aucun pardon , voyant leur sort désespéré , ils mirent le feu au bâtiment, et périrent volontairement dans les flammes. Ainsi finit une des An 608. villesdumonde les plus célèbres par ses arts, ses riches3es et sa puissance ; rivale de Rome pendant plus d'un siècle , elle passa même pour lui être supérieure.

Cette conquête de Carthage fut suivie de plusieurs autres.Corinthe, une des premières villes de la Grèce, subit, cette année, le même sort, et fut détruite de fond en comble. Sclpion assiégea Numauce, la plus forte

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Tille d'Espagne, dont les malheuretiz hàbi^ tans , pour éviter de tomber entre les mains de Tennemi, se brûlèrent et expirèrent dans les flammes. L'Espagne devint ainsi une pro< Tince romaine, et fut gouvernée par deux préteurs annueb. L'Itdie entière , l'IUyrîe jusqu'au Danube, l'Afrique, la Grèce ^ la Thrace\ la Macédoine, la Syrie, tous les ix>yaumes de l'Asie mineure^ furent subjugués par les Romains.

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