CHAPITRE PREMIER
Origine des Romains,
Xj£ s Romains, voulant jeter du merveilleux sur leur origine , prétendaient descendre des d'eux; Après avoir couru des dangers,Enée, fils de Vénus et d^Ancîiise, jouet Ii*an da de la fortune, débarqua en Italie, mondé !)823. Latinus, roi des Latins, Taccueillit avec bienveillance, et lui donna en /'• Partie. x
mariage 3a fille Lavinie. Tumos , roi des RutuleS) ayante depuis long ^ temps, des prétentions sur Lavinie, fut le premier qui se déclara contre £née : ce qui donna lieu à n&d guerre dan» laquelle Tumus périt ^ ^t le liéros Troyen fat Tictorieux . Enéè jbâtit ensuite une yiUe y à laquelle il ^oima le nom de ttapiniumj en honneur de sa femme; et quelque temps après, s'étant engagé dans une guerre contre Mézence, l'un des petijB princes de ce pays ^ il fut à son tour Taincu, et mourut dans un combat, )iprès un règne de quatre ans.
Numitor , quinzième roi en ligne directe depuis Enée , prit possession de la couronne, en vertu d'un testament de son père. Il eut un frère appelé Amulius, qui hérita des tré^ sojw qu'on avait apportés de Troie. Comme les richesses rendent ambitieux , Amulius fit usage de celles qu'il avait, pour détrôner son frère, et trouva bientôt les moyens de s'emparer du royaume. Il ajouta un nouveau crime à son usuirpation , en commettant un meurtre. Il sacrifia le fils deNumitoràses soupçons; et pour se délivrer de la crainte d'être un jourtroubjédans la possession d'un pouvoir usurpé , il força Rhéa-Silvia , filla
unique de son frère ^ de se faire vestale. La chasteté à laquelle elle se vouait dans ce nouvel état, assurait les prétentions de ses enfans.
Cependant révénement rendit toutes ses précautions inutiles. Rhéa-Silvia fut appelée pour remplir quelques fonctions du (mite dans le temple de Mars , situé près de la ville. Une source coulait à travers le bois, au milieu duquel était situé le temple, et là prétresse y Venait puiser l'eau nécessaire pour le sacrifice , et dont elle avait besoin pour l'exercice de sesfonctions sacerdotales. Elle y fut surprise par un homme déguisé en soldat, et dans le costume sous lequel on représentait Mats ordinairement. D'autres prétendentqu'elley trouva un jeunehomme, à qui elle avait donné rendez- vous. Quand l'époque fut arrivée où Rhéa ne put plus cacher sa grossesse ^ elle déclara que le dieu Mars en était la cause. Le temple , le bois sacré, et la présence de ce dieu qu'on croyait résider dans le sanctuaire qui lui était consacré, furent autant de circonstances qui donnèrent à ce crime une couleur moins jodieuse, quand même il y aurait eu de sa faute ^ ou qu'elle n'eût été que la victime
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^'un accident. Quelque pût être son amant ^ soit que quelqu'un Teût séduite en prenant un si grand nom , soit enfin qu'Amulius luimême, qu'on soupçonnait de cette violence, s'en fut rendu coupable , elle donna le jour à deux enfans, qui ne furent pas plutôt ni^s^ que l'usurpateur jura delesdétruire.On condamna la mère à être brûlée toute vive; supplice dont on punissait ordinairement les vestales qui violaient leur vœu de chas- ^teté , et l'on fit jeter les deux jumeaux dans Je Tibre, Lorsqu'on exécuta cet arrêt rigou- Teux j la rivière était , par hasard , débordée : de manière que l'endroit où l'on jeta les enfans, étant éloigné du courant, l'eau était trop basse pour les entraîner. Selon quelques-uns , ils furent exposés dans un ber-* ceau, qui , après avoir flotté quelque temps, resta à sec sur le rivage , au moment où les eaux se retiraient Une louve , descendant des montagnes pourétancher sa soif, courut au cri des enfans , et les alaita sous unf figuier. Elle les caressait et les léchait comme ses propres nourrissons, et les deux frères se pendaient à ses mamelles , comme si c'eût été leur mère. Un tel spectacle frappa 4'étonnement Faustulus, intendant des ber «
gers du roi. Il les emporta chez lui, le» donna pourles nourrir à sa femme Lucrèce i ^ui les éleva comme ses enfans. Quelquesuns prétendent que les bergers^ n'ignorant pas la vie scandaleuse de cette femme ^ lui fiTaient donné le surnom de Louve} et il» expliquent ainsi le merveilleux de cette histoire.
On remarqua de bonne heure , dans Roniulus et Rémus, aussi miraculeusement conservés , des talens et des inclinations audessus de la bassesse de Torigine qu'on leur supposait. Ils avaient, dès leur enfance, un air de grandeur et de supériorité^ qui semblait déceler leur rang. lU menèrent cepen« daUt, comme les autres , la vie des bergers j travaillant pour se procurer lear nourritur re,et se construisant eux-mêmes leurs cabanes. Ils se dégoûtèrent bientôt de l'oisi-* veté de la vie pastorale, et se mirent à chasser , en dirigeant leurs troupeaux. Non contens de combattre les bétes , ils tournèrent leurs forces contreles voleurs deleuiTspays, à qui ils enlevèrent souvent leur butin, qu'ils partagèrept entre les bergers. Le nom-* bre de^ jeunes gens qui se joignaient sans cesse à eux> s'accrut à un tel point, qu'ils
fcirent biçntôt en état de tenir des asseml^lées , et de célébrer des jeux. Les deux frè* rea furent surpris dans l'ane de leurs oour* ses. Ré^us fiât fait prisonnier^ conduit de- Tantleroi , et accusé d'avoir pillé et ravagé l0s bi^n^ de IS'umitpr. Romulus s'échappa ; mai^ on envoya Rémus à Numitor^ afin qu'il pût se faire justice lui-même. .
D'après quelques circonstances , Faust ulus ayait toujours soupçonné que les deux enfaits dontil avait eu soin étaientles mémea qu'AmuUus avait exposés sur le Tibre. H fit part de ses soupçons à Romulna. Numitor ûstruisit Rémus de son côté. Depuis ce mo* ment^ on ne pensait qu'aux moyens de se déÊdre du tyran. On l'assiégea de tous cotés ; et au milieu de l'étonnement que causait une pareille entropiise^ il fut pris et mis à mort Numitor^ détrôné depuis quarante anS| reconnut. ses pçtitB-fils^ publia l'éducation qu'ils avaient reçue, ainsi que l'événement qui les. lui avait fidt connattre : et la couronne lui fut rendue*
Les deux frères , laissant à Numitor le royaume d'AJbe, se déterminèrent à bâtir une ville sur le terrein où ils avaient été exposés et sauvés. Mais ayant tous les deux
malheureusement le désir de régner, il s'é-* ieva entre cesdeoJcjènitiei gens une querelle^ qui se termina d'une manière tragique... Stant jumeaux y aàcun ides détù^ ne pouvait ' faire valbirle dfoit'de naissance. Alors le roi letir' conseilla dèr consulter le Vol dea ^isenux, afin dé saVoir auquel des^déuxles. dieux pirôpicea décé^isroient llionriëur dé gouverner k villa naisdttnte, et dé régner conséquemmëÉ^t'surson firère; Afîn'de sui« vre ce confteil ^ chacun Be plaça 'sur* uiiecol** line différente. Rémus ap]^erçut six vau-^ loors 9 et le mcwèxit dVj^rës, Romtaiàs en vit douie. Deux part& se formèrent à cettêt occasion : iSxA se défclafa ptitir Réittus, qui Je premier avait découvert les oiseaux;. Fautre pour liômùtus qui avait app^rçu le plus grand nombl*e. Chacun se prétendait vainqueur ; Fun pour avoir vu le présage le premier, L'autre pour avoir découvert un nombre plus considérable. Ceaavis difTérens produisirent une querelle qui fut suivied'un^ combat 9 dans lequel Rémus £at tué. On rapporte que ce fut par son frère , qu'il avait provoqué en sautant avec méprb sur les» murs de la ville.
Agé de dix-huit ans , Romulus^ q;ae la
8 HI5TOIR'E
mort de son frère rendait le seul maître^
jeta les fondemens d'une ville qui devait
T , , donner des lois au monde. On
li an da moiv-
de525a,et 75a l'appela Rome y du nom de ans avant J.C. ^^^ fondateur. Romulus la construisit sur le mont Palatin, où le présage beureux lui était apparu. Sa forme était presque quarrée, elle contenait environ mille maisons. Ella avait presqu'un mille de circonférence, et. dominait sur uu petit territoire d'environ huit milles. Cependant, quelque petite qu'elle paraisse^ elle était mal peuplée ; et le premier moyen qu'on mit en usage pour accroître le nombre de seshabitans ,fut d'en faire unasylepour tous les malfaiteurs , les esclaves , et toua ceux qu'attirerait Ja nouveauté. Jïs vinrent enfouie, et contribuèrent à augmenter le nombre des sujets de notre npuyeau légU^ lateur.