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détruisirent le germe de la pensée et le culte de la philosophie.
Pendant les cinquième et sixième siècles, l'Occident produit à peine quelque médecin digne d'être nommé dans l'histoire. En 54 r , une épidémie effroyable, survenue en Ethiopie ou en Egypte, ravage toute l'Italie, s'étend jusqu'à Constantinople où il mourait journellement, dit-on, de quatre à dix mille personnes. Les arts sont abandonnés , le commerce et l'industrie anéantis, les troupeaux errans dans les campagnes. L'abattement, la terreur, le désespoir, le fanatisme régnent partout. L'ignorance absolue des causes qui la déterminent la font attribuer à la colère céleste : les malades se croient entourés de fantômes, restent enfermés chez eux ; tous les moyens de guérison paraissent insuffîsans. Cette peste reparut plusieurs fois dans l'espace de soixante ans et sous des formes différentes. Celle qui ravagea la France de 565 jusqu'à 568 était accompagnée d'exanthèmes qui ne sont pas sans analogie avec la variole et la rougeole.
La décadence des sciences ne fut pas aussi complète en Orient. Vers le milieu du cinquième siècle, un médecin nommé Jacques, jouissait d'une grande célébrité à Constantinople. Il avait des prétentions ridicules et il reprochait à ses confrères de proportionner leurs prescriptions à la richesse et au faste des malades. 11 recommandait un régime sobre et délayant comme moyen principal de guérison des affections chroniques. Un autre médecin , Aétius ,