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INTRODUCTION. XXXIII

formes usitées et pour un temps limité ; savoir , ceux du conseil d'arrondissement par tous les docteurs en médecine, en chirurgie, officiers de santé s'il y en a encore, et les pharmaciens de la circonscription; ceux du conseil médical supérieur, en partie par ceux du chef-lieu du département , en partie par les conseils médicaux d'arrondissement; enfin le conseil général de médecine sera composé de quatorze membres , dont neuf élus par tous les conseils médicaux supérieurs convoqués isolément , et cinq par les docteurs en médecine ou en chirurgie , et les pharmaciens de première classe en résidence à Paris.

Ces conseils seraient renouvelés partiellement chaque année ; le renouvellement intégral devant s'opérer plus souvent dans les conseils d'arrondissement que pour ceux des départemens , et plus souvent pour ceux-ci que pour le conseil général de médecine.

Les provéditeurs de la santé publique ou médecins provéditeurs présenteraient aux sous -préfets des candidats aux emplois de médecins cantonnaux. Ceux-ci , docteurs en médecine ou en chirurgie , seraient commissionnés par les préfets, le conseil général de médecine ayant seul le droit de révoquer les titulaires. Dans les cantons où la population est très nombreuse ou fort étendue , il pourrait y avoir deux ou trois médecins cantonnaux. Ils devraient

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être choisis préférablement parmi les plus jeunes docteurs ou les plus récemment gradués. Après cinq ou dix ans d'exercice et de fonctions dignement remplies , ils pourraient être élus provéditeurs ou nommés , par l'autorité , chirurgiens ou médecins d'hos pices et établissemens hospitaliers dans les chefslieux d'arrondissement et de département , s'ils avaient à cet égard une ambition reconnue légitime.

Ainsi , le jeune docteur , au sortir des écoles , pourrait être investi d'un emploi honorable , le mettant de suite à portée de faire à la pratique de l'art de guérir une heureuse application de ses connaissances théoriques sur l'ensemble de la médecine, exigeant de lui des fatigues en rapport avec la force de son âge et de son tempérament, le mettant à portée de se perfectionner dans la partie de la médecine ou de la chirurgie qu'il affectionnerait spécialement , et d'emporter avec lui , dans le chef-lieu d'arrondissement ou de département, les témoignages d'estime et de confiance gagnés dans les modestes fonctions de médecin cantonnai.

Par une raison inverse , les fonctions de médecin, et surtout de chirurgien opérateur, dans les hôpitaux ou dans les postes élevés , exigeant une main sûre , de bons yeux , un esprit ferme , seraient retirées à ceux qui n'ont plus ces qualités indispensables.

INTROCUCTION. XXXV

Ainsi nous approuvons la détermination que paraît avoir prise un des plus illustres chirurgiens français, de se retirer à soixante ans. Mieux vaut laisser de très honorables regrets et se borner à des consultations recherchées avec empressement et avantage, que d'entreprendre , en se dissimulant à soi seul sa décadence , son affaiblissement physique et moral , d'entreprendre , disons-nous, une très grave opération , par exemple , avec des lunettes dont les verres tombent et se brisent au moment où le patient est inondé de sang et en proie aux plus vives douleurs.

La visite des pharmacies , la surveillance sur l'exécution des lois et réglemens sur la santé publique , sur les devoirs et obligations des médecins et des malades , rentreraient dans les attributions des médecins provéditeurs. Ils connaîtraient des griefs contre les médecins cantonnaux, et des plaintes de ceux-ci ; ils dévoileraient toutes les contraventions à l'exercice de la médecine , et poursuivraient d'office devant le tribunal du ressort , les délits de leur compétence; ils feraient un rapport motivé sur ces objets , au conseil médical supérieur du département ; celui-ci porterait son jugement sur la cause à lui déférée, contre un médecin, chirurgien ou pharmacien , lequel serait entendu s'il le désire. Il serait expressément défendu à tout chirurgien-médecin de vendre ou de livrer des

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médicamens dans toute commune où il y aurait une pharmacie à moins d'un demi-myriamètre de distance, et à tout pharmacien de donner des consultations médico- chirurgicales, même dans son officine.

Les distances souvent considérables du chef-îieu de département aux cantons les plus éloignés , la difficulté , les inconvéniens résultant du déplacement simultané ou partiel des médecins pendant deux ou plusieurs jours , la très grande facilité de surveillance à exercer par les médecins proVéditeurs , dans une circonscription peu étendue , justifient l'institution des conseils médicaux d'arrondissement , comme intermédiaire indispensable entre les médecins cantonnaux et les conseils médicaux supérieurs , pour l'exercice de la médecine , la vente des remèdes, etc., dans les localités les moins populeuses et les plus éloignées.

Le cadre ue os*te introduction ne comportant pas des détails plus nombreux que les aperçus ci-dessus, les propositions, les réformes qui s'y rapportent étant d'ailleurs discutées , nommément dans les journaux et dans l'académie de médecine, je me résume en d'autres termes sur l'organisation du corps médical et l'exercice de la médecine.

En France, où les principes d'une monarchie constitutionnelle s'accréditent de plus en plus, en

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