LES RACHATS EN EUROPE L
l'influence des idées centralisatrices et de la tendance à accroître les attributions de l'Etat.
Partout, une fois les rachats commencés, on a été amené à généraliser la mesure, en raison de la difficulté de régler les rapports et les questions de concurrence entre l'administration des chemins de l'Etat et les compagnies voisines. Aujourd'hui, l'Etat exploite la presque totalité des lignes, en Allemagne, en Belgique, en Hongrie et en Roumanie; il détient une grande partie du réseau en Russie, en Autriche, en Suède et en Norvège.
L'Italie et les Pays-Bas, tout en conservant la propriété des lignes construites ou rachetées aux frais de l'Etat, en ont confié l'exploitation à des compagnies; les contrats & affermage passés à cet effet réservent une partie des recettes au budget, mais donnent à l'exploitant, dans la direction des services, un rôle analogue, en fait, à celui de nos compagnies concessionnaires.
Les colonies australiennes ont constitué aussi des réseaux d'Etat, tandis que l'Amérique du Sud a généralement conservé des compagnies concessionnaires, avec des garanties forfaitaires.
L'Angleterre, les Etats-Unis et le Canada sont restés fidèles au régime des concessions. Dans ces pays, les chemins de fer constituent de véritables propriétés perpétuelles. Les compagnies privées ont donné à la construction des réseaux qui les desservent un essor rapide et puissant, presque sans avoir reçu aucun secours de l'Etat, si ce n'est certaines concessions de terres dans l'ouest de l'Amérique. Jusqu'à ces dernières années, elles jouissaient d'une liberté presque entière dans leur exploitation. Les actes spéciaux du parlement autorisant la création de chaque compagnie, et lui conférant le droit d'expropriation sur les terrains, posaient simplement le principe que l'exploitant devait assurer au public toutes lesfacilités raisonnables et ne pas établir d'injustes préférences : mais on laissait aux particuliers qui croiraient n'avoir pas obtenu