‹ Abrégé de la propriété des eaux de PlombièresChapitre 11 sur 14 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

A fervente salit thermarum dite vapore Vis , prodest plenis nil aqua vecta cadis.

Ny mesme n’approuve pas se baigner sur le lieu en la maison, pour s’exaler trop tost les esprits, qui continuent tousjours survenans de nouveaux en nouveaux, dedans le bain , qui fait l’execution des bains entièrement et qui est le bien des bains. Car si y a rien de caillé au corps ou apostumé, l’eau prinse par dedans en bonne qualité et mesure deuë, et au dehors, fait que rien ne peut fuyr, qui ne soit everberando totum corpus, qui ne soit degelé , lavé , et reblanchi , et est le bien souverain pour dcchasser les maladies , ce que la dicte ne sçauroit faire. Car benvant de nos décoctions, nous eschaufons bien notre estomach, le fore, rate et intestins, et les admenons souvent à une qualité et température si seiche et estrange , qu’elle s’en resent toute sa vie, laquelle en est acourcie bien souvent, et trop tost usee. Les anciens guerissoyent bien avant que ces bois sauvages et estranges veinssent en

avant. Qui m’a fait tenir ce chapitre si long, a esté qu’à Lyon se fait une traffique e et pipcrie de l’eaue des bains de Luc, que les marchands estrangers font apporter, qu’ils en tirent plus de profit que les i Lyonnois ne font de leurs vignes particu-^ lierementet privement. Faut il que la ruse : et fraude endorme tousjours la simplicité des Françoys? Elle sert autant beuë, que non beuë, et jettee par terre, y reste il rien de plus de la minière ny de son essence en une eaue refroidie, gardee et [portée. Bien loing soient ils les meschans! ILes pauvres malades doresnavant ne se I laisseront vuyder leurs bourses, ny s’cpuisser par ces Argenarpies, ny les medeeins [permetteront un tel abus en leurs villes, i et médecines , et pratiques. En Italie on n’y vend pas telles coquilles. Je confesse i bien que les eaues des bains, pour estre ï bien purifiées , alambiquées et rectifiées, r naturellement ne soyent meilleures pour k se baigner et laver que celles des fontaines et des rivières en lieu d’autre , pour les » cffccts d’autres eaucs communes et non

pour autre chose. Mais qui veut faire tels frais sans occasion et utilité aucune, s’en trouvera bien peu. Nous donc, venus à ce poinct, conclurons que, hors le lieu des bains et où il faudra recbaufer l’eaue des bains pour s’en ayder et user, elle ne sert de rien, ou bien peu et n’est aucunement médicamenteuse ny requise.

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