CHAPITRE
T| E l'antiquité et excellence des bain?, JO* tu le peux voir en Y Anlologia Poelarum , où dit un epigrnmmc que Agnmeranon blccé d’une floche veneneuse et empoisonnée ne peut estre guéri ny par Machaon ny Podalyrius devant Troye la grande, sinon par les bains de Smyrne ; je te melterois icy ma version latine du dit epigrarnmc, mais il suffist l’avoir enseigné. Paulus Silentiarius, en scs semiambes vers anacreontiques, en dit d’Hippocras et de son isle encores bien davantage, et que la prérogative dudit Hippocras luy vint par le moyen et commodité des bains de Cos, dit Huy Lmgo. Je ne veux dire ce que les vulgaires aulheurs citent. Or D.eu se monstre par là surmonter l'entendement des médecins avec tous leurs thériaques et que par tel bénéfice de sa main, l’a plus en rcverence et la rccognoist mieux qu'au-
tre Fciencc qui soit, et pirtant aura ce distique pour payement :
Ho s faciunt fontes Vulcani plumbum et alumen
Qui curant Medicis sœpe relicta mala.
Donques tant pour recognoistre la maladie que pour te guérir, tu dois aller au* bains. Car timendum est magii ab imperito medico quàm à morbo , disant Damascenus non esse credendum medico quemvis perito et lilerato nisi œlatem habenti, et avec tels ignorants vaut mieux rien faire que mal faire. Joinct que lesdicts bains de PJommieres ne nuisent en rien et ne 6ont pernicieux comme ceux deSpa (l’eaue desquels jettee et batue de verre en verre devient jausne comme safran) sinon aux, maladies susdictcs ; de cent n’en trouveras un qui s’en trouve bien, pour estre ieeux bains pleins de calcbantum veneneux qui y domine plus qu’autre minière.
Qui a rebasti ceux-cy, ont esté les Romains qui avoyent trouvé leurs eifects par la voix des Druides, et ebereboyent à bien
faire aux provinces , lesdicts Romains pour so immortalizer où ils avoient charge et dignité ; et fut une colonie des Romains sur tout le Vosge, depuis Coiffy jusques nu Rhin , comme se voit cncores au dit Coiffy, en la foree qu’on appelle le cemctiere des Sarrnzins, d’où j’ay extrait grand nombre d’Epitaphes latins des monuments anciens, d’où se peuvent tirer force mémoire des antiquilez de la contrce, et est chose estrange de voir un cemeliere devenu en bois de haute fustee; qui monstre bien que le pays a esté autrefois plus peuplé et dépeuplé qu’il n’est pour le présent, combien que je ne pense pas que nos Druides qui estoyent grands mathématiciens et grands philosophes, ne feissent estât d’autre singularité aussi, et bien de nature et les médecins de ce temps-là : car les livres nous monslrent bien qu’ils essayent autant sçavans que les Grecs. Avant i’Empire Romain, la Gaule et la Grece se entrehantoyent mieux que ne faisons l’Italic. D’où viennent Beolia , Parti et Aragon, sinon de nos contrées des Gaules et
do grands capitaines qui y ont porté leurs noms et de leurs provinces? Mesme les • seigneurs de Chaumont vendirent tout pour n’estre subjets à nul, au commencement des Roys et s’en y allèrent, suyvant la trace des autres. Ne faut aussi penser qu’ils n’y eussent des ponts sur le Rhin , •sur la Saône, et autres rivières avant que « Cæsar y en feist. N’ayants rien de l’estât de nos Gauloys, nous croyons ce que nous en '.trouvons par les livres de nos ennemis, ipour la plus part je parle des Latins soit à tort soit à droit pour n’avoir rien au cont traire.