CHAPITRE
E chapitre suivant sera des lieux des bains. Le premier est celuy de !ia Royne, dit des Dames, et anciennement le blinde Diane, à laquelle ledit i bain estoit consacré, et est encores le lien sur la source en la muraille, où estoit l’i-
mage de ladicte Diane. II est en Amphiteatrc et y relient on l’eau de degrez en degrez si haute et grande que l’on veut, si chaude qu'on veut , et y peut on nager et sans eaue froide si on veut. II y a une grotte cimentee supernaturellement pour le jourd’huy (comme en un infini lieu par le Bourg) d’où sourd l’eaue par tuyeau qu’on prend pour boire, si on veut; elle sourd rez terre. Il est cletré et le tapisse on bien aisément; si fait vent, on le tient en cet estât; il est couvert d’un pavillon; des chambres hautes et salles, on peut descendre à ce bain par une galerie et quasi de toute la maison des Dames. Il y peut estre quarante ou cinquante personnes.
C’est là où l’on commence pour le plus aisé et le plus facile à porter et à prendre. Le pavé n’y est si glissant , ny chargé de iytarge, comme le grand bain. En tous les bains l’eaue y est Àpios, sans odeur ni goust aucun , et se garde dix ans et tant que lu voudras (comme toutes eaues distilecs, si on les cstoupe comme il faut)
-sans se .corrompre ni sans faire résidence, comme j’en ay fait la reserve durant ledit temps. Outre, soit aux colliqueux et au mal d’estomaeh ne fait jamais mal ; elle estanche la soif, refroidie comme ptisane, et ne s’en trouve de telle pour boire en i tout le pay6. Elle est tant alembiquee et transparente qu’il semble en un verre n’y rieo avoir dedans ledit verre.
Pour al cr à l’autre se passe une planche ou pontet , où est la rivière fort rapide (autrement quand les neiges fondent et abysmes, tout serait ruiné) où est un conduit de grandes et grosses pierres tout le long d’icelle riviere, qu’on dit estre la source et portée du grand bain, et se trouvent ces lettres unciales et grands caractères escrils és pierres dudit conduit M. N. C. Tout y est interrompu pour du premier banc et lict y avoir plusieurs pierres emportées des torrens d’eau : autres dient que cedit conduit allait jusques à trois grandes lieues de là, en un chasteau où se voyent les ruines, pour la commodité du Prince qui là estoit. Incontinent
après sc présente une estuve, telle que Cornélius Celsus escrit de l’cstuYe qui estoit apud Baias in Myrletis , qui estoit pour attirer la sueur sans se moüiller, et qui est un reraede peculier à plusieurs maux. Toutesfois ils s’en servent seulement à corneter et ventoser, comme nous dirons cy après; sortant des bains cependant tu rccepvras ce distique de ceste dicte estuve.
Hue Baias deduxi antiqua colonia Baiœ;
Gaudia sectantis plurima noxa fugit.
S’ensuit par après le bain du Chesne, dit maintenant le bain de l’Ange, qui sert à ceux qui sont jetiez, eschauboulus et ulcérez. Les Alemans et Belges y demeurent tant que toute Pépidarme soit bruslée , et s’estiment faire peau neuve, et faut estre au bain jour et nuict pour refaire l’epidarme : de se coucher n’est pas possible d’endurer, à appaiser et à mittiger leurs douleurs. Ce que je n’approuve en toutes personnes. Les vaches y courent pour boire icy et ailleurs et laissent les eaues
les rivières pour boire de ceste eauc ïhaude, qui argue le nitre ou l’alun davantage. On dit autrefois y avoir esté veu ilu vif argent en Automne, chose que les îabitans celent , comme si cela decryoyt eurs bains.
De là se trouve le grand bain, grand de tom, et d’cffects, à raison et comparaison ries autres thermes. Il est sis au plus large ieu du bourg, en forme ovale, ayant desentes et degrez bien accommodez pour entrée et pour l’yssue à l’aise, beaux devrez pour les prendre en façon de bancs iour la moytié du corps, ou pour tout le orps, avec perron à i’entour pour cloycon, et ne serois que trop long si je te r. oulois déduire les commoditez de cedit [rrand bain. Il est de si grande capacité, |iu’il peut contenir cinq cens personnes,
1 1 y a mille plaisirs à regarder les baigneurs i u dessus. La lource sourd rez terre d’en i aut devers l’Orient, avec une impétuosité inestimable, flotant comme un gros > eau d’eaue à la fois et de telle chaleur que Mut y bruslc, comme celle qui passe souba
l’estuve, qui leur sert à plumer volailles, pieds démoulons, veaux, et autres choses. L’eaue estant ou courte ou grande, vous tirant près de la source , vous sentez une si grande flamme que vous diriez estre une torche ardente et n’y sçauriez durer, encores qu’on y face tomber force eaue froide, qui monstre que le feu n’est pas loing de là , et joint aussi que le trou est tout blanc par où elle vient, comme un eontrefeu bien eschaufé , avec les petites pierres comme gravier qu’elle jette bruslé et b anchi. Il y a plusieurs autres surgeons en plusieurs endroits dudit bain. Quand on levuide, on prend force eau.e pour boire, qui se trouve plus legere que celle du bain de la Royne. L’eau est transparente; toutesfois les bois desquels on fait les loges noircissent et les pierres et pavez et ncantmoins blanchist si bien qu’il ne faut que demv jour pour faire la lixive. Les toiles qui y demeurent longtemps deviennent un peu jauuastres : c’est le bain lequel emporte le prix, pour ses facultez, de tous les autres. Au-dessoubs il y a le bain
les lepreux et verolez , où est une source titres bruslante outre l'eau du grand bain qui se vuidant se déchargé là. Si la lepre n’est bien invétérée, elle prend fin comme a vero'e des pauvres diables, nisi sit hœr^editaria , et fiat à causis prœscitatis. Outre ce bain, plus bas est le bain des qoutes, dans lequel tous infects de quelque maladie que ce soit, de lepie ou de v^erole s’y mettent ind fferemment, et n’est que pour ces misérables, lesquels tous on me permet entrer au grand bain ny aux mulres aussi, excepté celuy des lepreux où il 1s entrent indifféremment s’ils veulent; Ite leprocornion est abbatu. Ainsi est la nocncnclature des bains. Ceux de Bains qui f ont à quatre lieues en deçà, prè* de Font enay, ne vaillent ny ne servent qu’à se I avor, non plus que eeux de Leseul. Le qay§ est ai estrange, agreste et sauvage qu’il en e»t beau pour n’avoir son pareil p*n boy*, riviere* et raontaignes, et ne açay • ieo pour Testé plus beau pour cause de situation, comme plus amplement tu verras en mes trois livres latins où lu pr.cn-
riras ce distique pour la topographie et chorographie :
Continui montes nisi dissociantur opacis Vallibus et rivis arboretsque jugis.