‹ Abrégé de la propriété des eaux de PlombièresChapitre 9 sur 14 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DE régime de vivre on n'en tient pas beaucoup, si ce n’est pour les bien malades et bien déplorez , comme ethicques, auxquels nous donnons du laict de (Chievre, ou Anesse, avant que d’aller au 1 bain , deux ou trois heures, leur conliinuantle sommeil s’il est possible, à autre* des bouillons, à autres ce que la maladie rrequiert le plus. Nous intermittons le 1 temps de deux ou de trois jours, par fois [pour éviter quelque mauvais accident, ou échangeons d’air si l’appetit se perdoit.

! foutes fois cncores que ce soit contre la

cousturne de tenir régime aux bains, si estce qu’il le faut tenir : car la plus digne partie de nostrc medecine est la dietelique laquelle a esté long temps devant la pharmacie, de laquelle on ne doit user que bien à point et ne faire cxcez pour esperer que la garde de sa santé soit aux belles boytes des Apothicaires. Quoy faisant et aux bains et ailleurs, dict le proverbe (il ne se garde pas bien qui ne se garde tousjours) combien que le proverbe est , se semble, antiproverbe, qui est que qui se garde, se pert. Le premier, de ceux qui sont valitudinaires s’entend; l’aulre, de ceux qui font exercice à ceux-cy ; tout est bon à ceux-cy, à ceux-là la perdrix ne vaut rien. Et ne faut effeminer son estornach pour nous laisser avant que de venir en vieillesse, et on s’en trouvera tousjours bien; îa sobriété nous rend tels que nous voulons et résistons mieux avec labeur et attrempence, à l’air contagieux, que ceux qui font excez. Parquoy je le te feray court , pour estre cecy déchanté et cogneu jusques aux petits tirons de na-

turc. Joint aussi que les bons authcurs en ont escrit plus qu’il n’en falloit, et plus Asiatiqueinent que l’esprit ne peut patir à lire ou à ouyr. Des accidents qui surviennent aux bains, ly Baccius; mais si le médecin sçait Galien pour commentateur d’Hippocrates, ne lui faut autre autheur, et mettons cest axiome pour conclure ce chapitre, qui est que, quand tu auras purgé ce qu’il faut purger et saigné ce qu’il faut saigner, si les viandes et maniéré de vivre ne guérissent le malade, tous ces fatras de confections, de poudres, de tablettes, de condicts cordiaux , et telle infinie belle autre meslange pour tirer argent de la bource, ne guérira ni aydera le malade, ains l’empirera plus tost et degousteront (mesmes l’alcermes enflammera) et debvons moins user, attendu que l’Apothicaire préparé ces belles besongnes à sa teste et de façon que un rustique n’en voudreit pas user. Je parle des ignorants et avaricieux.

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