CHAPITRE TROISIÈME
Ce que fit M. Olier pour l'établissement du Séminaire et de la Compagnie de Saint-Sulpice.
Le père de Condren avait, avant sa mort, déclaré que Dreu ferait réussir l’œuvre des séminaires: contre toute apparence et malgré les oppositions que l'ennemi de tout bien ne manquerait pas de lüi susciter. M. Olier, plein de confiance dans ces promésses, ne craignit pas de tenter ‘cette entreprise regardée jusqu’alors comme impraticable, ei le succès répondit bientôt à son atténte, On vit accourir dans son séminaire des sujets de divers points du royaume, sans aucune invitation ; de sorte que, dès les premiers temps, le séminaire se composa de cent ecclésiastiques. :Il est vraï que M. Olier accueillait et aïdait tous ceux
qui ne montraient d’autres intentions que celles de
se donner à Dieu pour travailler” au salut des”
âmes.
Mais une œuvre, destinée à procurer un bien si universel à l'Eglise, devait s’établir au mitieu des
persécutions. M. Olier ne l’ignorait pas. Dès
sôn entrée dans la cure de Saint-Sulpice, Dreu lui avait fait connaître qu'avant trois ans lui etles siens seraient honteusement chassés de la maison Curiale, que tout le monde se souièverait pour détruire le séminaire dès sa naissance, et que toutefois cette violente persécution, au lieu de mettre obstacle à son établissement, servirait, au contraire, à laffer mir davantage, et en assurerait la stabilité. Cet orage'
éclata dès le commencement du ministère pastoral « , de M. Oiier. En effet dès que ce zélé pasteur euten- : “6, trepris d’arracher dars sa paroisse tous les scandales «; que l'hérésie, l’impiété et le débordementdesmœurs . ap! y causaient, ilivit aussitôt se déchaïner contre lui les * libertins, les sages du monde et jusqu’à ses parents séc même. Ceux-ci s’irritèrent de son zèle, censurè- et rent sa conduite et s’efforcérent de traverser ses Sai : desseins. “ Je me vois dans les traverses de tout lors ‘ genre, dont Jeu veut se servir pour m'immoier : à c ‘ à sa gloire, écrivait-il alors, mais au milieu de que
“ toutes lès peines du dedans et des contradictions € du dehors, je tâche de vivre dans une confiance ‘ entière en Dieu, comme un enfant qui repose ‘dans le sein de son père, ne me préoccupant ‘ :pas de. lavenir, car l’âme qui est bien abandon- “née à Dreu ne doit regarder. que le. présent. Dreu me montre cependant qu'il va m'immoler. :} # comme une victime, mais je le vois me châtier | ‘d’une main si douce, que je voudrais la baiser
# mille et mille fois, n’éprouvant en mon cœur. ‘qu'amour pur pour Ja main de mon Dieu, et ‘pour les châtiments qu'il me réserve.” Quand
les trois années au bout desquelles M. Okler savait
qu'il serait chassé de sa cure, approchèrent de leur terme, il dit à ses confrères. ‘ Préparons-nous à
ce que Dieu nous réserve, et demandons beaucoup | et, 6 son Saint-Esprit, afin de porter saintement la mi ‘6 croix qu’il nous a destinée.” On l’entendit aussi da s'écrier de temps en temps: “ De bon cœur, mon
:Dreu, de bon cœur, je ne suis pas digne de celle. ‘À O! ‘$ grâce ; non, je ne mérile.pas celle miséricorde
oral ales | les
ents urè-
& quec laquelle vous voulez me trailer, par le ‘ grand désir que vous avez de faire du bien au
plus. ingral des hommes.” Contre toutes les
apparences, le coup fut porté à M: Olier par celuilà même de qui il devait craindre le moins une per-: sécution. On finit par persuader, à force de flatteries:. et-d’irnportunités, à M. de Fiesque, ancien curé de Saint-Sulpice, que le bénéfice qu’on lui avait donné, lors de sa démission, était d’un revenu fort inférieur à ce qu’il avait droit d’attendre : on lui persuada que, depuis sôn départ, tout était bouleversé dans sa paroisse et qu’il avait perdu son-troupeau en .l’a-. bandonnunt. M. de Fiesque, trop crédule et trop peu en garde contre la séduction, donna dans le piège. Pour rentrer en possession de sa cure, il publia contre M. Olier un écrit des plus sanglants où il l’accusait d’en être l’injuste détenteur, en vertu d’une permutation nulle, disait-il, et obtenue
- par surprise. En même temps les libertins, dont M. Olier était le fléau le plus redoutable, et les
filles vendues au crime, furieuses de se voir continuellement surveillées et poursuivies par lhomnie de Dreu, se liguèrent ensemble et entraînèrent dars leur complot une multitude de Jaquais et de
domestiques tous disposés aux coups.de main. Ils
finirent par ameuter toute la populace de la paroisse et, en moins d’une semaine, une conjuration se for
ma cor ‘re M. Olier de manière à mettre sa vie.
dans le plus grand danger. j 1e Le jeudi après la Pentecôte, S juin, .1645, M. Olier fut averti qu’une troupe de gens armés s’é-
taient réunis dans une maison voisine avec dessein.
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de $é porter contre sa personhie anx dernières
violences. Il profite de cet avis, non pour écarter
le coup, mais pour s’y préparer par la prière. I! se réndit à l’église et y célébra lé saint sacrifice, acceptant d’uvance le calice après lequel il avait si
ardémment et si long-temps soupiré. Il était à’
peine rentré au presbytère, vers 8 heures du matin,
qu’une troupe de factieux fondent en armes sur la
maison avec un bruit et un tumulte qui mettent alarme dans tout le quartier. ‘Aussitôt on ferme les portes dé l’église de Saint-Sulpice, pour les em“
pêcher de s’y introduire ; quelques uns y pénètrent .
néanmoins, les autres éntrent dans le presbytère qui est bientôt investi par la populace. Au milieu de ce‘tumulte, pendant que les uns pillent la maison, brisent et enfoncent les portes des chambres, les autres se portent en furieux à la chambre de M. Oliér qu’ils trouvent à genoux, ‘en surplis, s’offrant à Disu comme une victime prête à être immolée.
Sans nul égard pour son caractère et sa qualité de
pasteur, ils se jettent sur lui, déchirent le saint habit qui le couvre, le tirent avec violence de son
appartement, Paccablent de coups et lui font souffrir les traitements les plus indignes. Après l'avoir traîné rudement sur l'escalier, ils le jettent hors de sôn presbytère à la vue d’une foule immense qui l’accueille avec des huées, des injures et des menacés de la mort. - [l devient en un moment le jouet de la populace la plus effrénée qui le traîne dans les rues voisines comme un malfaiteur insigne, digne des derniers châtiments. Au milieu de ces
outrages, M, Olier, sans aucune‘ crainte, s’unissait
aux dispositions intérieures de son divin maître, qui comme un doux agneau s'était laissé lier et garotter par les Juifs, sans ouvrir même la bouche pour se plaindre. Nr Le
Cependant quelques amis du serviteur de Dieu, qui étaient accourus à son secours, se mêlant dans la foule, le conduisirent à travers les huées du peuple jusqu’au palais du Luxembourg où il fut aussitôt reçu avec tout le respect que méritait sa vertu, Ne sachant dans quel état on l'avait laissé, M, de Bretonvilliers courut au Luxembourg, où il le trouva dans un calme aussi parfait, que s’il n’a- Vait eu que des sujets de consolation et de joie. Il ne me parut nullement ému, dit-il, et je n’a- ‘6 perçus pas en lui la moindre altération. Ce ‘ fut pour moi une très-forte conviction de la plé- ‘ nitude de l’esprit qui le possédait, mais ce qui ‘6 m’étonna singulièrement, ce fut la manière dont 3} parla des auteurs de la persécution, Pendant
que chacun les condamnait, et qualifiait leurs ‘€ procédés comme ils le méritaient, non seulement ‘6 il les excusait, mais il témoigna tant d’estime et ‘ d’affection pour leurs personnes que j’en conçus ‘ de la peine. Je crus même devoir lui dire à ‘ l’oreille, que les louanges qu’il leur donnait ‘ étaient capables de faire retomber sur lui tout le ‘ blâme de cet évènement: m’ayant entendu, il ‘ se contenta de sourire à ce que je lui disais, et continua de parler aussi favorablement.”
La paroisse demeura sans pasteur, depuis le jeudi jusqu’au samedi suivant, le presbytère étant
La
- toujours occupé par les factieux. Pendant ce
temps, le service divin fut intérrompu à l’église paroissiale. M. Olier, de concert avec plusieurs des plus notables de la paroisse, préscnta requête au Conseil d'Etat, pour être rétabli 4ens sa cure. Le Conseil d'Etat renvoya l’affaire au parlement, qui sur.les instances de personnes de la plus haute qualité et de la Reine même, rendit un arrêt en faveur de M. Olier, ordonnant qu’il fût remis en possession de l’église et du presbytère de Saint- Sulpice. Il y était de plus >rdonné de saisir les principaux auteurs de la sédition et de les mettre dans les prisons de la Conciergerie : ce qui irrita étrangement les factieux. Aussi M. Olier était à peine rentré au presbytère que la sédition recommença. Une nouvelle troupe, ramassée de la lie du peuple par les auteurs de la première émeute, vint en armes à la maison curiale, pour chasser de force et destituer de fait celui qu‘ilsne voyaient qn’avec une sorte de rage rétabli publiquement par les ministres de la justice. Les séditieux investissent de nouveau la maison, dont on ferme aussitôt les portes. - [ls s’efforcent de les renverser ; mais ne pouvant y réussir, à cause de la résistance qu’on faisait du dedans, ils essaient d’y mettre le feu ; et, ce moyen étant encore rendu inefficace, ils s’efforcent enfin, quoique sans succès, d’escalader le mur du jardin. Sur-le- -champ, dès personnes dévouées à M. Olier vont avertir la Reine du danger, et aussitôt cette princesse envoie quelques compagnies du régiment des gardes qui arrivent au moment même où ce peuple transporté de fureur allait mettre le feu à la maison. La
vue des soldats suffit pour dissiper l’émeute ; tous les factieux prirent la fuite. On établit toutefois, dans le presbytère même, un détachemeut de soldats pour assurer la vie Ae M. Olier et celle de ses ecclésiastiques. Au milieu d’un si grand tumulte,
M. Olier était aussi paisible que s’il eût joui dans :
sa paroisse de la plus parfaite tranquillité, I! fut toujours d’une humeur égale, et jamais on ne remarqua en lui la moind:e altération, tant il était maître de tous ses mouvements! Loin de poursuivre l'arrestation des coupables, le serviteur des Dieu cherchait au contraire à faire mettre en liberté tous ceux qui étaient déjà détenus à cause de lui. Ayant appris qu’on avait conduit en prison un homme qui s’était montré l’un des plus ardents pendant l’émeute, ce charitable pasteur s’empressa d’aller le visiter, et, quoiqu'il en füt reçu avec des paroles insolentes, accompagnées d’injures et de moqueries, il ne laissa pas de lui témo'oner une tendresse et une douceur excessives, en sorte qu’à le voir, on eût cru que ce prisonnier étail son meilleur ami. Il n’en demeura pas là : il saisit ‘toutes les occasions pour demander sa grâce à la Reine qui finit par la lui accorder, Enfin M. Olier donna constamment, surtout à l’occasion de cette sédition, des marques si éclatantes et si publiques de son amour envers ses ennemis, qu’on disait dans la paroisse qu’un moyen d’en recevoir certainement des bienfaits, c’était de lui faire du mal. Quoique le plus fort de la tempête fût appaisé, plusieurs amis de M. Olier effrayés des suites que pouvait avoir la scène affreuse ,qui venait
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de se passer et des mouvements que faisaient en: core les partisans de M. de Fiesque, voulurent l’engager à lui remettre sa cure. [ls lui représentaient surtout les difficultés insurmontables qu’il rencontrerait dans l’établissement de son séminaire, “ Ja- “ mais nous ne devons abandonner les œuvres de ‘6 Dieu pour les oppositions qui s’y rencontrent, &. Jeur répondait-il, au contraire, ces oppositions “ doivent augmenter notre courage. Si lon avait ‘ égard aux contradictions, on ne ferait jamais rien pour Dieu: La croix n'est-elle pas l’apanage ‘ des œuvres dont il est l’auteur? Elles ne se font ‘ jamais sans elle.” Sur ces entrefaites, la Reine elle-même désirant procurer à M. Olier le calme ét-le repos, dont il ne parsïtsait pas qu’il pôt jamais jouir dans sa cure, lui fit offrir avec beaucoup de bienveillance l’évêché de Rodez. M. Olier, sent par ses amis de se rendre aux désirs de la
einé, résolut de s’en rapporter à la décision pure et simple de l’abbé de Saint-Germain, son supérieur. Quoique l’abbé de Saint-Germain eût été opposé jusqu’alors au dessein de l’établissement du séminaire, et eût refusé d’en aütoriser l’érection, il fut si touché du désintéressement et de l’humilité de M. Olier qu’il le priä de ne pas penser à quitter la cure de Saint-Sulpice, l’assurant de sa protection et lui promettant de le seconder dans l’œuvre du séminaire. En même temps, M. Oliér, tendant le bien pour le mal, parvint à contenter
: M. de Fiesque en lui cssurant une rente de dix mille livres en dédommagement de la prétendue
injnstice dont il se plaïgmait,
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pure
côté de M. de Fiesque, et l’abbé de Saint-Ger-
Toutes les difficultés étant ainsi aplanies du
main étant tout disposé à ériger le séminaire .en communauté, M. Olier ne s’occupa plus que des, moyens de consommer cette œuvre. ‘ Ce, petit
és c: ps, disait-il dans la suite, a été engendré dans,
6 Ja persécution et au milieu des traverses du démon et du siècle.’ L'abbé de Saint-Germain, selon sa promesse, autorisa l’établissement du sé-, minaire, le 23 octobre 1645, et la Reine régente s’emoressa, pour donner à M. Olier une nouvelle preuve de son estime, de joindre les lettres patentes. du Roi à l’autorisation de l’abbé de Saint-Germain, et de faire jouir ie séminaire de Saint-Sulpice de tous les priviièges que la protection du monarque,
accordait aux communautés du royaume. Le.Roï,
rappelle dans ses lettres que M. Olier et ses ècclé-, siastiques lui ont exposé que la bonté divine leur avait inspiré de se réunir en communauté, et, d'employer leurs biens, leurs soins et leurs travaux: à l'instruction des jeunes gens. qui aspirent aux. ordres sacrés, ou qui y sont parvenus, afin de les former au culte divin, à l’administration des sacre. ments, et à la prédication de la parole.de Drew ;.il: approuve donc en conséquence et confirme de son autorité royale la compagnie, de: prêtres. établie. par M. Olier, C'est ainsi que, contre toutes les:
apparences humaines et au milieu des contradic+.
tions et des persécutions de tout genre, le sémi-. naire et la compagnie de Saint-Sulpice furent établis.
— que M. Olier "du été ainsi éprouvé par
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cefte persécution, il reprit la conduite de’ son tfroùn° avec un notüveau zèle. En récompense des
umilia’" » auxquelles il s’était soumis, il fut environné ae l'estime et de la vénération universelle de sa paroisse, de ceux même qui avaiént paru le plus envenimès contre lui; chacun le proclama le père dés pauvres, l’ami le plus sinéère de ses paroissiens, un saint pasteur tout dévoué au salut de ges ouailles. - Et profita de ces bonnes dispositions pour mettre la dernière maia à l’établissement de , son Séminaire, Il en fit creuser les fondements -sans délai, ét voulut qu’on en posât la première pierre ans l’octave de la Nativité de la Saïinte- Vierge, qu’il reconnaissait comme là seule fondatrice et maîtresse de la maison. Il mit dans les fondations plusieurs médailles d’or, où elle était représentée au-dessus de ce bâtiment, qu’eile semblait défendre et protéger comme un bien dont ellé avait la propriéte et le domaine. On poussa lé bâtiment du séminaire avec tant de diligence qu’il füt achevé à lAssomption de l’année suivante, * Lorsque le séininaire fut présque achevé, M.Olier, avant qu’on y logeât, eut la dévotion d’aller à Chartres, pour en virir les clefs à la sainte Vierge, patronne de cette viile. :“J’eépère, écrivait-il, que ‘&fe nom de Marié sera béni à jamais dans notre & pauvre maison ; et tout mon désir, c’est de l’im- ‘ primer dans l’esprit de nos frères.” 11 voulut en conséquence que le monogramme de Marie parût sartout dans la maison, sur les portes, sur les meubles, le linge, les ferrures, les vitres. Mais ce fut “sürtout dans la décoration de la chapelle que sa dé-
votion pour l’auguste Mère de Dreu parut avee éclat. S’il désira que toute la maison qu’il avait fait bâtir ne se fit remarquer que par sa simplicité, il voulut que la, chapelle fût magnifique ; et les ar- 4istes de l’époque secondèrent si parfaitement ses religieux desseins, qu’on la comptait au ñombre des plus rares curiosités de Paris, -et qu’on lui donnait même le premier rang pour ses tableaux. ‘On admirait surtout la peinture du plafond, regardée comme un chef-d'œuvre, Elle représentait le wiomphe de la très sainte Vierge couronnée dans le ciel de la main de Dreu le père, aux acclamations de toute la cour céleste et proclamée Mère de Dieu par l'Eglise universelle, dans le saint ‘Concile d’Ephèse. Après avoir fait connaître ce qui regarde la construction de l'édifice matériel du séminaire, nous devons parler des sentiments que i j M. Oiier s’efforça d’inspirer aux jeunes gens qui venaient s’y disposer à recevoir les saints ordres. Le principal objet des soins de M. Olier fut de donner à ses disciples un tendre amour pour Jésus CHrisr, souverain prêtre et pasteur des âmes. 1] s’efforça d'établir en eux: les dispositions saintes ‘qui animaient toutes les actions de ce divin Sauveur; ses sentiments de religion envers son Père, de charité envers le prochain, d’anéantissement à l’égard de.soi-même, d’horreur pour le monde et le pêché, C’est là ce que M. Olier appelait la vie intérieure de Jésus-CHrisT, vie qui, se LR on lui, était la vocation propre non seulement des prêtres, mais même de tous les chrétiens. “En effet, disait-il, pour. que # les ERÉHERE, soient dignes du nom auguste de
W disciples de Jésus-Cuarisr, il faut qu'ils s’effor- “cent de vivre, selon l'avertissement que saint ‘ Paul donnait aux fidèles de son temps : /Îyez en 6 vous-mêémes les sentiments de JÉsUS-CarisT. ls ‘ seront donc vraiment chrétiens si l’on peut dire, quand ils parlent: C’est ainsi que JÉsts-CHr1sT ‘ parlait ; quand ils agissent: (C’est ainsi que 6 Jésus-CHnisT agissait ; quand ils souffrent : # Cest ainsi que Jésus-CHrisT souffrait.”
Après la dévotion à la vie intérieure de Jésus, M. Olier donna, pour second fondement à la piété du séminaire de Saïnt-Sulpice, la dévotion àla vie intérieure de Marie. Cette dévotion a principalement pour objet les dispositions intérieures de cetté incomparable eréature dans toutes ses actions, et les trésors de grâce dont elle a été enrichie. M. Cfier voulut de plus qu’on. honorât spécialement dans le séminaire, saint Joseph et saint Jean l’évan.
éliste, qui ont eu des rapports si particuliers avec Jésus et Marie. Îl rappelait aussi à ses disciples qu’étant destinés à continuer sur la terre le même ministère que les Apôtres, ils devaient s’efforcer d’entrer dans leurs dispositions et leüts sentiments, afin de pratiquer léurs vertus. | | Le dessein de M. Olier, en fondant le séminairé de Saint-Sulpice, n’était pas seulement de former à l'esprit ecclésiastique les jeunesgens que la Providence lui envoyait, mais encore d’instituer une ‘compagnie vouée elle-même à l'éducation des Clercs, et qui contribuât-effitacement à l’établissement des séminaires. Mais que'que désir qu’il eût de servir le clergé, jamais il ne sollicita personne
à Cntrer dans sa compagnie ; et cet abandon entier à la conduite de la divine Providence lui attira, en
moins de huit ou dix mois, trente ou quarante sujets
pleins de zèle, de talents, de piété et surtout de détachement apostolique.
M. Ofier crut que, pour bâtir sur un fondement solide, :l devait soumettre aux évêques du’ royaume la constitution de sa société, son réglement et tout son esprit. (C’est ce qu’il fit pendant Passemblée générale du clergé de France, qui se tint en 1650. Les évêques, non contents d'approuver les règlements de cette compagnie, l’acceptèrent encore pour le service de leur clergé, et, en signe de cette acceptation, lui donnèrent lenom de Compagnie des prêtres du clergé de France. C’est ce qui faisait dire à l’illustre Fénélon : La maison de Saint-Sulpice est wne source de grâce pour tout le clergé. Enfin l’assemblée générale de 1725 et celle de
1730, dans leurs suppliques à Benoit XIII et à Clé-
ment XIT, pour solliciter la canonisation de la mère Agnès, s’exprimaient à peu près de la même sorte : ‘ Que de fruits abondants, disaient les évêques, ne 6 tire-t-on pas tous les jours de la fondation du séminaire de Saint-Sulpice, qui doit sa naissance ‘ à ce très-pieux prêtre (M. Olier). C’est de ce & séminaire, comme d’une sorte de citadelle de la religion, et d’une école de toutes les vertus, que Sort une multitude innombrable, soit de prélats, soit d’ecclésiastiques de tous les rangs, puissants en parole et en exemples, fermes dans la foi, fondés et enracinés dans la charité, et préparés “ à toutes sortes de bonnes œuvres.”
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.…Quelqe désir qu’éprouvât M. Olier de répondre aux demandes des prélats qui désiraient des prêtres de sa compagnie pour établir leurs séminaires, il en fut d’abord empêché par les besoins immenses du faubourg Saint-Germain, à la réforme duquel il employait la plupart de ses ecclésiastiques. Ileut cependant la consolation, avant sa mort, d’établir, dans un grand nombre de diocèses de France, des séminaires dirigés par ses disciples qui ont perpétué, - jusqu’à ce jour, l’œuvre pour laquelle Dieu avait suscité ce prêtre selon son cœur.
.. M. Olier exerça encore son zèle pour la sanctification des âmes en composant divers écrits, Il était si éloigné de toute attache à ces sortes de productions qu’il les remettait entre les mains de son directeur : avec la simplicité d’un enfant, lui laissant la liberté de les déchirer ou de les réduire en cendres, Cependant ces écrits, tout remplis de l’esprit de Drevu, ont fait ranger M. Olier parmi les maîtres de. la vie spirituelle les plus éclairés et les plus sûrs: aussi les auteurs contemporains nous assurent-ils que de leur temps toutes les personnes dévotes et spirituelles en faisaient une grande estime. Dans l’espace d’environ quinze ans, on les réimprima plusieurs fois et en diverses villes du royaume. Outre son Caléchisme Chrélien pour la wie intérieure, sa Journée Chrélienne, son Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes, son Trailé des Saints Ordres, ses Leltres Spirituelles, son Explication des cérémonies de la Grand’ Messe, qui furent donnés au public, il composa un grand nombre d’autres ouvrages restés manuscrits.