‹ Abrégé de la vie de M. Olier [microforme]Chapitre 6 sur 20 · SA · texte numérisé non relu

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la vie acheva ses études. Il obtint, sous de très habiles maîtres, les plus brillants succès, et à la fin de son cours, 1l soutint, avec des applaudissements uuiversels, un acte public, en latin et en grec, sur toute la philosophie. Après sa sortie du collége, il étudia en Sorbonne, où il réussit avec non moins de bonheur. Flattés de ses succès, ses parents, qui Joignaient à un fonds de religion beaucoup d’idé, s mondaines, s’empressèrent de lui donner tous les moyens de parvenir aux honneurs. ls lui procurèrent plusieurs riches bénéfices, lu donnèrent un train magnifique, et réussirent si bien à lui faire aimer le monde, que, bientôt effrayés eux-mêmes des dangers qu’il courait, ils se repentirent vivement de leur funeste imprudence. Sa mère se mit à prier pour sa conversion avec des larmes abondantes. Plusieur: saintes âmes faisaient aussi pour lui de ferventes supplications. Mais sans contredit celle dont les vœux lui furent alors le plus salutaires, fut une pauvre femme, de condition fort obscure, mais grandement favorisée de Dreu : elle s'appelait Marie Rousseau, et nous rurons souvent occasion d’en parler dans la suite.. %“ Je reconnais ‘“ dit M. Olier, être redevable de ma première con- ‘ version à cette sainte âme ; et Dieu m’a obligé plus d’une fois. devant que de la connaître, de dire tout Haut à nos Messieurs: Il y a quelque p?rsonne qui est la cause de ma conversion. Je commençai de ‘naître à Dieu, par désir et par affection légère, sans pourtant quitter tout-à-fait le péché. J’avais peine à aimer-le monde, et ne pouvais y trouver de divertissement véritable,

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‘6 mais toutefois je retombais toujours, ma'gré tous Jes attraits de Dieu et ses sollicitations perpé- ‘6 tuelles.”?

Il était dans ces dispositions, lorsqu'il résolut, à l’âge de vingt ans et demi, de faire le voyage d'Italie, pour se perfectionner dans les sciences, surtout dans la connaissance de l’hébreu, mais Dieu avait sur lui d’autres desseine. En arrivant à Rome, il éprouva un grand affaiblissement de la vue, qui l’obligea de renoncer à l’étude. Le mal augmentait chaque jour ; M. Olier, ne trouvant aucun soulagement dans les secours de l’art, fit vœu d’aller en pélérinage à la célèbre chapelle de Lorette. 1lse mii en chemin vers la fin du mois de mai, 1630, au fort des chaleurs du pays. Il se couvrit d’un häbit d’hiver, par esprit de pénitence, et commença son pélérinage à pied. Ses entretiens avec DIEU et avec la Sainte Vierge le-soutenaient et le soulageaient au point de lui faire oublier la fatigue du corps. Mais, lorsqu’il ne lui restait plus qu'une journée de chemin à faire pour arriver au terme de ce voyage de cinquante lieues, il fut attaqué d’une fièvre violente qui le contraignit de s'arrêter. Délivré d’un premier accès, il se remit en marche, se traînant pour ainsi dire sur la route. Cependant plus il approchait du saint lieu, plus il goûtait de consolations intérieures ; et, dès qu’il aperçut de loin l’église de Lorette, il éprouva tout ce que l’amour de Dieu peut exciter de plus vives émotions. ‘* Je sentis alors mon cœur, dit-il, comme blessé d’un coup de flèche, ce qui me ‘ remplit tout du saint amour de la Mère de

Dreu.” Il ne voulut pas, ce jour là, entrer dans la sainte. Chapelle, parce qu’il n’avait pas été à confesse : il se contenta de demeurer prosterné dans la grande Eglise qui l'entoure, et y passa la

nuit en prières, répandant-un torrent-de larmés que faisaient couler le repentir et l’amour divin. 6 Je #6 fus tellement atiendri par les caresses de la très- ‘6 sainte Vierge, dit-il, et je ressentis des secours ‘ si: puissants, qu’il fallut merendre à mon Sauveur $6 quime poursuivait depuis un si long -tems, je 66. demandai avec instances à la très-sainte Vierge $6 qu’elle m’obtint la mort, quand elle prévoirait

5 que je devrais tomber dans mes péchès passés,

‘6 dans lesquels, grâce à Dieu, je ne suis plus retombé depuis. Mon Dieu ! qu’ils sont utiles 6 aux pécheurs les lieux dédiés à la dévotion de $6 | très-sainte Vierge. Ce fut le coup le plus 5 puissant de ma conversion ; et, comme cette # admirable princesse fait plus de bien qu’on # n’en demande, au lieu de la guérison des yeux $6 du corps que je lui demandais, elle me donna # celle des yeux de l’âme, qui m'était bien sé plus nécessaire.” Les grâces extraordinaires dont M. Olier fut favorisé dans l’église de Lorette firent de lui un homme nouveau ; et, après ce voyage, il n’était plus réconnaissable. Parmi les transports de sa reconnaissance, il retourna à Rome, marchant encore à pied et parfaitement guéri de scn mal d’yeux et de la fièvre. | .

Bien résolu à rompre tout commerce avec le moride, M. Olier pensait plus que jamais à embrasser la vie religieuse. Cependant encore incer-

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