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tain de- sa Vocation, il se décida à retourner à Paris où sa mère le rappelait avec de vives instances, car elle venait de perdre son mari. Pleine d’une tendresse ambitieuse pour ses enfans, madame Olier ne songeait qu’à à les pousser dans la carrière des honneuïs. Elle obtint pour Jean-Jacques la place d’aumônier du Roi, mais elle eut le chagrin de la lui voir refuser. Reutré dans sa famille, M. Olier ne crut pas devoir se montrer tout d’abord tel qu’il était en effet. Mais le jour de Noël, environ neuf mois après sa conversion, ayant fait une confession générale, il résolut de manifester au dehors ce que jusque là il avait tenu caché au dedans. Dès lors il commença à faire profession d’une vie toute apostolique, et à mépriser les faux jugervents du monde, pour embrasser la sainte folie de la croix. Destiné de Dieu, sans le savoir encore, à régénérer le clergé de France, il lui fallait pratiquer au plus haut degré les vertus évangéliques ; aussi la grâce lui en donna-t-elle de puissants attraits qu’il suivit toujours fidèlement. Pour imiter même extérieurement son divin maître, il se mit à évangéliser, à consoler et à soulager les pauvres. Il s’éloigna tout-à-fait de la compagnie des grand*, pour se confondre avec les gens du bas peuple. Toutes les fois qu’il rencontrait des pauvres dans les rues de Paris, il les abordait avec bonté, et les conduisait dans sa
maison pour les instruire. Ceux qui étaient le
plus mal vêtus lui semblaient avoir droit à une plus grande tendresse ; il les recherchait à dessein et leur témoignait une vive affection. Les ayant
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dinsi réunis, il les Catéchisäit, les préparait à faire des confessions géhéralés, et les envoyait ensuite ‘ä‘ün confésséur dévoué, qui était de ses àmis ; leur faisant auparavant des‘aumônes proportionnées ‘à Teüurs besoïns. Non content de traiter ainsi ceux qui voulaient le‘suivré à la maison de sa mère, M. Ofier s'arrêtait dans les rues pour instruire les men- ‘diénts qu’il rencontrait. ‘Biéntôt, comme on devait s’y attendre, ses amis et ses proches murmurèrent <t'se plaignirént même bien haut. On lui pro-
digua les reproches et les outrages. Sa mère, plus
irritée que les autres, lui faisait toute sorte de mauvais traitements. Pour se consoler des procédés rigoureux de ses parents, le pieux serviteur de Marie allait à Notre-Dame, et, se prosternant devant la Statue de la Très-Sainte Vierge, il lui disait : Je vous prends pour ma mère, puisque la ‘ mienne me rebute.” Une de ses parentes, ayant quitté le monde pour entrer chez les Carmélites, Jui avait laissé de précieux joyaux. Il s’en servit pour faire divers présents à Notre-Dame, comme
il nous l’apprend lui-même, sa coutume étant de
$e dépouiller de ce qu’il avait de plus précieux, pour orner les églises et les autels de la Mère de Dicu. La persécution domestique n’était pas la seule qu’eut à essuyer le serviteur de Dreu. J! n’était pas rare d’entendre des personnes du monde le traiter d’homme simple qui avait perdu l’esprit ; mais ni ces discours, ni d’autres, plus injurieux
encore ne purent ébraunler sa résolution. Il porta
même en Ce temps-là la générosité beaucoup plus loin qu'auparavant. Ce'ne lui éfait pas assez de
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faire publiquement le catéchisme aux pauvres, il s’humiliait encore jusqu’a baiser leurs plaies les plus. horribles. Une personne qui l’accompagnait compta. jusqu’à seize occasions différentes où elle le vit baiser ainsi des ulcères infects et dégoûtants à voir. Mais son confesseur lui ayant dans la suite. défendu de donner au public des exemples. si étonnants de mortification et d’humilité, M. Oflier s’abstint dès ce moment de baiser les plaies. des. pauvres qu’il rencontrait, mais il ne laissait pas alors de les baiser en esprit, sentant, disait-il, son cœur porté par ‘6 l’esprit de Notre-Seigneur jusqu’à la plaie, avec ‘ grande tendresse.”
Quelque sainte que fût la vie que menait M, Olier, elle ne l’était point encore assez, eu égard à la sublime vocation que la providence lui préparait. C’est pourquoi Dieu, qui veut nous sau-: ver les uns par les autres, pour rendre plus parfaite la charité qui doit unir entre eux tous ses enfants, inspira à une sainte âme consommée en son amour de prier pour l’entière sanctification de son serviteur. (C’était la mère Agnès de Jésus, en singulière vénération dans toutes les provinces voisines de son monastère; et dont le Saint-Siége a déclaré depuis, par un décret solennel, qu’elle a pue toutes les vertus dans un degré héroïque.
évorée de zèle, elle ne cessait de demander la réformation du clergé et la conversion des pauvres habitants des campagnes. Un jour qu-ille conjurait le Seigneur avec larmes de Ja tirer du monde, JÉSUS-CHRIST lui dit: Tu m'es encore nécessaire pour la sanctification d’une âme qui doit servir à
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ma gloire: et, peu de temps après, la Saiale Vierge, lui apparaissant toute revêtue de gloire, lui
‘ fit entendre ces paroles, qui furent le développe-
mént des précédentes: Prie mon Fils pour l’abbé de Pébrac. Cet abbè était M. Oier. La mère Agnès ne le connaissait pas alors et n’en avait jamais entendu pârler. À peine eut-elle reçu ce commandement, qu’elle se mit à l’œuvre avec une ardeur non pareille. Durant trois années entières, elle répandit devant le Seigneur ses prières et ses larmés, et se Condamna à de si rudes pénitences, qu'elle ensanglantäit par ses disciplines les murs de sa cellule. Sans avoir connaissance des prières que faisait pour lui la mére Agnès, M. Olier en éprouva les effets dans l’insigne faveur que Drevlui fit, en le fixant enfin sur ea vocation, à la suite de plusieurs pélérinages entrepris en l’honneur de la très Sainte Vierge, au mois de novembre 16%, Lattrait qui le portait à embrasser la vie r'ilgieuse cessa tout-à-coup, par une opération sensible de la grâce, et il ne songea plus dès ce moment qu’à se disposer à recevoir les saisis ordres. Il s’y prépara sous la conduite de Saint Vincent de Paul, fondateur des Prêtres de la Mission. Ordonné sousdiacre, il témoïgna un grand zèle pour aller travailler dans les campagnes au salut des âmes. Saint Vincent de Paul lui ayant permis de s’adjoindre à ses prêtres, il prêchait et catéchisait les pauvres avec une ardeur infatigable et une charité pleine de tendresse ei d’humilité. Il procura à ses dépens le bienfait de la mission à plusieurs paroisses des environs de Paris. Après toute une
année passéé dans ce saint ministère, M. Olier se retira de nouveau près de saint Vincent de Paul, pour se disposer prochainement à recevoir le sacerdece. Ses frayeurs ét ses alarmes étaient grandes
à la vue de l’incomparable dignité de cet état tout divin ; cependant un mot de son saint directeur
- suffit pour dissiper lés craintes de cette &me simple
et docilé comme celle d’un enfant. Il reçut la prêtrisé le 21 mafs de l’année 1633, et voulut consacrer trois Mois entiers à se préparer à célébref sä prémière. messe. Îl eut le bonheur de la dire le 24 juin, fête de saint Jean-Baptiste.
La dévotion envers l’auguste mère de Diet sembla prendre de nouveaux accroissements dâns le cœur de M. Olier dépuis sd promotion au sacerdoce, et il s’énigagea à ne jamais refuser l’aumône à ceux qui la lui demanderaient au nom de Marie. 6 Les personnes qui font profession d’honorer la ‘ très-Sainte Vierge, dit:il, ont un si grand pou- 6 voir sur moi que je n’ai jamais osé penser de ‘6 [eur rien refuser.”?
Sur ces entréfaites furent établies les célèbres conférences de Saint-Lazare, présidées par saint Vincent de Paul, et destinées à entretenir dans les prêtrés l'esprit sacerdotal. M, Olier fut un des prémiers qui y entrérent, et il contribua beaucoup dans la suite aux progrès de cette œuvre de piété. Devenu prêtre, le serviteur-de Drev résolut d’aller €vangéliser les paroisses de l’Auvergne, dépendantes de son abbaye de Pébrac. Il s’associa plusieurs de ses amis animés comme lui de l’esprit apostolique. ‘Mais avant son départ, il voulut faire, sous
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la direction de Saint Vincent de Paul, une retraite de dix jours. Ce fut dans le calme et la solitude de ces pieux exercicés qu’il reçut du ciel une faveur extraordinaire. La mère Agnès de Langeac, dont nous avons dit plus haut les vertus héroïques, et que M. Oflier ne connaissait pas encore, lui apparut deux fois avec un visage pénitent et afiligé, et lui dit ces parolés : Je pleure pour loi. Nous remarquerons que lapparition dont il s’agit ici est l’objet d’une savante et solide discussion, parmi les procédures eoncerrant la canonisation de la mère
Agnès, et que le sous-promoteur de ja foi, après:
avoir répondu à toutes les difficultés, conclut que sa vérité est tout-à-fait indubitable.
La petite troupe de missionnaires formée par M. Olier partit avec Joie, sous la conduite d’un des.
prêtres de Saint Vincent de Paul, et s’occupa
pieusement durant le voyage. Arrivés à Pébrac,
les ouvriers apostoliques y dénloyèreut aussitôt leur zèle avec de très grandes bénédictions. Dans les montagnes, comme à Paris, M. Olier fit éclater son amour de prédilection pour les pauvres. Il le: rassemblait, cumme un père. eût rassemblé <es enfants, les servait de se; propres mains,. tête nue, et se nourrissait de leurs restes. . Après le repas, il allait visiter tous ceux à qui il pouvait être utile,
Il © les consolant, les exhortant et gagnant ainsi, par
sa douceur, ceux qui ne s’étaient point rendus à la force de ses paroles. Enfin après les fatigues de Ja journée, souveni il passait une partie considérable des'nuits en prières. |
. Dès que les exercices de la mission lui laissérent
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que/que loisir, # prit la route de Langeac, ville peu éloignée:de son abbaye, pour voir la mère Agnès, dont il entendait publier partout les grandes vértus. A la première entrévue, quand la mère Agnès eut relevé son voile, M. Olier, frappé d’étonnement, lui dit aussitôt : Ma mére, je vous ai vuc ailleurs. Cela est vrai, répartit Agnès, vous m'avez vue deux fois ‘à Paris, où je vous ai apparu dans votre retraile à Saint-Lazare, parce que j'avais reçu de la Sainte- Vierge l’ordre de prier pour votre conversion, Dieu vous ay:nt destiné à jeter les premiers fonements des séminaires du royaume de France. ‘K serait difficile de représenter l’abondance des consolations célestes dont l’un et l’autre furent inondés, M. Olier, apprenant de la bouche de la mère
Agnès les destinées qu’il devait remplir dansl’Eglise,
en demeura tout confondu ; et, sachant qu’il était depuis trois ans l’objet de tant de larmes et d’austérités, il ne mit aucune borne à sa reconnaissance envers elle. Agnès de son côté, au comble de ses vœux, répandit en actions de grâces les larmes les plus douces, et sentit naître dans son cœur toute Paffection d’une mère pour M. Olier. Dans leurs entretiens, elle avait coutume de lui souhaiter beau- <oup de souffrances, de mortifications et de croix. et s’efforçait de faire passer en son ‘âme l’extrême amour qu’elle avait pour l’humilité. A :::1 de le
- quitter, Agnès lui recommanda de trave: !r à intro- “duire au plutôt la réforme dans son abbaye de
Pébrac. Eten effetelle y était grandement nécessaire. M. Olier entreprit aussitôt ce gränd
ouvrage, et sès généreux sacrifices joints au Zéle
NA à È H RE PRE EN es fesse canne
salut.
Agnès.
d’un grand homme de bien, M. Alain de Solminihac; auraient probablement fait réussit cette entreprise à la.plus grande gloire de Dixu, si de coupa-
bles machinations n’étaien’ venues rompre toutes
les mesures de ces deux ami. Éévoués.
Contraint de renoncer pour un tems au. destin de réformer ses religieux, M. Olier se tourna vers les peuples de la campagne, qui recevaient avec une avidité toujours plus insatiable la grâce du Le succès étonnant de toutes ses missions, dans les diocèses de Saint-Flour et du Puy, :fut une source de consolation pour lui et pour la mère Témoin de la prodigieuse ardeur de son disciple à s’avancer dans les voies les plus élevées de la perfection, et des progrès merveilleux qu’il y faisait chaque jour, Agnès se sentit portée à le prendre pour directeur, Mais elle ne put jouir longtems
des avantages qu’elle retirait déjà de sa conduite.
M. Olier se vit bientôt dans la nécessité de retourper à Paris, Ils ne devaient plus jamais se revoir ici-bas. Agnès mourut peu après, ainsi qu’elle en avait le pressentiment. La nouvelle de sa mort contrista d’abord vivement M. Olier, mais. ses Jarmes firent bientôt place à la pensée du bonheur
. dont elle jouissait dans le ciel.
Durant ce nouveau séjour à Paris, M. Olier accablé de peines intérieures, et ne trouvant aucun soulagement dans les avis de Saint Vincent de Paul, pressé d’ailleurs par un attrait extraordinaire,
.8e mit sous la conduite du Père Charles de Condren,
premier successeur du Cardinal de Bérulle, fondateur et général de l’Oratoire, C'était un personnage
tellement vénéré pour sa sainteté parfaite, l’excellence et l’étendue de ses lumières, que le Cardinal de Bérulle lui-même se prosternait, quelquefois en. passant de vant sa chambre, pour baiser les vestiges. de ses pas, et.que Sainte Chantal, institutrice de la Visitation, disait de lui, le comparant à Saint François de Sales : “ Si Dieu a donné à Eglise notre “ gaint fondateur pour instruire les hommes, il me ‘ semble qu’il a rendu le Père de Condréen capable d’instruire les anges.” Par les conseils de .ce. grand homme divinement éclairé sur sa vocation, M. Olier refusa l’épiscopat qu’on le pressait beaucoup alors d’accepter. Sans lui découvrir clairement ses vues, le Père de Condren lui disait : ‘ Dieu a ‘ d’autres desseins sur, vote, ils ne sont pas si ‘ éclatans, ni si honorables que l’épiscopat, mais ‘ ils seront plus utiles à, l'Eglise.” Pour le mettre. plus en état de les remplir un, jour, il lui fit reprendre l’œuvre des missions, de conc:rt avec quelques ecclésiastiques qu’il lui avait associés. Après une. retraite faite sous. la direction de ce saint. homme, et où il reçut du ciel des grâces signalées, M, Olier composa de nouveau une petite troupe de mission naîres, choisis parmi les membres de la conférence. de Saint Vincent de Paul. Celui-ci lui donna plusieurs de ses prêtres, dant l’un devait être regardé comme Je supérieur de la Compagnie. Avec. eux il reprit le chemin de l'Auvergne, et y renouvela plus étonnamment encore les prodiges de con- Version qu’il y avait d’abord opérés. . Les peuples aCCouraient souvent de sept à huit lieues à Ja ronde, demeuraient à léglise la journée toute entière, Pt PRE ge 01 PRE
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sans boire ni manger, Ils semblaient n’avoir faim
et soif que de la parole du salut. (On les voyait
attendre jusqu’à ‘trois où quatre jours consécutifs,
avant de pouvoir se confesser, passant les nuits entières dans le lieu saint, couchant même sur le seuil de la porte. Ils s’estimaient assez réconipen-
sés dé leurs fatigues par la paix de la conscience qu’ils remportarent, après être rentrés en grâces avec Dieu, Restitutions, ennemis réconciliée, procès terminés au gré des parties, hérétiques ramenés à l’Eglise, pécheurs scandeleux qui avaient vieilli dans le libertinage, devenus des exemiples de ferveur, familles entières divisées depuis longtemps, vivant enfin dans la concorde et l’union la plus parfaite, une infinité de sacriléges réparés par des confessions générales, accompagnées des marques lés moins éauivoques d'un sincère retour, teis étaient les effets ordinaires que produisait chaque mission, en sorte que, parmi les curés qui avaient pour leur troupeau la charité qu’un pasteur doit à ses ouailles, c’était à qui attirerait les missionnaires dans sa paroisse. Riches et pauvres, prêtres et peuples, tous profitaient tellement de la mission, que la face de Chaque paroisse, qui recevait cette grâces n’était plus reconnaissable.
“Dans ses missions, M. Ofier préchait” surtout. Fe respect dû au Trés-Suint- Saérément bU là dévotion à Marie. Il s’attachait avee une prédilection particulière à l'instruction des enfans, et y .procédait avec une charité pleife de patience et d'industrie. It les préparait par des catéchismes el autres èxercices journaliers à une communion générale ; elle
était précédée d’une cérémonie bien touchante, où les enfans interpellés promettaient à haute voix d'observer le quatrième commandement, fes pére et mère honoreras, Touchés de $es exemples encore plus que de ses discours, les ecclésiastiques de ces contrées ecommencérent ‘aussi à se livrer euxmêmes avec ardeur au soin de l’enfance. | L’hufnble missionnaire attribuait aux prières de
Ja mère Agnès les immenses bénédictions que lé
ciel répandait sur ses travaux et ceux de ses confrères. Toutefois il n’est pas douteux que la vie apostolique de cés généreux ouvriers, et de M. Ofier surtout, n’attirât aussi Pabondance des grâces divines, Ce prêtre dévoué choisissait toujours pour lui ce qu’it y avait de pire en ce qui concernait le logement et la nourriture, toujours les pau vres paraissaient être les amis de son cœur: fl ne se bornait point à les accueillir avec une bonté paternelle lorsqu'ils venaient à lui, il allait Jui: mêine au-devant d’eux, et, dans les grandes chaleurs de l’été, on le‘voyait gravir les plus hautes montagnes, pour faire sortir de leur-assoupissement ceux qui négligesient la grâce de [a mission, ou pour instruiré les malades qui ne pouvaient £e rendre à la paroisse. }f les visitait dans le creux dés rochers, leur demeure ordinaire, ‘et leur rendait les services les plus dégoûtants pour la naturs, sans être jamais rebuté pär la malpropreté de ces lieux infects, Îl les traitait avec la tendrésse d’une mère et d’une nourrice, s’abaissant jusqu’à les peigner de ses propres mains, et leur donnant lui-même à manger. l'consacrait à la prière et à l'adoration du très-
Saint-Sacrement tout le temps que pouvaient lui laisser les travaux du. ministère et les besoins impérieux: dela. vie... Et pour rendre son oraison plus efficace, il y joignait des mortifications très rudes et aïligeait sa chair par de rigoureuses disciplines, par des haires.et des ceintures de fer qu’il portait secrètement parmi ses meubles de voyage. Il y avait dix-huit mois que M. Olier. travaillait dans.les missions, de l’Auvergne, lorsque, soupirant après de nouvelles souffrances, il dit à un de ses. amis: “ Il ne me manque que quinze jours de ‘ maladie pour avoir un témoignage bien assuré ‘ que Notre Seignev” a agréé. nos travaux.” Il futbientôt exaucé. Entrant peu de jours après dans l’église du. monastère, de. Langeac. où était enterrée la mère Agnès qui lui. avait prédit tant de croix, .1l fut saisi d’un mal de tête excessif qui fut. le commencement d’une grande maladie. . Au bout de deux ou. trois. jours, le mal devint:si vio- . lent que les médecins désespérèrent de sa vie 5 on. Jui.administra alors les derniers sacrements.. On avait er vain employé toutes les, ressources de. l’art pour le faire sortir d’un assoupissement léthargique dans lequel il était plongé ;. or avait été jusqu’à lui enfoncer des lancettes bien avant. dans les épaules, sans qu’il parut donner aucun signe, de connaissance, lorsqu'on s’avisa de prononcer à diverses reprises.les saints noms de Jésus et de Marie. “ Ces belles paroles, dit lui-même M.
6 Olier, me pénétrèrent le cœur, et firent çe que - 6 mille glaives perçants, n’eussent pu faire.” Dés. qu’il s’était vu frappé de çette maladie, il s'était
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ST AU ET COEMET: LL 7e Re TAC SORTIES mi ra — Ÿ ; nb ml Tr. sum — en = ne == 2-2 var = = } =. = ” R — PET = |
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. senti porté à faire un vœu.à saint François de
Sales pour le recouvrement de sa santé, et avait senti la douce assurance qu’ était exaucé, Après la puissante intercession de ce saint, il attribua sa guérison aux ferventes prières que firent pour, Jui les religieuses de Eangeac et trois où quatre cents pauvres qui l’aimaient comme un père, ‘ Je leur ‘6 suis redevable, dit-il, de la grâce de ma gué- ‘ rison que toute ma fainille ensemble n’aurait pu ‘ me procurer par son argent, son industrie et son ‘6 crédit, Pour une mère, une sœur et deux frères ‘4 que j’ayais quittés, je trouvai des personnes sans ‘nombre qui avaient pour moi une charité plus que
‘4 de sœur, de frère et de mère ; les services que
‘6 je recevais étaient accompagnés d’une charité «6 si désintéressée et si-pure, qu’il n’y avait que
Dreu tout seul autour de moi, et ainsi le Fils de
Dreu accomplit en ma faveur cette prophétie, ‘6 qu’on recevra cent pour un en quittant tout pour 6 Jui.” Lorsque la santé de M. Olier fut suffisamment rétablie, il revint à Paris, et, durant le
voyage, il éprouva encore d’une manière sensible
combien la providence veillait sur tous ses pas : 6 Car, dit-il, le carrosse dans lequel j’étais, versa ‘6 dans un fond où les chevaux et le cocher de- ‘ vaient périr ou être estropiés; aussitôt et sans ‘ préméditation je m’écriai: Ah, Jésus, mon amour! Ah, Jésus, mon amour! et par la 6 bonté et la miséricorde de mon maître, nous. ne 6 gouffrimes aucun mal: les chevaux ne furent 6 pas même blessés, O que grandes et adorables # sont les bontés de la divine providence. }”?
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M, ‘Olier arriva heureusement à Paris, où l’avait déjà devancé le bruit dés convérsions sans nombre qu’il'venait d’opérer en Auvèrgne. ‘Son nom seul imprimait la vénération, et personne. ne l’appro- Chaït sans lui témoigner lestime religieuse qu’on porte aux hommes apostoliques. Saint Vincent de Paul même lui -dit en Pembrassant: “ Je ne “6 sais comment vous faites, Monsieur. mais la bénédiction de Dieu vous suit partout où vous # allez. Ilest vrai, ajoute M. Olier, que, quoique “ nous ne fussions que de pauvies petits ouvriers 4% de paille, qui n’avions aucune vertu, Drev ré- € pandait sur nos travaux des bénédictions admi- 6 rables.”,. |
M. Olier ne resta pas long-témps à Paris sans trouver des occasions d’exercer son zèle. Il se Joignit à quelques prêtres pour donner une mission dans les environs de la capitale. Devant traverser la ville de Saint-Germain-en-Laye, ‘où se. trouvait alors le Roi avec toute sa cour, M. 'Olieï proposa à ses compagnons de profiter de cette occasion pour manifester publiquement léur ‘éloignement pour le monde et.ses, vanités. T1 les exhorta en conséquence à faire le voyage non dans une voiture convenable à des personnes de qualité, mais dans une charrette. Tls témoignèrent beaucoup de répugnance à paraître en cet équipage aux yeux des Seigneurs de la cour dont ils étaient connus pour la plupart, mais M. Olier insista, et montra tant de résolution qu’ils consentirent enfin à partager avec
Jui la confusion qw’ils avaient d’abord cru cConvenable d'éviter.
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missior Bretagr Clisson de là, monast prit du poussé connai la luir dre de Cris pentis après :
village peste ( paix k b‘entô:
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vertu religie Elle 8 servit Je bât appa bilité
l'avait ombre om seul ’appro- > qu’on incent Je ne s la bé-
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er avec conve-
M. Olier fit bientôt après les exercices de la re-
} traite spirituelle pour se réparer à de nouvelles:
missions. H partit’en effet aussitôt après pour la Bretagne, et se rendit d’abord à son prieuré de Clisson. Ayant appris qu’il y avait à deux: lieues de là, dans un. village appelé: la: Régripière, un monastère de religieuses où le relâchement et l’esprit du monde: s’étæient introduits, 1: sy rendit. poussé par un mouvement de zèle, et sans se faire: connaître il demanda l'hospitalité. Les religieuses: la lui refusèrent assez durement. Loïn de-se plaindre de ce traitement, l’humble disciple’ de Jésus- Carisr voyant dans la cour du monastère un appentis: de bois qui servait de poulailler, il s’y retira après avoir reçu par charité, d’un des habitants du: village, un peu de pain et d’eau. Il y demeura le: reste du jour, vaquant à la prière et attendant en: paix les moments du Seigneur. Diru ménagea:
bientôt une circonstance qui fit connaître aux reli-
gieuses quel était ce prêtre qu’ellés avaient si maï
eccueilli, Un magistrat de la ville voisine, ami de M. Olier, étant venu au monastère, n’eut rien de plus pressé que de parler aux religieuses de leur nouvel hôte. Plus il leur témoigna combien M. Otier:était recommaändable par sa naissance, par sa vertu et ses autres qualités personnelles, plus les religieuses furent inconsolables de leur méprise. Elle se hâtérent de faire porter leurs excuses au serviteur de Dreu, et de le presser d’accepter uans le bâtiment destiné aux'étrangers le plus honnête appartement. M. Olier les remercia avec son affabilité ordinaire, mais quelque instance qu’on pût lui
faire, il persista à répondre que ce réduit était tout | ce.qu’il lui fallait: “ Après que Jésus-CHRisT, mon maître, leur dit-il, a voulu naître dans une « étable, et demeurer si long-temps dans une crè- ‘ che, il ne serait pas raisonnable. que je sortisse “ si promptement d’un lieu où je me trouve si ‘. bien.” , Une humilité si profonde ne tarda pas. à porter son fruit. Dès le lendemain M. -Olier fut invité à précher à la communauté ; ce qu’il fit avec tant de grâce et de force que plusieurs religieuses résolurent sur-le-champ de.se convertir : en faisant une confession générale et une retraite de dix jours Bientôt tout le pays fut édifié du chan: gement merveilleux qui s’opéra dans ce. monastère où l'esprit de prière et de recueillement succéda à l’esprit du monde et de la vanité. ‘ Après.ce ‘ petit travail, dit M. Olier, je tombai malade, Je jour de la nativité de la Sainte Vierge, pour Ÿ : récompense de mes pauvres petits services, ‘.c’est la plus précieuse que puisse recevoir un
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