‹ Abrégé de la vie des saintsChapitre 12 sur 34 · S. VINCENT FERRIER · texte numérisé non relu

S. VINCENT FERRIER

Vincent Ferrier naquit à Valence en Espagne l'an 1317. Il avoit reçu de Dieu un esprit si vif et si pénétrant, qu'à l'âge de 17 ans il avoit déjà fait ses études de théologie, et qu'il en savoit plus que ses maîtres. Il entra alors dans l'ordre, de S. Dominique dont il devint une des plus éclatantes lumières. Le démon qui prevoyoit combien ce S. religieux devoit un jour lui arracher dames ne cessoit de le tenter. Il suscita mê:tie des femmes de mauvaise vie qui le sollicitèrent au péché, afin de pouvoir ensuite le dilFamer dans le public* Mais Vincent muni du secours du ciel et de la protection de la Ste. Vierge, triompha des efforts de l'enfer. L'Espagne étoit un champ trop borné pour son zèle* Préférant les titres de missionnaire apostolique aux premières dignités de l'Eglise qu'on lui offrit, il parcourut. la France, l'Italie, f Allemagne^ l'Angleterre et les Pays-Bas: par-tout il convertissoit, des milliers d'ames. Malgré tant de travaux, il jeùnoit tous les jours. C'étoit cette austérité et les miracles qu'il faisoit qui rendoient f>es paroles plus efficaces. Il finit une si noble «prière à Vannes en Bretagne, l'aa lél9.

REF FLEXIONS

î » Les impies ne cherchent qiCa séduire les rmeSy. travaillons â les sauver, 2. Que seroit'^ce si au lien de l es sauver nous contribuions à leur perte. S. Uti, Apôtre est un Ange de' Di0u; un pécheur scander kux est un dimon^

6 Avril.

S. GUILLAUME, Evêquc.

GUniaume naquit à Paris vers Van lî 05. Il fut élevé tout jeune daas J' Abbaye de S, Germain des Près, et ensuite pourvu d'un canoni- €at dans l'église de ste. Ganevievc du Mont, où la réforme n'étoit pas établie. Sa grande régularité lui attira la haine de ses confrères. Pour l'éloigner ils lui donnèrent une cure à desservir. Mais îe Pape ayant mis des chanoines réguliers a la place des anciens dont le dérè glement causoit un grand scandale, S. Guillaume embrassa cet institut et fut bientôt soiisprieur de cette fervente Communauté. La réputation de sa sainteté passa jusqu'en Dannemarck, Il y fut appellé pour réformer un monastère de chanoines réguliers, et pour rtre leur abbé. Il sut les gagner par sa douceur. Il convertit encore un grand nombre de pécheurs et plusieurs payens qui restoient dans ce pays. Sa vertu le rendoit respectable. On étoit aur~tout édifié de le voir à l'autel le visage baigné de larmes. Le saint abbé mourut l'an 12035 le jour de Pâques, après s'y être préparé par les exercices de la plus héroïque charité et de la pé» aitence.

REFLEXIONS

1. La prudence d'un Supérieur consiste à savoir iempêrer la fermeté par la douceur, 2. Trop de douceur autorise le rèlâchement^ trop de fermeté aigrit les esprits, 3. On est obéi ^uand en gardant êe te'fnpéramment on fait soi-^meme ce quon coiU' mande.

7 Avril.

Le Bienheureux HERMAN JOSEPH.

LE Bienheureux Herman qui fut surnommé Joseph à cause de sa tendre dévotion pour ia Ste. Vierge, naquit à Cologne sur la fin du 12î^e. siècle. II n'avoit que sept ans, qu'il se déroboit de la maison pour aller dans quelque église dédiée à la Mere de Dieu. Prosterné devant son autel, il Fentretenoit avec une familiarité que la reine du ciel sembloit autoriser par de fréquens miracles. A l'âge de 12 ans il fut reçu dans l'ordre des Prémontrés: il fit des progrès étonnaas dans la sainteté. Il entra dans les ordres sacrés, et reçut la Prêtrise. Alors il se livra tout entier au feu divin dont son cœur étoit pénétré. II étoit quelques fois trois heures à TAutel, ayant souvent des communications intimes avec Dieu. On remarqua un jour que la cire des cierges qui avoient brûlé pendant la Messe n'étoit point diminuée, Dieu voulant arrêter par là les murmures de ceux des religieux qui se pîaignoient de sa lenteur. Ses austérités, et les maladies que Dieu lui envoya, et pendant lesquelles les hommes Tabandonnoient entièrement, en éprouvant sa vertu, abrégèrent le temps de son exil. Il mourut l'aa

REFLEXI ONS.

1. Que de mondains n entendent la Messe que le Dimanche et cherchent la plus courte ! 2, Encore comment se comportent-^ils pendant une action si sainte f 3. N'est-ce donc pas pour nous que Jesm^m Christ s immole sur nos Autels ?

'lis ê Avr3;

s. GAUTIER, Abbé.

GAutier naquit dans le Vîmeux. Où n'épan^ gna rien pour son éducation. Après avotï*

étudié dans plusieurs Académies, il devint lui-même professeur. Cependant craignant de se perdré dans le monde, il prit l'habit de S. Benoit dan« F Abbaye de Ilebés, au Diocèse de Meaux. Il de* vint bientôt un modèle de toutes les vertus reli-^ gieusesv Un Paysan ayant été nais dans les prison!^ de la Justice Abbatiale, notre Saint s'apperçufe* qu'on le laissoit mourir de faim : il se priva lui-^mê me d'une partie de ses repas & lui port oit à man ger. Il lui ouvrit même un jour la porte de la pri son, & comme ce malheureux étoit fort afFoibli, iï le prit sur ses épaules & le mit en liberté. Cette action lui attira une rude pénitence, qu'il reçut* avec humilité. Quelques Religieux établis prèéde Pantoise le demandèrent pour Abbé: S. Gau lier mit la ferveur parmi eux par ses exemples Sises iastructions. Il établit un Monastère de Re^ ligieuses dans le Ponthieu. Autant qu'il eut dd douceur & de charité pour les petits, autant fai 8oit-il paroître de fermeté à l'égard des grandsi! qu'il reprenoit librement de leurs desordreg.

RE F L E XI O N S

î. saints se traitaient avec rigueur et réser^- Ornent leur douceur pour le prochain, 2. Souvent^, nous traitons le prochain sans ménagement, et nou$^ navrons d'indulgence que pour nous. 3. Un jour viendra que Dieu nous traitera comme nous. aU'-^ mns traits les- autres.

B Avril

Sainte VAUTRUDE.

VAutrude naquit en Haynaut vers l'an 626. Son pere ViiJbert, sa mère Bertille & sa sœur Aîdegre, sont honorés du culte des Saints* Elle épousa le Comte Madelgaite qui fat lui-même un très-grand Saint; car Vautrude après en avoir eu quatre enfans, lui parla si eilicaceaient de la vanité du moude, qu'il se fit Religieax. " près la retraite de son époux, la Sainte demeura quelque tems dans le monde pour donner une saint© éducation a ses enfans* Elle eut même de grandes persécutions à essuyer de la part d'une multitude de femmes mondaines, qui la firent passer pour une hypocrite & une visionnaire. Elle y iufe sensible; mais un Ange lui apparut & l'eneonragea* Elle se retira dans une Cellule qu'on ku bâtit sur une montagne déserte. Sa réputation lui attira un grand nombre de filles qui voulurent vivre sous sa conduite. Telle fut la naissance de ce Monastère,, qui devint dans la suite ma fameux Chapitre d^ Chanoines. Quelque délicate que fut la complexicu de sainte Vautrude, les instrumeus de pénitence les plus affreux lui êtoient faordiers. Dieu honora sa vertu par d'écîatans miracles pendant sa vie & après sa «lort^ qui arriva Fan 686»

REFLEXIONS

1. Tlest difficik de plaire en même tems à Dieu Sç aux hommes^ 2. Mais si les hammes ne nous rcn-dent pas justice, Dieu saura bien nous la rendre. 3. Que nous sert leur haine dès que Dieu nous tient li^u de tout?

10 AvrH.

S. MACAIRE, Evêqué.

Aint I\î:icaîr3 étoit Arménien: il vint an rnon- ^ 'I le vers la fin du dixième siècle. Macaire, Ar(;i)yvêc|Lie d'Ânttoche, son proche parent, fat aussi son parrain. Il l'éieva soigneusement, et le reçut da:îs le Clergé. Se sentant près de sa fin, il proposn notre Saint pour son successeur; on applaudit à ce choix; S, Macaire fut le seul qui n'y coii:v8ntit qu'avec peine. Ses vertus pa« rareot alors dans tout leur éclat. Il versoit un torrert de larmes pendant ses prières, et le linge dont il s'essuyoit les yeux, guerissoit les malades. Ne pouvant souffrir qu'on le traitât comme un Saint, il s'enfuit en Paléstine. Les Sarrasins l'arrêtèrent, et l'ayant traîné en prison, ilg l'étcndirent pra* terre, lui mirent une grosse pierre toute brûlante sur l'estomac : mais la nuit suivante un Ange le délivra. Ce miracle convertit un ^^rand nombre d'infidèles. Il continua sea voyages, et passa en occident. Sa réputation le soi voit par-tout, et Dieu le faisoit connoître sur Bon passage par les prodigue les plus éclatants. A Cologne, il guérit son lujte de l'épilepsie. A Malines il éteignit un incendie. Il fit cesser la peste à Gand. Ce fut dans cette ville qa% mourat, l'an 1012.

REFLEXIONS

1. Soup^eons—nous que cest avec Dieu que nom sommes si distraits^ 2. Ed-il rien de plus doux et de plus grand que de s'entretenir avec Dieu ? 3. Les larmes quon verse dans ces momens sont 'prejer»»^ Mes aux folles joies des mondains.

11 Avril.

s. LEON, Pape.

TEon naquit a Rome ver>^ la fin du quatrième ^>îec»e. Il fat élevé avec ua grarîd soin, et fît I ju^er dès ses premières années que Dieu le destinoit à quelque chose de grand. 11 entra dans le Clergé, et il n'étoit encore qu'Acolyte, lorsqu'il fut choisi pour porter en Afrique la condamnation de ' Pelage et de Cele^tius. Le Pape S. Celestin l'ayant fait son Secrétaire, le nom de Léon fut bientôt connu par tout le monde Chrétien. 11 combattit avec un zèie infatigable les plus célèbres Hérésiarques. Saint Sixte étant niort. il fut élu Pape avec un applaudissement universel. L'Eglise entière sous un tel Pontife changea de face. Les { Pélagiens, les Semi-Pélagiens, les Manichéens, les Priscillianistes, les Nestoriens, les Eulichéens, et , enfin tous les ennemis de la Foi Catholique, trouj vèrenl dans lui un chef vigilant qui s'opposa à leurs I injustes desseins. Un jour l'Apôtre S. Pierre lui [ apparut. Attila ravageoit alors l'Empire, il venoit même avec son armée fondre sur Rome, lorsque le S. Pontife aila au-devant de lui. Ce barbare a la ''i?ue du S. oublia sa fureur, et retourna sur ses pas. I S. Léon mourut l'an 461, laissant a l'Eglise dans fes ouvrages un riche trésor.

1. Connaître Dieu et vouloir qtt iî soit glorijiê, c'est la même chose, 2. Peut-on servir le plus grand de tous les maitres sans être zele pour sa gloire, 3. Un chrétien est plus touche de ce que Dieu est qf-' Jensé que ce quil soitffre lui-même.

12 AvriL

S. SABAS, Martyr.

Abas étoît Goth de naissance. La piété CTiré* tienne lui cia ce que son origine pouvoit lui avoir donné de barbare: ce fut un exemple de douceur & de modestie. Athalaric ayant été vaincu par Farraé Romaine, déchargea son ressentiment sur ceux de ses sujets qui étoient Chrétiens. Il falloit sacrifier, ou mourir. On vouhit persuader à Saint Sabas de sauver sa vie en dissimulants Hîtiis il se déclara hautement Chrétien* Il fut donc chassé de sa bourgade. Un inconnu lui apparut et îui dit d'y rester pour y célébrer îa F te de Pâque; il obéit et retourna sur ses pas, La nuit du Mardi de Pâques des soldais idolâtres vinrent le tirer dè son lit, et après lavoir traîné presque nud ia travers les cailloux et les épines, et l'avoir frappé rudement avec des verges et des bâtons, ils l'attachèrent le visage contre terre. Enfin comme il persistoit à confesser îe nom de Jesûs-Christ il futVnené sur les bords d'une rivière pour y être noyé. Ses bourreaux auroient bien voulu lui rendre î^vie et la liberté; mais il les exhorta lui-même à s'acquitter de leur commission. Il accomplit ainsi soa martyre Tan 372.

î . Il en coûte pour persévère^', maïs encore giiel-^ giie effbrt^ et vous serez courovné. 2. Hélas ! déjà procJie du terme, faute de courage on se perd misé* raUement, 3. Ce que Dieu nous promet ne mérite-* t-^il pas bien toute notre constance f

13 Avrîl.

S. HERMENEGILDE, Martyi-.

LEuvîgilde, Rai des Visigots, avoit deux fih^ Ilermenegilde et Necarede: se voyant maître de presque toute TEspagne, il les lit reconno tre |)our ses successeurs. 11 donna au premier pour épouse Inégonde, fiîfede Sigebert, Roi de France, malgré la diversité des Religions; car la Princesse étoit Catholique, et Hermenegilde Arien. La reine Golvvinde ne cessant de persécuter Inegoude à cause de sa religion, Hermenegilde fut obligé de se retirer avec elle à Seviile. La verxueuse liK^gonde aidée de S. Leandre, convertit son époux à la Foi Catholique. Ce changement irrita Leuvigilde. li résolut de faire mourir son fils s'ii ne retournoit à rArianisme. Hermenegilde pour se mettre en sûreté, se renferma avec 300 hommes dans une place forte. La place fut empor4:t e et Herai^negilde livré a son père qui le fît renfermer dans un cachot. On esperoit à force de mauvais traitements vaincre sa constance, mais le S. trouvoit de la force dans les larmes et dans la pénitence. La Ft te de Fâque écant venue, on lui envoya un Evêque. Arien pour lui donner la communion. 11 refusa de communiquer avec les Fleretiques, et déclara qu'il mourroit Catholique. Le Roi donna ordre sur-lc-^ champ qu'on lui fendit la tête d'un coup de hacher C€ qui fut exécuté Fan 586.

l. On ne doit voir ies hérétiques que par necessks ou pour les convertir, 2. Regardons-les comme gens atteints d'un mal qui se gagne aisément, 3. A force de les voir et de les entendre ^ on vient jusqu â ^je^n* ser comme-eux^

13 Avrîî,

S, JUSTIN, Martyr.

JUstîn naquit à Napîes de Palestine, vers Yb% 103. Son père l'eîeva dans le Paganî&nie; mais la solidité de son esprit lui inspira du mépris pour des divinités fabuleuses: il s'appliqua tout en» tier à letude de la Philosophie, et fréquenta les'^ Ecoles des Stoïciens et des Platoniciens, sans " pouvoir y rencontrer la vérité qu'il cherchoit. Un jour qu'il meditoit profondement dans un lieu solitaire, un vieillard se présenta à lui, et lui fit entendre que c'etoit dans les Livres Saints dictés par le S. Esprit, qu'il puiseroit la vraie sagesse. Il les lut, il trouva ce qu'il cherchoit. Il embrassa la Religion Chrétienne et en devint ^ l'Apôtre. On ne sauroit croire combien par son exemple et ses prédications il fit de conquêtes à Jesus-Christ. 11 repondit par deux Apologies à toutes les accusations dont on chargeoit les Chrétiens.. Un Philosophe Cynique qu'il avoit confondu dans la dispute, fit tant auprès du Préfet, que le Saint fut arrêté. 11 subit l'interrogatoire avec une présence d'esprit admirable» Après avoir été cruellement fouetté, il eut la tête tranch e, et signa de son sang la Foi qu'il avoit si bien défendue par ses écrits, l'an 157.

REFLEXIONS

1 . [7?i des premiers fruits de notre coJiversion doit être de détromper les autres. % Nous 7/ sommes obii' gés^ si e^est notre exemple qui les a sediiiis* 3. Nul ne veut mieux faire qtie celui qui a quitté l'erreur four vérités

li Avi-îl.

Les SS. TIBURCE, VAL. et MAXLME, Mart.

Alerîen, jeune gentilhomme Romain épousa

Y sainte Cécile, Le jour même des noces Cécile prît a part Valerien et lui déclara qu'on l'avoit marine malgré elle; mais qu^au reste elle avait auprès d'elle un ange gardien de la virginité, que s'il vouloit le voir, il n'avoit qu' i recevoir lé baptême. Valerien touché de Dieu, le reçut après fe'ètre fait instruire, et l'ange se montra a lui, Ti« burce, frère de Valerien, ayant suivi son exemple, reçut la même faveur: ils distribuèrent l'un et l'autre leurs biens aux' pauvres. Cette conversion fit un grand bruit. Le préfet de Rome les appella et n'oublia rien pour leur faire changer de religion: voyant que tout étoit inutile, il les fit fustiger. Ce supplice n'ayant pu les ébranler, il les mit entre les mains d'un officier nommé Maxime, pour être conduits au supplice. Maxime surpris de la joie que témoignoient les martyrs leur en demanda le sujet. Ils lui apprirent en peu de mots tout ce qu'avoit à espérer un chrétien. Il renonça au culte des faux dieux, et demanda le baptême. Le préfet ne l'eut pas plutôt appris, qu'il ordonna qu on le fît mourir avec les deux frères Tiburce et Valerien. Ce fut vers le commencement du troisième siècle.

1. Ce gu* on voit faire touche plus que ce qu'on entend dire, 2. Nous ne pouvons pas tous aiinon' eerla parole; mais nous pouvons prêcher d'exemple* 3. Profitons des bons exemples guon nous donne ^ 0é nen donnons que de bons.

IS Avriî*

LE Bienheureux PIERRE GONZALEZ. ;

IE Bienheureux Gonzales, vulgairement S.

^Ehiie, naquit à Astorga l'an 1190. Son oncle: évêque de cette ville, le pourvut encore jeuhe (l'ui>^ canonicat dans sa cathédrale. Le doyen d' Astorga étant mort, Gonzales fut élevé à cette digni-"! te; cette distinction augmenta daîis lui la vanité^ qui ne lui étoit que trop naturelle. Il se donna ûe.i équipages pO'Tîpeux et de riches habits. Com-^ me il se promenoit par la ville sur un cheval su-i perbement enharnaché, Dieu permit que le cheval; prît le mord^ au dents; le jeune doyen fut renver-, S'é dans la boue, ce qvii excita la rkëe du peuple, i Cet accident le fit rentrer en lui-même. 11 embrassa l'ordre de Saint Dominique, et y devint un ; fervent religirus. Après avoir fait pénitence des-î fautes de sa jeunesse, il travailla à la conversion^ des autres. Pendant qu'il prêchoit à la Cour, une, feruine de mauvaise vie entra chez lui pour le cor-? rompre; il la convertit en se jettaot devant elle • ilans un grand feu. Il fit une mission en faveur^! des matelots. Après sa mort, ils le prirent poupi îeur patron, sous le nom de saint Ehne. 11 mou*^ ïut en Galice l'an 1242. 3

REFLEXIONS

1. Celui gui se consacre au service des AidelSf, doit servir de modèle aux autres, 2. Que seroit-ce . donc si on y entroit avec des vues d'intérêt ou ': d\rr(ibitl'^nf S. La corj-vviion se glisse êouverd"^. jusques dans les plus saintes conditiêïis*

16 Avril.

S- PATERNE, Evèque,

PAtçrne naquit à Poitiers vers Tan 477. Dès qu'il put choisir ua état, il se fit religieux. Après quelques années, son abbé lui permit de se retirer avec un autre moine nommé Scubilion, dans le territoire de Contances en Normandie, pour y vivre en solitaires. Un jour ils n'avoierit qu'un demi-pain pour eux deux, ils le donnèrent à un pauvre; et le môme jour Dieu leur envoya par un inconnu une provision de pain. Comme ils manquoient d'eau, S. Paterne frappa le rocher de son bâton, et il en sortit. une fontaine qui couîe encore. L'évêque de Constance l'ordonna prêtre, et l'envoya prêcher en diîFérens cantons de Normandie et de Bretagne. Par-tout il fit des fruits merveilleux. Les grands miracles qu'il opéroit le faisoient écouter, et donnoient du poids à ses paroles. Etant revenu dans sa chère solitude, il vifc en songe trois saints évêques qui le consacroient. Quelque tems après l'evêque d'Avranche étant mort, il fut obligé de se rendre aux empressemens du clergé et du peuple d'Avranche qui voulurent l'avoir pour pasteiir. Après 13 ans d'épiscopat, il mourut l'an 560.

1 . Il ^est difficile d'accorder ce qiton doit à Dieu evec ce oae le monde exige. 2. Aussi plusieurs Saints ont-^ils cru ne pouvoir se sauver sans se sê" parer du monde* 3^ Prêtez-vous au monde^ à la bonne heure; mais ne vous y livrez pas»

12i 17 Avril,

S. ANICET, Pape et Martyr.

ANicet étoît originaire de Syrie. Il vîr^t m monde vers la fin du premier siècle. I! fat admis dans le clergé de Rome et en devint le modèle et Tornement. Le pape saint Pie ayant été martyrisé, Anicet fut élevé sur le saint siège. Vaîentin et Marcion, fameux hérésiarques, semoient alors leurs erreurs dans Rome, voulant corrompre la foi Jusques dans sa source. Sainl^ Anicet n'oublia rien pour precautionner les fi» deles contre le venin de Fherésie. Il fut visité par saint Polycarpe et saint Hegesippe. Ce fut aussi de son tems que saint Justin le philosophe écrivit ces deux belles apologies pour les chrétiens. Il sembloit que Dieu voulut consoler le saint pape dans ce tems d orage, par le ^cours ou la présence de ces grandâ hommes. Sa sollicitude pastorale pour le gouvernement de l'église et la conservation de la foi, ne l'empêcha pas d'entrer dans les moindres détails. 11 fit une ordonnance qui défend aux clercs de porter de longs cheveux. Après douze ans d*un glorieux pontificat, saint Anicet fut couronné du martyre vers l'aH^

REFLEXIONS

1 . Quand on aime Dieu, ov volt tout le reste Sun ttil indiffèrent, 2. SU nous éprouve pu^' Vadvenii'té, on le bénit au milieu de ses peines, 3. S'il veut tien nous consoler^ on lui rend grâces de ses inien-tions*

18 Avril

S. APPOLLONE, Mart}T.

4PolIone étoit sénateur. II passoît pour urt des plus beaux esprits de son temps. Il ne lui manquoit que d'être éclairé des lumiiTes de la foi: les entretiens qu'il eut avec le pape Eleuthere, et l'étude qu'il fit des livres sacrés, lui ouvrirent les yeux, il reçut le baptême. L'empereuF Marc-Aurele ayant gagné une bataille par les prières des cliretiens, avoit défendu sous peine de mort de les accuser au sujet de la religion. Un esclave nommé Severe défera aux magistrats le sénateur Apollone: ce délateur fut roué le même jour. Mais comme les loix portées contre les chrétiens n avoient point été cassées, on arrêta S, Apollone et on l'obligea de rendre raison de sa re ligion en plein sénat. 11 s'en acquitta avec une éloquence qui fit une forte impression sur les esprits. La religion auroit triomphé dans cette auguste assemblée, si le préfet craignant les suites d'un tel changement, ne l'eût fait promptement condamner à perdre la tête. Dès payens mêmes murmurèrent contre l'injustice de cet arrêt: il fut cependant exécuté l'an 189, et S. Apollone releva la 1er, dans sa personne la dignité de sénateur romain par la couronne du martyre.

REFLEXIONS

1 . Dieu nous reconnoitra pour ses enfans si nous k reconnaissons pour notre pere, 2. Pourrions'-' nous bien rougir cTun titre si glorieux'? 3. C'esi n'être qu d moitié chrétien què de noser le paroitre%

19 AvrîL

S. LEON, Pape. 1

Lfion de riîiastre maison d^Aspurg en Alssce^f naquit dans le comté d'Aspurg l'an 1002. On aperçut à sa naissance de petites croix rouges, répandues sur son corps. Il fut élevé par Bertold, Evêque de Toul. Un jour qu'il s'étoït endormi dans un salon un crapaud monta sur sa joue, et en ayant sucé le sang, remplit la plaie de venin. Léon se réveilla ayant le visage tout enflé, avec une fièvre très-ardente: il fut guéri miraculeusement par un S. vieillard qui lui apparut. Il songeoit à embrasser 1 état religieux, lorsqu'il fut obli* gé d'accepter un canonicat dans Téglise de TouL Quelque tems après il en fut évêque. Il travailla avec succès à reformer son diocèse. Après l'extinction du schisme de Benoît IX, S. Léon fut élu pape: il entra dans Rome les pieds nuds, et après son intronisation il convoqua un concile pour rétablir la discipline ecclésiastique. Un jour il coucha dans son lit un lépreux, qui en disparoissant lui donna lieu de croire que c'étoit Jesus-Christ. Toujours infatigable, il ûi plusieurs voyages pour le bien de l'église. Les Normands qui ravageoient alors la Fouille le firent prisonnier. Après une année de prison il tomba malade. Ils le me» feerent à Rome, où il mourut Tan lOoé.

REFLEXIONS

1. Chaque créature selon sa destinée répond auxintentions du créateur, 2. L'homme seul fait le plus èouvenf tout autre chose que ce que Dieu veut. S, La terre seroit un paradis^ si chacun ne éongeoiÈ quà remplir ses devoirs*

20 Avrih

Ste- AGNES de Monpulclen.

A Gnès naquit à Montpulciano en Toscane îan 1274. A peine coiiiniençoit-elle ù bégayei'j qu'elle pnoit Dieu avec une ferveur d'aji,i>;e. La seule vue des images de la Sainte Vierge la faisoit tré'-ailiir de joie. Des l'âge de 9 ans elle entra dans un couvent de Saintes iilles, dont elle devint îe modèle. Sa réputation les priva de ce trosor. Des religieuses nouvellement établies la demandèrent au pape, pour sup,c'r!eure, quoiqu'elle o'e t que 16 ans. Se voyaiit a la tête «d'une communauté, elle crut devoir redoubler ses austérités. Elle les porta si loin que sa santé en fut ruinée: mois Dieu la dedonimageoit par de fréquentes visions. Les habitans de Montepuleiano Ja plièrent de fonder dans leur ville un nouveau monastère; elle s'arracha à ses chères filles pour procurer cette gloire à Dieu. Elle donna la règle de S. Dominique à ce nouvel institut. Le ciel Fiionora du don de prophétie et de niiracles. Oa lui amena un possédé qu'elle ddlvra: elle rendit la vue à une religieuse. La Sle. Vierge lui mit un jour i'enfant Jésus entre les bras et le lui laissa pendant une heure. Un ange lui donna la coui« niunion. Enfin usée par ses austérités, elle mourut Fan 1317.

REFLEXIONS

1. Les saints nen ont j)as trop fait pour le ciel., mais mms Tien faisons pas assez. 2. Nous voudrions être Jieureux et dans cette vie et dans IViidre. 3. Choisissons, il faut soiiffrir pendant un tems ou pendant l'éternité.

fl. AvrîL

S. ANSELME, évêque.

Çi Aint Anseime naquit à Aoste en Piémont, Vatk |^'^10;33. d'ane famille très-distinguée. Sa nriere Feieva avec un grand ifoin; jamais enfant ne fut plus docile et ne fit paraître plus de piété.'^il aimoife tendrement la Ste. Vierge et il en donna des preu» ves dans la suite par les ouvrages qu'il composa à sou honneur. Sa mère étant morte, il se relâcha un peu de sa l^^e. ferveur, jusqu'à ce qu'étant passé en France, il se retira dans l'abbaye du Bac et y étudia la philosophie et la théologie sous le célèbre Lanfranc. Il reprit alors le dessein qu'il avoit eu autrefois de se faire religieux. Il reçut l'habit dans cette maison dont il fut bientôt prieur, et dans là suite abbé. Sa modestie et sa s:iinteté suppléoient en lui à l'àgc Tous l'aimoient et le respectoient. Etant passé en Angleterre, le roi le reçut avec det grandes marques d'honneur. Il fut fait archevêque de Cantorbéri. Sa fermeté à soutenir les droits de £U)n église et du pape, lui attira de violentes pr sécutions, qui l'obligèrent à chercher un asyle en France et à Home. Etant revenu a Cantorbéri, ii eonsuma à la conduite de son troupeau le peu ât forces que lui a voient laisse tant de fatigues, il moufut l'ail iI09.

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