H E F L E X IONS
î. Suivons Dieu quand il nous appelle y il ne nous appellera pas toujours, 2. Heureux ceux que Dieu sépare du 'ûionde pour se les attacher. 3. Les maints se seroient peut-^Jre perdîiSg s Us navoien s^ivi leur vocaiioiu
*2 AvTii.
Sainte OPPORTUNE, Abbcsse.
Opportune étoit crîîiémes en Normandie. Sachant que ses parens vouloient la marier, elle Be jt*rta à leurs pieds et les supplia de vouloir bien lui permettre de se faire religieuse, voyant à coté d'elle son ange gardien, ils y consentirent. La sainttj se retira dans un monastère de Sées. Elle fit de si grands progrès dans la perfection que TAbbesse étant morte, les religieuses robligerent, comme malgré elle, de prendre la conduite du monastère. Elle ne mit plus de bornes à ses austéthé^i. Elle ne se nourrissoit que de pain d'orge, le dimanche elle y ajoutoit un peu de poisson, le mercredi et le vendredi elle ne niangeoit rien dii tout Elle poi toit continuellement un ciîice, et n'avoit d'autre lit que la teiTe. Dieu l'éprouva par de grandes afflictions. S. Godegrand étant aile visiter les saints lieux, laissa à Sées un vicaire générai qui ne cessa de persécuter sainte Opportune et sa communauté. Ella n'opposa à ses mauvaiî traitemens que îe douceur et la patience. Elle fut visitée de la sainte Vierge a l'instant de sa movt^ ^ui arriva sur la fin du huitième siècle.
î. Se permettre des inf délités , s'est s'exposer Tt de grands désordres. 2. Pourquoi tant de reserve ^iiand il s agit de servir u?t si grand maître f % Spyoyis généreux pour Dieu si nom voulons ressm-* tir les effets de sa Ukralité^
23 Avriî.
S. GEORGE, Martyr.
OEorge ètoit de Cappailoce. Il prît de boTi- "ne heure le parti des ai mes, et {parvint jusqu'à la charge de Tribun dans l'Armée de l'Emperenr Diocietien. Ce Prince le destinoit â de plws grands emplois lorsqu'il apprit qu'il étoit Chrétien. Il mit tout en usage pour l'engager à changer de religion; mais George demeura ferme et inébranlable. Il fut donc chargé de chaînes et mis dans une étroite prison. On lui roula une grosse pierre sur la poitrine: il fut mis îe lendemain dans une roue armée de pointes de fer, qui lui déchirèrent tout le corps. Pendant ce cruel supplice un îiomn)e plus brillant que le soleil se montra à lui et l'encouragea. Il demanda à être conduit au Temple: dès qu'il y fut il commanda au démon de déclarer s'il étoit le Dieu qu'il falloit adorer; l'esprit de ténèbres lui repondit que non: et à l'instant toutes les Idoles tombèrent, par terre. On traîna le S. MartjT au lieu du supplice où il fut décapité vers l'an 190. On le représente délivrant une fille d'un Dragon, pour marquer qu'il à purgé sa province de l'idolâtrie.
REFLEXIONS
1. Nous voudrions appartenir â Dieu pourvu quil ne nous en coûtât rien, 2. Est-ce ainsi que Je su s—Christ nous a aimé s"^ S. Aime^t'-on verita» hlement quand on ne veut rien faire pour celui quon aime^
24 AvriJ.
S, ROBERT, Abbé,
Robert naquît en Auvergne de paren s fort distingués. On remarqua en lui dès son enfance un grand amour pour la vertu et beaucoup de tendresse pour les pauvres. Quand il fut plus avancé en âge, il lavoit de ses propres mains leurs plaies et leurs ulcères et leur rendoit quelquefois la santé. Il fut élevé dans l'Eglise de S. Julien de Brioude, dont il fut ensuite Chanoine, Un jour un Soldat vint lui demander ce qu'il pourroit faire pour se sauver. Changez, lui dit-il, de rmiice, et embrassez ce!» le de Jesus-Christ. Volontiers^ répondit le Soldat, pourvu que ce soit en votre compagnie, ils prirent en effet des mesures pour se retirer dans quelque solitude. Il y avoit une Eglise à moitié ruinée dans un lieu désert, situé au Diocesse de Cîermont. 11* bâtirent une cabane avec des branches d'arbres et y vécurent tous deux dans un parfait oubli du monde, uniquement occupés de la prière et du travail. Quelques pauvres malades que S. Robert guérit et qu'il soulagea de ses aumônes, le firent connoître. Il lui vint plus de 300 Disciples auxquels il donna des Règles. Tel fut le commencement de l'Abbaye de la Chaise Dieu. S, Robert mourut verif
REFLEXIONS
1 . Les plus grands ohstacJes que fions trouvions à nous sauver viennent de tious. 2. i)n peut bien éviter le monde, mais o?i le retrouve par-tout, 3., On ne peut do?ic compter sur rien tant quon ne re^ non^e pas à soi-^nême.
S. MARC, Evangélîsté.
25 Avril
SAint Marc étoît de la Tribu de Levi. Samt i Epiphane dit qu'il fut un de ceux qui se sépa* rèrent de Jésus-Christ lorsqu'il dît aux Juifs qu'ils n'auroient point la vie en eux s'ils ne inangeoierrt sa chair; mais qu'il fut rappelé par S. Pierre et reçu au nombre des Disciples du Sauveur, après son Ascension. Il suivit le Prince des Apôtres à Rome. Voulant laisser aux Chrétiens un précis de ce qu'il leuravoit appris de la vie ét de la doctrine de Jesus-Christ, il écrivit son Evangile en latin: il partit ensuite pour l'Egypte. Après avoir prêché dans la Pentapole, il fut à Alexandrie où il convertit un grand nombre de Chrétiens. Il y fit bâtir une Eglise sous le nom de S. Pierre, qui vivoit encore. Cette Eglise étoit Patriarchaîe, et la première après celle de Rome, selon le Pape Gélase. Les Payens voyant leur Religion s'abolir, firent prendre S. Marc, lui attachèrent une corde au col, et l'ayant traîné par la ville, Tenferm rent dans une ètioite prison. Jesus-Christ lui apparut, et lui dit ces paroles: Marc, mon EvarigeUste, la paix soit avec vous. Le lendemain il fut traîné com- Tiie la veille, et il expira dans ce supplice. Venise qui possède son S. corps, I honore comme go a Patron.
REFLEXIONS
1. Bénissons mille fois le Seigneur de ce qii il nous a expliqué ses intentions. 2. Malheureux ce* lui qui sentirait du dégoût pour les livres Saints, 3* Pour les lire avec plus de goût, il faut être déter'» miné â en observer les maximes*
26 Avrih
SS. CLET, et MARCELLIN, Papes et Mart.
CLet, Romain, fut converti et baptisé par S, Pierre, qui, le fit ensuite Evêque et comme son Coadjuteur dans le gouvernement de l'Eglise, Après la mort de S. Pierre, S. Lin fat fait Pape, et après lai S. Clet. Ce fut lui qui partagea Rome en phisieurs Paroisses; il fut aussi le premier qui dans les Lettres i^postoliques usa de ces mots: Salut et Bénédiction Apostolique. 11 reçut la couronne du Martyre, apr^^s douze ans de Pontificat, pendant la persécution de DiocL tien.
S. Marcellin étoit aussi Romain: il succéda au Pape S. Caïus. Alors les Empereurs Diocletien et Maximien persécutoient cruellement TEglise. Marcellin fut pris et mené au Temple des faux dieux. La vue des supplices qu'on lui préparoit l'intimida • Il offrit de l'encens aux idoles. Déjà les Payens en triomphoient; mais Marcellin frappé de l'horreur de son crime, assembla un Concile et se reconnut devant les Evêquesindigne de gouverne? i'Eglise. C'est à vous, lui dirent-ils, de juger les autres et mus ne pouvez être jugé de personne. Sur îe champ Marcellin alla trouver l'Empereur et se déclara Chrétien, sur quoi il fut décapité, la neuvième année de son Pontificat»
REFLEXIONS
1. Le Juste tombe, jfàuf-il s*en étonner? il est îiomme* 2. Mais il est beau de se reconnoztre et de se relever, 3. Comment donc accorder dans la plupart tant dejbiblesse et tant de présomption f
Û*î Avr8*
S. ANTHIME, Evêque et Martyr. ;
ANthîme naquît à Nicomédie. La piété qui avoit éclaté dans sa conduite dès ses premières années, le fit juger àïgne du Sacerdoce. Il suc-' céda ensuite à Cyriiîe, Evêque de Nicomédie. Di-j ociétien & Maximien persècutoient alors TEglise.^ Anthime n'oublia rien pour affermir son Troupeau :, son zele fut bientôt recooipensé du Martyre. On envoya des Gardes pour le prendre: il les reçut chez lui, les régala de son mieux sans en cire con-i lîu; et leur ayant dit qui il étoit, il leur parla avec; tant d'onction, qu'il les convertit. Il auroit pu sau-; ver sa vie en faisant un léger mensonge; il ne vou-; lut point y consentir : mais il alla trouver l'Empereur, & brava ses menaces. On lui meurtrit la tê-^; te à coups de pierre, on le jetta sur des pots casses, on lui enfonça dans les talons de longues poin- ^tes de fer ardentes, on lui fit chausser des bottes de bronze qui sortoient d'un brasier ardent, on lui blûîa les côtés avec des torches: le S. Martyr; cliantoit au milieu de ces tourmens. Il fut renvoyé en prison chargé de chaînes: mais en chemin seS; fers se brisèrent, et ce miracle convertit ses gar-| des. L'Empereur vaincu par la constance d'Aiî-^ thime, lui fit trancher la tête. ^
REFLEXIONS
1. Qjie jamais aucun intérêt ne no7is fasue par* ] 1er contre la "vérité. 2. Souvenons-nous que notre , Dieu est le Dieu de vérité^ la vérité même, 3. Hé» las! on ne trouve plus dans tous les Hais qiCimpoê" ture çt dissiniidation^
2S Avril.
Stô. THEODORE Vierge et S. Dïdyme, Mart.
r^^Héodore vîvoit à Alexandrie d'une manière fore Chrétienne. Quelques jeunes gens furent épris de sa beauté, et la sollicitèrent souvent au mal; mais toujours sans efFet. Lassés de sa résistance, ils la déférèrent au Magistrat comme Cln*étienne. Le Juge n'ayant pu riea gagner sur elle, ni par prières, ni par menaces, Ja fit mettre dans un lieu infâme. Déjà plusieurs libertins .se preparoient à la deshonorer, lorsqu'un soldat nommé Didyme entra le pre* n)ier, La Sainte fut saisie de frayeur à la vue du danger; mais Didyme la rassura, et lui dit qu'il ne venoit pas pour la perdre, mais la délixter. Changeons^ ajouta-t-il^ et re"
fosez-vous sur moi du reste. La Sainte y consentit et se retira. Le Juge fut bientôt informé de son évasion. Il fit prendre Didyme et le condamna à avoir la tête tranchée comme Chrétien, Théodore accourut au h'eu du supplice, et soutint qu'elle seule devoit être exécutée. La . dispute fut longue; elle fut terminée à l'avantage des deux parties. Théodore et dyme furent couronnés du Martyre, l'an 303.
REFLEXIONS
1. Aimer jusquà donner sa vie pour ses amis y c^est ce que Jesus-Christ nous apprend. 2. Sacri» Jier Vamitié à un vil intérêt, cest ce que nous ap* prend le monde. 3. // n appartient quà la vertu de former de vrais ainis.
î29 Avril.
S. PIERRE, Martyr.
|j|îerre raquit à Véronne, l'an 1205, Ses p^*
reri& étoient Manichéens; mais kî jeune Pierre^
&ut se préserver de l'erreur au milieu de sa fa mil le: ii conserva aussi son innocence pendant ses étu des dans l'Université de Bologne, dont la jeunes se ctoit toute corrompucr Voyant tous les joursk croître le danger, il alla se jetter aux pied^; de Sj Dominique, qui le reçut dans son nouvel Ordre îi pratiqua pendant son Noviciat des austérités qui le rendirent dangereusement nnalade: il fallut met tre des bornes à sa ferveur. Après ses études, il fut employé à la prédication; il devint l'Apôtre de PI talie. Les liêritiques ne pouvant s'opposer au:^ progrès de son zele, employèrent l'artifice. Ua d'eux contrefit le malade et se présenta au Saint co!n;ne pour eu être guéri. S. Pierre le voyant, s-'écria Qj^ie Dieu vous rende malade si vous m trompez. A ces paroles 1 Hnposteur fut saisi d'un^ fièvre des plus ardentes; il se convertit: et le S. Î0 guérit. Aj/ant été fait inquisiteur général en Italie^ ii devint encore plus redoutable aux ennemis d^ l'Eglise. Deux d'entr'eux l'attendirent un jour efi chemin, et lui fendirent la tête d'un coup de hache, Ji e^q^ra en recitant le Syaibole, l'an 1252.
REFLEXIONS
1 . La grâce de la persévérance est lajpJi'S gran* de que Dieu puis se Jaire. 2. Si on pouvoit la r-Terp ter ce seroit par une détermination constante ai bien, 3. Craignons que Dieu ne nous purnsse de n<M, injldélités en se retirant à la mort.
Avril.
IZO
Ste. CATHERINE de Sienne, Vierge.
CAtherine naquit a Sienne l'an 134-7. A î âge de 18 ans elle fit vœa de virginité. Dès lors elle n'aiaici plas q je la prière et les nnortiiications. Cependant on pensa à l'établir; mais elle déclara hautement sa résolu tioD. La mère pour la distraire l'appliqua aux oflices de la niaison les plus pénibles; niais Catheriiic se fit comme une retraite au fond de son cœur, et ne perdit jamais Dieu de Tue, Ses austérités lui causèrent une dangereuse maladie, dont elle ne guérit que quand on lui eût permis d entrer dans le Tiers Ordre de S. Dominique» Alors elle ne mît plus de bornes à ses penitenceSo Dieu la récompensoit par de fréquentes visites; ce n'étoît tous les jours qu'extases et ravissemens. Un jour le Sauveur lui mit au doigt une riche bague qu'elle conserva toute sa vie. El'e scuiageoi-t. les pauvres, et leur rendoit toutes soricé de services avec une tendresse et une charité, merveilleuses. Une femine à qui un cancer avoit pourri le sein, et dont la Sainte avoit soin, calomnia indignement sa bienfaitrice. Ste. Catherine sentit quelque aversion pour elle; mais afin de se vaincre, elle appliqua sa bouche sur l'ulcère de cette malheureuse. L'iU lus;tre Epouse de Jebus-Christ mourut à Home Fan 1380,
REFLEXIONS
1. Quel bonheur pour une âme quand JehUf^-^ Christ veut hien hii serxir de maître! 2. La paro" le de r homme frappe V oreille sans aller au cœur. 3. Qna id dest Dieu qui parle, on eiv sent bientôt les
uo
î Maî,
S. JACQUES et S. PHILIPPE ApdtreâPI
Aînt Jacques naquît quelque temps avant Notr^ Seigneur. Sa vie fut toujours très-innocente. Il est nornmé le neuvième panni les Apôtres. Le Sauveur Tairnoit tellement, que les Disciples l'appelloient le frère de Jesus-Cîirist. Après l'Ascension, il fut fait Evêque de Jérusalem. Son zèle, soutenu d*un vie sainte et d'un grand nombre de miracles, peupla bientôt cette Eglise naissante. Il usoit d'une sage condescendance avec les Juifs, qui, quoique convertis, avoient encore quelque at-» tachement aux cérémonies de l'ancienne loi. Il en gagna par-U plusieurs à Jesus-Christ. Etant monté un jour sur la terrasse du Temple, et de là ayant prêché au peuple la divinité du fils de Dieu, quelques Pharisiens, transportés de fureur, montèrent et le précipitèrent en bas. Un foulon qui passoit, acheva de le tuer d'un coup de levier qu'il lui ouvrit la tête.
S. Philippe étoit natif de Bethsaïde. Dès que Jésus-Christ lui eut dit Suivez-moi, il s'attacha à lui, et ne l'abandonna plus. Ce fut à lui que le Sauveur s'adressa lorsqu'il voulut multiplier les pains. Le saint Apôtre, prêchant à Hiérapolis, fut pris par les Payens, qui l'ayant attaché à une Croix, l'assommèrent à coups de pierres,
REFLEXIONS
L Jésus-Christ nous appelle à S07i service, cont" ment repondons-nous à ses invitations, 2, Quelle ardeur quand il s'agit du monde I quelle indifféren' ce pour Jesus-Christ* S. Ah! Von ne comprend pas comhien il est doux de servir un si bon Maitre*
^ Mai.
Ul
S. ATHANASE, Evoque.
ATîianase naquît à Alexandrie vers l'an 294. La pénétration de son espnt et sa pieté écratf-rent dès sa jeunesse. S. Alexandre, Patriarche d'Alexandrie, le fit Prêtre, et se servit utilement de lui contre les Hérétiques. Le S. Patriarche étant mort, Athanase fut élu en sa place. Il passa six mois sans qu'on pût le trouver: il fut enfin découvert et placé sur le 2^. Siège de l'Eglise. Les Ariens, qui le regardoient comme leur plus grand ennemi, n'épargnèrent rien pour traverser son ordination : n'ayant pu réussir, ils ne cessèrent de l'accuser auprès de l'Empereur Constantin. Ce prince lui rendit justice en plus d'une occasion; mais enfin trompé par les artifices des hérétiques, il l'obligea de se trouver au concile de Tyr, composé de ses adversaires. îîs avoient suborné une courtisane, qui déposa qu' Athanase l'avoit déshonorée; cette colomnie et d'autres aussi atroces furent confondues: on ne laissa pas d'éxiîer le Saint pour des crimes supposés. Il fut rappelle-, et banni une seconde fois. Enfin après une vie remplie de traverseSy il mourut tranquille dans soa Eglise, i'aa 373.
RE FLEXION S
1. Un homme qui' aime Dieu est au-'dessiÂS de torit ce quon entreprend contre lui, 2. Il trouve m force et sa consolation dans son union avec le Sei'» gneiir, 3. Loin de craindre les persécntians, il fak ses délices de souffrir pour Jems-ChriU,
S Mal
Llnvention de la Sainte CROIX.
IE grand Constantin ayant remporte imer jjvictoîre mémorable sur le tyran Maxence eu vertu du Signe de la Croix, résolut d'abolir le Pa* ganisrne dans tout l'Empire. Il ordonna à Ma-r caire, Evêque de Jérusalem, de détruire les Temples que les Payens avoient élevés sur le sépulr dire du Sauveur, et d'en élever un magninque an vrai Dieu. Sainte Ht^Iene, mère de Constantin, quoique og^'e de 90, ans voulant présider à l'exécution, alla à Jérusalem; elle entreprit même d$ trouver la Croix du Sauveur, On creusa si avant qu'on découvrit le Saint S^'puîchre, et près de~là trois croix de même forme. Il falloit distinguer des autres celle de Jesus-Christ. On les appli-* qua donc toutes trois sur une femme qui se mouroit, et sur un corps mort. Dès qu'on leur eut appliqué la troisième, la femme fut guérie,* et 1^ mort ressuscita. Sainte Hélène fit bâtir un tem* pie à Jérusalem en Fbonneur de ce Bois précieux^ dont elle emporta près de la moitié à Constant!nople, et de ces deux villes, il en fut envoyé plu« sieurs morceaux à différentes Eglises.
REFLEXIONS
I. Honorons la Croix^ puisque c^'est par elle que nous avons été rachetés. 2. La Croix fait trembler le Dêm.on et le met en fuite. 3» Ne pas* sons jamais devant une Croix sans songer û ce guù Jesus^ChrisP à fait pour nous*
4 Maî.
Sainte MONIQUE.
SÂïnte Monique naquit dans une ville cV Afrique l'an 852. Sa vertu, son esprit et ses belles i îDanieres la rendirent chère à ses parens. Elle Fut i mariée a. un homme fort riche nommé Patrice, qui «toit encore pajen; elle eut beaucoup k soulîrir de ton humeur féroce et emporté; mais lorsqu'il étoit ^n colère, elle attendoit avec patience que l'orage fût passéj et lui disoit ensuite avec douceur ses raisons. Cette modération l'adoucit peu à peu, et Jes bons exemples de la Ste. firent sur lui tant d'impression, qu'il renonça à l'idolâtrie. Monique eut de son mariage plusieurs enfans, dont Taînè Augustin lui coûta bien des larmes. Ce jeune homïne, qui âvoit beaucoup d'esprit, donna aveuglément dans toutes sortes d'erreurs, et joignant à Terreur le libertinage, il se seroit perdu si Ste. Monique n'eût obtenu par ses larmes sa conversion. Ce fut à Milan qu'elle apprit cet heureux changement. Elle y étoit ailée pour savoir de ses nouvelles. Se voyant au comble de ses vœux, elle se mit en cliemin pour l'Afrique; mais elle mourut m y allant, l'an 387.
REFLEXIONS
1. Un mari emporté^ un Jils libertin^ quelle épreuve pour une mere chrétienne I 2. Que faire alors y sinon attendre de Dieu sa consolation. 3. Si vous espérez en lui, il ne manquera pas d'essuyer vos larmes^
lu
ê Mai.
S, PIE V, Pape.
Pie, Pape, cinquième de ce nom, naquît danf un Bourg du Milanais, l'an 1504. 11 n'avoit que 12 ans lorsque ses parens lui accordèrent Ja permission d'aller faire ses études chez les Religieux de S. Dominique. A l'âge de 15 ans il prit l'habit de cet Ordre. On jugea par les pro-. grès qu'il fit dans les sciences & dans la vertu, qu'il en seroit un jour la gloire, il fut d'abord Professeur, ensuite Supérieur dans plusieurs Couvens <St enfin Vicaire de l'Inquisition Générale. Le. Pape ayant connu son mérite, le fit successivement Evêque, Cardinal & Incjuisiteur Général. Pie IV étant mort, il eut les suffrages de tous les Cardinaux. Son élection fut universellement applaudie. L'Italie, la France, l'Allemagne & les Pays-Bas sentirent les effets de son zele. Il n'épargna jamais les trésors du S. Siège lorsqu'il fallut soulager les pauvres, combattre les hérétiques & les infidèles, ou envoyer des Missionnaires dans toutes les parties du monde La bataille de Lépante où les Turcs perdirent 30,000 hommes & 300 vaisseaux, fut due à ses troupes, & encore plus à ses prières.' Ce grand Pape mourut Tan
REFLEXIONS
ï . Avec la prière on ouvre le Ciel, on ferme Ven^ Jer, 2. Nous 7ie sommes si iwpajfaits^ que parce cjue nous ne savons pas prier, 3. En priant pour vons' même, n oubliez pas (es besoins de l'église de. Z'^tût*
6 Mai.
S. JEAN devant la Porte Latine.
FEan, îe Dfscîple lien iiUu^ ee J. C. après av-()ir étendu le' lliyauuie tk» sou IMiuire en Asie, avoit fixé sa dccieurê a Ephése, <k de-la û pourvoyoit aux bes{)ins des Eglises qu'il avoit fondées. Sa douceur 6c sa modestie lui ■i^r. Voient la vener£Hion de tout le • iiir Do-
mitien persecutoit aior;. : ...^is cruel-
lei'ïiciit (]Lîe ne l'avoit fak Néron, 8. Jean fut banni d'E})hè?e, & tnsiute envoy-é à Koiî^e chargé de iers. Doinitien voulut voir ce vénérable vieillard dont OB lui avoit souvent perlé, il tut fî-appé d'une cerlaîî'e nuîje>^tt qui éclatoit sur son visage; cependant il le condamna à ctre fVay^pe de verges, & jette dans une rh'u.dfere d'iroilc cjoui Hante. Après qu'on Teût mis tout en siing, on le plonge a -dans la cbau(]'ere: mais p-ar un prodige qui convertît piiiFieur--' o;-> ^- :arîs, Thuile se changea en un baume irrît ses plaies. L'Em-
pereur en fut e .;^;H;ne.. &: se contenta de
•reléguer le S, dans -i'i-ie.de Pathrnos. Tout ceci se passa devant urje des poitéi» de Rome, qu'oa appelloit la Porte Latine.
REFLEXIONS-
1 . La sainteté éclate par certains traits qui lui échappent Sf(/?dlajb}it respecter. 2, Beglons bien notre cœur. Sç notre extérieur s en resteutira, 3. Sans chercher, à être loué, on doit chercher â édifer.
H6 6 MaL
S. JEAN DAMASCENE.
L9An 676, ïean Damascene naquit à Damasi capitale de la Syrie, qui étoit alors soumifie aux Sarrasins. Il* fut très-estimé du calife, qui le fit gouverneur de Damas. Il n'accepta qu'avec peiné cette dignité; tous ses vœux tendoient k embrasser la vie monastique. L'empereur Léon persecutoit alors ceux de ses sujets qui rendoient honneur aux images. Le gouverneur de Damas écrivit de savans ouvrages pour défendre ce cuite, aussi ancien que l'égUse même. L'empereur, pour s'en venger, supposa une lettre par laquelle il paroissoit que le gouverneur tralussoit son prince: cette lettre fut envoyée au calife, qui sans vouloir même écouter le Saint, le condamna à avoir la main droite coupée, ce qui fut fait. Mais la Ste. Vierge qu'il invoqua avec une confiance -entière, rétablit la main de son serviteur <ians sou premier état. Ce prodige le justifia pleinement. Il obtint la permission de se retirer dans la solitude, et il continua à composer des ouvrages pleins de piété et d'onction, sur-tout en Thoniieur de Ja sainte Viei*ge. Il mourut l'an 770.
L Faisans quelque ^fiose pour Marie ^ elU ne se laisse point vaincre en générosité. 2. Plus son cul' te a d'ennemis y plus nous devons tramilier â Vcien' dre, 3. Jésus— Christ se tiendra fait pour lui y tout ce çue notre dévotion nous aura fait euireprendr^ pour elk*
7 STaî.
S, STANISLAS, Evêque et Martyr.
STanislas naquit en Pologne, proche Craco» vie, Tan 1030. Sa mère qui l'avoit obtenu du ciel après 30 ans de stérilité, Téleva avec soin dans la pieté. II alla faire ses études à Paris: son humilité lui fit refuser le titre de Docteur dans cette université. Il fut fait à son retour chanoine, et quelques années après evêque de Cracovie. Le diocesse changea de face sous la conduite d'un si saint pasteur. Bokslas II. regnoit alors en Pologne; c'étoit un prince impie et sans religion; mais dont personne n'osoît reprendre les excès. S. Stanislas fut le seul qui ne craignit point de lui représenter les suites du scandale qu'il donnoit. Le roi irrité de sa liberté, quoique respectueuse, résolut de le perdre. Il suscita quelques gentilshommes, qui l'accusèrent de retenir injustement une terre; Stanislas se justifia en ressuscitant celui de qui il Tavoit achetée, et qui rendit témoignage à la vérité. Boleslas envoya des assassins pour le tuer dans une cgîise; mais ces malheureux furent saisis de frayeur en y entrant Le roi y alla lui-même, et d'un coup de sabre l'étendit mort sur Taijtel où il disoit la Messej 3'an 1079.
REFLEXIONS
î . Rien ne doit intimider iin fidèle ministre^ quand il y va de la religion. 2. La cause de Dieu doit le ioucher plus que sa vie ou sa fortune, 3. Ou enseroit la religion^ si Ls ofCtres avaient tremblé devant les, tyrans f
8 MaL
S. PIERRE, Evêque.
Pierre naq^ait prè^ de Vienne en Dauphinê, Fan 1182. Ses parens lai inspirèrent dès i'en-| faace de grands sentii-nens de piété. Comme leu!?j rjiaisoa servoit de refuge aux pauvres et d'hospice' aux relig'ieax passant^ il s'aco-itumii à aimer ie^i uns et les autres. Il entra dans Tordre de Citea^îx. et y fit de teh progrès dans la vertu, qu'il* fut bient 't en état de conduire les autres. Il fut^ fait su pc rieur d'un- rnonastère. L'arc 1 v ê-: | ue d e*; Tarenîai^e avant été dep.-)>:è, Pierre fut élu à sa: place; il [allât an ordre exprès de ses gupérienrsr pour vaincre soa hu^nilité. Il travailla avec zèia^ a r jtbrtïiCr cette -gliac: tous les ans iî visitoit sorï; dîocèee à pied et a travers les rochers. Cooiiiie: il ne se noiirrissoit que de légumes, il îu? restoife ■ de q'502 distribuer de grandes aumônes; il iaisoife: quelquefois des rrâracles en faveur des paîrvres. U' nourrit dans un tems de fa-iiine 2.0(y^ f)ersonnes^ avec nu seul morceau de viande» Il îerinina de grands diférends survenus entre quekjues princes, Co-nme il venoit de réconcilier les rois de France et d'Angleterre, il mourut dans r.4bbaye de Belleveaux^ l'an 1275.
BEFLEX î ON S.
î. C^est heaueoup de vivre avec tout le monde dans une pnrfaife chante, 1!. Mais un ministre de Dieu doit travaiU 'r encore à rêcovcilier les enne», mis. 3. Son zèle doit lui fournir bien des moyens, d'crétablir la paix*
9 Mai,
S. GREGOIRE DE NAZIAKZE.
C"^ Régoire naquit près de Nazianze en Capa- 3rdoce, d'un père et d'une mère qui sont honores coiTime saints. Il fut envoyé à Athènes pour y faire ses études; ce fut là qu'il forma avec S. Basile cette amitié qui les uriit depuis si étroitement. Apï 3S ses études» il fut baptisé et ordon* né prêtre, par scn père, qui étoit alors évêque. Grégoire fat lui-même élevé à l'épiscopat, et prit soin de l'Eglise de Naziance. Il se retira après dans la solitude, où il vécut inconnu. Au bout de six ans les intérêts de l'Eglise l'appelèrent à Constantinople. Dans une apparition dont la sainte V^iergeT honora, il en reçut une plume d'or. Les évêques catholiques, témoins de son zèle, 1 élevèrent sur le siège patriarchal: il n'en fut que plus expo§é aux persécutions de ses ennemis, qui plus I d'une fois attentèrent à sa vie Le second concile universel s'étant tenu à Constantinople, Grégoire obtint des Pérès la permission de se retirer. Après avoir gouverné pendant quelques années l'église de Naziance, il alla à Ariante où il mourut, après avoir enrichi l 'Eglise de ses écrits et de ses vertus.
REFLEXIONS
1. Aj/ez des amh, mais ne les aimer, quep Dieu et que pour Dieu, 2. De telles amitiés loin de nous éloigne)- de lui, peuvent y conduire, 3. Dieti ne réprouve que les amitiés fondées sur la chair et les sens*
ISO
10 Mai.
S. ANTONIN, Evêque,
A Ntonin naquit à Florence fan Î389. îl s'ap* £3^pe*loit Antoine; la pe' inesse de ^^a t'-^jjîe hû fit donner le nom d'Antoisiiî. Son ardeur poiu'' Tetude, et eneore plu:=i sa vertu le rendirent recommandcible. li fui reçu dans Tordre de S. Dominique: bientôt on îc regarda comme un înaodèli; de perfection; il fut élevé aux premiers emplois; il ctoit vicaire général de la province, de Naples, lorsque le sicge de Florence venant a vaquer, Eugène IV crut ne pouvoir f^^ire un meilleur cliolx pour le remplir (|ue celui de S. Antouin: ses raisons et ses prières ne furent point écoutées, il fallut obéir. Cette nouvelle dignité ne servit qu'à relever Tcclat de ses vertus. Il donnoit aadisnce à toute heure surtout lorsqu'il s'figissoit des pauvres. Son «exactitude à assister à tout l'otEce de la cath-'Jî-a- ]e, mit la ferveur parmi les chanoines. Un lierctîque osant répandre dans Floî'ence ses erreiir, contre la ste. Vierge, le saint usa contre lui de toute la sévérité que lui inspirait son zèle; niàiî cet impie n'en ayant tenu aucun compte, les juge«! laïcs le condamnèrent à être brûlé. S. Antonio mourut l'an MSO. Il a laissé des ouvrages pleins d'une profonde érudition.
REFLEXIONS
1. Les paateurs ont en mnin le glaive spiriinel po ur CG m battre l 'm pieté, 2. Il êlas I i irreligion dei; chrétiens rend souvent les armer, inutiles, 3. L'iynpie levé hardiment la tête; mais attendons^ il sera confondu n
Il Mai.
S. Mx^YEUL, Abbe.
TL /TAyeul naquit l'an 996, d'un des plus rielles seigneurs de Provence. Ayaia perdii ses parens fori: jeune, il Q-rJ.)rassa i'état eccîesiasti(|'ie. Il alla^ étudier à Lyon, où il se f^t adajirer par sa vertu et son savoir, il fut fait arciiirliacre de l'église de Maçon, dont il étoit déjà chanoine. Comn-îe cette nouvelle dii^nité îe faisoit dispensateur des aumônes il les repandoit avec une telle profusion, qu'il étoit obligj^ de vendre jusqu'à ses habits pour acquitter ses dettes. De peur d'être élevé à l'épisconat il se retira dans Tabbaye de Ciuoi où hi discipline monastique fîeurissoit sous Armand, son troisi>-mc abbé. St. Jlayeul lui fut d'un grand secours d'ino la conduite du monastère, et fut ensuite son succèsî^eur. Sa réputation se repandit de tous côtés: plusieurs princes îe prièrent de venir mettre la reforme de Ciuni dans quelques abbayes de l'ordre de S. Benoît. 11 le fit en France et en Alleîna^îae; non sans de grandes coîjtradictions de la part des moines qu^il entreprenoit de réforînev. Tant de differens en^plois n'altérèrent jarnais son recueille.iient et snn liumiîiîé. Comme il t'toit en chemin pour reformer Tabbaye de S, Deiiis; il mourut à Souvigni, Fan 934^.
REFLEXIONS
1. Un supérieur vigilant épargne bien des faU" tes â ses inférieurs, 2. // est plus aisé de les main^ tenir dans le bien que de les y faire ^entrer, 3o Quun saint a à souifrir^ lorsque ceux quil goux)er* ne sont ennemis de la règle.
152 12 Maî. ^
S. EPIPHANE, Evêque-
EPiphane naquit proche Eîeutheropoîis de pa*i rens très-pauvres. Un juif l'adopta et îui ap- ; prit sa longue et sa religion. Mais apr^s la mort dece juif, Epiph ine ayant rencontré un saint reli-; gieux qui Tintruisit des Mystères du christianisme^' il se fît baptiser, donna tous ses biens aux pauvreset visita ies saints lieux. Les Gnostiques voulurent le gagner à leur parti, mais ce fut en vain; il écrivit; depuis contre eux et les représenta au naturel dans' son livre des lièrésies. Un solitaire lui ayant prédit qu'il seroit éveque de C'nipre, il s'embarqua pour se retirer plus loin; mais la tempête l ayanfe jeté dans l'ile mè ne qu'il évitoit, il trouva des évê- j qu,es assembl as [)0ur une élection, et ce fut loi qu'on' élut. Comme il abordoit à Chypre des marchants" de tous les pays, son diocèse ne proiita pas seul des lumières d'un si saint pasteur. Il eut de grands • démêlés avec les partisans d'Origène: quelqu'un lui ayant persuadé que S. Jean Chrysostôme les' Boutenoit, il ne voulut plus avoir de communion; avec lui; mais il reconnut bientôt l'artifice de ceux : qui avoient calomniL^ce saint patriarche. St. Epi«ï phàne mourut l'an 4?03,
REFLEXIONS
1 . La Providence est admirable dans ses desseiîis' et dans la ntaniére de les conduire, 2. Nous for» mons des projets; mais il nen sera que ce que ï)ieu voudra. 3. Quelles que soient rwsvueSf soumettons les toiijoiiTs à celles de Dieu*
13 Mai,
S. JEAN le Silenclaire, Evcque.
SAint Jean surnommé le SHencialre A cause du silenciî qu'il garda plusieurs anrî^^e:^ naquit à Nicopole en Arménie, l'an 45-1^. Ses parens lui Ic^issèrent de grcind;-; biens en Lîîoiirrant; il ies eni- ! ploya à faire batlr une éa-iise en 1 Ivjnnear de la I ste. Vierge; ensuite il fondit un monastère, o^î il. se retira avec dix personsie^ qu'il conduisit pendant '20 ans en qualité d'abb-'. Leveavie de Coloînnie étant mort, les vœux da clergé'' et du peuple furent tous pour le abl}e que sa vertu avoit rendu célèbre. Il accepta répiseopat par obéissance; mais iHx ans après il se doroba secret en?ent, ; alla à Jéru^^ale^n, et y choi^^f• un h5f}îtai pour sa S demeure. Un jour qu'il prioii Diou de loi découvrir sa volontK-^, îl aperçut une étoile eii foi one de croix, et entendit une voix (|ui loi disoit de la suivre. E!le le conduisit au njonastère de S. Sabas, qui l'exerça dans les offices les pli\s I) o m i liants et les plus p-^nibles. S. Sabas, ch;5rn»'^ de la vertu de son disciple, le mena à révè(|ue de Jérusalem I pour qu'il l'ordonnât prêtre; car il ne le conooissoit pas. S, Jean fut ^'onc obligé de dire {]ui il étoit, et s'en retourna ensuite dans un désert où il vécut 50 ans, îl mourut l'an 553.
REFLEXIONS
1. On fait him de^ fautes quand on ne soit pas taire, 2. // est plus aise de rien dire que de ne pas pécher en pari an [■ heancoup. 3, Cest dans le silcrz^ re ça on trouve Dieu.
14 Mal.
S. PACOME, Abbé- |i|
P Aconie naquit Fan 278, dans îa tiaute The» baïde, de parent idolâtres. Dés son enfance il eut une telle aversion pour le culte des faux Dieux que son estomac ne pouvoit souffi-ir le vin qui leur a voit été offert. II prit à 20 ans le parti cie:^ armes. Etant en voyage, & entrant dans uneville de la Tlièbaïde, ies habitans qui étoient dire*» tiens, le reçurent avec une libéralité & un empresseiTient, qtii lui fît juger (ju'une religion qui inspiroît de tels senlimens étoft la vraie; il Tembrassa, se fit baptiser, & quelque terns après iî se sentitînspih d'aller trouver un saint hermke nommé Palénmn, qui le reçut pour son disciple & l'éprouva par beaucoup de rigueur. Il [e farsoit prier &• travailler tout le jour, Si ne lui donnoit qu'un peu de pain Sz de sel sur le soir. Etant allé dans un désert nommé Tabenne, un ange kii apparut, lui ordonna de rester dans ce lieu, & lui mit entre les mains les règles que doivent suivre tes religieux dont il alioit être le patriarche. En efFet il en eut bientôt plus de cent sous sa conduite, il fut obligé de bâtir plusieurs monastères, & après les avoir gouvernés pendant 85 ans, il mourut coniblé de mérites l'an SiS*
REFI.EXIONS.
î, La vraie charité est rouvrage de J. C. 8^ de son Evangile.. 2. Montrons par cette vertu que nous sommes de vrais Chrétiens. 3. Les dissen» sions qui régnent parmi mus, dèsharwrent en qiwh fue sarte îa ReUgian^
15 M ai.
St<^. DENISE, S. PAUL, &c. INJartyrs.
PEndant la pers-ecution de D(>ce, trois cliretieiis de Lampsaque, nommés. NicoiTiaque, Paui & André furent dits devant le prouonsid. Nicomaque n'attendir pas qu'on rinteno^tât pour confesser sa foi. li fut aussii-ot èttndu sur le chevalet; I mais un moment après le courage lui manquant; il j protesta qu'il avoir toujours adoré les Dieux de l'emi pereur. Une jeune fille noinmé Denise se trouvant jîà l'exhorta, mais en vain, à persévérer. Le mali lieureux fut relâché et expira presque sur îe-chan:p. Pour ce qui est de Denise on la prit elîe-mème, .et on îa livra à de jeunes débauchés; mais une lu^ tnière céleste qui 1 environna les étonna tellement, i qu'ils se jetèrent à ses pieds et se convertirent. Pendant qu'on la gardoit en prison, on mena Paul •et André au supplice. Après avoir été bâtonnés, ils fièrent assomés à coups de pierres. Ste. Deni- ; fie ayant su ce qui se |>a£soit s'échappa d'entre ites mains de ses gardiens, et courut «u lieu ou étoient les corps des S. martyrs, elle se jeta sur jCux, et les embrassant, elle s'écria: Glorieux mar» t^rs de Jesus-Christ.je suis chretierme comme xousy \jç dois mourir comme ions. Cette action fut rap- } portée au proconsul, qui condamna la Sainte à être décapitée l'an 253.
REFLEXIONS
i î. Qnand on aime Dieti, on est sensiMe aux ou-' trages que iui font les pécheurs, % L'aimez-vous, mus qui contribmz si souvent ù le faire offenser'^ 3, On est bien malheureux fjuand. outre ses puhh, on S€ rend coupable de ceux des autres.
16 Mai.
S. HONORÉ, Evêquc.
"^^Onoré naquit vers l'en 580, daiis le Pon- ^ ^ thicu. L ctudo A kl nricre occupèi eut «es I(>>'cs.annès, il y ajouta daus la suite de très-rudes p<2iiîtences. AyaiU chc-ir^i l'état eccléb-iastique, il fuî l'îdîTiis dans le clergé d'Aîiiiens, c% (juoique par liu milite il eût bien voulvi rester dans Igk ordres ini -rieurs, il fut ordonné Prêtre. Il fit dè.s-Iorfe Tad^niraiion de toute ia ville. li pas?oit les jours ou à l'église devant les Autels, ou dans les hôpitaux à consoler les malades. Ayant succ^^dé à ]'évè;|ne d Aîrîien.-;^ il Ht la visite de tout son diocèse, & i éibrœa josqirjiiJ! moindres abus. Les corps des 88. martyrs Fuscienj Victoire & Gentien lurent découverts de son tems. Il les transporta dans son ( glise a la tète du clergé' avec une dévotion angvlique. Il disoit la Messe tout les jours. Une foi^; qu i! eroit sur le point de communier, il vit J. C. qui prit lui-même la Ste. Hostie, &. la lui présenta. Il rD><urat en visitant son troupeau. Une ai^euse sU i'iHu- causée par la sécheresse, udsoit craindre à la Picardie une longue flrinine^ dès qu'on eut porté le corps de S. Honoré hors des murs d'Amieuh. le Ciel se couvrit de nuages, &: il tomba une piuie d-. boudante.
REFLEXIONS
î. Respectons les reliques des saints 4* contribi ons de tout notre pouvoir à les honorer. 2. On él ve de sitperhei rnamolées a la gloire des héros pr fanes, 3. Doit-on moins à la mémoire des ghi Tcux chr étions qui ont signé leur Joi de leur sang
17 Mai.
S. TORPEZ, MarUT.
yS'^Orpez étoit d'une illustre famille: il s'attacha à la cour de l'Enipereur N( ron. Ce l'ut là •quîi coivnut S. Paul; car l'Apôtre des Gentils étant venu à Rome, Torpez à qui Dieu avoit donné un grand penckant pour la vertu, voulut î'entretènir. 11 profita si bien de ses instructions , quayant renonce à ridolâtrie, il devint un serviteur cliretien. Néron ne fut pas longtems sans être informé de ce cliangement, ; il entra dans une grande fureur -contre Torpez, & voulut riiitimider par d'horribles menaces; niais ses menaces t tant inutiles, il ordonna qu'il fut attache à une colonne, & déchirv- à coups de fouets. Fendant qnon exécutoit des ordres si barbares, la cobr.ne tomba & écrasa par sa chute un des olficiers de ]'en]pereur, sans faire aucun mal au S. maityr» Le fils de cet officier, que ia m-ort de son pere avoit rersdu furieux, obtint que Torpez fut attaché à une roue pour être mis en pièces. On Texposa ensuite aux bc'tes féroces pour en être devcré, mais elles le respect rent. il eut enfin la tête tranch» e. Soiïi corps fut depuis transporté à Pise en Toscane.
1. Vamom^ divin avoit plus de pouvoir sur h cœur des warli/rs, que les toiirreaux nen avaient mr leurs corps. 2. Ces généreux athlètes ne crai" gnoient rien tant que d'écliapper au supplice, 3. Ih reccvoient comme une grâce le coup qui consûmrnoiê leur sacrifice*
158 ÎB Mai- -M
ê. FEUX de Cantalice. 'mÊ
Elix naquit l'an 1516, a Cantalice^ petit vïU f lage en Onibrie. A l'âge de 12 ans ii fut mis au service d'un gentilhomaje qui lui donna ses troupeaux à garder; il les abàndonnoit quelquefois, au soin de la providence, pour assistera ia Messe, et jamiis il n'eut sujet de s'en repentir. EtantJ devenu plus robuste il mena la charrue. Un jour' deux bœufs qu'il domptoit étant devenus tout-^ à-coup furieux, lui passèrent sur le corps. Diea:>' permit qu'il ne lui en arrivât aucun mal. ConiJ me il y avoit déjà du tems qu'il se sentoit ap-| pelé "a 1 ordre des Capucins, ii crut que ce mi-i racle etoit un avis que Dieu lui donnoit de ne! plus différer; il y entra et fut admis au rang des' îVeres laïcs, on crut voir revivre en lui le gr<n)d; Saint François, tant étoit grande sa mcrtincalioni et sa dévotion. Il fut fait quêteur, et s'ac(|uitta de cet emploi pendant 40 ans au grand avantage de la coîiiinunauté, et avec édification pour les séculiers, à qui il parloit toujours de Dieu, îi s'appelloit par humiiite l'âne du monastère. Sa dévotion envers Marie le rend(/it éloquent lorsqu'il parloit d'elle, il mourut à Rome l'an 1587.
REFLEXIONS
î. Le savant s'enfle de sa science^ le philosophe Jaii parade d'une vaine sage.'^se. 2. Les <^rands de la terre mettent tonte leur gloire dans le Jaûe qui le^ environne. S. Faibles avantages avec lesquels ils se danuierd, tandis que l'homme pauvre et sini' pie de cœur, chéri de Dieu et des anges , mérite une félicité éternelle»
19 Mai.
S. YVES, Confesseur.
YVes naquit Fan 1252 proche Treguîer en basse-Bretagne, d'uiie famille très-diftinguée. Dès i'-ge de 7 i^ns il rit paroilre tant de piété qaon rappelloit partout le petit Ange. Les tems de récréation qu'on lui accordoit, il le? passoit a lire In vie des Sts. Il étudia la philosophie, la théologie et le droit canon à Paris, et ensuite le droit civil a Orléans. î) sut conserver son innocence au milieu d'une jeunesse corro'Tïpue. . Ayant "en-sbrassè l'état ecclesiarque, il fut fait , ofSciai de Rennes et ensuite de Tréguier, ce qu'il accepta pour avoir occasion de rendre justice aux pauvres, aux veuves et aux orplîelins. Souvent il se faisoit leur avocat, & phiidoit si bien leur cause, et avec tant de droiture, (|ue la partie adverse se desirtoit d'elleînOnie de ses prétention:^. On lui donna la cure de Loanec, mais tout son revenu etoit pour Ics^ pauvres. Après avoir pourvu à leurs besoins temporels, il annonçoit au peuple la pnreie de Dieu. Apr?'s le sermon il confessoit & Ton voyoit ses penitens fondre en larmes. Usé de travaux & d'austérités, il naourut a l'âge de 50 ans,
1. Jujreset Magistrats, vous gne Bum afaît les dépositaires de son aidordê^ rendez la jiutice à qui elle appartient, sans dislinction de pauvre ni de ri* che.2. Ilêlasf le riche triomphe souvent maigre Vinjustice de sa cause, 3. Le paume se Doit arracher ses biens par les voies même qui dévoient Lui en aS" mrer la possession.
S. BERNARDIN de Sienne, Coîifessew.
BErnardin naquit, l'an 1388, dans l'état de Sienne d'une famille très-^il lustre. Il'eut dè& son enfltnce une tendre dévotion pour la Ste. Vierge, et tâcha de m . riter sa faveur par la candeur et: Finnocence de ses mœurs. I>ès que ses compagnons le voyoient, ils sed isoient, Voici Rernardïiu. ne disant rien (pu puisse- le faire ro?/p;ir, 11 fit degvmâ^ progrès dans ses études de tli -clogie et de drait. La peste désolant la ville de Sienne, il se li° vra tout entier au service des malades, et. le devint îuî-nA.ne. Ayant été guéri par S François (]\n îo.i apparut, il entra chez les. religieux d?. fetroite- 0')servance. Ses sup rieurs l'occupèrent .i la pré». dicatioîî, et Bernardin s'en acquitta en apôtre avec un fruit incroyable. En moins de dix ans la réformation des \nœars fut générale dans les premières' villes d'îtaîie, aussi prechoiî-il beaucoup plus d'exeaipleque de paroles. Ses aast riîés étoient près» que excessives; ciliée, j-enne, disci})iines, veilles, il mettoit tout en usage pour se roortifier. Son huniilit -^ lui fit refuser jusqu'à trois fois répiscopat., V' fut envoyé pour être gardien du couvent de Béthîéevn. Les besoins de l'Europe le rapelerent bientôt. Après une vie si laborieuse il mourut à Aqai-% 1^ Tan li4^. .
L La comrpfion du siècle est grande, 2. Desà^ Venfance on s'accoutwme à ne roujrir de rien. S. Ck vous, que la candeur de votre âge doitrendre si chers à Jésus et à Marie, ^fermez vos oreilles â toui^^ parole dhhonnéte ou équivoque !
21 Mai. 161 S. HOSPICE, Confesseur.
Ef^Ospice étoit François: ayant entendu parler l^des solitaires d'Egypte, il alla les visiter, et après avoir appris d'eux la science du *!uut, il revint en France. Il trouva une vielle tour sur les côtes de Provence, où il se renferma. Il se chargea le corps de cliaînes pesantes; et mit pardessus un rude cilice. Il passoit quelque > heures â faire des paniers, et le reste du tems il s'occupoit de la prière- Les macé rations allèrent si loin, que son corps n'ctoit que plaies et que pourriture; les vers mêmes s'y mirent. Il prédit l'irruption des Lombards en France, aan que les peuples sy precautio- Bassent. Ces barbares se répandirent en effet dans le pays: quelques uns d'eux entrèrent dans la tour de saint Hospicé, et voyant ses chaînes ils le prirent pour un criminel et le chargèrent d'injures: un d'entre eux se preparoit à lui fendre la têle d'un coup de sabre, mais son bras devint immobile, & le S. le guérit avec le signe de la croix. S» lîospice fit encore plusieurs autres miracles qui le firent passer pour un Thaumaturge. Apr ' s avoir vécu, ainsi pendant 15 ans, il rnourut l'an 581.
REFLEXIONS
1. Ne jugeons témérairement de peisonne; il est treS'-aisé de'^e tromper lors^juvri prononce hardi* ment sur quelques apparences, 2. Qui .sommes-^ nous pour décider du mérite d' autrui ? 3. Tel dont nous condamnons la conduite est un saint- qui nous Jugera peut-^tre nom^mêmes^
4ll
im 22 Mai.
Ste. JULIE, Vierge et Martyre.
Julie étoit de Cartbage, et cVune naissance Jflastre. Genseric, roi des Vandales, ayant pris cette ville, y commit des desordres aiïVeux, Il priva de leurs biens les plus riches citoyens^ & les livra eax-mômes à des marchands d'e?3c]aves. Sainte Jalie fut vendue à un payen nommé Eusebe qui la mena en Syrie, Elle remplit avec iiuïnilité les devoirs d'une condition si indigne d'elle. Son maître allant trafiquer dans les Gaules, vou-: hît qu'elle fut du voyage. Il débarqua dans Tisle de Corfou, où Ton celebroit une grande Fête en l'honneur des Dieux, Julie se retira dans Je vaisseau sans vouloir paroHre. Le gouverneur apprertant qu'Eusebe avoit une esclave chrétienne, l'acheta Jans la vue seule de lui faire changer de religion. Il promit à Julie la liberté avec un parti digne de son mérite. La sainte lui repondit qu'elle servoit Jesus-Christ. Le gouverneur irrité de i ette réponse, la fit soufFietter, ensuite suspentlre par les cheveux, et fouetter avec une cruîiuté inouïe. Enfin comme elle persistoit à confesser J(?.>;us-Christ elle fut condamnée à expirer sur une croix, l'an 440.
RE FLEXIONS
1 . La vraie grayideur de Vhomme ne dépend point du ra?i^ quil occupe, 2. Celui-^ci, sous la pourpre^ 7i'a que des sentimens bas et rampans^ il est rescia'- ^ e de ses passions, 3. Celui-là, au contraij'ey dans le sein de la misère, jouit de cette heureuse liberté^ qui consiste à ne dépendre ni du monde ni de ses €apricesp mais de Dieu seul.