S. ANTOINE DE PADOUE
ANtoine de Padoue naquit k Lisbonne Van 1 185." Il fut élevé par les chanoines de cette viile qui vlvoient en communauté. A i'^^ge de 15 aos il entra chez les chanoines réguliers et y deme?jra 9 ans. Ayant vu. arriver les corps de cinq religieux franciscains que ies Maures avoient massacrés en haine dô la Foi, il deinanda instamment îa permission d'entrer dans Tordre de S. François & lobtint. Le désir qu'il avoit de répandre son sang pour J. C. le faisoit soupirer après la misîion d'Afrique: on lui permit de s'embarquer, mais une violente maladie Tobligea de repasser en Europe. II y travailla à la conversion des hérétiques. Four vaincre ro[)iniàtreté d'un sectaire qui nioit la présence de J. C. dans 1 Eucharistie, il obtint de..Dieu qu'une mule affamée quittât sa nourriture pour se prosterner devant le S. Sacrement. Il ressuscita un homme qui avoit été assassiné, & qui rendit tôîîîoignage â Tinnocence du père de notre Saint qu'on accusoit de ce meurtre. Les miracles enfin sembloient ne lui coûter qu'une parole. Il fut apperçu un jour ayant l'Enfant Jésus entre ses bras. Ce fut à Padoue que le serviteur de Dieu finit se^ jours fan 12SL
IIEFLEXÎONS.
1. Si Ton avoit de la foi pourroit-^on s ennuyer au pied des Autels? 2. Quel plaisir pour une ame jîdelle de pouvoir entretenir son hien-^imé ! Quelles délices surtout de pouvoir se nourrir du Fain des Anges!
180 ' U Juiïî- I
S. BASILE le Grand, Ev. & Docteur de l'ÊgliseJ
B Asile naquit à Cesarèe en Cappadoce l'an Dès sa jeunesse on conçut de lui des grandes espérances. Après avoir fait ses études à Constantinople iî alla se perfectionner à Athènes où il lia une étroite amitié avec S. Grégoire de Nazi:*, anze. Basile aimoit la gloire et recevoit avec plaisir les applaudissemens, mais touché des exhortations de sa sœur Ste. Macrine, il renonça au monde, et visita les solitaires de la Palestine: il revint â Cesarée dont il fut fait évêque comme malgré lui.. 11 s'appliqua alors à combattre les Ariens. L'Empereur Valens qui les protegeoit voulut envoyer S*. Basile en exil, mais la plume se rompit jusqu'à trois fois entre ses mains lorsqu'il fallut signer l'arrêt de son bannissement. Le St. évêque fit plusieurs miracles. Il obligea le démon de rendre une cedule par laquelle un malheureux s'étoit livré a cet esprit de ténèbres. U assembla des religieux auxquels il donna des règles qui se sont conservée* Jusqu'à nous, aussi bien que d'^autres savans ouvrages sur la Religion qui ont fait donner à ce Saint Docteur le liom de Grand. 11 mourut Tan 379.
* REFLEXIONS
1 . On se jait gloire de savoir des choses q^d dansle fond sont bien inutiles. 2. Connoître Dieu 4' apprendre à lui flaire^ cest la science des sciences* 3. // vous jugertty non sur ce qu^ vous aurez sUf mais sur ce que vous aurez Jait pour luL
15 Juin.
i SS. VIT, MoPESTE et Crescence Martyrs.
Vit était Silicîen. Son précepteur Modeste l'éleva dans la Religion Chrétienne à l'iascu de son père. Ce Seigneur qui étoit Pajxni étant yenu à le savoir, conjura son fils de ne pas se periîre en suivant une religion proscrite dans l'empire. Le saiiit jeune homme Técouta re^spectueuseuient et demeura ferme. Peu de temps aî)rès il fut cité devant le tribunal du Gouverneur V^alerien, qui l'ayant trouvé inébranlable, le fit fouetter cruellement et tourmenter sur le chevalet : les bourreaux sentirent tout à coup leurs nîembres per« dus, et la main de Valerien se dessécha; le saint la guérit au nom de Jesus-Cbrist. Il fut rendu à son père qui ajant perdu la vue par une punition de Dieu, la recouvra par les prières de ce même fils. S. Vit se retira avec S. Mo« deste en Lucanie chez un chrétien nommé Crescence. L'Empereur les fit venir tous trois pour délivrer son fils d'un démon qui le tcurmentoit» Ils l'en délivrèrent. Ce bon ofEce n'empêcha pas qu'ils ne fassent emprisonnés, déchirés, jettés au feu, exposés aux betes; mais Dieu les pro« tegei visiblement. Après tant de combats, iîa prièî'ent le Seigneur de les retirer de ce monde, & a l'instant ils expirèrent l'an 300.
RE FLEXION S
f . 1. Ne faisons le bien que paur Dteu^ parce qm Dieu seul peut nous recompenser, 2. Les hommes ne payent souvent nés services que d'incrratitude, 3y Au reste que pouvons-nous attendre d'eux qui ap^^ proche de ce que Dieu nous promet?
16 Juin.
S. CYR et Ste, JULITTE Mart. IH
JUlitte étoit d'Icone en Lycaonie d'une îamiIlJ[ très-distinguée. Elie n'eut qu'un fils de son niariage; il se nomnoit Cyr. A peine corn mença-t-ii à bégayer qu'elle lui apprit à dire qu'il ètoit chrétien. Il avoit trois ans lorsque la persécution obligea cette Ste. mère à prendre la fuite, plutôt pour soustraire son fiis aux payens, que par la crainte des tourments. Après avoir erré longtems, elle arriva a Tarse en Ciîicie. Dès qu'elle y fut, le gouverneur Alexandre la fit arrêter; et après avoir employé inutilement les promesses et les menaces, il ordonna qu'on la mît à la torture. On lui arrache son fiis, on décharge sur elle une grêle de coups, on la déchire jusqu'aux entrailles avec des ongles de fer, on verse sur ses plaies de la poix bouillante. Pendant ce tems-là le tyran charmé de la beauté du jeune Cyr, le prend et l'embrasse. Mais le S,, enfant regardant sa mère s'écrie qu'il est chrétien, Alexandre le prend de rage par un pied et le jette contre les degrés de son tribunal. S. Cyr en eut la tête brise. Pour sa mère elie fut décapitée. Oa les honore l'un et l'autre en plusieurs villes ^de France, et surtout à Nevers dont la Cathédrale a pris S. Cyr pour son Patron.
REFLEXIONS
1. Les parens sont bien cotfpnhles de négliger a gui regarde le salut de leurs ei\fans, 2. On letir ajx prend toute autre chose cjua louer et a aimer le Crêà teur, S. Comment leur apprendroient-ils ce qnih auvent si peu eux-mêmes f .
17 Jwn.
S. AVY, Abbé,
AVy naquit dans la Beausse d'un pauvre labojvreiir, vers. la nn du 5^. siècle. Aiunioment (ie «a naissance là maison fut remplie d'une lumière l|miraculease. Avy ayant un jour vu des religieux,, eut envie d'embrasser leur état. 11 fut reçu dans, ■l'abbaye de Micy proche Orléans, Il y fut regardé comme un stupide et le S. se pîaisoit à, être tour- Ke en ridicule; mais S. Maximin ou Mesmm c|ui en étoit abbé, en jugea autrement. Plein d'estime pour sâ vertu, il le lit économe. Avy sortit du mo-^ nastère et alla se cacher dans une foret pour ne vaquer qu'i la prière. Il n^e vivoit que de feuilles d'arbre et de quelques racines aiuères. On le clicsrcha après la iBort de S. xMesmin. et on le t trouva. L'évêcf ie d'Orléans lui commanda de prendre la conduite de l'abbaye, il obéit; mais que]{jue tems après il alla encore se renfermer dans une solitude du Perche, Un porclier, muet de naissance, rencontra le S. qui lui d^^lia la langue. Ce mira-» de le Fît découvrir. On accourut à lui de toutes parts: Il rendit ia vue à un aveugle, ressuscita un mort. Ennn Fan 520, il mourut saintement dans ΀ monastère de Micy^ où tous les ans il allait pas^ ser quelques jaui's.
EEFLEXÎONS.
î. La sfig€' simplicité du chrétien est irne folie pour les mondains, 2. C'estnimiimelemond^inê^ prise ceux que Dieu juge digjjes de son amour, 3»
O! heureuse simplicité^ 'préférable à la vaine poliU»
pie du sieck^^
18 Juin.
Ste. MARINE, Vierge.
^/|" Arine naquit à Alexandrie. Son père Tayj YJ^ ant Confiée à un de ses parens, se retira dcins un monastère. Cependant le souvenir decette fille rinqai^toit. L'abbé lui demanda cç qui le rendoit triste: S ai laisse, repondit-il, enfant dans le monde^ je crains qu il ne. se damne. Faites-le venir, dit î'abbé, croyant que c'étoit un garçon. Le p'-re va donc chercher Ma» rine, la déguise, lui recommaude le secret, la présente ii l'abbé qui la nîçoit au nombre des religieux sous le nom de frère Marin. Sa vertu la lit considérer de tous les moines et ï'a!)be dont elle eut la c;)nfiance. On Fenroya à la ville pour les provisions. Ce fut à l'occasion d'un de ces voya2;es qu'une fille de mauvaise vie accusa frère Marin de l'avoir de.ihomorée. On crut coupable le prétendu frère; il fut chassé honteusement sans qu il dit rien pour se justifier. Après deux ans de la plus rude pénitence, Marine rentra dans le monastère: elle y eut beaucoup à souilrir. Elle mourut enfla de misère. L^abbé donna ordre qu'on lavât soa corps pour l'ensevelir. Ce fut alors, mais trop tard, qu'on reconnut rinnocenue de cette épouse de Jesus-Christ»
REFLEXIONS
1 . Dicv. conduit ses élus au même terme par dif- Jerens cherains, 2. C'ed à nous de suivre la route (^'te son doigt nous a trace ^ 3, On ne craint point de s'égarer quand on a un si bon guide^
19 Juin.
S. GERVAÏS & S. PROTAIS, Martyrs.
Ervais & Frotais frères, naquirent à Mi- ^ lan le lïîêine jour. Leur père et leur nu-te perdirent la vie pour la foi de Jesus-Clirist. Gervais et Frotais vendirent les grands biens qu'ils possédaient, en distribuèrent Targent aux pauvres et [irtsscrent 10 ans dans la retraite et dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Le comte Astase passant par Milan pour aller combattre les Marcornans, les prêtres des idoles lui dirent qu'il perdroit la bataille s'il n'cbligeoit les deux frères Gervals et Protais à sacrifier aux Dieux. Il les fit donc venir tous deux. Gervais qui fut le l^r. interrogé, lui repondit courageusement qu'il n'aderoit jamais la pierre. Sur cela il fut frappé avec des fooets garnis de plomb jusqu'à ce qu'il expirât. Protais ajant parlé avec la même fermeté, fut rudement bastonné, *^ enfin dccapité. Un saint chrétien les enterra en secret, ils apparurent trois cens ans après à , S. Ambroise, et lui découvrirent le lieu de leur sépulture Le Saint leva leurs corps avec beau- Xîoup d'ap[!areil, ii se fit de grands miracles dans cette trandatiouo
REFLEXIONS
1. Puisqtfe le Dieu que nous servons est immua» hle^ ne changeons point à son égard, 2. Si nous T ai-' inons sincèrement, rien ne pourra nous séparer de lui. 3. Quelques momens de soujf'rances esi-^e trop Mcheier un bonheur éternel?
^0 Juin,
S. SÎLVERE, Pape et lUnyt.
**W" E Pape S. Agapet 1 . que Theodat, roi Ûe9 J^jGolIis, avoit obligé d aller trouver i'eiïspereui* à Constantinople, y étant raort i'tin 536 on iui donna pour successeur Sylvere, horume jusqu'à^ lors d'une vi-e peu édifiante; mais dès qu'il se vit élevé sur le S» siège, il fit paroître tant de zele et de vertu, qu'il fut regardé conim^ un des plus grands papes. L'impératrice Théodorat lui lieîuanda le rétablissement de riiéritique Anthyme sur îe sitîge de Constantinople, ce que le S. pape refusa. Ses ennemis voulant le perdre, montrereiit à Bé*îisaire des lettres contrefaites par lesquelles Sylvere promettoit de livrer Rome aux Goths. H fut exilé a Patare en Licie. L evêque du lieu alla trouver lempereur Justinien et le convinquit de l'innocence du S. Ce prince lui permit de i^etourîier en Italie: mais l'antipape Vigile fit tant auprès de Béh'saire, que S. Sylvere lui fut abandonné; il l'envoya dans l'isie de Palmyre. Une injustice si criante fit gemif tous les gens de bien. Le 8, pontife étoit le seul qui triompkoit de se voir persécuté pour la cause de Dieu. 14 mourut dans son exil de faim et de misère l'an 549.
REFLEXIONS
1 • Quelle funeste indiffêren-ce r-egne atijourahin en matière de reli^um ! 2. Ce que l'etaôlis&emeni de la religion a coûté à Jesus-Chrlst et aux saints devroic nous intéresser pour elle, S. Ne ser-cons^ nous pas le même Dieu pour qui tant de Martyn ^ni 'oersé leur sang?
Hf
51 Juin. , 193