‹ Abrégé de la vie des saintsChapitre 16 sur 34 · LOUIS DE GONZAGUE · texte numérisé non relu

LOUIS DE GONZAGUE

LOuis de Gonzagqe «toit <le Tillastre maison des ducs de Mantoae; il naquit l'an 1568. Il Ti'avoit que cinq ans lorsque son pere, qui avoit le génie gumier voulant Faccoutunier au bruit des £niie«, le mena à Farmée. Un jour le petit prince chargea lui-même un canon et y mit le feu, les roues de TaffLit lui passèrent sur le corps sans lui faire aucun mai. Ce danger et beaucoup d'autres dont Dieu le préserva, rattachèrent de plus en plus à son service. A ï âge' de 18 ans il obtint avec bien de la peine la permission de se £iire religieux. Il renonça donc à tontes les dignités qui Paîtendoient comn^e laîné de sa flimille, et entra dans lii compagnie de Jésus. Son exactitude à garder ses règles, sa dévotion envers le S. Sacrement qui le faisoit fondi'e en larmes au pied des autels, sa tendresse pour Marie qu'il appelloit sa bof\m meie, sa mortirication qui lui faisoit exercer sur son corps de saintes cruautés, tout cela, dis-je, le fit admirer comme un Saint du. premier ordre. Il mourut l'an 1591, d'une ma« lâdie qu'il gagna au service des pauvres*

î . Ce riest pas au milieu des plaimrs et de Ta" ndahce que^ règne la chasteté, 2. Sans la morcation il est bien difficile de se conserver pur IX yeux de Dieu, S. Il ri y a cependant que ctuz ut ont ie cœur pur qui verront Dieu.

S. Paulin, Evèque.

P A ulm naquit Tan 353, proche Bordeaux. It eat pour père Fooce Paulin préfet du prétoire des Gaules, et pour précepteur le célèbre Ausonîie. II devint lui-même très-ceiebre par son gewie & ses autres belles qualités. 11 lut fait consul <S: enstHte préfet de Home a l'âge de 25 ans» Jusques-là il avoit aimé la gloire, mais enfin dégoûté du monde> il se défit des biens immenses qu'il possedoit, & s'étant revêtu d'un sac, il se rendit à Barcelone pour y vivre dans la retraite. Le peuple qui connut son mérite, voulut qu'il fut ordonné prêtre. Il forma ensuite le dessein d'aller à Noie et 4'y passer ses jours auprès du tombeau de S. Félix. Dès qu'il yfut arrivé on conçut une grande idée de sa vertu, et l'évêque de Noie étant mort, il fut élevé sur le trône épiscopaî. Sâ sollicitude pastorale s'étendoit à tous les besoins d^s malheureux^ Les VaiKÎales ayant ravagé l'Italie et fait plusieurs prisonniers, une veuve vint lui demander dequoi racheter son fils qu'uiî -prince Vandale enimenoit. 8, Paulin, n'ayant ^ius rien, se £t esclave à saf>îace. Son maître l'employa au jardinage, et en fut' si content, que quelque tems après il le renvoya avec tous les esclaves italien^s. Le S. mourut à Noie fah 4SI.

EE FLEXIONS

î. Donnerions-nous notre Krie pour te 'prochmny Ûous fjui refusons de T aider de notre superflu ? 2. Mon Dieu, si l'on reconnaît \}os disciples à leur charité ^ que le nombre' en £st petit I 3. ha cknrité ne se trouve plus que ohez ceux qui sont presque hors d'état de f exercer.

23 Jiùp.

. Ste. EDILTRUDE, Vierge & Reine.

IJJlDiltrwde ou Auçlrîè naquit- vers l'an 641 « Jl^Son pere étoit roi des Anglois orientaux, & s^^appéloit Aune. Ediltrude fut mariée à Egfride, roi d'Angleterre, mais ils s'accordèrent à vi- Yi'e ensemble conrjnrîe IVere et sœur. Douze ans ^pres son mariage et\e obtint de lui la permission de se retirer daris le monastère de Colude. Aprè.s y avoir fuit sou noviciat, elle fut fait abbes- »e d'une autre cor»munauté. xllors elîe ne porta plus de linge el ne mangea qu'une fois le jour. Son oraison ctoit continu eî le. Quoiqu'eila eut assisté à lofEce de la nuit, elle commençoit sa prière de grand matin. Dieu lui révéla qu'une maladie contagieuse desoîeroiî le }îays. La contagion en effet nt-d'étranges ravages dans îe monastère, elle en fut elle-même attaquée. îl lui vint une grosse tumeur sur le cou. Elle disoit en riant que Dieu la punissôit de ia complaisance qu'elle avoii eu à porler des colliers' de perles. Elle mourut saintement fan 679. On l'enterra daus le cimetière comme elle î avoit de* ^nandc. Cependant onze ans après soa corps trouva sans corruption.

REFLEXIONS

î. Dieu gui est le maître de*notrevie peut aussi Tious /'prouver par la maladie, 2. Heureux celui à qiii quelques jours de douleur épargnent les. peines de Vautre vie, 3. Celui qui murmure 7ien smiffrc ^as moins^ perd euLOre urL.irêsor de mérites^

2^ Juin ,

La Nativité de S. JEAN BAPTISTE. *

Jean-Baptiste iraquit Tan 4598 depuis la création du monde. Son péi-e Zacharie étoit \m saint prêtre avancé en âge; aussi bien qu'Elisabeth^ sa mère. Un jour que le saint vieillard servoit au tenipre, un ange lui apparut & luj dit qu'hl auroit un fiis qui ^eroit grand devant Dieu, et qu'il eut à le nonimer Jean. La steriiit'^ d'E/i*- ?ab9th et squ grand âge nrerït douter Zacîiarie de la vérité de ces proniesses; en punition de 8ai> încrediîlité il fat muet jusqu'à la naissance de ^int Jean. Cependant sainte Elisabeth devint enceinte, et au bout de neuf mois elle mit aa monde un fils: d>s que Zacîiarie lui eut donii» le nom marqué par l'ange, sa langue se deiia^ et, rempli du Saint-Esprit, il annt)nça à tou3 ceux, qui se trouvèrent presens les miséricordes du Sel* gneur qui' venoit délivrer son peuple, et la grandeur future de son fils, qui mavcheroit devant le Tr3s-Haut pour lui préparer les^ voies, Glui- «un s'en al loi t plein d'admiration , et Ton ne parloit partout que dix fils de Zacharie. Les clirètiens ont toujours celeb? é ce jour avec des marques particulières de pieté et de joie,

BEFLE X IONS.

1 Comment écoutons— nous tant de-sninis ^nrniS'* ^res que Dieu envoie poumons convertir? 2. Il nous parle par leur bouche; iljioiis demandera compte de sa parole, 3. Préparez donc dans votre cœur lavoies dit Seigneur qui ne tn/^^ra pcîs à venir ^

25 Juin.

S. PROSPER, Evêque, .

PTlospcr naq^jit dans une ville d* Aquitaine àn teuTts de saint Augustin. Lorsque les prêtres de Pi*oveq|j^r-t des égiises voisines conimen- .cèrent à parlej^ contre les ouvrages du saint docteur, Prosper en prit îa défense, et pria saint Augustin, par une lettre qui nous reste, de vouloir bien fernner la bouche aux Sémipélagiens, ^ leur expliquant- le mystère de la predest inaction. Il allû|à Rome, où il fut reçu du pape .avec de grandes inarques d'amitié. Il y fît un second voyage quelques années après. Le pape saint Léon Ijr retint et le fit ensuite évêque de Rhegio, selon, quelques historiens. Il passa toute sa vie à c-onibattre les hérétiques par ses paroles et par ses écrits, il nous en a laissé d'exceU lens qui font regretter ceux, que Ton a perdus* Il a même composé un. poème contre ceux qui croient que l'homnie. peut faire quelque chose ,d8 méritoire sans la grâce de Jésus— Christs Le tems qu'il donnoit à de si savans ouvrages ne l'empêçhoit pas de visiter et d'instruire son troupeau. Il moiirut au milieu de son clergé, auquel il donna, avant que d'expirer, sa béiiédiction»

REFLEX I ON S.

1. Le tems paraît toujours trop long dès ç?ron me sait pas remployer. ^2, Si nous en. connoisdons le prixy nous n en perdurions pas run moment, 3. Un Jiour nous regretterons ks momens pcrdm^

iBô 26 Juin. ^

S. JEAN & S. PAUL, Martyrs.. \

SAint Jean et Si Paul étoient frères, natifs talie. Cùnstance, fille de Constantin le Grand leà admit au nombre des offiCiV^^ de sa niaisoni^ Jean fut son surintendant, et ijn] son premier maître d'hôtel. Gallican ayant été nommé gcîieral de Tarmce qui devoit n^archer contre les Scythes, prit avec lui Jean et Paul. Le com-i bat fut sanglant, et Gallican étoit sur le point de* prendre la fuitev lorsque lee deu^: frères l'assurèrent de la victoire, s'il promettoit de s© faire chrc*, tien. Il le prônait, et ayant donné sur Fenne- Txii, une armée céleste parut seconder ses efforts;la défaite des Scythes fut entière. Cependant Jean & Paul de retour à. la cour, continuèrent è. l'édifier par leur exemple. Après la mort dè Constantin, ils restèrent au service de ses enfans. Mais Julien l'apostat étant monté sur te trône, ils se retirèreat et se défirent de leurs biens en faveur des pauvres.. Julien leur envoya uti de ses ofHciers ponr les obliger à sacrifier aux "idoles: ils repondirent qu'ils respectoient l'empereur, mais qu'ils respectoient encore plus le vrai- Dieu. L'officier ne pouvant vaincre leur ^^çstajice, leur fit tricher la tête l'an 362,

ÎIE FL EX I ON S o

î. lîjatii une *oeriu bien solide pour se soutenir 'mu 7nilieu du tumulte du monde, 2. Ceux gui se sen* ient trop foibles doivent prendre le parti de la rs^ traite, 3. C'est la crainte de périr sur cette mer orxi'^ geuse gui peupla autrefois les déserts t.

27 Juin. 199

il LADISLAS, Roî de Hongrie;

^ Adislas naquit en Pologne, l'an 1041 . Sa g^^àiière, fille dli duc âe Pologne, lui inspira de grands sentirnens de religion, dont la Hongrie, dans la suite, recueillit les fruits. En ef- Jbt, le roi de Hongrie, frère de Ladislas, étant mort, il fut élevé sur fe trône du consentement una- BÏme de toute la nation. Il sembla n'avoir accepté le pouvoir souverain que pour faire régner îa justice et la piété, fl couclioit sur la dure, passoit des heures au pieds des autels. Il lît élever de naagnifiques églises sous le nom de la Ste. Vierge. A tant de pieté il joignit î a valeur des plus grands guerriers: il vaînc[uit en diiîerens combats les Polonois, les Huns et les BohemienSa Il étoit tellement estimé dans^ l'Europe, que les princes chrétiens, s'étant croisés pour délivrer la terre sainte de la tyrannie des Sarrasins» priérent le Saint roi de prendre le commandement de Farmée. Il al loit partir lorsqu'il tomba malade. Il mourut Tan 1095. Le chariot sur lequel on mit 80»^ corps alla de lui-même verS: îe Heu de la sépulture avant qulpa y ejut attelé- des chevauxi

RE FLEXIONS

l. On peut efre em même tems et un grand saint et un grand roi. 2. Les vertus chrétiennes np. fonf i] ne perfectionner lès vertns 7norales &y politiques^, 3. Dieu qui place les rois sur le trôner les protège^ ^mnd ils sont selon son ccsur.

SOd 28 Juin. ' 1

S. IRENÉE, Evêque & KT^rtyr. \

Ï Renée étoit fort jeune lorsqu'il fut mis auprès de S. Pdiearpe. Il avança beaumup sous ur^ si saint maître, S. Policarpe^ charmé des vertus de son disciple,. Fenvoya prêcher dans les Gaules & le recoaimanda à l'église de Lyon:; Irenée cot\?. vertit beaucoup d'habitans dé cette ville. Il n'eut pas qu'à conahattre l'idoiatrie; l'hérésie de Montai désoîoît cette cîirétieaté naissanjte. Il composa contre les. novateurs d'ex-cellents ouvrages. Il fut renvoyé à Rome & de là en Asie pour précautionner les fidèles contre les nouvelles erreurs. Etant de retour à Lyon, il trouva la ville teinte du sang des chrétiens & de celui de S. Photin qui en étoit t^vêquOi II fut élu en sa place & mit tous, ses soinâ à confondre les ennemies de~ la religion & animer Its fid ^les. Il extermina ridolâtrie de la Gaule Celtiq lie. Il réconcilia quelques évêques avec le pape qui étoit près de les excommunier. Tandis qu'il travailloit si heureusement à abuolir le culte des faux dieux & à confondre ces Jiérétiques, lapersécution de S?yère arrêta tanjt de succès. Le St. Pasteur fut égorgé au milieu de, son t;roupea%; ïan 202. ' "

1. Si nous péchons, cest hie.n notre .faute ^ que de modèles à imiter ! % Puisque nous servons^ le i-^eme maître que les saints^ ciypns aussi le même courage. 3. Ce sont à présent nos protecieurs^ maisa un: jour ils seront nos jug^es^

29 Juin,

S. PTERIlEy Prince des Apôtres.

S Pierre étoitde Bethsaïde en Gaiilée. Son frè- ^ re André lui îk connaître îe .Messie; tous j deux !e suivirent s'attaclièrent à lui. J. C. tliàtint^ua en bien des occasions S. Pierre des autres apôtres: il voulut qulî fut témoin de ses princfpeaux miracles. Il lui c]iangea son nom de Sinion en celui de lierre, pour lui nrarquer qu'il seroit la pierre fondamentale de TEglise : il F tahlit pasteur sur son troupeau. S. Pierre ei!t le» malheur de renier son maître ; mais il répara bien cette faute par ses^^ larmes. Après la Pentecôte il convertit 3,000 pei'sonnes la l^^"- fois qu'il annonça J. C. lî faisoit des miracles presqu e chaque instant: sa seule ombre goéVissoit les mai^^des. Dieu* lui ayant fait connoitre que les GViitiU étoient appel>'S à la foi, il' fonda i'Egîise d'Antioc'îo y établit son siège. Etant aile à .Ferusaleni il y fiit emprisonna S: délivré par un Ange» Enlm il nifa à Rome <y fil de cette viila le centre, de ht religion chrétienne» L'orq^ereur Néron persécutant alors les chrétiens, le S. Apôtre fut condamne à être crucifié. Il voulut par humilité être traité autrement que son maître,. & demanda qu'oale crucifiât la tête ea bas,

REFLEXîQNrS*

i î* Nos pêches nous ord-ils j.i{sq?u.ci /7nt ver-^er '^tiite seule larme f 2. Nous pleurons pour des sv.jct^ (jni le mérite bien moins, 3. Connoissons Dieu^ fwnons-le, Sç nous sentirons qwcl mal cest que de

'202 SO.Juln.

COM^fEMORATION de S. PAUL, Apôtr

SPaul étoit de Tarse en Cilicie. Coi?ime il ^ âlloifc à Damas pour arrêter les ebi^etiei]©, il fut converti par une voix dii ciel qui se fit entendre à lui. Il devint alors de persécuteur de; l'Eglise uo des plus zélés if pôtres^ Il savoît^ convaiocre les .Kiifs par le témoignage des Ecri«. turcs qu'il avoit étudié a foad'. Les Gentils r\e pouvaient aussi résister à la force de son éio» quence et aux miracles qu'il operoit. Il fut ravi lusqaau troisième ciel, et y vit des cliose.s in-, énarrcïbles. îl parcourut avec un zélé iufaîl-. gable et des dangers continu/^ls les difFerfrites €!ontFées de l'Asie. Mais le grand nombre de fidèles qu'il gagnoit à Jesus-Christ le cons^îloiti des traviîux qu'il essuyait, à des persécutions, qu'on lui suscitoit de tous côtes. Ce fut pour instruire ces fervens chretieriS, ou pour îeo animer de: plus en plus> qu'il écrivit les 14^ lettres que nous, avons ^ de lui. Son ztle le conduisit plu<>ieur foi», à Rome. îl fut enfin arrêté, mené & coî-îdacn- Be dans cette capitale à avoir la tête tranchée. On dit que l'endroit où elle tomba dans î'ins- ^aut qu'elle fut séparée de son corys. il en sorliâ; trois foiHaiaes qui coulent encoi'e aujourd'hui.

R E FL E X I O N S

1 . Rien nest piur, terrible ni phjs funeste que la recJrate clans le pêche, 2. Combien dé fais cependant êteS'-vom retombé après G'-coir fait les plus belles promesses. 3. Defiez-vous de ces converùons 4' tournez â Dieu 'pour ne plus pécher^.

30 Jdiî .

S. MARTIAL, Evêque,

yk /W^AYtidl était Juif de naissance. On dit que

ce lut lui qui donna les cinq pains & le» dcuA poissons que Jesus-Chiist niuiiiplia. Ce qu'ii y a de sar, c'est qu'il l'ut un des 72 disci[)les du Sauveur. 8. Herre le mena -avec lui à Rome, et il l'envoya -dans les Gaules avec S, Austricli^nien & S. Aiphini^^i. S. Ausliiclinien mourut en cliemin: 8. Martial retourna donc à *llome et revint avec un bâton que lui doînia S. Pierre: il s -en servit pour ressusciter »on cornspagnon. S'étant remis en chemin , ils arrivèrent glatis les Gaules. Notre saint prêcha la foi dans ^'Aquitaine, le Languedoc, TAuvergne & le Li*. tnosin. 11 s'arrêta surtout à Limogeij où après quelques miracles, il convertit plusieurs babitaiits. Deux prêtres des idoles le firent arr ter & mettre en prison; mais ses fers se rompirent, les portes de la rprisoii s'ouvrirent, il survint un trem« î)îement de terre avec un furieux orage qui cons- •terna toute la ville. Les deux prêtres furent trou-vés nK)rts. 8t. Martial les ressuscita, et ea lit deux fervens apôtres. Cet cvenement convertit 22,000 hommes que le Saint baptisa. Ua Ange lui révéla sa mort qui arrivai fan ié-,

1 , Les martyrs ont cimenté la religion de leur ^ang^ apprenons d r estimer , 2. Quand il vous vient des doutes y les CQvihats des martyrs dem oient bien les dissiper. 3. Peut-on craindre V erreur quanti on marche à la suite de tant de soldats de J, C,

1 JuiHek

S. THiERRY, Abbé.

f^'^Hier.ry vint au monde sur la fin du 4»ie,

cle. * Son pére étoh un paysan d auprès de llheims, qui, au lieu de gagner sa vie par Je travail de ses niains, faisoit le métier de voleur. Thierry montra bien dès son eriance qu'il ne tefioit pas d'un tel pere> Quand il fut plus avané en âge, ses parens l'obligèrent à se niarier. Il le fit par obéissance; mais il engagea son épouse à vouer à Jésus- Christ sa virginité, bientôt même ils se séparèrent^ S. Remy le fit prêtre, et ensuite Abbé d'un moîiastère établi nouvellement sur le Mam Dor. Un des premiers religieux que re^çut le P. Abbé, fut son propre pere qui vint faij*e pénitence des désordres de sa vie passée* La fille de lliierry, roi de SoissoMS, ^tant tombée malade, Je saint fut mandé, e^ se mit en eheniin pour la Cour; mais étant arrivé, li trouva li princesse morte. Il leva ses mains au ciel, et par ses prières obtint sa résurrection. Le roi lui-même eut im ^rand' mai d'yeux; les médecins avoient employé en vain tout leur art. Thierry le guérit, et sans vouloir profiter des offres avantageuses que fit le roi, il retourna d^ns son njonastcre^ où il mourut saintement Taa

REFLEXIONS

1. Pour serxnr Dieu^f Jant-il d'autres motifs que V envie de lui plaire? 2. Nous cherchons notre intérêt, nen ayons point d'autre ijue celui de notre salut. S. On nest pas digne de Dieii, quand en U êcrvant on cherche autre ^hose gu^ luû

2 iTuiHet.

La VîSîTATîON de la B. Vierge MARIE

JAuge Gabriel avoît appns à Marie que Ste* Elisabeth, sa cousine, quoique d\in hge fort :..icé, étoit, depuis six riiois, mere d'un iils qui i^: v(>it i:lïe le précurseur du Mesbie. La joie qu'elle rerssentoit de cette merveiile, et eocore plus la Dtatif de la charité, la determinèrerit à lui aller ; (Ire visite. Elle part malgré la difficulté xlu clie» h;..i5 elle arrive à Ilébron, et va droit cliei^ Zaclia- ,rie: Elisabeth vient à sa rencontre. A peine se furent-elles saluées, (|iie 1 enfant qu'Elisabeth porloil dans son .^ein, tr arqua par une espèce de tressai! IcRient, l'anr<:;i.u' et le respect dont il étoit saisi en la présence de son Dieu. Elisabeth témoigna <le son côté à la 8te. Vierge la part qu'elle {^'enoit «à son bo/jheur> et la félicita du choix cjue Diea savoit fait d'elle pour être la mère du Désiré des îsatioBs. Vous htes hsrtiie^ lui dit-elle, eîUre toute s les femmes y et leJruU de votre ventre est ùénL J-a Ste. Vierge repondit ces témoignages -de joie far le beau cantique qui commence ainsi; Aion nnw glorifie le Seigneur, e mon espnt rar/idejoie m Dieu mon Sauveur, C est le 2\iaa'niUcat.

EEFLEXÎONSo'

1 1. La vraie charité ne coniwït point de diffciiîtê àcs quil faut servir le prochain, 2. QtriL eU heam di souUier soi-même pour secourir les autres, 3» AiitwnS'-nous moins n rus^mêmes et nous sentir 021^ quepeid la ckarité dam un cœur.

206 3 Jalllet;

S. HELIODOllE, Evèqùï,

y TEliodore naquij; Vei*s le commencement dÙ Jj~j4me siècle; on%roit que ce fut à Stridon, vilie d'îîlyrie, patrie de S. Jérôme. Ces deux maints furent étroitement unis par les nœuds d'une sainte amitié. S. Jérôme étant venii en Italie, S. Heliodore Vy suivît. Il vouioit se perfectionner dans les belles-lettres et dans beaucoup d'aiilres sciences, mais surtout dans celle du salut: il crut avoir trouvé dans S. Jérôme le Kîaître qu'il lui failoit; il ne l'abandonna point pendant plusieurs années. Cependant l'amour de iâ patrie le fit retourner en Illyrie, malgré les avis de son saint maître, qui craignoit que le monde ne lai fit oublier son salut; mais Heliodore sut se conserver dans la même fei^eur a'i milieu de ses parens. Quelque tems après il les quitta & repassa en Italie. Il fut admis dans le clergé d'Aquiléc, si célèbre par la sainteté de ceux qui le composoient. S. Heliodore s'y fit tellement distinguer par ses vertus ém inentes, que l'église d'Altino le demanda, et l'obtint pour son cH'êque. Sa charité, sa douceur et son zè*» le contre les Ariens justifièrent ce choix. II mourut vers la fm du i^^^ siècle.

REFLEXIONS

1. // esù difficile de se maintenir dans la pieté ati milieu du monde corrompu» 2. A Jorce de le voir on adopte ses maximes Sç ses setûimens, 3, ll fau* droit une vertu consommée pour ne pas se laisser emporter au torrent.

4 Juillet.

Ste. ELISABETH, Reine de Portugal.

ELisabeth .naquit l'an 1271. Pierre ÎÎI, roî d'Arragon, son père, & Jacques le Saint, son grand père, étoient brouilles; sa naissance fut comme le nœud de leur reconciliation. Elle ne laissa pas beaucoup à faire à son éducation. Son p]u5 grand plaisir étoit de prier Dieu et de faire l'aumône. Dès l'âge de 8 ans elle jeûnoit très-souvent. Ayant épousé le roi de Portugal, elle ne fit qu'ajquter à ses aumônes S: à ses grandes austérités. Elle convertit son époux qui menoit une vie fort dcregl e. Un jour ce prince la rencontra portant quelque chose dans le pan de sa robe, c'étoit une grosse sorrsme d'argent qu'elle destinoit pour les pauvres: il lui demanda ce que c'etoit; ce sont des roses, reponclit-elle, et il se trouva que c'en étoit en effet, quoiqu'on fut alors au fort de l'hiver. Elle pansoit les malades de ses mains. Elle en guérit deux en baisant leurs ulcères. Après la mort de son époux, elle prit l'habit du tiers-Ordre de S. François, et ne songea plu^ qu'aux choses du ciel. Avant sa mort, qui arriva Fan 1336, elle reconcilia son fils et son petit-fds, l'un roi de Portugal, et l'autre de Castille. Sa fête se oé" îèbre le 8 de ce mois,

RE FLEXIONS

1 . Que la terre semble méprisable à oui sait ce que cest que Dieu ! 2. Tout passe, Dieu seul est éternel, et son règne naiira point de fin, 3. Mais quand on consulte les sens, on - naime que ce qui peut les fia lier.

3(B S Juillet.

Le B> pierre de Livxembourg Eve

Ui de Luxembourg, Comte de Lignij eut)<fe ]^ IMalthilde de chàtiiloB son -épouse cinq en- , fans, dont le cinquième fut Pierre. Quoique le der- '.îiier, il fat le plus tendrement aimé de ses paj-ens qui n'épargnèrent rien pour son éducation. A ]'âge> de dix ans il vînt à Paris continuer ses études, il n'avoit que 12 ans qu'il passoit pour un prodige de sainteté et de science. Il eut aJors un Canonicatàms l'Eglise de Paris. Cependant l'éclat de sa vertii se répandit jusqaes dans les cours étrangères^ Clément VIî, qu'on regardoit en France pendant le sclûs iTie-coîiinie le Pape légitime, en conçut une^ si haute id 'e sur ce qu'il entendît dire, que passani par-dessus les règles ordinaires il le fit Archidiacre de Dreux, et ensuite Eveque de Mets, Quoiqu'il n'eut que 15 ans. Il avait dès Fenfauce aimé les> pauvres, il n'y eut pas moyen de lui fàiire modéreir ses aumô^nes» îl vendît jusqu'à son anneau pastoral pour subvenir à leurs besoins. Le pape le fit Ca^'clinal et le voulut voir a Avi^^nnn. C!e fut là qu'il fût favorisé de plusieurs extases dans l'une desquelles Jesus-Christ lui apparut. Il mourut à^é de 18 ans. On ne lui trouva après sa mort que ^0 sols qu'il n'avait pas eu le tems de distribuer aux pauvres.

REFLEXIONS

îo Le meilleitr usa^c qtC on.pitisse faire des hiens fia ùê^disee^t d' en faire iiart mix pauvres, 2. Bri« ^ner oit—on les hhieuceF;, si on en re^^ ardait les re* ^)eniis comme appartenants aux pauvres P 3. Qur. deviendront ceux qui dissipent au jeu et à la Uibh la substance de r orphelin f

6 Juillet,

S. GOAR, Confesseur.

Oar étoit d'une des premières familles d'Ajj^quitaine, il naquit vers l'an 585. Il commença â se sanctifier par le jeune, la prière et par toutes sortes de macérations. Son Eveque s'empressa de l'élever aux ordres sacrés. Le sacerdoce releva réclat de ses vertus et lui donna occasion d'exercer son zele auprès des payens et des hérétiques; mais le tumulte inséparable des fonctions apostoliques ne s'accordoit pas avec son amour pour la solitude.' 11 se retira dans un hermitage situé aux extrémités du Diocèse de Trêves. Sa réputation le fit bientôt connoître. Il lui venoit de toutes parts des pèlerins qu'il recevoit avec charité.* Quelques envieux l'accusèrent auprès de FEvêque de Trêves de donner à manger dans sa cellule de trop grand matin. Le Prêtât voulut l'entendre, et comme il révoquoit en doute quelques prodiges que le S. avoit fait pour se justifier, if lui ordonna de direr qui étoit le pere d'un enfant de deux ans qu'on avoit trouvé exposé. Le S. le dit, mais ce fut à la honte de i'Evê(]ue qui n'avait pas mené une vie digne de son caractère. Le Roi Sigebert voulut voir S. Goar et le faire Eveque, mais il s'en défendit, et mourut saintement dans san hermitage^ Fan 647.

R EFL E X IONS.

1. La sainteté a toujours eu des ennemis, mais les saints ont toujours triomphé, 2. Que nous importe d'être jugés des hommes, puisque Dieu sjeul est notre juge, 3. Ce seroit une lâche désertion qiœ de rougir d'appartenir à Dieu.

7 Juillet.

S. ALLIEE, Evêque & Confesseur.

ALlire, que d'autres ap pellent Illide, succédé', selon Grégoire de Tours à Léonce 3^- évê*que de elermont. La réputation de sa sainteté s'étoit répandue dans les pays les plus è]oignf:s. L'empereur Clément Maxime, qui étoit à Trêves^ lui envoya des députés pour le prier de le venir trouver, parce que sa fille étoit tourmentée du démon. Le saint évêque s'étant rendu à la cour Se ayant passé la nuit en prières, mit ses doigts dan» la bouche de la princesse, & contraignit le malin esprit de se retirer. L'empereur lui offrit une grossommée d'argent que le saint refusa; il demanda pour toute grâce que la ville de Clermont pût payer désormais en argent le tribut qu'elle payoit auparavant en bled & en vin, ce qui lui fut accordé. Comme il s'en retournoit en son diocèse, il tomba malade ; enfin épuisé de la fatigue & de vieillesse, il rendit son esprit à Dieu l'an 385. Son, corps fut porté à Clermont, & enterré dans un de>s fâux-bourgs de cette ville. Son tombeau devint eelebre par les miracles qui s'y opérèrent.

RE FLEXIONS

î. Quand on aime Dieu pent^on ne pas aimer ceux pour qui il s'interresse, 2, Mon Dieu on vous^ aime bien peu puisqu'il y a si peu de charité dans le monde. 3. Les hommes qui devroient s'aimer mmme frères f se traitent comme des étrangers..

8 Juillet

S. PROCOPE, Martyr.

PRocope naquit à Jérusalem d'une famille très-distinguée. Son pere étoit chrétien & sa ^mere payenne. Lorsqu'il fut en âge de porter les armes, sa mere le présenta à l'empereur Dioclé- .,tien, l'assurant qu'il étoit très-zelé pour la destruction du christianisme. L'empereur le combla de faveurs; il le nomma gouverneur d'Alexandrie, <fe lui ordonna de s'y rendre pour tourmenter les chrétiens: mais le même prodige qui avoit fait de Paul un grand apôtre, fit de Procope un fervent chrétien. Il passa par Jérusalem, où il apprit que les Arabes faisaient de fréquentes incursions dans le pays; il marcha contre eux & les défit par la vertu de la croix» A son retour, sa mere l'embrassa & l'exhorta à remercier les Dieux d'une telle faveur. Mais Procope lui ayant déclaré qu'il étoit chrétien, elle entre en fureur & le défère elle-mê« nie à l'empereur. Dioelétien le dépouille de toutes ses dignités; il est condamné à être fouetté, son corps n'est bientôt plus qu'une plaie. Notre Seigneur le visita pendant la nuit & le prépara à de nouveaux combats, en le baptisant de sa main. Après avoir souiTert les plus affreux supplices, il fut décapité vers l'an S08.

1 REFLEXIONS

1 . D'un persécuteur Dieu peut Jaire un apoûre^ .Sf d'un impie un saint. 2. Si nos iniquités sont grandes^ sa miséricorde est infinie, 3. Il a sur nous des vues de bonté} craignons seulement de las* Mr sa putience.

9 Jaillet.

Ste. ANATOLIE, Vierge et^ Martyr-

Natolie étoit romaine de naissance, elle avoît : une sœur nommés Victoire. Ayant perdu de bonne heure ieurs parens, elle* vécurent toutes deuK fort retirées. Cependant 2 jeunes cfH • ^vaîiers romains lès reciiercherent en mariage. Au- • relien fut écouté d' Anatoiie, mais Victoire rejetta les propositions d'Eugane. Celui-ci pria Anatoiie de vouloir bien travailler à fléchir en sa faveur le cœur de sa sœur; eHë le lui promit, , mais loin d'en venir k bout, elle fut elle même touchée de ce que lui dit Victoire des avantageai de la virginité, et renonça en mariage* Les deux: amants outrés de dépit, obtinrent qu'elles fussent livrées, mais ils ne purent rien gagner sur elles. Les miracles qu'operoit Anatoiie la firent connoitre des payens qui se convertissoient en foule. Le gouverneur Faustinien la fit arrêter et enfermer dans un cachot; et comme il craignoit une sédition à cause du respect que le peuple avoit pour la Sainte, il consentit à ce que lui proposa un sorcier; qui étoit d'envoyer un serpent dans sa prison qui la devoreroit; mais le serpent ne lui ayant fait aucun mal, elle fut décapitée et quelques .mois- après sainte Victoire eut le mêaie sort.

REFLEXIONS

L Quel bonheur pour une âme de n avoir d"* an ire époux que C. 2. Pour cela il faut être bien détaché de la chair Sç du san^, 3. La chasteté ed un trésor y mtiis qu iljuut de vigilance pour la garder i

I' 10 Juillet, 2U

Ste. FELICITE, Martyre.

|"|^Frïcité etoit très-connue à Rome pour sa

naissance et ses autres beiie?; qualités. • Elle r perdît son époux l'an 160. Elle a voit 7 fils encore fort jeunes, Janvier, Félix, Fiixlippe, Sila- Î9US, Aie^:andre, Vital & Martial, Elle fit son î^r. devoir de leur éducation: elle leur inspira, surtout un desîr ardent de souffrir et de mouprir pour la foi. L'occasion se présenta bientôt pom • la mère et les enfans, de marquer à Dieu leur constance et leur fidélité. Pubîius, préfet de Rome, fit appeller Félicité; il ia reçut avec de gran» des marques de vénération, et mit tout en usage pour la faire condescendre aux volont és de l'empereur; mais la trouvant irsHexibie, aus?i hiea que les 7 jeunes Chrétiens, il fU fouetter Félicité et la condamna à-îa mort elle et ses enfanso Janvier fut fouetté avec des fouets garnis âe plomb, et expira sous les conps. Philippe et Fé-^ ,]ix furent assommés à couj).s de b^roo. Si'anus 'fut précipité.- Alexandre, Vital et ^Tart"nl curent k tète tranchée. Ste. Féîicicé eut le rurn;e sort, èien consolée d'avoir vu mourir ses enflins devaut elle; car elle craignoit que s'ils lui survivaient lis ne vinssent à perdre la foi,

REFLEXIONS

î. Vos evfans sont à Dieu avant qve a être à Vo?is, 2. At/€z donc soin de leur apprendre à servir celui qui leur a donne l'être, 3. Ce seroit un sa criîege de donner au monde ce. qui doit apparlenir a- Dieu.,

S. PIE, Pape & Martyr.

Pie étoit natif d'Aquîlée. Il vint â Kome }>oîir se perfectionner dam les sciences surtout dans celle du salut. Il fut admis dans clergé roniain, et il eu. devint bientôt? ]e modèle. Après la mort du pape S. Hygin, ■ ' fut choisi pour lui succéder. Son zèle pour le bien de l'église lui fit taire plusieurs reglemens de discipline» îl ord^mna qu'on celebreroit partout ia Pâque le Dimanche qui si^h le quatorzième de la lune, après l'équinoxe du printems.- Il porta des peines très*sévères contre les prêtres, qui en célébrant la messe auroient laissé tomber, par négligence, quelques gouttes du sang de 2^otre Soigneur. Eîèfin il prafita du calme qu*acf;ordoit à Jeglise l'empereut Antonio, pour étendre fempire de Jesus-Christ. îl est vraf que l'enfer sustrUa alors quelques hérésiarques, entr'autres Valeutm et Marciou; mais il leur résista avec un courage invincible, en quoi il fat secondé par S. Justin le philosopîie. Cependant les novateurs et les payens piqués du succès qu'avoît le zèle du S. pontife, îe déférèrent aux magistrats, et coaime îes^ îoix portées contre left chrétiens n'avoient point été révoquées, il souffrit k martyre Tan 1 65 .

RE FLEXION S

î . Les prêtres sont obligés de célébrer avec res* pect nos divins Mj/steres, 2. Mais les fidèles le sont^ ik moins à y assister avec une pieté édifiante^ 3. Hélas f notre religion est souvent dèshmorée p<tT ffdrreverence des uns 8^ des autres %

^ 12 Juîiîet. 215 a JEAN GUALBERT, Abbé.

ÎEan Gualbert naquit à Florence vers le conimencerrieiit de l'onzième siècle, il n'eut |>:is uDe éducation fort chrétienne. Son père même s'attaclui à lui inspirer Taniour de la vengeance, ce qui s'accomodoit assez avec le naturel vif & impérieux de Gualbert. Un jour il étoit prêt à percer un de ses ennemis, lorsque celui-ci se jet- ' teint à ses pieds, lui demanda la vie au nom de Jéj sus-Christ crucifié. Touche de ce motif, il i'em- ! brasse, et l'ayant relevé, il va dans une abbaye ! voisine, .se prosterne devant l'image du Sauveur en croix, lequel baissa la téte pour approuver ce qu il venoit de foire. Il prend l'habit de S. Be*ïîoît et devient si parfait dans' 1 état monastique, qu'on veut le faire abbé après la mort de ceUii qui i'avoit reçu; mais un autre s't tant emparé de cette place ave€ un grand scandale, notre saint sortit du r^ionastere et en bâtit un nouveau dans un lieu appelle Vaiombreuse, pour une troupe de fervens disciples, que sa réputation lui attira. Après avoir établi la m. me reforme dans plusieurs autres monastères, il moUrut a Fontigfiago fan 107^, extrêmeuient regretté des pauvres dont il avoit toujours été le père.

REFLEXIONS

1. Plein des idées dà monde sur le point d'hon» neur^ on les incite à ses enjlins. 2. Faut-^il que ces dumnables maxmies remportent sur celles de J. C, S. Ose-t-on bien dire à Dieu quil nous par* donne comme nous pardonnons à nos ennemis ?

Î3 Juillet,

S. ANACLET, Pape Se M^r.

ANacIet étoit natif d'Atlîènes. St. Pieïre ^ jjI^ reconnoissant en lui de très-belles qualittSs entreprit de le convertir à la foi: y pyant réussi, il l'admit dans le clergé et lordonna Prêtre. Dès lors il aida ie saint Apôtre dans ses glorieux travaux, et il continua à travailler avec le même zèle sous ses successeurs. Après la mort de S. dénient qui aniva Fan 103, Saint Anaclet fat choisi pour gouverner i'eglise. La persécution ctoit alors très-violente, tous les jours on repandoit ie sang ile quelques chrétiens. Le saint Pape travaillât donc a fortifier son troupeau; il fit plusieurs sages reglemens. Il ordonna que tous ceux qui assisteroient au saint Sacrifice coramuniassent, afin que le pain de vie leur donnât la force qui leur étoit nécessaire dans ces tenis d'orages; il voulut aussi qa'il y eut toujours trois évêques pour en consacrer un autre. Il défendit aux Ecclésiastiques de j).)rter les cheveux longs. Enfin il fit bâtir de ric!ies chapelles pour la sépulture des Papes, Après un pontificat de neuf ans, trois mois et dix jours, il ternùna sa vie par un glorieux martyre, dont on ignore les circonstances.

REFLEXIONS

1 . Iljhtct des anatkêmes pour nous forcer a corn" mvnicr une fois {■ année. 2. Encore sen troiive-4" il d'assez impies pour branler tes foudres de V église^ 3. Notre seul ini cr et ne de'ùr oit-il pas Jious wm*' duir-e plus souvent à la table mcrée"^*

14^ Juîikt.

S, BONAVENTURE, Cardinal & Doèteur.

Onaveînture naquit fan 1221, à Ba^nara, pe- ^v. J î^îte ville de Toscane. EUmt tombé malade il l âge de 4? ans, il fut guéri par les prières de S. IV iîT€ois qui vivoit encore et qui s'écria en lui rend.int la santés Vheureux événement 1 d'où il fut ap- Bonaventure. 11 entra dans l'Ordre des Frè- Mi«eurs dès qu'il fut en âge d'y être re^u, Se ii s'y perfectionna dans la vertu pour laquelle ii -avoit déjà d'heureuses dispositions. 11 alla étudier à Paris sous le célèbre Alexandre de ïîalès. Bientôt il fiifc jugé dign€ de professer la Fhilosob[)hie & Ja Théologie. S. Tboroas lui ayant deniapdé k *'<)ir les livres où il puisoit de si hautes connaissances, S. Bonaventure lui montra son Crucirix, C'étoit en effet dans la prière qu'il puisait cette ionction qui lui a fait donner le nom de Docteur JScraphic|ue. Le Pape ('îenimt iV, ne put lui fai- ^e accepter TArchevêché d'York; mais il ftdlut ^u'ii obéît au Pape Gré^^oire X qui l'cleva an Cardinalat et le lit Evéque d'Albano. Il fut C(.nime l ame du Concile de Lyon. Les peines qu'il fiV donna lui caus. rent une maladie qui affiigea extrêmement le souverain Pontife et Les Pères du Concile. Il niourut l'an 1274.

REFLEXION S

1 , Mettre la prière â la iête de toutes ses actîonSf X*esi le moyen d'y réussir, 2, De quel 'inente seront--* ellesy si nous les faisons sans p< nser d Dieu ? S, 'Puisqu'il en est le jmncipe, il en doit être F objet hfm.

218 15 Juillet,

S. HENRI, Empereur.

HEnrî, fils de îlenri, duc de Bavière, naquît Tan 972. Il fut baptisé par S. VVolfadge <jui se chargea de sea éducation. Henri t toit le modèle des peuples avant que d'en être le maître. Son niariage avec Sîe. Cunegonde ne lit qu'augtnenter sa ferveur: tous deux co« vinrent de garder la cfea^teté jvî^qu'à la m art. Dès qu'il fut Empereur ii travailla à faire triotnpher partout k religioa. Il eut une entrevue avec Robert, Roi de France, sur les bords de la Meuse, & ce prince lui promit de concourir a un si pieux dessein. Ayant à livrer bataille aux Esclavoîis, il se mit ^ la tete de ses troupes, invoqua le nom de Dieu & remporta m\e victoire ccmpîette sans que ses soldats eussent besoin de tirer 1' p^^e. 11 fat à Rome avec l'Impératrice : le Pape les couronna, & lit présent a Henit d'un Globe d'or surmonté d'une Croix, pgîur être le symbole de sa puissance. Le prince en fit hommage i Dieu, & le donna <iu monast,'?re de Cluni,- Il pleura a iKtemeiit la fayte qu'il avoit faite en écoutant trop aïs ment la calomnie au sujet de Ste, Cunegonde &: de 8. Heribert. Enfin il alla rece-. voir au Ciel une cour^mie plus durable ^ |)iu6 précieuse.

REF L E X I ON S

1. Il y a psîi de chrétiens qtn ne soient en état de procurer la gloire de Dieu, 2, Le prince, le magistrat) le pere de famille devraient se regarder comme autant Apôtres, S. Mais on fie songg quâ sa propre gloire sans i^nser à celle de Dieu^

16 Juillet.

NOTRE-DAME du Mont Carmel.

L y avoit 33 ans que le célèbre Simon Stock, angiois, menoit une vie angélique dans la solitude, lorsqu'il apprit qu'il étoit venu, en Angleterre des religieux du Mont Carme). Il embrassa leur institution & devint leur supérieur grncraî. Son premier soin fut d'embraser son Ordre & toute r Angleterre de l'amour de Marie, dont il toit luim '^me p'^netré. Un jour qu'il deuiandoit a cette Tr;ere de miséricorde, q ielq-ie faveur particulière pour ses frères & pour les fidèles, elle lui apparut tenant un Scapulaire, & lui dit ces paroles : ce^ vez teci, mon fils; cest un gaf^p- ih raon amour ^ 8ç la livrée à laquelle on reeonpioura nies serviteirrs* D s que Stock eut rendu publiqiie cette r vélation, chacun vouii t porter le Saint habit. Un non^bre infini de miracles opérés en faveur de ceux qui portent le Scapulaire, prouve combien cette d^^votion est solide. Au dernier siège de Montpellier, un *i()ldat ayant reçu un coup de mousquet, la balle perça ses habits & s'aplatit sur le Scapulaire qu*il portoit, sans lui faire aucun mal. Louis XIII, témoin de ce prodige, voulut lui-même se couvrir de ctîtte sainte armure, & Louis-le-Grand a imité l'exmple du Roi son pere.

REFLEXIONS

1 . On ne 'peut trop multiplier les prafiques qui ^ont à hovorer Marie, 2. On doit se ^fai^'e honneur de porter sa livrée ^ de lui appartenir, 3. Le dé" mon craint ceux quil trouve muni-s de ces marques de divoiion*

17 Juillet.

g. ALEXIS, Confesseur.

ALexis naquit à Eome vers le milieu du, 4*siècle. Son père Eupliémien, sénateur, ê: sa mhve Aglaïs, étoient connus dans Rome, p]u« encore par leur vertu que par leur naissance. Dieu leur accorda un fils qui fut nommé Alexis. Ils le mari' renf fort jeune à une jeune fille que le ciel sembloit îm avoir destinée pour épouse: niais A-i lexîs à qai Dieu inspiroit d'autres vues, s'enfuit le^ soir oiâaie de ses noces et laissa toute sa famille* dans l'alHiction. Il demeura près de 17 ans à> Edesse inconnu et méprise. Mais comme sa vertu con"»mençoit à le faire respecter, il s'embarqua dans \t dessein de se dérober aux yeux des hommes. Dieu permit qu'ail s'éleva une tempête qui fit aborder le vaisseau au port de Rome. Alexis (devenu mecormoissabîe par une si longue penitenee, va droit au logis d'Euphémien, et obtient un petit coin de la maison. Il y vécut 17 ans, servant quelquefois de jouet aux domestiques. Une voix miraculeuse avertit de sa mort. Le Pape, l'Empereur et Euphémien vinrent se jetter aux pieds du Samt, et reconnurent qui il étoit par un billet qu'il tenoit entre ses mains, et où avant que de înourir il avoit écrit sa vie.

REFLEXI ON S .

1 . Suivez la vois de Dieu dès que vous, êies cer^ îain que cesî lui qui vous appelle, 2. Les routes t^uil vous trace pour être singtdières nen sont pas moins sûres, S. Tout autre vous égareroit^ parce'que Dieu ne serait point votre guide*

18 Juillet.

Ste. SYMPHOROSE, & ses Fils, Martyrs-

SYmphorose étoit d une famille très- distinguée, 3t fort attachée à la religion chrétienne. Son époux Zotique, avoit un frère nommé Armante, tous deux étoîent tribuns militaires et zélés chré* tiens. Ceréaî, vicaire de Rome, eut ordre de les arrêter; mais il fut lui-même converti en les entendant parler de J. C. Licinius, officier de l'empereur, après les avoir condamnés à difFt^rens supplices, ordonna qu'ils eussent la tete tranchée. Ste. Syniphorose animoit, à la vue de ces beaux exemples, les 7 fils qu'elle avoit eu de S. Zotique, à mourir plutôt que de trahir leur religion. L'empereur occupé alors d'une cérémonie payenne, les fit venir avee leur mère, et comme ils refusèrent de sacrifier aux idoles, Il ot:donna que Symphorose fut jettée dans la rivière avec une grosse pierre au cou. Sas enfans n'en devinrent que plus fermes à confesser le nom de J. C. et comme ils repondirent avec un courage héroïque aux offres et aux menaces de l'empereur, iis furent par son ordre attachés à des pieux, et après avoir eu les membres tout dislo{/iés à force de tortures, ils furent percés à coups de poignard. Leurs poms sont Crescent, Julien, Nemese, Primitif, Justin, Stactée à Eugène.

I REFLEXIONS

1. La douleur d'aune mere qui perd ses enfans est excusable des quelle est soumise. 2. Mais se jdaindre de Dieu dans son malheur^ c'est oid)lier guil est le maître. 3. S'il ne les avoit enlevés^ peut-htrc vous seriez perdue avec eux.

19 Juûlet.

S. ARSENE, Confesseur. ^ Rsene naquit à Rome d'uue famille très-iî-

J[^%^ lustre. Le pape S, Damase charmé de sa vertu et de son érudition le fit diacre de l'église romaine. Lenipereur Tliéodose cîierchoit alors un précepteur pour san fils Arcadius. Il s'adressa au pape, qui crut avoir trouvé dans Arsène celui dont î'empereur avoit besoin. Arsène n'accepta cet emploi qu'avec peine: cependant il fallut obéir. Le naturel fier et indocile de son élevé le fit beaucoup souffrir. L'ayant un jour puni pour une faute considérable, le jeune prince jura de s'en venger. Arsène l'ayant su, se déguisa et se retira au désert âe Scethé, où depuis long-tems il se sentoit appelé. L'empereur le fit chercher inutilement. Arcadius ayant succédé à Théodose, apprit enfin où il étoit* 11 lui écrivit une lettre pleine de tendresse, par laquelle iMe^^k>it de revenir: mais Arsène pour toute réponse lui fit dire qu'il prieroit Dieu pour lui dans sa solitude. Il passa le reste de sa vie dans une pénitence et une humilité que le rang qu'il avoit occupé à la cour rendoit encore plus admirable. Etant près de mourir il fut saisi de crainte des jugements de Dieu; mais la frayeur faisant place à une tenàke confiance, il expira tranquillement •

1 . Cest un grand service rendu à Vêtnt qtte rf'eîever ceux qui en font V espérance, 2. Un maître at^ tentifet zélé est un second pere pour un enjant, Mais s'il est rare d'en troûver de telsy trouvc-4''^^ hmacoup d'élevés souples et dociks ï

REFLEXIONS

20 Juillet

Il Ste. MARGUERITE, Vierge et Martyr.

W\ IW Arguerite naquit à Antroche de Pisidie. Son

I X ▼ # pere, qui étoit prêtre des idoles, chargea de son éducation une femme qu'il ne savoil pas être chrétienne. Marguerite fut élevée dans les principes du christianisme. Eîîe étoit à peine en âge

! de raison, lorsque son pere apprenant qu'elle adoroit Jesus-CIirist entreprit de la faire changer à force de mauvais traitements. Tout étant inutile, il l'envoya à la campagne garder les troupeaux f comme une vile esclave. Le gouverneur Olibriu» Fayant uo jour rencontré, fut cliarmé de sa beauté; il la questionna et sut d'elle qu'elle étoit de sa fa-» mille: il l'emoîena résolu d'en faire son épouse; mais Marguerite lui déclara hardiment qu'elle

! lî'auroit janiiiis d'autre époux que Jesus-Christ» Le gouverneur en colère la fit sur îe champ déchirer a coups de fouet et 'mettre en prison. Le Démon lui apparut sous la forme d'un horrible dragon pour l'épouvanter; mais la Sainte ayant fait le signe de la Croix, le maiîstre disparut. La prisoa fut alors remplie d'une lumière céleste, et les plaies Marguerite furent guéries: sur quoi Olibrius ayant essayé de nouveaux tounaens, b fit décapiter, l'an. 27.^

REFLEXIONS

1. Puisque IHeu ne change jamais ^ po7irqtwi chnngez-^vaus à son êgardf 2. Le démon aura beau H)ous tenter^ il ne tient quà vous de lui ré" &ister* 3. Pour un vain plaisir iJOîidriez-vous joer^ ijire la cmronne gui mus est acquise ?

224 21 Juillet. 'à

S. VICTOR, Martyr. î

Victor naquit à MarseiHe. Comme il étolf d'une famille très-distinguce, il embrassa la profession des armes. L'empereur Maximien étant venu à Marseille, traita avec la dernière cruauté les chrétiens qui s'y trouvoient en grand nombre. Victor qui avoit toujours été élevé dans la vraie religion, alloit les visiter et les encourageoit à mourir pour J. C. Il fut lui-même dénoncé, et conduit devant les préfets Astere et Cutique, qui n'ayant pu l'ébranler, en parlèrent à l'empereur. Ce prince qui estimoit Victor pour sa valeur, eut bien voulu lui faire changer de religion; mais le trouvant inflexible, il s'abandonna à sa colère. Victor fut donc attaché à la queue d'un cheval fougueux et traîné par les rues, dont il teignoit le pavé de son sarsg; il fut ensuite a la torture. Pendant ce cruel supphce J. C. le fortiBa par sa présence : ayant converti dans sa prison 3 soldats, il fut attaché au chevalet et frappa avec des nerfs de bœuf. Il eut encore le pied coupé pour avoir renversé i'idole de Jupiter. Maximien le ^t ensuite mettre sous une meule de moulin; à peine la machine étoit-elle en mouvement qu'elle se brisa sans que le S. en eût reçu aucun mal. Enfin il eut la tête coupé i'an 303»

* REFLEXIONS

I. Oii sont aujourd'hui ces chrétiens généreux çni sacrifient leur fortune a leur salut ? 2. Lâches déserteurs^ tous les jours nous préférons le monde a Jesus-Christ, 3. Un peu de courage et nous triompherons de ce monde enchanteur.

22 Juillet.

; Ste. MARIE MAGDELEINE.

loi Ainle Marie Ma«[de]eine était sœur de Marthe I ^ ^et de Lazare. Elle avoit mené iong-tems une vie très-deregîée, lorsque touchée des paroles du Sauveur elle alla le trouver chez Simon îe phari- ; sien où iî mangeoit, et s'ctant jettée à ses pieds, 1 elle les arrosa de ses larmes et les essuya de ses ' cheveux. Jesus-Christ touché de la vivacité de son amour^ lui remît ses péch^'s. Le Sauveur passant par Bethanie, Marthe se donnoit de grands mouvemens pour le bien recevoir, et Marie se te- Koit auprès de lui et se repaissoit de sa divine parole, en quoi, selon îe témoignage du fils de Dieu, elle avoit choisi la meilleure part. Ce fut sur-tout I à sa foi que fut accordv^e la résurrection de Lazare. I Elle ne perdit point de vue son divin maitre pendant sa passion; aussi fut-elle îa première à qui il apparut après sa Résurrection. Les Juifs ne pouvant souffrir la présence de Lazare, preuve vivante de îa divinité de Jesus-Chiist, le chassèrent lui &• ses sœurs, et les mirent sur un vaisseau sans gouvernail, qui vint aborder à Mar.seille. Ce fut auprès de cette ville, que Magdeleine passa le reste de ses jours dans un désert, & qu'elle aiourufe comblée de mérites,

REFLEXIONS

L Si notre contrition était sincère commette" ^ rions-nous si souvent les mêmes fautes ? 2, Faisons^ y attention^ Sç nous trouverons que notre cœur dé" mnit souvent notre bouche. S. Sans cette douleur intérieure cest envahi que nous espérons le pardon^

^3 Juillet

S. APOLLINAIRE, Evêque 5r Martyr.

^Aint Pierre ayant sacré évêque Apol]î«aîre> ^ ;;^cornpagno4i dv ses travaux il l'envoya â Ravenues. En entrant dans la ville, il trouva un aveugle qui lui denaanda l'aumône, il lui rendit la Tue en fais-^nt le signe de la Croix. Ce uiiracîe qui fut survi de plusieurs autres, le fit écouter des habîtans, il eu couvertit un très—grand nombre; il lui fullut me ne fortner un clergé, ne pouvant sufHre^ à tout. Les- prêtres des idoles s'apperçurent qua les temples dev^enoient diserts; ils le d<^f^>ent an gouverneur, qui n'ayant pu l'ébranler,, l'aba^idonna à fa uireiir des payens. Ils l'assommèrent à coupsde b Uons à de pierres, <Sr le lais>serent pour mort. Le Saint revint cependant, & continua ses tra*^ vaux avec ie mAme succ's. Il fut chassé de Ra*> vennes; mais s^Hant retiré duns une caverne, il nô cessoit d'instruire les fidèles qui venoient l'y trouver. Il rentra cependant dans la ville, où après a* voir rendu la vue à la tiîie de Patrice Rafus, il con-^ vertit toute sa iamiile. L'empereur ordonna quô h S. fut exilé. On rapplitjua à la torture, S: on le rnit sur un vaisseau qui partoit pour 1^ Grèce. Il revint une troisième fois à Ravennes, où il mourut, eniia l'an 813, les payei^s. l'ayant accablé de coups*

HEFL EXIONS.

1. Le mammis succès ?ïe dicournge jamais ceux ÇMÎ ne vivent que pour Dieu^ 2. Dieu tire sa gloire de tout, de quelque manière que vous réussissiez. 3, C'est à vous de iravailkr^. il est h rmaître de lihiij* travaux^

•24^ Juilfef

I Ste. CHRISTINE, Vierge & Martyr.

I Hristine étoit de T) r en Toscane, viUe qui \^ne subsiste plus. Urbain >son pere en étoit gouverneur. Les cbretiens n'eurent jamais de p]us cruel ennemi; tous les jours il en condamneit quelqu'un il morti Christine assistoit aux interrogations, &: ce fui là qu'elle comprit que la religion chrétienne étoit la seule vraie, f^lle n'avoit que dix ans lorsqu'elle fut baptisé en secrèt. Ayant un jour trouvé les idoles d'or ^ d'argent <]u'adoroit son père, elle les mit en pièces & les distribua aux pauvres. Urbain Tayant su, entra en fureur & la fit -inhumainement déchirer à c^ups de fouet: elle fut mise dans un cachot d'où on la tira pour être arrosé d'huile bouillante, mais Dieu k préserva des atteintes du feu : on la jetta dans un lac avec un^ -grosse pierre au col; un Ange la conduisit au rivage. Son pere en conçut un tel dépit, qu'on le trouva étouffé dans son lit. Dion qui lui succ: da fit jetter Christine dans de l'huile bouillante, qui se changea pour elle en un bain délicieux; elle fut conduite au temple d'x'^pollon dont l'idole se réduisit en cendres & le gouverneur tomba roide onort. Après plusieurs semhhvbles prodiges, ell« fut percée de lieches, & termina ainsi sua iïjarty i e.

REFXEXÎONS.

* 1 • Ln vivacité de feifroduii V<irdeiir de la chu'^ ^itL Peitt-'On vous cajinoître, mon Dieu, ^ croira m irons, sans tous aimer? 3^ Peut^onvom mmer mns Juive dt gmîuies dioses ^our vous?

^5 Juillet.

S. JACQUES, Apôtre,

SA înt Jacques surnommé le Majeur naquit: à î!«« thsaïcle. ville de Galiiée. Il étoit fils de Zébedé et de Saîoraèe et frère de S. Jean rEvangélistcUia jour qu'il exercoit son métier de pêcheur avec son pere et son frère, le Sauveur vint à passer et a[x« peiia les deux frères qui laissant tout sur le champ, le suivirent. On peut dire que S» Jacques, ainsi que S. PieiTe et S. Jean, fut comme le favori de Jesus-Christ: ils furent seuls témoins des deux miracles que le Sauveur op'ra en faveur de la bellemere de S. Pierre et de Jaïr: ils etoieni avec lui lorsqu'il se transf-gura sur le Tabor et qu'il agonisa au jardin des Olives, Salomée demanda un jour au fils de Dieu les deux |;remières places de soa royaume pour ses deux fils. Jesus-Clirist lui répondit qu'il falloit, s'ils vouloient régner avec lui, qu'ils eussent part à son calice, S. Jacques n'oublia pas cette leçon. Apres la descent du S. Esprit il alla prêcher l'Evangile en Espagne, On dit que la Sîe. Vierge lui apparut à Sarrugosse, et lui ordonna de bâtir un oratoire en son nom. Etant retourné en Judée, il eut la tête tranché e par ordre d'H^rodes Agrippa, qui voulut par-là s'attacher les Ju'ifs doîit il couiioisiioît toute la haine centre le ISaint.

REFLEXIONS

I . Qiiil est doux d'être en compagnie de Jésus et de ^entretenir avec lui. 2. Il y a peu d\)mes as* sez détacher de tout pour savoir goûter ce plaisir, 3. Le commun des chrétiens se livre au monde^ Sjf ^■ë s'occupe de Jésus quen passante

ê5 Juillet.

il S. CHRISTOPHE, Marty^

iyr>(Hristophe étoit de Cana, Ayant été instruit vérités du christianisme ii crut en Jesus- Clirist, et retnpli d'un saint z^Je, il convertit en peu de tems près de cinquante mille personnes. Jl étoit de haute taille et «larchoit ordinairement -appuyé sur un bà ton; l'ayant un jour enfoncé ea terre, il reverdit et porta des feuilles et des fruits. Ce prodige convertit beaucoup d'infidèles. Et comme enfin il portoit Jesus-Christ dans son cœur, et que jamais des torrens même d ailiction ^ne purent le subjuguer, c est~à~dire lui faire oublier &on Dieu, tout cela a pu donner iieu de le i-eprésenter sous la forme à* un gt ant appuyé sur un tronc d'arbre, ayant les pieds dans l'eau et portant l'Enfant Jésus sur ses épaules. Pendant que le Saint travaiJloit à étendre la foi, l'empereur Dèce le fit arrêter, il fut mis en prison: on lut envoya deux femmes pour le séduire, mais il les convertit. Il fut étendu sur un lit de fer sous lequel on avoit mis un braisier ardent, et comme tous ces tourmens et d'autres encore furent inutiles, il eut la tête trancliée.

REFLEXIONS

1. Dieu en nous donnant V être ^ ne nous a pa$ promk des jours sereins, 2« Pourquoi donc nous plaindre y pourquoi murmurer au moindre revers ? 3. Si Dieu permet ce malheur ^ c'est pour éprouver vq^ ire amour^

2G Juillee.

Ste. ANNE, Mère de ia B. V. Matié.

ANne naquit à Bethléem. Son père, Matîiatij étoit de la tribu de Levi et de la famille^ d'Aaron, et sa mere de la tribu de Juda. Dès qu'elle fut en âge d'être mariée, elle fut accordée à Joachim, qui étoit de la tribu de Juda et de la famille royale de David. Le mariage se célébra avec une sainte joie, telle que la pouvoit inspirer îe mérite et la vertu des deux époux. Ils furetU quarante ans sans avoir d'enfans ; mais Anne se souvenant qu'une sainte femme, de même nom, âvoit obtenu Samuel par ses prières, elle eut aussi recours A Dieu, et en obtint une fille qui de voit être la Mere du Messie: elle promit de la consacrer a Dieu, et dès l'âge de trois ans elle la mena à Jérusalem. Elle y alla même demeurer avec Joachim pour ne la point perdre de vue. S Joachim ne tarda pas à aller rejoin* dre ses pères. Saint Anne lui survécut quelques années qu'elle passa dans la contemplation des grandes choses qui alloient' s'accomplir. Sa mort ne fut autre chose qu'un doux som* meil. Elle arriva lorsque la sainte Vierge n'a* voit encore qu'onze ans.

R E FLEXION S

1. Ce nest quà l'égard de Dieu qiion ne rougît pbint d'être ingrat, 2. Cependant ces biens ^ ces tU"' leris, n est-ce pas de lui que ".mus les tenezf 3. C\^st se rendre indigne de ses biercfaits^ que de les oublier si ai:^ément*

27 Juiiïetr

|L S. PANTALEON, Martyr.

Ifc^Antaléon naquit à Nicomédie. Sa mcre qui Wf^^étoit chrétienne, i'éîeva dans la vraie religion, fiais Eustrode son père, payen des plus entêtés, ftoufïa bientôt ces précieuses semences. Pantaféon s'appiiqua à î étude de la médecine. L'empereur informé de sa capacité le prit pour son médecin ordinaire. Un Saint prêtre ayant eu un entretien avec lui, le gagna â Jesus-^Christ & Saint Pantaléon en gagna^ dans la suite beaucoup d'autres. Son père îui-mème se rendit a ses instantes exhortations. L*empereur ne tarda pas à être instruit de ce qui se passoit; mais le Saint pour justifier sa religion lui proposa de faire apporter un malade désespéré, et defia les prêtres des idoles de le guérir. Le défi fut accepté, mais ce fut à la honte du paganisme et à la gloire du vrai Dieu, dont le nom seul, prononcé par le Saint, guérit le malade. L'empereur à la sollicitation de ces faux prêtres, fit déchirer Pantaléon avec des ongles de fer, on le brûla avec des torches ardentes, on le jecta dans la mer, d'où il sortit sans aucun mal, on l'appliqua à une machine garnie de rasoirs qui s'étant brisée, tua plusieurs payens. Enfin il eut la têtQ tranchée, l'an 305,

1. Les remèdes que T art employé nont dè vertu que celle que Dieu leur donne, 2. Priez—le donc pour la santé du corps, et plus encore pour celle de l'âme. 3. C'est à nous de souffrir patiemment et à Dieu de nous guérir j si cest sa volonté.

2S Juillet.

SS. NAZAÎRE, CELSE, VICTOR, MartyrsJ

Azaîre romain de naissance fut élevé dans' le Cliristianisnie, par sa mère Ste. Perpétue. Dès qu'il eut reçu le baptême du Pape S. liin, iî quitta la raaîsan paternelle pour travailler au salut des âmes: il passa les Alpes et arriva 2 Gèn^s. Il y convertit un grand nombre d'idolâtres, et entre autres une riche veuve qui n'avoit qu'un fils, nommé Celse. Le Saint ayant baptisé ce jeune homme, le demanda à sa mère pour compagnons de ses travaux. Ils parcoururent plusieurs villes des Gaules, arrivèrent à Trêves, & y furent arr t^s comme ils annoiiçoient l'évangile. On les jetta dans la Moselle; mais au lieu d'être submergés, ih marchèrent sur les eaux. On se contenta donc de les exiler. Ils allèrent en Italie. Mais enfin le président AnoMii ks fit prendre a Milan, où ils furent décapités.

On fait encore mémoire eïî ce jourde S. Victor, pape, qui succéda à Eleuthere l'an 192. Il combattit avec zèle contre le& hérétiques. Il fit gur-tout paro'tre sotï courage dans la conduite^ qu'il tint à l'égard des deux Hérésiarques Théodore de Bizance & Praxèas. Enfin l'an 202, il fut martyrisé. }

REFLEXIONS

1. Celui que la moindre difficulté rebute ne fem^ jamais rien de grand pour Dieu. 2. Quand on se donne a lui, en doit s attendre à de rudes assauti de la* part du monde. 3. Si l'on ne s'arme de Jbrce $ç de courage^ bieutât an oubliera ses engagemm^

29 Juillet.

Ste. MARTHE, Vierge.

'Artiie demeuroit à Bethune: le Sauveur

logeoit souvent chez elle. Un jour qu'elle

se donnoit de grands mouvemens pour lui préparer à manger^ elle se plaignit à. lui de ce que , sœur Marie restoit à ses pieds, et la laissoit chargée des soins du ménage. Jesus-Christ lui fît une admirable leçon sur les avantages de la vie intérieure. Elle en profita et sut admirablement bien joindre le recueillement avec les exercices d'une vie active. Sa foi parut dans tout son jour lorsque Jesus-Christ pour réprouver lui deman- . da ce qu elle pensoit de la mort de Lazare son frère, & qu'elle le reconnut pour le souverain arbitre de la vie et de la mort. Elle suivit le fils de Dieu jusques sur le Calvaire, Après son Ascension elle eut à essuyer les plus mauvais traitemens de la part des Juifs qui la mirent avec son frère et sa sœur sur un vaisseau sans agrès. La providence les conduisit à Marseille. Ste. Marthe délivra Tarascon d'un effroyable dragon. Elle ressuscita un jeune homme d'Avignon qui s'étoit Tîoyé. Enfin elle mourut au milieu d'une troupe de saintes filles dont elle avpit formé une fervente communautés

RE FLEXION S

Tout état peut mus sanctifier, dès que c^est celui ou Dieu vous appelle. 2. C'tst par là que Vac» tion de Marthe était sainte comme la contemplation de Mogdelaine, 3. Avant que de Jixer votre choixy ^07/ez si Dieu en est le prinçipe, .

S34i 30 Juillet

Les SS. ABDON & SENNEN, Martyrs.

V Ans le tems que l'empereur Dece étoît le

Pplus acharné à persécuter l'église, Abdon &

Sennen, tous deux gentilshommes Persans, sedistinguoient par leur zeîe à encourager les confesseurs jusques sur leurs échafauds. Déce Fayant su. les fit amener & leur parla d'abord avec douceur; mais il ne put rien gagner sur eux. Cooime Il venoit de terminer heureusement la guerre contre les Perses, il mena les deux Saints à Rome comme pour servir à son triomphe. Le voyage fut pénible pour eux. Etant arrivés ils furent traîîîés devant la statue du soleil; mais au lieu de lui oiTrir de l'encens, ils crachèrent avec mépris sur cette idole. Leur action anima contre eux la populace. Qn les dépouilla sur le champ, ils furent déchirés à coups de fouet, jusques là qu'on voyoit leurs os. lis furent menés dans l'amphithéâtre, en lâcha centre eux deux lions & quatre ours ; mais ces animaux oubliant leur férocité, se prosternèrent à leurs pieds; & comme ce spectacle excitoit l'admiration de toute l'assemblée, le préfet fit égorger les deux Martyrs.

RE FLEXIONS

1. Quil est beau de mir deux frères raccorder parfaitement i sur-ioid à serT)ir Dieu'? 2. V union J^ormêe par le sang Sç cimentée par la charité^ est inaltérable. 3. Rien de plus commun que de voit . Viniêrêt diviser ceux (^ue la naissance unissait^

31 Juillet.

S. IGNACE LOYOLA, Confesseur.

4"W"Gnace Loyola naquît l'an 159L dans la pro- )j g vince de Guipuscola, de l'illustre famille de '■Loyola. Etant malade d'une blessure qu'il a voit reçue en défendant Pampelune, il lut la vie des I Saints; il en fut touché, & s'étant revêtu d'un sac, [ iî alla à Manreze où il s'abandonna a de pieux excès de pénitence & il composa le S. livre de l'exercice, il passa peu de tems après en Palestine pour y visiter les Sts. lieux. Etant revenu en Espagne il y étudia, quoique deja âgé de 33 ans, les élemens de la granniiaire latine. Dès lors il se des- , tinoit aux travaux apostoliques. Ce fut pour cela qu'il vint à Paris & qu'il s'y associa neuf compagnons distingués par leur mérite, du nombre desquels fut le grand apôtre des Indes, S. F. Xavier, |; Ils firent vœu le jour do fassomption dans l'église ^ de Montmartre de renoncer à tout pour travailler ' au salut du prochain. Ignace avoit essuyé de viol lentes persécutions en Espagne, il en fut de même en France & en Italie; mais il ne respiroit que la plus grande gloire de Dieu: c'ctoit sa devise. Jésus- Christ lui apparut & lui promit de le protéger. Sa compagnie fut approuvée & s'étendit dans tout le monde dès son vivant. Il mourut l'an 1557.

REFLÉXIONS.

î . Quand on sait ce que valent lésâmes, onferoU tout pour en sauver une seule, 2. Prions Dieu quit suscite de zélés ministres pour montrer aux hommes les voies du salut. 3. Travaillons nous-même à arracher tant de malheureuses victimes au Démouo

1 AoûL.

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