‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 101 sur 459 · P. III. Chaque cime est créée immédiatement par Dieu · texte numérisé non relu

P. III. Chaque cime est créée immédiatement par Dieu

Cest certain et voisin de la foi, d'après le n» 512. Pr. 1) Que Vesprit retourne à Dieu qui l'a donné. (Eccl. XII. ~). 2) Créer, c'est tirer du néant une substance ; or, comme substance, l'âme humaine est complète (V.

n» 49") ; donc, elle doit être tirée du néant ; donc elle est créée par Dieu, car Dieu seul peut créer (V. no 512) ; les créatures ne peuvent que par corruption ou génération, tirer de la matière des formes non subsistantes, et, par conséquent, dépendantes de la matière ; du reste, la fausseté des deux premières opinions démontre la vérité de celle-ci.

515. P. IV. Vâme n'est pas créée avant son union arec le corps. C'est r/e foi contre Platon et Origène qui ont enseigné que l'àmeélaitenferméedans le corps en punition de certaines fautes.

Le cinquième concile de Constantinople condamne ainsi la doctrine contraire : « Si quelqu'un dil, on pense, que lésâmes

des hommes préexistent, et sont envoyées dans le corps pour leur supplice, qu'il soit anathème. » (K. de Prœdeslin. c. 1 .

a. i'.) C'est, en effet, contre nature pour l'âme d'être sans le corps, dit St Thomas, et, hors du corps, elle n'a pas toute la perfection de sa nature. Il n'a pas été convenable que Dieu commençât son œuvre par une chose imparfaite. S'il n'a pas fait l'homme sans la main, à plus forte raison n'a-t-il pas fait l'âme sans le corps. » T. I. q.

ol6. L'âme est-elle répandue dans le corps au premier moment de la conception, comme on le pense plus communément aujourd'hui ; ou seulement quand la génération est complète ce qui arrive après 40 jours, comme l'enseigne St Thomas ? C'est une question controversée ; mais, en pratique, il faut toujours, dès la conception, baptiser le germe ; et, ceux qui procurent l'avortement, même avant le 40e jour après la conception, sont frappés de censures ; toutefois, il n'y a pas d'irrégularité encourue, si on commet ce crime avant le 40'"^ jour.

Art. IV. — De l'immortalité de l'âme.

517. Il est manifeste que le corps étant composé de parties peut se décomposer : mais, Vdme humaine est immortelle. C'est de foi d'après tous les symboles, et d'après le texte du concile de Latran cité au n» 494. Pr. 1) (Les méchants) « iront à un supjdice éternel et les justes à la rie éternelle. » (Mat. XXV. 46). 2) par le consentement de tous les peuples, manifesté par le culte des morts, l'apothéose, les chants des poètes, etc. ; 3) une substance simple ne peut pas, par elle-même, être détruite ; ce n'est que par accident qu'elle peut périr, si elle est incapabled'exercer sans le corps aucune opération : or, l'âme humaine exerce sans le corps les opérations intellectuelles ; donc, elle ne peut

L HOMMK. SON AME

pas périr quand le curps se décompose, et elle se tourne alors vers la connaissance des choses imnialérielles. V. n"" 1710 et suiv. En oulre, l'homme lait, avec liberté, le bien ou le mal ; donc, il mérite une récompense, ou un châtiment qu'il ne reçoit pas en celle vie ; il laut donc qu'il les reçoive dans l'autre vie.

518. 11 faut bien remarquer que l'état de l'ùme séparée du corps par la mort, n'est point parlait , et que cette âme tend à se réunir à ce même corps qu'elle a animé et qui est une partie naturelle de l'homme complet. Elle ne tend point à s'unir à un autre corps, comme l'ont prétendu les fauteurs de la métempsycose, système erroné en pliilosopliie, dit St Thomas, et hérétique aux yeux de la loi. La foi, en effet, nous enseigne qu'après la Résurrection, l'âme reprendra le même corps qu'elle a déposé.

(CorUra Genl. lib. 2. C. 44.) Le système de la Paleiigeiihe, qui enseii,me que l'âme de l'Iiomnie est une particule de Dieu, qui est absorbée après la mort en Dieu même, n'est pas plus heureux que la métempsycose. Si l'àuie est absoibée, elle perd donc son être propre.

519. De ce (lue nous venons de dire, il est permis de conclure quelle est la nature de riioninie. et quelles sont les choses que Dieu doit donner à l'homme supposé qu'il veuille le créer. Dieu, en créant l'homme, lui doit tout ce qu'exige la nature humaine, c'est-àdire un corps, une âme si)irituelle et lihre, unie suhstantiellementà ce corp.s, et une (in naturelle. Dieu aurait-il pu créer l'homme sans le péché dont Dieu ne peut pas être l'auteur, mais dans l'état où l'homme est aujourd'hui, avec les mêmes infirmités du corps et de l'àme ? Dieu l'aurait certainement pu de puissance ahsolue : c'est ce qui résulte de la condamnation de la îiMe proposition de Baïus : Dieu n'aurait pa^ pu c.rrcr, dêx le rovimcnccniinil, l'hiiinmr Ici (/u'il nuit iiiiiin-

lenani. Dieu cùt-il pu le créer ainsi de puissance bien ordonnée? Oui, pourla même raison : Quelques-uns cependant le nient, tout en avouant que l'homme tel qu'il est, est bon, et non mauvais, et c'est en ceci qu'ils .se séparent des Jansénistes et de Baïus. V. no (jtJo.

520. Si l'homme avait été créé sans péché et sans grâce, il eût été dans l'état que les théologiens appellent de pure nature; à cet état ajoutez l'exemption de la concupiscence, et vous avez l'état de nature intègre. Toutefois, il était digne de la grande bonté de Dieu d'élever l'homme à l'état surnaturel, par les dons de la grâce. (V. n» 549.)

Page 1