VÉE
521. P. L Uélévalinn de rhomme à un élat, qui dépasse les forcer de sa nainre, est possible. Ce&ldefoi. Il n'y a rien, en eff"et, qui s'y oppose (a) du côté de Dieu, à qui tout est possible ; un tel élat convient même admirablement à sa bonté et à sa sagesse. Ni (b) du côté de l'homme qui, en tant que CBéature, est apte à recevoir l'action et la faveur divines même sur- .naturelles. Cette capacité que les théologiens appellent puissance obédientielle, résulte de la dépendance que l'être créé a vis-àvis du Créateur; et, en ce sens, elle est naturelle; l'être créé n'a cependant pas l'appétit des choses surnaturelles comme il l'a pour les choses naturelles. Ni (c) de la part de l'ordre naturel qui n'est pas détruit par l'ordre surnaturel, ni confondu avec lui ; mais qui en est plutôt par là perfectionné.
Ecoutons le Concile du Vatican :
'( Si (|uelqu'u.i dit que Dieu ne
DIEU CREATEUR
peut élever l'homme à une connaissance et à une perfection qui dépasse la connaissance et la perleclion naturelles, qu'il soit anat. » [De recel, c. 3j.
522. P. II. L'homme a été établi par Dieu dans relut de grdre, c'est-à-dire, dans une sainteté surnaturelle, avec une fin qui n'était pas due à sa nature, et des moyens gratuits pour atteindre cette fin. Cette proposition est contre Baïus et !es Jansénistes; et elle appartient à la foi. d'aprôsle texte suivant du Concile de Trente: « Si quelqu'un ne confesse pas que le premier homme... a perdu la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été étahli, qu'il soit anat. » Pr. 1.) Faisons l'homme à nuire image et à noire resscmblame. (Gen.,1, 26).
Or, les saints Pères entendent communément, par le mot image, la nature qui est apte à connaître et à aimer Dieu naturellement ; et par ressemblance, la grâce qui est propre aux seuls justes, et par laquelle ils peuvent connaître et aimer Dieu surnalurellement; cette ressemblance se perfectionne encore dans la gloire. 2) Cette vérité est attestée par toute la Tradition . 3) La nature des choses étant immuable, l'homme n'aurait pas pu perdre la grâce, s'il l'eût eue naturellement; et c'est certain de par la foi, que la grâce est un don, qui n'est pas dû à la nature. L'Eglise a condamné dans Baïus la proposition suivante : « L'élévation de la nature de l'homme à la participation à la nature divine lui était due, et, par conséquent, on doit l'appeler naturelle. »
Hurler fait remarquer que si le premier homme n'avait pas été doté de dons surnaturels, quand même il eût péché, son péché ne nous aurait pas été transmis, pas plus que les péchés
de nos propres panants.
3^23. Il est donc certain qu'Adam a eu au moins la grâce hahiluelle Quant à la grâce actuelle d'Adam innocent, il y a trois opinions. Quelques-uns disent qu'il n'avait pas la grâce actuelle, car il n'en avait pas besoin ; quelques autres, qu'il avait ia grâce actuelle pour son intelligence, mais non pour sa volonté. L'opinion la plus probable et la plus commune, est qu'il avait l'une et l'autre grâce actuelle.
5:24. L'homme a-t-il été élevé à l'état surnaturel aussitôt qu'il a été créé ? Oui, plus probablement, et il en a été de même des Anges. Dieu a fait i'Iiomme droit, dit l'Ecriture : et cette rectitude est la conséquence de la grâce, comme nous allons le voir.
Cependant, quelques théologiens distinguant l'innocence originelle de la grâce, disent qu'Adam est resté quel- (|ue temps dans celte justice (qu'ils font consister dans la santé du corps, et dans la rectitude de l'âme) avant d'être élevé à la grâce ; ils admettent toutefois qu'il y a été élevé avant la chute. B. de Gratiâ, n» i>Ûl.
525. P. III. En élevant l'homme à la grâce. Dieu lui a accordé des dons excellents ; et surtout, il l'a affranchi de l'ignorance, de la concupiscence, de la vieillesse, (à laquelle il pouvait, d'après St Thom-as, se soustraii'e par l'arbre de vie), de la mort, des maladies et des épreuves de cette vie (a). L'exemption de l'ignorance est certaine : Il créa en eux la science de F esprit.(EccM. XVII, 5). De plus, les œuvres de Dieu sont parfaites ; et, puisque le corps d'Adam fut intègre, à plus forte raison, son âme. Donc, d'après l'opinion commune, qui n'est cependant pas entièrement certaine, Adam n'était sujet ni à l'oubli, ni à l'erreur; et il connaissait toutes les sciences naturelles qu'un homme peut connaître. Surnaturellement, il connaissait Dieu comme fin surnaturelle de l'homme, la Trinité, l'Incarnation, en tant ([u'elle devait être la source de sa gloire, et non en tant qu'elle serait celle de sa réparation,
l'homme. l'ECHiî ORIGINEL
car il iunorait qu'il diU tomber. T. '2. 2. q. 2. a. 7.
(b) L'eiemplion de la concupiscence est aussi certaine : Uun et Vaulre claienl nus, et ils ne rougissaient pas. (Gen., II, 3).
Et le Concile de Trente déclare que la concupiscence s'appelle péché, parce qu'elle est venue du péché; donc, avant lui, elle n'existait pas.
(c) Limmunilé de la mort est de foi. Dieu a créé Vhomme inexterniinable. (Sap. II, 23). Voici un texte du Concile de Milcve contre les Pélagiens : « Si quelqu'un dit qu'Adam a été l'ait mortel, qu'il soit anat. »
(d) Uimmunité de toute douleur est d'enseignement commun ; et même tous les peuples ont gardé le souvenir de cet âge iieureux qu'ils ont appelé l'âge d'or.
(e) Il faut ajouter qu'Adam reçut l'empire sur tous les animaux qui lui obéissaient, et aussi sur les autres êtres corporels de ce monde terrestre.
Or, tous ces dons furent gratuits, car s'ils avaient été naturels, ils ne se seraient point perdus par le péché, v. n° 522.
C'est ce qui résulte de la condamnation de cette, proposition de Baïus : L'intégrité de la première création fut sa condition nalurelle.
526. Dans l'état d'innocence, l'homme avait cependanl besoin de nourriture ; et il se serait propagé de la même manière qu'aujourd'hui, bien que quelques Pères, sur ce dernier point, aient soutenu une opinion contraire. Si le premier homme eût persévéré, tous ses descendants seraient nés dans la justice, accompagnée des dons gratuits que nous avons indiqués ; cependant, ils n'auraient pas été impeccables, ni iis n'auraient jias eu toute la science d'Adam. Ils auraient pu cependant l'acquérir, en la découvrant ou en l'apprenant, mais très facilement. . Et lors même que les enfants d'Adam demeuré innocent, eussent péché, leurs
propres enfants seraient nés néanmoins dans la justice.
527. Le paradis terrestre, où Dieu plaça nos premiers parents, était réellement, d'après l'opinion commune, un lieu de cette terre, qui nous est inconnu.