IL Dans les Descendants d'Adam. Quelle est l'essenc» du
péché originel? 1) Ce n'est pas la mort, ni la concupiscence qui nous incline au péché, comme le voulait Luther : c'est de foi d'après ce que nous avons dit au n" 532 ; ce n'est pas non plus une disposition à avoir une concupiscence désordonnée, comme l'a dit Hermès, qui s'est approché en ceci des protestants.
2) Ce n'est pas la corruption substantielle de la nature humaine, comme l'a enseigné Calvin ; et cette doctrine est hérélique; car la nature est immuable; et une corruption pareille, si elle était possible, ne pourrait être faite que par Dieu, et rendrait, par conséquent, Dieu l'auteur du péché. 3) Ce n'est pas non plus le péché actuel d'Adam, imputé à tous ses descendants, comme l'a dit Catharin, car cette imputation extérieure ne nous rendrait pas réellement pécheurs; et le Concile de Trente déclare que le péché originel est propre à chacun . 4) Ce n'est pas non plus l'imitation d'Adam, comme l'a enseigné Pelage, et cette doctrine est réprouvée par le Concile de Trente. (V. Ses.5, can. 2-3.)
5) Ce n'est pas l'obligation de porter un châtiment, comme l'a cru Durand, car ce n'est pas là le péché, mais l'efTet du péché.
6) Ce n'est pas la limitation de la nature humaine, puisque toute créature est limitée, et que ces limites sont marquées par Dieu.
7) Ce n'est pas enfin quelque chose de positif, car celte doctrine a été condamnée dans les propositions 48 et -49 de Baius.
Qu'est-ce donc? C'est, comme tout péché, la privation d'une chose que l'on devrait avoir. (V.
le n" 312). Mais quelle est celte privation? Les uns disent que le péché originel est la culpabilité d'Adam, ou la privation de l'amiiié de Dieu, jointe à l'obliga-