La volonté de N.-S
a été exempte de tout péché. C'est de foi, (a) du péché originel d'après ce que nous avons dit n° 533 (b) de tout péché actuel.
Pr. 1) ]l convenait que lions eussions un Pontife saint, innocent., sans tache. (Hebr. VII. 26.
2). Leconcile d'Ephèse prononça l'analhème « contre celui qui dirait que J.-C. s'est offert en sacrifice pour lui-même... 11 n'a pas eu besoin d'oblation, celui qui n'a absolument pas connu le péché. » 3). Tout péché en J. C.
eut élé imputable à la Personne divine.
D'oii il faut conclure, que la volonté de N. S. était absolument impeccable, et c'est certain d'après ce que nous venons de dire.
580. Comment concilier avecrimpeccabilité de N. S. sa liberté surtout dans sa mort, jjuisqu'il avait reçu de son Père l'ordre de sacrifier sa vie ? D'abord l'impeccabilité n'exclut point la liberté ; car la faculté de péclier n'appartient pas à l'essence de la liberté, dont elle est plutôt un défaut. Ouelquesuns disent que la volonté du l'ère n'était qu'un simple bon plaisir, et non un ordre ; d'autres, que J. C. a élé libre non sur la substance du précepte mais sur les circonstances ; d'autres enfin qu'il pouvait obtenir la dispense de ce précepte ; mais rien de tout cela n'est nécessaire pour nous convaincre de la liberté de N. S. il suffit pour l'expliquer qu'il ait eu un secours efficace qui était dû à sa dignité, et qui l'ait rendu impeccable ; et un secours efficace n'empêche pas que l'acte ne soit libre, il rend plutôt l'acte libre. V. n" 400.
De là, concluons que N. S a pu mériter, puisqu'il était viateur, libre, et plein de grâce, comme nous le dirons au no 588.
581. 3° La volonté de J. C. at-elle été toute puissante ? St Thomas répond : Puisque l'âme de N. S. faisait partie de sa nature humaine, il est impossible qu'elle fût toute-puissante. 3, q.
13, a. 1. Par sa vertu propre,
DIEU REDEMPTEUR
l'âme de N. S. pouvait i^ouvernerson corps, disposer ses actes humains, et illuminer toutes les les créatures raisonnables par la plénitude de sa science et de sa grâce ; mais ni les actions de la vie végétative du corps deN, S., ni le changement de l'ordre de la nature n'élaient soumis à l'empire propre de son âme.
58!2. Toutefois, comme instrument du Verbe, l'âme deN. S.
avait une vertu instrumentale, capable de laire, soit dans son propre corps, soitdansles autres créatures tous les changements miraculeux, qui avaient quelque rapport à la fin de l'Incarnation.
Le don des miracles, dit St Thomas, a été donné d'une manière très excellente à l'âme de N. S., de telle sorte que non seulement elle pouvait faire des miracles, mais encore elle pouvait communiquer ce don aux autres. Toutefois, elle ne pouvait rien anéantir, car ce pouvoir appartient à Dieu seul. 3, q. 13, a. 2, a. 3.
o83. Cependant il est vrai de dire que J.-C. comme homme, a pu faire tout ce qu'il a voulu ; car il ne convenait pas à sa sagesse de vouloir ce qui n'était pas en son pouvoir ; mais ce qu'il a voulu faire par sa puissance divine, il n'a pu le faire que comme instrument du Verbe. T. Ibid. a. 4.
L'humanité de N. S. faisait-elle physiquenaent elle-même des miracles, les opérant elle-même? les thomistes disent que oui; les scolistes disent que non, et enseignent qu'elle n'opérait les miracles que moralement en obtenant par la prière qu'ils fussent faits. D'auU'es disent que N. S. opérait physiquement les miracles quand il était présent, et moralement, quand il était absent. K.
58-4. A° La volonté raisonnable, en N. S., voulait toujours la même chose que la volonté divine. C'est de foi, d'après les paroles du 6*' Concile Général :
« Nous enseignons que la vo-
lonté humaine ne résistait pas, ne luttait pas^ mais plutôt qu'elle était soumise à la divine volonté. » Cependant, dit St Thomas, selon la volonté, ou plulôt l'appétit sensible, J.-C. a pu vouloir autre chose que Dieu. Nous allons l'expliquer aussitôt. T. 3^ q. 18, a. 5.
585. III. De la sensibilité de l'ame de J.-C. 1» Uâme de N. S. a été ixissïble : c'est de foi d'après le Symbole. V. n» 517. lia vraiment porté nos douleurs, dit Isaïe. LXIIl. 4. Le Christ a donc été sujet à la tristesse et à la crainte : Il commença à élre triste et à craindre ; et si vous demandez comment cela a pu se faire avec la vision béatifique, St Thomas répond que naturellement la gloire de l'âme doit rejaillir sur le corps, à cause de leur union mutuelle ; mais que celle disposition naturelle était en J.-C. soumise à sa volonté divine, qui a voulu que la gloire restât dans l'âme et n'arrivât pas jusqu'au corps, et que le corps pût ainsi soufTrir. Le saint Docteur ajoute : « Le Fils de Dieu permettait, avant sa passion, à son corps et à son âme de souffrir ce qui était propre à la nature de chacun. Et il est manifeste que la volonté sensible a naturellement en aversion les douleurs sensibles 11 n'y avait donc point en N. S. de contrariété de volontés, car il plaisait à la volonté divine et à la volonté raisonnable de N. S. que sa volonté sensible agît selon sa nature. » Il serait donc erroné d'affirmer qu'il y ait eu dans l'âme de N. S. un trouble involontaire, comme l'a fait Fénelon.
vV. T. 3, q. 15, a. 5, a. 0, a. 7, q. 14, a. 1, q. 18, a. 5 et 6).
58G. 2" Il n'y a imnt eu en J.-C. de foyer de 'péché, et par conséquent le corps de Notre
JESUS-CHRIST. SON AME
loi
Seigneur a été d'une parfaite sainteté, comme il convenait à sa dignité. J.-C. a eu, il est vrai, les mouvements del'appétilsensitif, qu'on appelle passions dans les autres hommes ; mais qu'on nomme propassions en X. S.; car elles n'étaient pas en lui inclinées vers le mal, ni prévenant, ni entravant en quelque manière la raison. T. 3, q.l5, a. 2 et 4. Qu'il arrive donc en nous le règne de Dieu et que votre volonté, ù Père céleste, se fasse en nous, comme dansl'àme de votre Fils Jésus !
Les théologiens se demandent si le Verbe eût pu prendre la nature humaine avec les mouvements désordonnés des passions.
Ils répondent communément d'une manière négative avec Suarez, contre de Lugo, etc.