Cette doctrine est aussi éloignée du système des
^idées innées, qui enseigne que les idées, au lieu d'être tirées des choses elles-mêmes, sont infuses dans notre esprit; de telle sorte que l'homme ne peut savoir certainement la conformité de ses idées avec les objets qu'elles représentent, que par ce raisonnement : Dieu m'a donné ces idées, donc elles sont rraies. Si ce système élait fondé, ceux qui ignorent, ou «nient l'existence de Dieu, ne pourraient rien connaître avec certitude. Du reste, le concile du Vatican enseigne que Dieu est connu par les créatures ; donc les créatures peuvent et doivent
PHILOSOPHIQUE
être connues avant Diei!, dont l'exislence est prouvée d'une manière péremploire et à la portée de tous par le spectacle du monde visible.
"21. 'S). Celle docirine s'écarte aussi de Terreur plus absurde encore de VOnlolofjisniP, qui met l'objet d« nos idées en Dieu, dans lequel, d'après ce système, nous contemplons la nature des choses, et par le(piel nous connaissons tout le reste. 0 hommes fortunés que les on!olo|;istes, qui voient Dieu dès celle vie ! L'homme n'est pourtant pas un ange. (Voir n°^ 26S,328).
28. 4). L'homme est un animal raisonnable, non pas un animal simplement, comme le voudraient ceux qui nient l'intelligence, ou la confondent avec la sensation, affirmant avec Condillac que nos idées ne sont que des sensations perfectionnées.
Ces philosophes mettent l'homme au niveau de la brute. Mais qui ne comprend que les choses sont essentiellement difïérentes, quand elles ont des opérations et des objets différents? Or la sensation perçoit le matériel et le parliculier, et l'intellect, l'intelligible et l'universel ; donc l'inlellect est différent de la sensation.
29. 5). Cette doctrine est éloignée aussi de l'erreur des ISominaur, qui prétendaient que nos idées universelles, comme celle du genre, de l'espèce, ne sont que des mots qui ne désignent rien de réel, et de purs noms; tandis qu'en réalité nos idées sont la véritable image des choses.
30. Ne confondons pas le verbe de l'esprit, ou l'idée de la chose avec le verbe de l'imagiualion, ouïe verbe vocal, comme
l'ont fait maladroitement de Donald et quelques tradilioii^.lisles.
Le verbe de l'esprit est l'image immatérielle de la chose; en lui l'inlellect voit la nalure même de cette chose, comme nousH'avous dit au n° 23 ; mais quand l'intellect, lié à notre corps, connaît la chose, il se forme par son ordre dans l'imaginalion une image, qui convient à celle de l'intelligence ; et dans laquelle l'image intelligible se reflète comme dans un miroir. (T.
conlr. Génies 1. II c. 73). L'imagination qui conserve les noms déjà connus, donne aussi un nom à son image propre ; et ce nom s'appelle le verbe de l'imagination, qui, s'il est proféré au dehors, se nomme la parole, ou le verbe vocal. Le verbe, soit imaginé, soit parlé, n'est que le signe du verbe intérieur, ou de l'idée, et évidemment la chose signifiée précède ce qui la signifie. De plus, si la parole engendrait l'idée, le même mot produirait chez tous la même conception. L'idée, par là même qu'elle fait abstraction de toutes les conditions qui individualisent et parlicularisent une chose, par le fait même qu'elle est l'image de la nalure des choses, est universelle et générale, de telle sorte qu'elle peut et doit être appliquée à tous les individus dont elle fait abstraction. L'humanité, par exemple, peut et doit être appliquée à tous les hommes et à chacun d'eux. Et en réalité, l'esprit, l'applique à chacun, quand, réfléchissant sur son acte propre, il cherche à connaître les choses singulières, ou les individus.
3L II faut remarauer, eu effet, que l'intellect, bien qu'il connaisse directement, comme
INTRODUCTION
son objet propre, l'universel, ou la nature des choses, connaît néanmoins indirectement les choses singulières ou les individus dont il porte un jugement, papexemple, quand il dit : Socrale est un homme. La nature des choses matérielles, qui est l'objet proportionné à l'intelligence dé Thomme en celte vie, n'existe en réalité que dans un être particulier ; l'hum.anité par exemple n'existe pas en dehors des hommes, l'intelligence humaine ne la connaîtrait donc pas parfaitement, si elle l'écartait absolument de tout homme particulier, dans lequel se trouve la nature humaine. C'est pourquoi l'intellect ne peut connaître une nature sans un fantôme, soit quand il la connaît pour la première fois, soit après qu'il l'a connue déjà. Pour la comprendre de nouveau^ il a besoin de se tourner vers les fantômes, qui sont la représentation d'un être particulier. Il est nécessaire, comme dit saint Thomas, que l'être qui connaît se proportionne à l'objet connu. T. I q. 84 a. 7. En réfléchissant donc sur le mode de sa connaissance, qui s'opère par le moyen des images sensibles, et par les sens par conséquent, l'intellect connaît indirectement les choses particulières, qui ont produit les fantômes, et remarque que la nature des choses qui est son objet propre se trouve dans les choses particulières que l'imagination et les sens représentent.
C'est ainsi que les sens qui perçoivent directement la couleur et les accidents d'un objet perçoivent indirectement la substance. L'homme peut cependant par les clîoses sensibles, s'élever à une^ connaissance imparlaile
des choses spirituelles ; mais quand il veut comprendre les choses spirituelles, il se crée dans l'imagination des fantômes, bien que ces fantômes ne les puissent pas représenter. C'est en un clin d'oeil que s'opère la connaissance humaine que nous venons de décrira, peut-être trop longuement. Il faudrait de longues pages pour exposer le mécanisme du pied de Thomme; et on sait avec quelle facilité et rapidité il se meut.
3'2. Il est temps toutefois de dire que l'intelligence humaine est un critérium de certitude.
Or l'intelligence produit trois actes : 1) Elle voit l'idée d'un objet, de l'homme par exemple.
2) Elle unit ou sépare deux idées, ce qui se tait par le jugement, par exemple : L'homme est juste. 3) De deux jugements, elle en tire un troisième par le raisonnement; or, dans ces trois cas, l'intellect, agissant dans les conditions voulues, est un critérium de certitude.
33. 1). D'abord dans l'idée, qui est la simple conception de la nature, ou de la définition d'un objet, l'esprit est toujours per se dans la vérité. En effet, par celle conception, ou l'esprit connaît la chose, ou il ne la connaît pas. Dans le premier cas, il ne se trompe pas; dans le second, il ne saisit pas la chose, il l'ignore; et, à sa place, il en saisit une autre, et parconséquent il ne se trompe pas non plus, pour cette chose qu'il saisit. Il peut arriver cependant accidentellement que l'erreur se glisse dans nos conceptions, par exemple si l'intelligence applique au cercle la définition de l'homme; ou bien si dans une définition elle unit ensemble des cho-
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ses qui ne vont point ensemble, par exemple, si elle définit l'homme, un animal rnisoniiable ùqnalrc pieds, et c'est ce qui arrive quand on ajoute quel(|ue chose à la simple conception.
(T. ibid. ad 3).
3-4. 2). Le justement est un critérium de certitude dans les premiers principes. Les premiers principes qui sont connus par eux-mêmes, sont ceux que l'esprit comprend dès qu'il a saisi les termes qui les expriment, parce que l'altribut se trouve clairement renfermé dai>6 la définition du sujet. En effet si, d'après ce que nous avons dit au numéro précédent, il ne peut y avoir y^g?' Sé' d'erreur dans l'idée, ou la simple conception du sujetd'une proposition ; il ne peut pas y en avoir non plus dans le jui.'ement qu'on formule, si l'altribut convient nécessairement au sujet, et est compris dans sa définition. Or le premier principe philosophique, c'est le principe de contradiction qu'on énonce ainsi : // est impossible qiCnnemême chose soit et ne soit pas sous le même rapport. A ce premier principe, se ramènent les suivants : Rien qui n'ait une cause suffisante de son être; le font est plus grand que sa partie.
35. 3). Le raisonnement vient du mot raison, et laraison, c'est l'acte de l'intelligence tirant une conclusion des principes. Il n'y a dans l'homme qu'une seule et même raison. Toutefois, quand elle s'exerce sur les choses éternelles et quand elle les consulte pour régler les choses du temps, on l'appelle raison supérieure. Si elle ne considère que les choses temporelles ou contingentes afin de les diriger, elle s'appelle raison inférieure. On lui donne le nom de spéculative, si elle cher-
che la vérité seulement pour là connaître, et on la nomme pratique, si elle poursuit la vérité afin de régler les mœurs.
3G. L'intellect connaissant les principes moraux, d'où laraison pratique lire ses conclusions, s'appelle syndérèse ; et c'est la conscience morale qui juge de la licéité ou de Villicéité de l'acte à faire au moment présent. Ceci étant posé, disons que le raisonnement est un critérium de certitude. Car la raison est faite pour lavérité comme l'œil pour la vue; elle ne peut donc par elle-même se tromper; donc, si la raison s'exerce dans les conditions voulues, elle ne peut errer. Or tous nos raisonnements se ramènent à deux espèces générales, savoir :
au syllogisme ou à V induction..
37. Le syllogisme part de l'universel pour descendre au particulier. On appelle prémisses les deux principes, d'où il tire une conclusion; et au moins une des prémisses doit être universelle, ou générale. Mais pour le bien saisir, il faut dire ici ce qu'on entend par universaur. Ce sont des idées, ou des notions suprêmes qui conviennent à toutes les choses ou à un grand nombre d'entre elles.
38. Quelques-unes de ces idées conviennent absolument à tous les êtres, bien que dans un sens difîérent : ce sont Vétrej le tin.
le vrai, le bien, le beau. La notion d'fVreest la plus générale de toutes, il n'y a rien d'existant ou de possible, ci quoi elle ne puisse convenir. Les idées de un, de vrai, de bien., de beau, conviennent aussi ta tous les êtres, à Dieu, à l'Ange, à (ouïe créature; mais on ne peut jamais appliquer ces notions à Dieu dans lemême sens qu'aux créatures. Ces notion^ su-
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prêmes s'élèvent donc plus haut que Ions les genres et toutes les catégories des êtres et peuvent s'appliquer à tous.
39. 11 est d'autres notions universelles qui ne conviennent pas absolument à tous les cires, mais à certaines catégories seulemoit et qui divisent les êtres en catégories. Les scolastiques les appellent pour cela catégories. Ils leur donnent aussi le nom de prédicnmenls ou. d'attributs, parce qu'on peut les attribuer, avec vérité, à toute une catégorie d'fetres. Or il y a deux attributs suprêmes, ou deux catégories suprêmes, qui partagent tous les êtres, ce sont la substance et les accidents.
■40. La notion de substance convient à tout être, qui par sa uature subsiste en lui-même, et non dans un autre être. La notion d'accident s'applique à tout être qui n'est pas une substance, et auquel il convient par conséquent de subsister, en un autre et non en soi-même. Or il y a neuf accidents qui ajoutent neuf catégories à celle de la substance. Les voici : 1) La quantité, un être a la quantité quand il peut être divisé. i2) La a qualité qui perfectionne la substance,soit dans son existence, soit dans ses opérations, comme la science dans l'homme. 3) La relation qui indique un rapport d'une substance avec une autre, par exemple d'un père à l'égard de son fils. 4) Le lieu ou Vespace. 5) Le temps. 6) Le site, par exemple être couché, ou assis. 7) La manière d'être d'un cor/}s, quand il est enveloppé d'un vêtement ou d'un ornement. 8) Vaction. 9) 142. passion.
4;l.Enappliquantàun être quelconque l'attribut de substance ou
d'un des accidents, l'intelligence emploie diverses manières générales qu'on appelle universaux proprement dits, ou prédicables, parce que ce sont là des façons générales d'appliquer un attribut à un ôlre quel qu'il soit. En effet un attribut quelconque appartient essentiellement au sujet, ou non. Dans le premier cas, ou il indique seulement une partie de l'essence, et pour lors, s'il désigne ce que le sujet a de commun avec d'autres êtres on le nomme genre, par exemple :
V homme est un animal ; l'attribut animal, c'est le genre. Mais s'il désigne la partie de l'essence qui distingue le sujet desaiitres êtres du même genre, par exemple : Ufiomme est raisonnable; le mot raisonnable s'appelle la différencepropre. Si l'attribut désigne l'essence tout entière, par exemple : U homme est un animal raisonnable, les mots animal raison nables'appeWeutespèce. L'espèce comprend tout le genre et la dilTérence propre; et elle n'est autre chose que la définition du sujet, l'essence du sujet ; et l'essence est ce par quoi un être est ce qu'il est et se distingue d'un autre. C'est ce qui constitue un être. Et le mot nature n'est autre chose que l'essence considérée, comme principe d'opération.
42. Si l'attribut n'appartient pas à l'essence du sujet, ou il l'accompagne toujours, et n'accompagne qu'elle, et alors il prend le nom de propre. C'est ainsi que la faculté de rire est le propre de l'homme. Si l'attribut n'accompagne pas toujours l'essence du sujet, mais quelquefois seulement, il s'appelle accident prédicable.\>aT exem\^\e, \escheveux blancs dansl'homme
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Le mot accident est pris ici dans le sens d'une chose qui n'arrive qu'accidenleilemenf, il ne faut donc pas le confondre avec Vaccident prédicmnenlaU\\\\ désigne tout être qui n'est pas une substance. Il y a donc cinq universaux ou 2)i'édirnbl('s : le genre, la différence spérifiqne, Vespèce, le propre et Varcident.
43. Or, les genres se divisent en suprêmes, en moyens et en infimes ; et les espèces se divisent de la même manière. La substance, genre suprême, se divise en incorporelle comme l'ange, et en corporelle. La corporelle se divise en inanimée et en animée. L'animée, en insensible, comme les plantes, et en sensible. La sensible, en • animal sans raison et en l'homme. L'homme est donc l'espèce infime, puis(|u'elle a toutes les aulres au-de.-sus d'elle, dans la division des êtres, (et non point cerles en dignité, comme on le conçoit facilement) ; et au-dessous d'elle l'espèce humaine n'a que des individus, Pierre, Jacques, etc.... Voilà la division des substances ; nous avons donné celle des accidents au no 40. Il est à remarquer que l'espèce infime, a tout ce qu'ont les genres et les espèces qui sont au-dessus d'elle, et sous lesquels elle est classée. C'est ainsi que l'homme a vraiment et dans un sens propre la substance corporelle, animée, sensible et en plus la différence spécifique. Tout ce qui convient au genre peut s'attribuer à l'espèce, et tout ce qui convient à l'espèce convient aussi à tous les individus de l'espèce. De là l'axiome : Ce qui est dit de tous est dit de chacun ; et tout ce qui est nié avec vérité du genre
supérieur, doit l'èlre du genre et de l'espèce inférieurs. Tel est le fondement' du raisonnement, fondement évident et certain. (Juand je dis : Tout animal est sensible, or Vhommp. est un animal, donc il est sensible ; ma conclusion est évidemment contenue dans les préniisses ; car dire que tout animal est sensible, c'est absolument comme si je disais : La brute et l'homme sont se)isibles.
44. il est toutefois des règles à suivre pour obtenir la cerlitude par le raisonnement, les voici : 1) Qu'il n'y ait que trois termes dans le raisonnement, le majeur qui est l'attribut de la conclusion, le mineur qui en est le sujet, et le moyen qui se doit trouver comme terme de comparaison dans les deux prémisses. 2) La conclusion ne doit pas s'étendre au-delà des prémisses, on ne peut tirer un baril d'une bouteille. 3) Le terme moyen ne doit jamais se trouver dans la conclusion. 4) Le terme moyen doit être au moins une fois pris dans un sens universel, sans cela il ne pourrait pas conteuT la conclusion. 5) On ne peut rien conclure de deux prémisses négatives. 6) On ne peut tirer une conclusion négative de deux affirmatives. 7) La conclusion a toujours la moindre part, c'est-à-dire que s'il y a seulement une prémisse négative, la conclusion l'est aussi, que s'il y a une prémi-^se particulière, la conclusion doit l'être également. 8) V.nixn on ne peut rien conclure de deux prémisses parliculières.
45. La seconde espèce de raisonnement est Vinductioti qui va des parties au tout, du
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particulier au s;énéra1, des individus à l'espèce, etc Par
exemple : Paul, Pierre et les antres hommes sont raisonnables ; or, Paul, Pierre et les autres constituent l'espèce humaine. donc l'espèce humaine est raisonnable . Il est évident que ce raisonnement donne la certitude quand on énumère toutes les parties, ou tous les individus de l'espèce. Il est clair en effet, par exemple, que tous les individus de l'humanité constituent l'espèce humaine ; mais quand l'énuméralion n'est pas complète, il faut que je puisse ajouter aux individus énumérés, ces mots : et les autres hommes \ et quand mon énumération comprend un très grand nombre d'individus, je puis les ajouter avec certitude, appuyé sur ce principe : La nattire opère toujoiirs d'une seule et même manière. Tout ce qui est donc dans un très grand nombre d'individus connus, se trouve aussi dans les inconnus. Mais si je ne vois que cent hommes avec la barbe blanche, je n'en puis conclure que tous la portent. Concluons en un mot, tout ce que nous avons dit des critériums intrinsèques à l'homme. L'homme en se servant, comme il convient, des facultés qui lui ont été données pour connaître, peut atteindre avec certitude la vérité, car ce n'est qu'à cette fin que l'auteur de la nature, l'a doté de ces mêmes facultés.
46. § II. Dks Critériums EXTRINSÈQUES. — Ils se réduisent tous à l'autorité du témoignage. Or, celle autorité peut être humaine ou divine, et nous devons dire un mot de l'une et de l'autre. Toutefois,
remarquons d'abord quelles moyens extérieurs de trouver la vérité, ne serviraient de rien sans les critériums intrinsèques, et la chose est évidente. Nous ne pouvons connaître une doctrine qui nous vient du dehors, que par la raison et par l'ouïe, ou par la vue. Si donc ma raison est incapable de juger la certitude de l'autorité divine ou humaine, si je ne puis être certain que les yeux et les oreilles, dont je me sers pour lire les écrits, pour recevoir le témoignage des hommes, et la foi elle-même, ne me trompent pas, je ne puis avoir aucune certitude sur la doctrine des autres hommes, ni sur la foi divine. C'est donc avec raison que l'Eglise a réprouvé soit • \eFidéisme, qui enseigne que la foi est le seul critérium de certitude, soit le Traditionalisme sous toutes ses formes, car il enseigne que l'homme ne peut, par ses propres forces, atteindre la vérité, vu qu'il a un besoin absolu, d'après le système de Bonald, du langage pour découvrir toute vérité morale, ou bien, comme l'a enseigné de Lamennais, de la raison universelle, c'est-à-dire du sens commun des autres hommes. Remarqiiez le texte du concile du Vatican no 248. Cela étant posé, disons un mot de l'autorité humaine et de l'autorité divine.
47. I. L'autorité du témoignage humain a sa valeur soit dans les questions de doctrine, soit dans celle d'histoire. 1° Le consentement de tous les peuples à admettre certains dogmes et certaines vérités morales, est.
un critérium de certitude ; c'est certain et cela touche à la foi.
Si la raison d'un homme pris
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en particulier est un critérium de certitude, la raison de tous l'est à bien plus forte raison.
Celui qui le nierait, devrait nier par là même, que la raison air.
pour fin de connaître la vérité; et pour lors triompherait le scepticisme universel. (Lisez le concile du Vatican au no 248) .
48. 2» Quand il s'ai^it de faits Imloriqaes, soit naturels, soit surnaturels, le témoignage des hommes, s'il se trouve dans les conditions voulues, est un critérium de certitude, soit qu'il se révèle par la tradition orale, soit qu'il se manifeste par des monuments ou des écrits historiques. C'est certain, et cela apparfienl à la foi, comme nous le dirons au n^ 2*24^ en parlant de la tradition, et c'est évident par ce que nous avons dit déjà. La raison, en effet, est faite pour la vérité ; il est donc impossible que les hommes en général se trompent, et veuillent tromper, surtout dans les choses, dont ils n'ont à espérer aucun profit. C'est ce qui arrive surtout dans les vérités religieuses et morales, qui gênent les passions, et dans les
faits qui établissent ces vérités.
Lors même que ces faits sont surnaturels, ils n'en tombent pas moins sous les sens et peuvent être aussi bien et mieux constatés que d'autres. Qui ne comprend qu'on est aussi sûr de voir revivre un homme, qui était mort, qu'on était sûr de l'avoir vu mort ?