‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 117 sur 459 · Ï5 1. P.\R RAPPORT AU · texte numérisé non relu

Ï5 1. P.\R RAPPORT AU

Christ Lui-MKME. J.-C. est le Fils de Dieu, non adnptif, mais naturel. C'est de foi, contre les Avlopliens,'ou nouveaux Ncsloriens, d'après le concile de Francfort, approuvé par Adrien I, concile qui déclare « que J.-C.

subsistant dans l'une et l'autre nature, est le Fils propre et naturel de Dieu, et non le Fils adoptif. » Il s'agit de J.-C. envisajïé d'une manière concrète et non de l'humanité envisai;ée par abstraction, comme séparée du Verbe, dont en réalité, elle n'a jamais été séparée, et sur laquelle par conséquent il serait oiseux de se demander si elle a été adoptée.

Pr. 1) Dieu n'a pas épargné son propre Fil'<. Piom. VIII. 32.

— 2) La fdiation affecte la personne. Or, la personne de J.-C, en tant qu'il est cet homme déterminé, est la personne du Fils de Dieu. L'adoption suppose une personne étrangère que l'on admet à l'héritage des fils de famille; or, J.-C. n'est pas une personne étrangère. S. "206.

006. § II. Par rapport a la MKRE DE J.-C. La Vierge Marie est vraiment la Mère de Dieu.

C'est de foi contre Neslorius.

Pr. \) (Dieu) a envoyé son Fils, né d'une femme. Gai. IV. 4. — 2) Marie est la mère de celui auquel elle a donné le jour; sans doute elle n'a pas enfanté le Verbe, dont la génération est éternelle; mais elle a donné le jour à J.-C. qui est Dieu ; donc elle est Mère de Dieu : la génération a pour ferme la personne Binon la nature. — 3) Le second concile de Constantinople a défini que la B. Vierge « est pro-

prement et vraiment Mère de Dieu. »

()07. §111. Par rapport a nous.

I. Concernant le culte que nous devons à J.-C. Le culte c'est le respect que l'on porte à quelqu'un à cause de son excellence.

Celui à qui ce respect s'adresse, s'appelle l'objet du culte ; si le respect est naturel, comme celui que l'on porte à un père, à un roi, le culte s'appelle drï/. Si on honore quelqu'un à cause de son excellence surnaturelle, le culte se nomme religieux ou sacré.

L'Etre surnaturel par essence, c'est Dieu, c'est donc à lui seul qu'est dû le culte de latrie ou d'adoration proprement dite, par lequel nous reconnaissons son souverain domaine. Mais parce qu'il est des créatures, qui participent d'une certaine manière à la vie divine par la grâce, comme les saints, nous leur rendons un culte de dulie, si leur excellence est commune, et Aliyper dulie, si leur excellence est à un degré extraordinaire et merveilleux.

008. Or, 1"^ on ne peut nier que le Verbe en J.-C. ne doive être adoré et recevoir le culte de latrie, car le Verbe c'est l'essence divine elle-même. Il est certain aussi, quoiqu'on ait dit Wiclef, que l'humanité de J.-C, si, par impossible, elle était séparée de la personnalité du Verlae, ne pourrait être adorée.

60t). 2" Mais l'humanité de J.-C. unie au Verbe, doit être honorée avec le Verbe par une même adoration de latrie, et cela absolument et non relalirement.

(On adore absolument ce qui mérite en soi d'être adoré à cause de sa propre excellence, et relativement ce qui ne mérite pas d'être adoré en soi, mais à cause de l'excellence d'un autre.)

La proposition est de foi contre

DIEU REDEMPTEUR

Nestorius qui admettait deux adorations comme deux personnes. Pr. 1) Lorsqu'il introduit son premier né dans le inonde^ il dit : Que tous les anges de Dieu l'adorent. Eebv. I-tj. — 2) L'honneur est rendu, dit Saint Thomas, à toute la personne. On ne dit pas qu'on honore la main, mais celui à qui elle appartient; or dansJ.-C. il n'y a qu'une personne ; donc il faut honorer son humanité unie au Verbe par une seule adoration, qui est la même que celle qu'on adresse au Verbe. 3) Le cinquième concile général a porté cette définition :

« Si quelqu'un dit qu'il faut adorer le Christ dans ses deux natures, (introduisant ainsi deux adorations), et s'il n'adore pas d'une même adoration le Verbe incarné, avec sa chair, qu'il soit anat. » V. T. III q. 25, a. 1.

Toutefois, bien que l'humanité de N. S. doive être adorée en elle-même et immédiatement, puisqu'elle appartient à la personne divine, et qu'elle est unie au Verbe, non pas d'une manière accidentelle comme un vêtement, mais d'une manière inséparable, elle ne doit pas néanmoins être adorée à cause d'elle-même, propter se, mais à cause de l'excellence du Verbe divin, seul digne du culte de latrie.

On ne peut pas non plus offrir le sacrifice de la messe à J.-C.

comme homme, car c'est lui qui est offrant et victime, et le même ne peut pas être à la fois, sous le même rapport, Tolfrant et l'objet de l'offrande. Hu.

blO. 3" Pour les mêmes raisons que ci-dessus n" 609, nous devons adorer le Cœur sacré de Jésus, symbole de son amour pour nous, en tantqu'ilest uni à la divinité. Ce culte est louable, approuvé par l'Eglise, et très propre à favoriser la piété et à

dans les âmes le divin car il nous rappelle la

exciter amour ;

tendresse et les bienfaits de N.

S. Aussi Pie VI a-t-il condamné la doctrine du synode janséniste dePistoie qui rejetait la dévotion au Sacré-Cœur comme nouvelle et erronée. Ce que nous disons du Sacré-Cœur doit se dire des cinq Plaies et du Précieux Sang de N. S. que l'Eglise célèbre par des fêtes spéciales. Rien n'aide la piété, n'excite la confiance et la ferveur comme la dévotion au Sacré-Cœur. Aussi tous les bons prêtres la recommandent-ils instamment aux fidèles.

611. -4" Uimage de J.-C. doit être adorée d'un culte de latrie relatif. La proposition est de St Thomas. (III q. 25, a. 3) « Comme le respect n'est dû qu'à une créature raisonnable, dit le saint Docteur, on n'en doit point à l'image du Christ, entant qu'elle est un objet quelconque par ex:

dubois sculpté; on ne peut donc lui rendre un culte qu'en tant qu'elle est image, et par conséquent il faut lui rendre le même culte que celui qui est dû au Christ lui-même.

612. Il faut aussi adorer d'un culte de latrie relatif la croix sur laquelle est mort le Sauveur., et parce qu'elle est l'image du Christ qui y a été attaché, et parce qu'elle a été sanctifiée par le contact de son corps. Les autres croix faites d'or, ou d'une autre matière, ne peuvent être adorées que comme images ; le culte non seulement ne s'adresse pas à ces objets eux-mêmes, mais il ne peut pas même s'y adresser, puisque la créature irraisonnable n'est pas capable de recevoir un honneur. Il est cependant des auteurs qui, avec Bellarmin, tout en admettant qu'on doive honorer la croix et les images du Sauveur, ne veulent pas qu'on

JÉSUS-CHRIST, l'union HYPOSTATIQUE

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leur rende un culte de latrie relatit, et S. Thomas lui-njcme n'admet pas qu'on rende un culte (le latrie aux imaires ties (llous et (le la Lance de N. StToulefois, d'après lui, le culte de latrie l'sl dû aux clous et à la lance sanctifiés par le contact du corps du Sauveur. T. III, q. 25, a. A.

013. II Touchant la manière de parler de l'Incarnalion. Le mot idiome^ dans le sens théologique, signifie propriété ; et la communication des idiomes, c'est l'attribution des propriétés de la nature divine faite à Jésus- Christ homme, et l'attribution des propriétés de la nature humaine faite à Jésus Christ Dieu.

Que cette atlribnlion puisse et doive se faire, c'est une vérité qui, d'après ce que nous avons dit, appartient à la foi, puisque c'est la m^ne personne qui a deux natures entières et qui est principe quod de toutes les opéralions de l'une et de l'autre. V. n" 365. Aussi cette communication est-elle en usage dans l'Ecriture, dans les Pères et dans les symboles eux-mêmes ; mais, en l'employant, il faut suivre les deux règles suivantes:

614. h^ règle. Les noms concrets propres à la nature divine et à la nature humaine, comme homme. Dieu, Eternel, passible, peuvent s'attribuer à J.-C. et s'attribuer les uns aux autres, car les noms concrets indiquent la personne et non la nature. On peut donc dire, J.-C. est éter-

nel, Jésus-Christ d souffert.

L'Eternel a été fait dans le temps. Ne disons pas cependant:

J.-C. est une créature, afin d'éviter de parlerconmie les Ariens ; et bien ({u'on puisse dire que Dieu a soufTert, pour ne pas tromper lessimples, il vaut mieux ajouter : selon son humanité ; mais, en disant : Dieu n'a pas souffert, il est nécessaire d'ajouter : selon sa divinité.

2^ Règle. Les noms abstraits de l'une et de l'autre nature ne peuvent s'attribuer à J.-C. ni s'attribuer les uns aux autres.

Ces noms, en efîel, indiquent les natures et non la personne ; et les natures ne sont point confondues en N. S. Il ne faut donc pas dire: J.-C, c'est l'humanité, ni à plus forte raison : L'humanité, c'est la divinité. Mais on peut dire: J.-C, c'est la divinité, car la personne du Fils de Dieu ne se distingue pas réellement de Dieu, ni de ses attributs.

Les protestants pèchent contre cette règle, quand ils donnent à Jésus-Christ l'ubiquité, ce qui est absurde. Il est partout selon sa divinité, mais non selon son humanité.

Nous avons donc fait connaître la divine constitution du Christ, grand mystère de miséricorde qui a été manifesté dans la chair, comme parle St Paul, le chefd'œuvre de l'amour et de la sagesse de Dieu. Il nous reste donc à parler du Rédempteur lui-même.

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