JKSUS-CHRIST. SON SACERDOCE
gloire de son corps, l'exallation de son nom : Pr. 1). 7/ s'est humilié ; el c'est pour cela que Dieu l'a exalté ; et lui n duiiué un nom qui est au desfuis de tout wom. (Phil. II. 8.).
2) Il ne convenait pas à N.
Seigneur d'acquérir, par mérite, les vertus et la science; car il n'eut pas été convenable, qu'il en eût été privé quelque temps; mais pour les choses qu'il n'a pas toujours eues, il était plus noble qu'il les acquît, en les méritant. — Il faut noter toulefois que J.-C. a mérité par sa passion la gloire de sa résurrection, non pas, en tant que son sacrifice était otîerl par manière de satisfaction, mais, par la charité et la dévotion, avec lesquelles il supporta humblement sa passion.
T. III, q. 2-2, a. 4. V. n» 579.
042. (b) Il a mérité pour nous le salut et toutes les grâces qui y conduisent, soit la justification, soit les grâces, qui la précèdent et qui la suivent, les biens temporels en tant qu'ils tombent sous le mérite, c'est-à-dire en tant qu'ils aident au salut. 11 a mérité la résurrection de nos corps, l'apaisement de la concupiscence, en sorte qu'elle ne nous domine pas, et qu'elle soil éteinte à la fin de notre vie avec toutes les autres infirmités. Tout cela est au moins rerta'ni. V. n" ()45.
Pr. 1) // MO'/ s a bénis de toute bénédiction spirituelle... en Jésus- Christ. Eph. I. 8.-2) Par là même que Jésus-Christ est notre chef, dit St Thomas, ses œuvres sont par rapport à lui et par rapport à ses membres, comme les œuvres d'un autre homme en état de grâce sont par rapport à lui-même. Donc tout ce qu'un homme peut mériter pour soi, J.-C. peut le mériter pour ses membres, et cela d'une manière très parfaite.
643 Mais qu'on n'oublie pas que les mérites de N. S. nous sont appliqués par nos propres mérites, qui sont par conséquent nécessaires, et qiu, bien loin d'amoindrir les mérites de J.-C.
les rehaussent plutôt puisqu'ils tirent d'eux toute leur vertu.
Nous parlerons au n" 649 de Pextension des mérites de N. S, aux hommes ; au n» 5'J5, nous avons déjà parlé de l'influence qu'ils ont eue sur Adam innocent et sur les Anges.
044. 2° Des satisfactions de i\. S. La satisfaction c'est la réparation complète de l'honneur lésé, laquelle étant fournie par l'offensant, fait que l'offensé n'a pas le droit d'infliger une peine.
Tout ce que nous avons dit de la nécessité de l'Incarnation au no 552 s'applique à la nécessité de la satisfaction. Nous devons donc dire ici :
645. (a) L'existence de la satisfnclion de J.-C. Jésus Christ a vraiment et projjrement satisfait pour nous. C'est de foi. Pr. 1) 7/ s'est donné lui-même pour prix de notre rédemption. I Tim. II.
0. — 2.) Par ses mérites il nous a mérité la justification; donc il a payé pour nous la peine éternelle, qui nous était due. Comment ceux qu'il a réconciliés avec Dieu pourraient-ils être tourmentés éternellement sous la puissance du démon !
3) Le concile de Florence dit:
« La sainte Eglise enseigne que personne n'a été délivré de la domination du démon, autrement que par les mérites de J.-C, qui nous a ouvert l'entrée du royaume des cieux. » De là, il est clair que N. S. nous a mérité une grâce, capable d'enlever non seulement tout péché originel, ou actuel, mais encore toute peine due à quelque péché que ce soit. Le Christ a satisfait par
DIEU REDEMPTEUR
lousles actes de sa vie; mais il a voulu que celle salislaclion ne fui consommée, que par le sacrifice de la croix, comme nous l'avons dit au n" 639. S. 312.
(J4t) . (r.) Des qualités de la sat isfaction deJ.-C. Elleaélé {a) libre de la part de J.-C, d'après ce que nous avons dit n» 578 et de la part de Dieu, qui ne peut êlre obligé par personne, excepté par sa propre promesse. Mais Dieu a promis d'accepler la satisfaction de J.-G. V. no 638 (b) elle a élé cundigne et équimlente àl'ofTense. V. n" 630.
Bien plus (c) elle a été sinmbotidanle et infinie, à cause de la dignité du Verbe ; et c'est là une vérité certaine. V. n° 639.
Là où le 'péché a abondé, a surabondé kl grâce. Rom. Y. 20.
6'tl. (d) La satisfaction de N. S.
a-t-elle eu une valeur équivalente mtrinsèque, ou bien seulement extrinsèque, c'est-à-dire provenant de l'acoeplation divine. Communément les théologiens soutiennent contre Scot que la valeur de la satisfaction de J.-C. a été efficace intrinsèquement et cela résulte de ce que nous avons dit.
648 (e) La satisfaction de Jésus- Christ a-t-elle élé dans toute la rigueur du droit, c'est-à-dire a-t-elle été offerte à un autre : car personne ne peut se satisfaire à soi-même ; a-telle été faite avecses propres expiations et non pas avec celles d'un autre ; at-elle été faite avec des œuvres, auxquelles il ne fût pas tenu d'ailleurs :el n'a-t-elle pas pu être refusée?C'est une question controversée entre les auteurs : mais on enseigne communément que la satisfaction de N.-S. a été dans toute la rigueur du droit. Elle a été en effet offerte à un autre par rapport au Père et au St-Esprit, et aussi par rapport au Verbe dont la personne satisfait, mais se dislingue sous un certain rapport de cette même personne en tant qu'elle est offensée. Le percepteur, comme représentant de l'Etat, perçoit validement les impôts qu'il se paye à luimême et qu'il doit pour ses propres biens. Elle a été faite avec des œuvres propres au Christ dont les actes étaient, il est vrai, des dons de Dieu, mais mais aussi des biens propres à sa volonté. Elle a été faite avec des œuvres non dues d'ailleurs, puisque N.-S.
étant sans jiéché, n'était pas tenu de satisfaire. Enfin, elle ne pouvait pas être rejetée: car, par là-même que Dieu a voulu que le Christ fût le chef du genre humain, afin qu'il satisfit pour les péchés de tous les hommes, il n'a pu repousser sa satisfaction. S. 322.
6i9. (c). De l'ext&iision de la satiiifaciion et des mérites de J.- Christ. J.-C. asalisfait pour tous les hommes. Il est de foi que N.-S. a satisfait pour tous les fidèles qui doivent croire, que N.-S. est descendu du ciel pour eux et pour leur salul. Aussi l'Eglise a-t-elle condamné, comme hérétique, la doctrine de Jansénius, prétendant que ÎS'.-S.
n'était mort que pour les seuls prédestinés. Il est certain et roisin de la foi que N.-S. a satisfait pour les infidèles adultes et on enseigne plus communément qu'il a satisfait pour les enfants morts sans baptême.
Pr. 1) // est le saureur de tous les hommes surtout des fidèles I. Tim IV. 10. Le Christ est mort pour tous. II. Cor. V.
15. ; 2) J.-G. esl venu pour réparer le dommage, causé au genre humain, par le péché d'Adam, il faut donc que sa grâce serve à la justification de tous, comme le péché d'Adam a servi à la condamnation de tous. Rom. V. 8. Celle vérilé ressortira plus clairement de ce quenous dirons plus loin n» 691 et suiv. de ladislribution de lagrâce.
650. (d). Puisque les luériles de J.-C. ne rendent pas inutiles les nôtres, la satisfaction de J.-C. ne nous dispense pas de satisfaire nous-mêmes. C'est rf« foi. Pr. i).Le Christ a souffert pour nous., vous laissant Ce.remple afin que vous marchiez sur ses traces. I Pet. II. 21. 2) D'après le concile de Trente, n'est justifié que celui qui. prévenu de la grâce, se dispose à la juslificalion ; e( le juste mérite la
JESUS-CHRIST. HOl
vie éleriiellc par les œuvres qui sont (ailes en Dieu, comme nous le dirons n" 739. V. Trid. sess. 0, can.30.
Ofil. Puiscpie J.-C. nous a mérilé les grâces qui enlèvent la souillure du péché, et qu'il a satisfait pour la peine due à nos péchés, il est manifeste qu'il nous a rachetés en vérité et non seulement en nous donnant l'exemple, comme l'ont prétendu les Pélagiens. C'est de foi que J.-C. nous a proprement rachetés, non pas seulement en nous obtenant de Dieu notre pardon, mais en payant le prix à l'aide duquel nous avons été arrachés des mains du démon. Votis nous ave: racheli's dans votre sang.
Apoc. V. 9. VotLs n'êtes pas rachetés par l'or ou l'argent corruptibles ; maispar le précieux Sang de J.-C. I Pet. 1. 18. 0 âme, quel est ton prix ! Ne soyons donc plus les esclaves du péché, mais faisons de nos corps une hostie sainte et vivante, pour le service du Dieu vivant.
Art. II. — Jésus-Christ est prophète.
652. Le prophète n'est pas seulement celui qui annonce d'avance l'avenir, c'est encore celui qui, par une mission de de Dieu, enseigne aux hommes une doctrine divine. Or, il appartient à la foi que N.-S. comfne homme est prophète. Pr.
Le Christ seul est voire maître.
Dieu, dans ces derniers temps., nous a parlé par son Fils. Mat.
XXIII.IO. Hebr. 1.2. Donc écoulons-le. Et J.-C. nous a enseignés non seulement par ses paroles, mais encore par ses exemples. Il a été en efîet impeccable ; il a eu la plénitude de la grâce et toutes les vertus à un degré sublime. Donc Regardez et faites selon le modèle qui i''ous a été montré 1
Art. III. — Jésus-Christ est roi.
6,53. En tant que Dieu, J.-C.
est, sans nul doute, Iloi de l'univers. Roi des rois et Dominateur des dominateurs. Qu'en tant qu'homme, il ait une royauté spirituelle, sur toutes les âmes, dans tout l'univers, ce n'est pas douteux non plus et cela appartient à la foi : Toute puissance m'a été donnée au ciel el sur la terre ; allez donc ; enseignez toutes les nations. Mat. XXVIII.
18. Toutefois la royauté même spirituelle de N.-S. n'est pas complète en ce monde, quant à l'exécution, bien qu'elle soit complète comme droit et comme puissance, comme l'enseigne St Thomas; elle ne sera complète, comme exécution, qu'après le jugement dernier. III, q. 59, a.
4, ad. 2. N.-S. a donné cette puissance spirituelle à St Pierre pour gouverner l'Eglise. Plusieurs théologiens prouvent même par de solides raisons^ que N.-S.
a une royauté temporelle sur tout l'univers, de sorte qu'il aurait pu déposer tous les rois s'il l'avait voulu ; mais il ne l'a pas exercée ; et il a dit : Mon roijaume n'est pas de ce monde. Il dit en effet à Pilate : Je suis roi. Et son père lui avait promis de lui donner les nations en héritage.
Ps. II. 8. Les mêmes théologiens disent que N.-S. n'a pas confié à l'Eglise ce pouvoir direct sur tous les rois de la terre, bien qu'il lui ait confié sur les rois chréljensle pouvoir indirect. V.
Cornel. a Lap.in cap.XXVII. II.
Mat. Delà il suit:
654. I. Que N.-S. est législateur ; et c'est de foi. « Si quelqu'un dit que N.-S. n'a pas été do^nné aux hommes comme un législateur auquel ils doivent obéir, qu'il soit anath. » Tr.
ses. 6. can. 21. Jésus-Christ a
DIEU SANCTIFICATEUR
donné à son Eglise le pouvoir de faire des lois, nous l'avons dil n^ 174. — Lui-même a donné au monde une loi nouvelle. Celte loi oblige lous les hommes, même les i"^nfidèles qui sont tenus de l'embrasser, dès qu'ils la connaissent. Celte loi, dit Si Thomas, est proposée à tous les lieux et elle doit durer jusqu'à la lin des temps; aucune autre loi ne lui succédera. 11 n'est aucun état de la vie présente, qui puisse être plus parlait que la loi nouvelle ; car rien ne peut être plus parfait que ce qui nous approche le plus de notre lin dernière ; et rien ne nous approche plus de notre lin dernière que ce qui nous y introduit ; et c'est ce que lait la loi nouvelle. Elle est donc plus parlaile que la loi ancienne, qui n'en était que la ligure, comme la loi nouvelle est la ligure du ciel. ï.