CHAPITRE I
I)K LA GRACE ACTUELLE
009. Gomme toute grâce proprement dite, la grâce actuelle ne peut avoir que Dieu pour auteur, ou cause elficiente ; envisagée en Dieu, c'est l'acte par leipiel il meut l'âme, vers des œuvres de salut ; et c'est ainsi qu'elle se distingue du concours divin, par le(iuell)ieu meut pour des (cuvres naturelles. T. 1. :2.
q. 10^, a. 1- Considérée dans rhomme, cette grâce est le mouvement surnaturel imprimé â l'âme, pour les choses du salut, parla motion divine ; etparconséquent c'est un accidenlde l'âme
Or Dieu peut mouvoir suriiaturellemenl toutes les puissances de l'âme, soit pour prévenir et exciter un acte délibéré do rh()mme, soit pour aider l'acte délibéré de l'homme el y coopérer. Dans le premier cas, la grâce actuelle s'appelle exellante ou prévoianic, et dans le second cas ndjarante, ou coojiéranle, ou conconiiinnlc. (^es deux sortes de grâcesse nomment ffrâfe d'infeUifjence, si elles meuvent l'intelligence en réclairant : el elles s'ap|)elleiit inspirations, ou fjrdre do rol(iiilé.<<'i ell(!S meuvent la volonté. On appelle aussi ces deux sortes déglaces, grâces inlérleiiirs: et on donne le nom de grà-
DIEU SANCTIFICATEUR
ces, ('.rlérieiircii aux bons exemples et aux exiiortalions qui excitent au bien et qui par ellesmêmes, ne peuvent mouvoir l'àme, sans la ii;ràce intérieure, mais qui dans l'ordre de la Providence, sont toujours, dit Hurter, accompagnées de la grâce intérieure.
La grâce inlérieure guérit l'infirmilé de l'âme, elle la porte à vouloir le bien, puis à l'opérer, enfin à persévérer, et ainsi elle nous fait arriver à la gloire. T.
La grâce intérieure, si elle produit son effet dans Fâme, s'appeiic efftaire, sinon elle prend le nom d inelûcâce ou de sufftsanle.
Cela étant posé, nous parlerons dans les trois articles suivants :
1° de la nécessité de la grâce actuelle; 2° de son efficacité, et 3" de la distribution que Dieu en fait aux hommes.
Art. 1. — De la nécessité de la grâce.
070. Nous avons parlé de la nécessité de la grâce actuelle en Adam n° 5^2, nous devons dire sa nécessité pour l'homme déchu: c'est ce que nous ferons dans les deux paragraphes suivants, en disant ce que l'homme ne peut pas sans la grâce, et ce qu'il peut sans elle.