Ce que l'homme ne
PEUT PAS SANS LA GRACE. I. DanS
l'ordre surnaturel. U homme ne peul faire aucun acte saliilaire sans la grâce intérieure. On appelle actes salutaires, ceux qui ne sont pas seulement bons au point de vue de la loi naturelle, mais qui préparent à la justification par la grâce, ou à la gloire du ciel. Ils se distinguent des actes bons naturellement, parce qu'ils sont guidés par les lumières surnaturelles et aidés par la grâce, et parce que celui qui les
accomplit, agit, comme enfantde Dieu in fieri, ou in facto esse, et non pas simplement comme serviteur. Or de tels actes ne peuvent être accomplis par l'homme ssns la grâce intérieure. C'eslde foi contre les Pélagiens, qui soutenaient que la grâce n'était pas nécessaire, ou qui ne reconnaissaient que la grâce extérieure des enseignements et des exemples de N. Seigneur. Pr. 1) Sans moi vous ne pouvez rien faire. Jean XV. 5. 2) L'ordre surnaturel, étantune participation àl'essence divine, dépasse toutes les forces créées, et tous les mérites des créatures. 3) « Si quelqu'un dit que sans l'inspiration prévenante, et sans l'aide du St Esprit, l'homme peut croire, espérer, aimer, ou se repentir, comme il le faut, pour que la grâce de la justification lui soit accordée, qu'il soit analhème. » Tr. ses. G, can. 3.
672. Il est donc de foi que l'homme ne peut rien dans l'ordre surnaturel, s'il est privé de toute grâce intérieure actuelle et habituelle: il est certain et d'enseignement commun contre Molina, que le juste lui-même qui a la grâce habiluelle, ne peut rien dans l'ordre surnaturel sans la grâce actuelle. Le Concile de Trente, que nous avons cité, le suppose.
Mais de quelle grâce actuelle a-t-il besoin ■? Les uns pensent qu'avec la seule grâce d'intelligence, le juste peut faire des œuvres surnaturelles ; ces œuvres plus probablement demandent aussi l'inspiration de la volonté... Tous exigent une grâce adjuvante pour le juste.
Bellarmin et quebiues autres, disent qu'il peut se passer de la grâce prévenante; mais il est bien plus probable qu'elle lui est aussi nécessaire. Celle grâce nécessaire pour faire desœ>.'vres salutaires est une grâce surnaturelle, la proposition est proxima fidei, d'après Hurter; mais une grâce surnaturelle quoad /HO(i«</;t sufiit-t-elle ■? quelques-uns le pensent. Mais le commun des théologiens exigent que la grâce soit surnaturelle quoad subslanliam, et quelques-uns infligent de graves censures à la première o|)inion.
Cette impuissance de l'homme à faire des œuvres salutaires sans la grâce, n'est pas une impuissance morale., mais physique (Hur.).
LA GRACE ACTUELLE