IV. il
676. La confirmation en grâce diffère de la persévérance finale, comme le plus parlait didère du parfait. Elle a été accordée aux Apôtres qu'cUe a préservés de tout péché mortel ; mais plus probablement elle ne les a pas ijréservés du péché véniel, ni de la concupiscence. Le don d'impeccalnlité ajoute à la confirmation en gràce^ l'impossibililé au moins morale du péché. J.-C.
était dans une impossibilité absolue de pécher ; la Sainte Vierge dans une impossibilité morale seulement; et elle a été afl'ranchie de tout péché originel et actuel, même véniel, et du foyer du péché. Quelques-uns disent que .Saint Jean- Baptiste a été aussi dans une impossibilité morale de pécher; mais il n'a pas été prfservé du péclié originel, ni plus probablement du péché véniel.
677. Or il est évident, par tout ce qui précède, que l'homme ne peut être confirmé en grâce, ni être impeccable, sans un secours spécial de Dieu . Il ne peut pas non plus sans un privilège spécial, éviter durant toule sa vie tout péché véniel, ceslde foi d'après le Concile de Trente, Ses.
6, can. 2o. Avec la grâce ordiiiaire, il peut éviter chaque péché véniel snrloiil pleinement délibéré, pris isolément ; mais il
DIEU SANCTIFICATEUR
lui est moralement impossible, bien qu'ilsoitdaiisla grâce, d'éviter tous ceux (|ui ne sont pas pleinement délibérés.
C'est l'enseignement de l'Eylise que la IJ. Vierge Marie a eu ce privilège; et on enseigne plus communément qu'elle l'a eu seule.
078. II. Dans les choses naturelles : 1" L'intelligence de l'homme, bien qu'absolument parlant, elle puisse connaître toutes les vérités de l'ordre naturel, ne le peut moralement pas sans la grâce de la foi, comme nous l'avons dit en parlant de la révélation ; c'est certain ; et l'expérience le prouve. La nature humaine a été blessée par le péché, comme l'enseigne le Concile de Trente; 2° La volonté de l'homme ne peut pas sans la grâce accomplir tous les préceptes de la loi naturelle, ni surmonter les graves tentations.
C'est certain^ et pour les mêmes raisons que ci-dessus. Pour accomplir quelques préceptes naturels la grâce surnaturelle quoad modiim suffit; un secours naturel peut même dans plus d'un cas suffire; mais la persévérance dans l'observation de toute la loi naturelle exige une grâce surnaturelle quoad subslantia)», comme nous le verrons plus loin. V.
T. Irl q. 109, a. 4.
679. Est-il moralement possHjle à ffiomme sans la grâce, d'aimer Dieu par-dessus tijut d'un amour naturel ?
Non, s'il s'agit d'un amour pratique, qui détermine l'homme à accomplir tous les préce|)tes. Nous venons de le dire. S'il s'agit d'an amour art'ectit', les uns disent que l'homme le peut; mais plus probablement il ne le peut pas. C'est la doctrine de Si Thomas qui dit : Par le péché la volonté humaine a été plus corrompue que l'ialclligence. Aussi y a-t-il des théologiens, qui vont jusqu'à diie, que l'homme sans la grâce est physiquement impuissantàobservenousles commandements, etc. Mais il est bien plus probable que son impuissance n'est que morale ; autrement les infidèles ne
pécheraient point, car on ne peut être tenu d'éviter ce qu'on ne peut absolument pas éviter. St Thomas fait remarquer avec raison, que dans l'étal de nature intègre, l'homme aurait pu sans * la grâce connaître toutes les vérités naturelles et observer toute la loi naturelle ; et c'est évident. V. Iv. § iîOl. Part.l,c.5.ad. 4. — T.l,2,q.l09.a.o.