Toutefois une longue
observation de la loi naturelle, doit, dans le cours actuel de la Providence, être regardée chez un infidèle comme le commencement de la foi, et demande une grâce surnaturelle quant à la substance ; aussi les auteurs enseignent-ils communément que Dieu ferait, s'il le fallait, un miracle, pour donner la grâce à un infidèle qui observerait les commandements. Il est manifeste qu'un infidèle qui a la grâce de la foi n'est plus un infidè'e; et qu'il peut mériter de congruo comme un pécheur.
748. Il faut remarquer toutelois que tout pécheur dépourvu de la grâce habituelle, ne peut pas, pendant longtemps, éviter tous les péchés mortels, puisque pour le juste lui-même la persévérance dans le bien n'a pas lieu, sans combat. V. T. 1. 2, q. 109 a. 8. Ils sont donc bien à plaindre, ceux qui restent longtemps en état de péché ; et bien aveugles ceux qui les laissent dans cet état, lorsqu'ils peuvent et doivent les en retirer!
749. Terminons ce traité par les paroles consolantes du concile de Trente. « Ceux qui n'ont pas encore reçu les lumières de la foi sont puissamment excités à l'étude de la vérité par la divine bonté, qui aide leur faible lumière naturelle. S'ils demandent par des prières d'être instruits de la vérité; et s'ils persévèrent dans cette volonté, leur application ne sera pas repoussée par la divine clémence ; car les portes de la miséricorde divine ne sont jamais fermées à celui qui prie de bon cœur. »
St Thomas n'est pas moins formel, ce II appartient à la divine Providence, dit-il, de pourvoir chaque homme de ce qui lui est nécessaire pour le salut, pourvu que l'homme n'y mette pas obs-
LES SACREMENTS EN GENERAL
lacle. Si donc un sauvage suit la raison naturelle dans la recherche du bien et la (uile du mal, il faut tenir pour très certain que Dieu lui révélera intérieurement
les choses qu'il faut nécessairement croire, ou lui enverra un prédicateur, comme il envoya St Pierre au centurion Corneille. »
T. De veritate, q. U, a. 11, ad 1.