‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 150 sur 459 · DU SACREMENT EN LUI-MEME · texte numérisé non relu

DU SACREMENT EN LUI-MEME

759. Le sacrement est : 1° un signe sensible, 2° institué par J.-C, 3° pour signifier et produire la grâce. De là les trois articles suivants.

Art. I. Du Signe Sensible .

760. Le catéchisme du Concile de Trente dit : « Aucune société d'homme ne peut se former sans qu'elle ait un signe visible de ralliement, il a donc fallu par des signes semblables discerner

les fidèles des infidèles » a. 13, v. n" 753.

« Or la chose sensible dans les sacrements est double, bien que nous devions croire qu'elle ne constitue qu'un seul signe. Les Pères, sous le nom de chose sensible, comprennent, soit la matière du sacrement, comme par exemple dans le baptême l'eau que nous voyons, soit les paroles, qui sont comme la forme du sacrement, car elles en déterminent la matière. L'application de l'eau est équivoque, on peut en eflet la faire pour rafraîchir, aussi bien que pour laver. Les

LES SACREMENTS EN GENERAL

paroles: je te baptise signifient clairement l'effet du baptême.

» L'Apôlre Si Paul a indiqué ouverlement la matière el la forme par ces paroles : Nous hiraut dans le bain (Feau par la parole de vie; el Si Augustin dit: La parole s'applique à l'élément et le sacrement est produit. » C. R. a.

14. On ne peul nier sans hérésie {[ue les sacrements se compo- .sent de la matière el de la forme.

761. « La matière et la forme, étant réunies, signifient trois choses, l'une passée, c'est-à-dire la passion de J.-C, qui est la source de toute justice ; l'autre présente, c'est-à-dire la grâce répandue dans l'àme ; la troisième a venir, c'est-à-dire la vie éternelle, à laquelle nous conduisent la passion de N. S. et la grâce qui en est le fruit. >--- (C. R. lU). Nous devons donc traiter : 1° de la matière, 2° de la forme, 3° de l'union des deux, A'-> du changement de l'un et de l'autre.

762. I I. De la matière. La matière est la chose sensible, qui, pour constituer le sacrement, doit être déterminée par la forme. Cette définition convient à la matière éloignée ; et la matière prochaine n'est pas autre chose que l'application, qu'on fait de la matière éloignée, afin de produire le sacrement. Par ex: dans le baptême, l'eau est la matière éloignée, l'application de l'eau à la tête de l'enfant est la matière prochaine. On est obligé, sous peine de péché grave, d'employer dans l'administration des sacrements une matière moralement certaine et non pas douteuse, autrement on manquerait gravement de respect à une chose sacrée, et on risquerait de ne pas produire dans l'àme, la grâce dont elle a besoin. Cependant dans la pénitence, il suffit que le

pénitent semble probablement disposé et ne donne pas lieu au confesseur de le soupçonner indisposé. G. 197.

7G3. Il n'est donc pas permis dans l'administration des sacrements d'employer une matière ou une forme douteuse, quand on peut en avoir qui soient certaines. L'opinion contraire a été condamnée par l'Eglise. On doit donc dans ce cas suivre toujours l'opinion la plus sûre quand on le peut. Si c'est impossible, on peut, et même, en danger de mort ou dans une autre nécessité grave, on doit employer sous condition, la matière la plus probable, et à son défaut, une matière simplement probable ; car les sacrements sont pour les hommes. Il est probable qu'il est permis d'employer une matière, ou une forme douteuse, quand on y est contraint sous peine de mort, pourvu que cet ordre ne soit pas fait au mépris de la religion. L. E. 8.

764. § II. De la forme . La forme, ce sont les paroles qui déterminent la matière à produire l'efïet du sacrement et à le signifier clairement. Ce n'estque dans le mariage que les signes peuvent servir de forme, à la place des paroles. Ainsi deux muets contractent validement.

Les protestants prétendent que la forme des sacrements n'est que coiicionaloire, c'est-à-dire qu'elle n'est qu'une exhortation, pour exciter la foi de ceux qui l'entendent ; mais le Concile de Trente les condamne. V. sess.

YII, can. 5 ; et la doctrine catholique enseigne que la forme des sacrements est vraiment consécratoire, et que prononcée en même temps que se fait l'application de la matière, elle produit avec elle le sacrement et ses effets. « Dès que la consécration

DIEU SANCTIFICATEUR

arrive, a dit un ancien Père, le pain se change en la chair de J.-C. » Au reste le baptême des enfants et des sourds est valide, quand même ils ne sont pas capables d'entendre la prétendue exhortation des protestants.

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