‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 157 sur 459 · et G. D · texte numérisé non relu

et G. D

L'intention imposée par une crainte grave suffit dans les au-

LES SACREMENTS EN GENERAL

1res sacrements que le mariage.

L. 1. 0. 11). Deux intentions contradictoires, que l'on a en même temps, s'excluent l'une l'autre, et rendent par consrquent le sacrement invalide, à moins (|ue l'une des deux ne soit prédominante. Si elles sont successives, c'est la dernière qui l'emporte, pourvu que la première ne l'ait pas exclue positivement et expressément ; car si la première a exclu la seconde, c'est la première qui vaut, si elle n'a pas élé révoquée expressément.

Dans le doute sur celle des deux intentions qui l'a emporté, le sacrement est douteux. M. i41-i.

798. II. Quel doit élre l'objet (le rinlenl'wn'l Les protestants disaient que l'intention de plaisanter, en faisant l'app'ication de la matière et de la l'orme des sacrements, suffisait pour leur validité. Et c'est contre eux que l'Eglise a défini que l'intention de (aire ce que fait l'Eglise est nécessaire. Aussi tous les catholiques tiennent-ils pour certain, cpi'il est nécessaire, pour la validité, que le ministre veuille poser sérieusement, extérieurement du moins, l'acte que pose la véritable Eglise de J.-C.

l\ n'est pas nécessaire qu'il ait l'intention de faire ce que lait l'Eglise Romaine, car le baptême des hérétiques est valide, ni de faire un rite sacré, pourvu qu'on ne l'exclue pas sciemment, puisque le baptême des infidèles est valide; et ils ne croient pas faire un rite sacré. Si on excluait Tintention de faire un rite saint, par erreur, en pensant que ce n'est pas un rite sacré, mais avec l'intention prédominante de laire pourtant sincèrement ce que font les chrétiens, ce serait encore valide.

"9i. Mais faut-il avoir intérieurement, l'iiUeiition sérieuse de faire

ce que fait l'Eglise, de telle sorte que celui qui pose ù i'exlt-rieur, d'une manière sérieuse, le rile sacré, le fasse invalideiiient, si inlérieurement il s'en moque. Cattiarin le nie ; mais son opinion est à peine soutenabie. Aussi Benoit XIV dit que si le baplénie avait été donné dans l'es conditions, ou il l'audrait le renouveler, ou recourir au St-Siége.

Il faut aussi bienremarquer la proposition suivante condamnée par Alexandre VIII : « Le baptême est valide, quand le ministre, qui observe bien le lite extérieur, se dit à lui-même : Je n'ai pas l'intention défaire ce que fait l'Eglise. » El en ell'et, un contrai de donation n'est pas valide, si le donateur n'y consent pas intérieurement.

795. I IV. EST-IL NÉCESSAIRE POUR LA VALIDITÉ QUE LE .MINIS- TRE QUI PRONONCE LA FOR.ME s'eN-

TENûE ? Voir la solution au n»

899 ; mais qu'on remarque bien que la forme est un signe sensible; et elle doit être sensible en tant qu'elle détermine la matière. Qui dira donc que des paroles mal prononcées et de la signification desquelles personne, pas même celui qui les prononce, ne peut se rendre compte, produisent le sacrement'?

Art. II. — De ce qui est requis pour la licéité de l'administration des sacrements.

TUG. Il est requis : \o que !e ministre soit idoine et digne, 2' qu'il administre dignement et selon le rite voulu, 3° qu'il administre à ceux qui sont dignes.

797. §1. Il faut que le .minls- TRE soit idoi.ne et digne. I. Il faut donc qu'il soit député par l'Eglise, ou d'une manière générale comme tout homme l'est pour le baptêine en cas de nécessité, et pour son propre mariage, ou spécialement, ce qui est nécessaire pour tous les autres sacrements. Qu'on sache bien que dans une église, aucun sacrement ne peut cire administré licitement sans la permission au

DIEU SANCTIFICATEUR

moins présumée tlu curé. En «leliors de l'église, on peut entendre, si on a la juridiction, la confession des malades.

798. II. Il faut que le ministre soit en état de grâce ; car les choses saintes doivent être traitées saintement. Tous les prêtres, qui ont la charge, par leur office, d'administrer les sacrements doivent donc se tenir toujours en élat de grâce. Après un péché mortel, il y a obligation grave de se confesser avant de célébrer. Celui qui célèbre en élat de péché grave péclie gravement, d'après St Liguori :

1) en consacrant, 2) en administrant indignement un sacrement, o) en l'administrant à un indigne, 4) en le recevant indignement.

799. On ne saurait trop conseiller la confession à celui qui, étant en péché niorlel, doit administrer un autre sacrement que l'Eucharistie. Cependant la confession pourlors n'est pasabsolument nécessaire, la contrition parfaite suf- Jit : mais elle est requise. L'opinion la plus probable et la plus commune enseigne, contre de Lugo et d'autres, qu'il pèche mortellement, le prêtre ou le diacre qui donne la communion en »^tat de péché mortel ; cependant il est jilus probable qu'il ne fait qu'un seul péché quand il donne plusieurs communions sans interruption. Plus probablement aussi un confesseur, en péché mortel, fait autant de péchés graves qu'il absout de pénitents; il est cepen- «lanl des auteurs qui soutiennent prohablement qu'il ne l'ail qu'un seul péché, s'il en absout plusieurs sans interrompre les confessions. Mais ce n'est pas une faute grave, d'après l'opinion la plus probable, d'entendre dans cet élat la confession, si on ne donne pas l'absolution.

800. ppche-t-on gravement en administrant en mauvais élat de con$l'Aence, et en cas de nécessité, un sacrement pour lequel on n'est pas ov- 4r>nné, ou un sacrement pour lequel -m est ordonné, mais qu'on administre sans solennité? Pour être plus clair, (ine sage-femme en état de péché, pèche-t-elle gravement en donnant le baplème à un entant qui va mourir, l'n ipiètre qui n'a pas charge d'ùiiics, pccliei-il gravement en ondoyant simplement cel ènfani dans les mêmes conditions ?

Les uns disent oui ; les autres non ; mais un prêtre qui est pasteur des âmes, v. no 798, pèche toujours gravement dans ces sortes de cas, à moins que la nécessité ne soit si urgente qu'il n'ait pas le temps de faire un acte de contrition.

801. Les clercs qui remplissent en état de péché mortel les fonctions saintes de leur ordre, pèchent-ils gravement? Saint Thomas l'affirme, même pour les minorés et les simples portiers. D'autres le nient probablement. Il n'est donc pas certain qu'ils pèchent gravement, ceux qui en cet état louchent même immédiatement la Sainte Hostie pour la transporter, ou pour donner la bénédictiên, mais toujours est-il qu'ils sont sur une pente terrible qui mène au sacrilège.

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