PARTIE I. DE L'EUCHARIS- TIE COMME SACREMENT
879. L'Eucharistie se définit, un sacrement de la loi nouvelle,
institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour être l'aliment spirituel des âmes, et dans lequel le corps et le sang de J.-C.
sont vraiment, réellement et siibslanliellement contenus sous les espèces du pain et du vin.
880. C'est un sacrement ; c'est de foi, v. n° 750. On trouve, en
L EUCHARISTIE, SACREMENT
eiïet, dans l'Eiicharislie un sii^ne sensible, les apparences du pain et du vin (|ui deuieurenl après la consécration, qui sii,Mii(ient l'aliment spirituel et qui constituent^ d'après quelques-uns, l'essence du sacrement ; tandis que d'autres théologiens, dont l'opinion est probable, enseignentque l'essence du sacrement est constituée tout à la fois et par les espèces et par le corps de Notre Seigneur qui, signifié par les espèces, signifie à son tour la grâce. L. 1. G. 189. La communion n'appartient pas à l'essence du sacrement, elle n'est que la condition sine qiiâ non de ses effets.
881. Jésus-Christ est présent dans ce sacrement vraiment et pas en figure seulement, réellement et non par la Toi seulement, substantieUemerd et non par sa seule vertu, comme l'ont prétendu les protestants sacramentaires. La présence réelle de Notre Seigneur dans l'Eucharistie est de foi contre Bérenger, et un grand nombre de protestants.
« Si (juelqu'un nie que, dans le sacrement de l'Eucharistie, le corps, le sang, l'âme, la divinité de N. S. J.-G. et par conséquent J.-C. tout entier, est contenu vraiment, réellement et substantiellement, qu'il soitanathème. Tr. Ses.l3, can. 1. » Pr.
\) «Jésus prit du pain et il dit :
Ceci est mon Corps. Il leur donna le calice en disant : Ceci est mou Sang.^ Mat. XXVI, 2G. —2) Les saints Pères sont unanimes. Lisez l'office du St Sacrement et d& son octave. 3) Toutes les liturgies l'attestent, aussi bien que la pralicpie de conserver l'Eucliaristie dans un tabernacle et de la porter aux malades.
En vertu des paroles de la consécration, il n'y a que le corps, sous les espèces du pain.
Aussi si les Apôtres avaient consacré pendant les trois jours de la mort de N. S., il n'y aurait eu, sous l'espèce du pain, que son corps avec sa divinité, qui ne peut pas être séparée de lui.
Mais, après la résurrection, le corps de N. S. ne peut être séparé, ni de son sang, ni de son cîme. Donc J. Christ est tout entier dans l'Eucharistie et sous chaque espèce.
882. Donc il doit être adoré dans l'Eucharistie. C'est de foi.
« Si quelqu'un dit que dans le St Sacrement de l'Eucharistie, le Christ ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur, qu'il soit anathème. » Tr.
ses. 13. can. G. Cette vérité ressort clairement de ce que nous avons dit n« 880 et 608.
883. Comment N. S. est-il présent ? 1" Ce n'est pas par inipanation, ou par l'union hypostatique, ou personnelle, avec le pain comme l'a voulu Osiandre.
Cen'eslpâSTparconsubstantialion, ou en même temps que la substance du pain, et avec elle, comme l'a prétendu Luther ; mais c'est par transubstantiation, de telle sorte que la substance du pain ne demeure plus, et est changée en la substance du corps de Jésus-Christ. C'est de foi, autrement ces paroles: Ceci est mon, corps, ne seraient plus vraies.
Aussi les Pères comparent-ils l'Eucharistie au changement de l'eau en vin, aux noces de Cana.
((. Si quelqu'un nie cette admirable conversion de toute la substance du pain au corps de J.-C, les espèces du pain et du vin demeurent seules, qu'il soitanat.» Tr. ses. 13. can. 2. Donc la forme substantielle du pain ne demeure plus, quoiqu'en ait pensé Durand ; tous s'accordent à dire que la matière première du pain ne demeure pas non plus.
DIEU SANCTIFICATEUR
884. L'Eucharislie cependant ne se fait pas par une création ex nikilo, puisqu'elle se fait par transubslanliation, ni par l'adduction du ciel du corps de N. S., comme le veulent quelques auteurs, ni par l'union du corps de K. S. avec les espèces, mais par un changement substantiel du pain au corps de I\. S., qui est ainsi reproduit et non créé.
885. 2° J.-C. tout entier est présent sous chaqueespèce et sous chaque partie de l'une et de l'autre espèce, après la division.
C'est de foi. Tr. can.3. J.-C. en effet, est iimnortel et ne peut plus être partagé ; il est donc tout entier, partout où se trouve sa substance. Et comme il est dans l'hostie par la consécration et non par la division de l'hostie, lesthéologiensen concluent, bien que ce ne soit pas de foi. qu'il est tont entier dans toute l'hostie, et tout entier dans chaque parcelleavant la division, comme i'àme est tout entière dans tout le corps, et dans chaque partie du corps. S. 121.
886. 3" « Si quelqu'un dit qu'après la consécration le corps et le sang de J.-C. n'est pas présent, mais qu'il est seulement là dans l'usage qu'on fait de l'Eucharistie en communiant, mais non avant, ou après, qu'il soit anat. » Ce canon frappe Luther.
Tr. can. 4. voir n° 870 et suiv.
J.-C. reste donc jusqu'àce que les espèces s'altèrent, ce qui dans un homme qui a un estomac sain, se fait en un quart d'heure, même chez un prêtre.
11 en est qui prétendent, contrairement à Si Thomas, que si les espèces du vin étaient mèléesà une grande quantité do vin, elles ne seraient pas altérées.
Il faut donc avoir soin que dans la dernière ablution l'eau soit en plus grande quantité que le vin, afin que le calice soit plus sûrement purifié. L. 1. 6. 221).
887. A<^ J.-C. n'est 'pas présent dans l'Eucharistie d'unemanière
naturelle, comme dans le ciel; mais il y est sacramentellement de la manière que nous avons expliquée n» 477. Les accidents du pain et du vin n'adhèrent pas au corps de N. S., ce serait une imperfection pour ce corps adorable. Ils ne sont pas non plus soutenus par ce corps pour la même raison, mais « n'étant appuyés sur rien, comme dit le catéchisme romain, ils se soutiennent eux-mêmes » par la puissance divine.
888. Les uns disent que les espèces doivent être adorées avec le corps de N. S., comme la pourpre est honorée avec le roi ; d'auM-es le nient. La première opinion semble plus vraie. S. 197. Quand les espèces se corrompent, une nouvelle matière succède au corps de N. .S. , et cette nouvelle matière est probablement la même, que celle qu'il y aurait là, si la consécration n'avait pas eu lieu. 8.173. D'après St Thomas, au moment de la consécration, les espèces reçoivent de Dieu la vertu d'être le sujet de toutes les formes, qui suivent la corruption ; et par conséquent tout ce qui pourrait être produit par la matière du pain et du vin, si elle était là, peut être produit par la quantité dimcnsive du pain et du vin, non par un nouveau miracle, mais en vertu du miracle précédemment opéré. 3, q. 77. a. 5.
Ayant donc établi et développé la définition de l'Eucharistie, nous allons traiter dans trois chapitres P du sacrement lui-même : 2" de son ministre ; 3° de son sujet.