‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 178 sur 459 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DU SACREMENT DE l'eUCHARIS- TIE EN LUI-MÊME.

Article I. De la matière et de la forme.

880. § I. La M.\TiÉHE, I éloignée est double ; c'est d'après le décret aux Arméniens, le pain et le vin de r'i(j))c. Et non seulement il y a un précepte tellement rigoureux d'employer

EUCHARISTIE, SACREMENT

ces deux inalières à la fois, qu'il n'est pas même permis pour donner le viatique ;i un mourant de consacrer une seule espèce, comme tous renseii,Mient; mais encore ce précepte est de droit divin, comme il faut tout à fait l'admettre, dit St Liguori contre quelques auteurs. L. 196. Et l'opinion commune, qui n'a que quelques contradicteurs, enseigne que le Pape n'en peut pas dispenser. Bien plus, il est quelques auteurs qui nient que la consécration fût valide, si un prètreconsacrait une espèce sans avoir l'intention de consacrer l'autre; car il n'est pas improbable, qu'en dehors du sacrifice on ne peut pas produire le sacrement. Cependant l'opinion commune soutient que dans ce cas la consécration serait valide.

11 est certain que la consécration d'une espèce est valide, si on n'exclut pas la consécration de l'autre espèce, comme par exemple, si après avoir consacré le pain, vous êtes menacé de mort, et prenez la fuite aussitôt. Mais si on menaçait de mort un prêtre pour l'obliger à consacrer, sous une seule esptJce, il ne lui serait point permis de le faire.

890. Les deux matières doivent être déterminées et présentes, comme le demandent ces mots de laforme/<or est; ceci est.

Donc si elles étaient au delà de vingt pas, la consécration serait invalide, ou du moins douteuse.

Elle ne serait pas valide non plus, si le prêtre disait : Je veux consacrer une hostie sur vingt, sans déterminer laquelle. Il est à propos que le prêtre, avant de célébrer, ait toujours l'intention de consacrer tout ce qui sera présent sur le corporal; de cette manière il n'aura pas lieu d'avoir des doutes, s'il se trouve sur

le corporal, après la consécration, des hosties qu'il n'avait pas remarquées. Si ensuite il remarque qu'il a consacré deux grandes hosties au lieu d'une, il les consommera toutes deux à la communion. S'il le remarquait après l'ofïertoire, il devrait en mettre une de côté et la consommer après le précieux sang. L.

217. Quant aux gouttes de vin qui seraient en dehors du calice, il ne faut pas avoir l'intention de les consacrer, car on pécherait gravement en les consacrant ; mais pour celles qui sont dans le calice, il importe peu en (iratique qu'on ait, ou qu'on n'ait pas, l'intention de les consacrer.

La consécration d'un ciboire fermé, ou d'un calice couvert, est certainement valide ; mais la consécration d'un ciboire, qui est en deiiors du corporal, est douteuse; elle est même certainement invalide, si le prêtre ne fait porter son intention, que sur ce qui est sur le corporal. Les hosties douleusement consacrées doivent être consommées après la première ablution, ou bien comme quelques-uns le permettent, elles doivent être consacrées sous condition à la messe suivante ; mais Saint Liguori n'approuve pas celte dernière manière de faire, à moins ([u'une juste raison ne l'excuse.

Si des hosties non consacrées sont mêlées à celles qui sont consacrées, il faut consacrer le tout sousia condition; si non sint consecralœ. M. 15:27.

891. Il est permis de consacrer desliosties apportées à l'autel avant le canon, en les offrant mentalement. On peut même le faire, après le commencementdu canon, si sans cela plusieurs personnes devaient être privées de la communion. Il faut avoir soin de ne pas consacrer plus d'hosties qu'il n'en faut, vu le nombre des communiants, afin qu'elles ne s'altèrent pas.

892. 1» Du pain en parliculier. Pour la validiUK il est nécessaire que le pain soit fait avec de l'eau naturelle et de la larine de froment. « Nous définissons

DIEU SANCTIFICATEUR

que le corps de N. S. est vraiment rendu présent, par la consécration (lu pain de froment, qu'il soit azyme ou fermenté, et que les prôtros doivent employer l'un ou l'autre, chacun selon la coutume de son Eglise. FI.

Les prêtres grecs, qui voyagent en Occident, peuvent à leur gré célébrer avec du pain azyme, ou avec du pain fermenté ; il en est de même des Latins qui voyagent en Orient. A plus forte raison, peut-on consacrer en Occident, avec du pain fermenté, pour compléter un sacrifice, qui serait sans cela incomplet. Là dessus tout le monde est d'accord.

Mais en dehors de ce cas, il n'est pas permis de consacrer en Occident avec du pain fermenté, pas nu'me pour donner le viatique à un mourant. C'est l'opinion commune qui a cependant quelques contradicteurs. L. 1. 6. 203.

893. Ce serait une faute grave 4'employer une Iioslie énormément brisée ou maculée ; si les taches, ou la fracture, n'étaient que légères, le péché serait léger. Dans les Eglises latines, les hosties doivent avoir une forme ronde, et celle du célébrant doit être plus grande. Cependant si le prêtre célèbre la messe en particulier, ou bien si, en un jour de fête, les grandes hosties font défaut, il est permis de consacrer avec une petite hostie, pourvu qu'il n'y ait pas de scandale à craindre. L. 204, 205.

Les hosties doiventêtre faites depuis quinze jours seulement; et au plus, depuis un mois. D'après une décision de la Congrégation aies Rites, c'est un abus de se servir d'hosties faites depuis trois mois; et si un curé se le permet, les autres prêtres de la même église ne peuvent pas s'en servir pour cela. G. 315.

Page 1