‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 183 sur 459 · II. En ADMINISTRANT, I · texte numérisé non relu

II. En ADMINISTRANT, I

Il est requis pour la Ucéité. \° D'être en état de grâce, d'après l'opinion la plus probable; quelques-uns cependant le nient, parce que donner la comnmnion ce n'est pas produire un sacrement:

la communion n'est en effet que la condition sine qiié non de l'effet de l'Eucharistie. Tous s'accordent à dire qu'il n'est pas nécessaire de se confesser d'une faute même grave, avant de donner la communion, supposé qu'on ait la contrition parfaite.

Y. n» 798. 2*^11 faut être exempt de censure. Toutefois un ex-

L'EtîCriARÎSflE, SAChEMENT

communié non dénoncé ne pèche pas, ni n'encourt pas l'irréitularité, en donnant la communion à ceux qui la lui demandent.

911. IL Que doit-il administrer. 1"II n'est pas nécessaire de donner la communion, sous les deux espèces. C'est de foi contre Jean Huss et les protestants, de par le Concile de Trente. (Ses.

21. can. 1 et 3.) Et c'est ce qui ressort de ce que nous avons dit, plus haut au n'' 885. J.-G. en elTet est tout entier sous chacune des deux espèces.

9i'2. Il y a un précepte grave de l'Eglise de ne donner la communion, que sous l'espèce du pain aux laïques et aux clercs qui ne consacrent pas; et c'est de foi que l'Eglise ne s'est pas trompé dans cette pratique (Ibid. can. 2.) D'après l'cpinion commune, qui a peu de contradicteurs, on ne peut sans péché donner le viatique, sous l'espèce du vin, à un moribond, qui ne pourrait avaler l'hostie. On peut et on doit dans ce cas, lui donner un fragment d'iiostie dans un peu de vin ou d'eau. L. :2oo. Cependant un laïc pourrait et devrait même prendre les espèces du vin pour les soustraire à la prol'analion ; et un voyageur en Orient, s'il ne trouvait point d'Eglise de rite latin, pourrait communier sous l'espèce du vin. Les hosties doivent être entières ; cependant pour une raison légère, par ex. pour donner la communion à une servante, qui ne peutpasaltendre une autre messe, on peut diviser de petites hosties et même se servir d'un fragment delà grande hostie du Célébrant. G. 303. C'est un abus condamné par la Sacrée Congrégation de donner plusieurs hosties, ou une hostie plus grande que de coutume, pour favoriser certaines dévolions particulières.

913. III. Comment faut-il adminialrer r Eucharistie? i^Avec le pouce et l'index. Si le prêtre ne peut employer ces deux doigts, il ne peut clonner la communion avec les autres, sans raison suffisante. G. !2UG. Il est des auteurs, qui permettent de donner l'hostie aux pestiférés qui la prennent eux-mêmes dans une feuille de papier bien propre,

qu'on brille aussitôt après. Cr.

320. 2" Il faut observer les prescriptions du Rituel romain, qui varient selon qu'on donne la communion à l'église, ou qu'on la porte aux infirmes, il pèche gravement celui qui donne la communion en dehors du cas de nécessité, sans aucun vêtement sacré, et véniellement s'il la donne sans une étole de la couleur de l'office du jour. Pendant la messe, et immédiatement après, ou avant, on peut la donner avec les ornements de la messe, fussent-ils de couleur noire.

914. Il est défendu de transporter l'Eucharistie d'un autel à l'autre sans aucun vètemeni sacré, et de l'administrer sans un cierge allumé et sans la récitation du Conflteor, mais on peut la donner avec un seul cierge et sans ministre. Il ne faut pas qu'une femme réponde, mais que le prêtre récite toul luimême. Quand le prêtre doit donner la communion aux religieuses, c'est tourné vers elles qu'il dit le Misereatur et l'Ecce Agnus Dei, cependant il doit donner toul d'abord la communion à ceux qui servent la Messe ; et en descendant et en remontant, il doit passer par le milieu de l'autel. M. 1541. — Le verset et l'oraison après la communion sont de précepte, mais non l'antienne 0 sacrum convivium. Quand on donne la communion immédiatement avant ou après la messe, on doit donner aussi la bénédiction aux fidèles, excepté dans les messes de requiem.

913. Concernant la communion des inlirmes, voyez le Rituel et remarquez ce qui suit : L'Evêque peut permettre de se couvrir, pour porter la Sainte- Eucharistie, en dehors des bourgs ; mais le pape seul peut donner celte permission, pour la porter ainsi dans les bourgs eux-mêmes. G. 307. Si on ne peut faire autrement, on peut la porter sans aucun vêtement sacré. G. 306.

Si on a une longue route à faire, on peut se servir d'un cheval paisible ; maison ne peut jamais conlier le saint ciboire à un laïc. G. 307. V. n" 908. D'après le rituel, on doit porter lasainle Eucharistie d'une manière ostensible et avec honneur, à moins que l'Evêquc ne permette de faire autrement dans certains lieux, où il est nécessaire de le faire en secret ; et dans ce dernier cas, dit Benoit XIV, que le prêtre ait du moins toujours une étole, et soit ac-

DIEU SANCTIFICATEUR

compagne au moins d'un fidèle. M.

io44. Pour ne pas effrayer le malade, le prêtre peut dire à voix basse les paroles : Acripe viaticum, etc., qu'il n'est pas du reste nécessaire de dire.

L. 28.'). Il n'est jamais permis de porter l'Eucliaristie, pour la faire vénérer à un malade, ([ui ne peut la recevoir.

91H. Si en distribuant la sainte hostie, on laisse tomber une parcelle dans les vêlements d'une femme, qu'ellemême la retire et la rende au prêtre.

Si elle tombe à terre, ou sur la nappe, (lu'on remarque l'endroit et qu'on le lave ensuite. Cette obligation de laver la place est légère, s'il s'agit de l'hostie ; mais elle est grave, s'il s'agit de l'espèce du vin. Si l'hostie tombe sur la barbe, ou les vêlements de quelqu'un, il n'y a rien à faire qu'à la retirer. Si le précieux sang se répandait, il faudrait le prendre le mieux possible en l'épuisan t. ou en léchant la place, qu'on laveraitaprèss(tt f/rari.V.nolO;2t)etsuiv.

917. IV. A qui faut-il administrer r Eucharistie ? — Ceux qui ont charge d'âmes sont obligés par leur fonction , et s'ils reçoivent un salaire, par un devoir de justice, de donner la communion à leurs ouailles, toutes les fois qu'elles la demandent raisonnablement.

Un refus peut facilement devenir grave, à moins que la communion ne soit demandée par des pécheurs publics, ou par des insensés. On ne doit pas la refuser à un pécheur occulte qui la demande publiquement, ni même aux fdles enceintes qui se sont notoirement confessées et qui ont cessé leurs relations mauvaises. On ferait bien toutefois de persuader à ces dernières de faire la communion, dans une paroisse, ou une église où elles ne seraient pas connues, si leur présence à la table sainte devait être un sujet de rumeur publique et de scandale. Donc si après avoir porté le viatique à un moribond, le prêtre remarque en entendant sa confession, qu'il n'a pas les dispositions voulues pour conmnunier, il faut lui persuader de déclarer devant les gens do la maison, ([u'il ne veut

pas communier ; et s'il ne veut pas le déclarer, il faut lui donner la communion. Pour éviter cet inconvénient, il est tout à fait à propos de ne porter ordinairement la communion cà "un malade qu'après avoirentendu sa confession; à moins qu'on n'ait de sérieuses raisons de faire autrement. Il n'est pas convenable de porter la communion, auxfemmes de mauvaise vie, dans le lieu même de leurs crimes. Un curé est-il tenu d'administrer l'Eucharistie aux pestiférés? Les uns l'affirment, les autres disent qu'il n'est tenu de donner que le Baptême et la Pénitence. Les deux opinions sont probables ; mais un prêtre dévoué suit toujours la première du moins en pratique. L. 233.

918. V. Quand faut-il donner la communion? — On peut la donner à toute heure du jour, et même pour une cause suffisante, à la tombée de la nuit; mais au milieu de la nuit, on ne peut la donner qu'en viatique, encore lo fait-on sans bruit, (j. 305. Il est permis dans les communautés de donner la communion, bientôt après minuit, à un infirme qui ne peut pas rester longtemps à jeun, M. 15'i0. V. no 940. Sauf lé viatique ((u'on peut donner en tout temps, il n'est pas permis de donner la communion en temps d'interdit local, ni depuis le Jeudi-Saint après la Messe jusqu'au Samedi-Saint après la Messe, à moins que la coutume ne permette de donner ce jour-là la communion à la Messe. On ne peut pas non plus, sans un privilège, la donner à la Messe de minuit le jour de Noël .

9 19. VI. Où faut-il l'administrer? Aux infirmes dans leur maison, et aux autres selon coque nous avons dit au n" 90C> et suiv.

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