LA PENITENCE, L EXAMEN
pas une aUenlion trop tendue, ni trop minutieuse, mais une recherche sensée et raisonnable, qui ne rende pas trop lourd le devoir de la confession. G. 507.
Aussi n'y a-t-il pas d'obligation d'écrire ses péchés. L'oubli n'est pas toujours une preuve qu'on a négligé l'examen ; et, du reste une négligence légère ne rend pas la confession invalide.
H13. Il n'y a pas d'obligation de s'examiner sur les péchés véniels, pas plus qu'il n'y a obligation de les accuser. Les pénitents pieux ne doivent donc pas s'examiner longtemps ; on leur conseille de le faire pendant 5 minutes ; et on commande au scrupuleux de ne le point faire du tout. C'est donc un abus que la manière de faire de certaines personnes pieuses, qui perdent un long temps à s'examiner, et songent à peine à s'exciter au repentir et au ferme propos.
Chez ceux qui se confessent souvent, bien qu'ils tombent dans des fautes graves, l'examen peut être moins diligent que chez ceux qui restent longtemps sans se confesser. On exige aussi moins d'un ignorant que d'un homme instruit, d'un malade que d'une personne en santé.
Il est souvent avantageux que le confesseur examine luimême les ignorants, et tous ceux qui, laissés à leurs propres forces, sont incapables de s'examiner, surtout les malades qu'il vaut mieux absoudre, après qu'ils se sont imparfaitement confessés, que de les exposer au péril, de la damnation. Un confesseur peut, sans doute, dans certains cas inviter avec bonté un pénitent instruit à s'examiner et à revenir ensuite ommencer sa confession; mais e plus souvent aujourd'hui suroul, il est plus sûr que le con-
fesseur interroge lui-môme le pénitent, et après la confession faite, lui donne, si c'est possible quelques temps, pour s'examiner encore. V. n» 1320.
m 4. (b) De la manière de FAIRE l'examen. — Il Suffit que le pénitent après avoir imploré la lumière d'en haut, se rappelle où il a été chaque jour, ce qu'il a fait, ce que dans les diverses circonstances de sa journée il a commis de mal par pensées, désirs, paroles, actions et omissions. Mais il vaut mieux encore, surtout dans les confessions plus longues, que le confesseur et le pénitent suivent avec ordre les commandements de Dieu, ceux de l'Eglise, les péchés capitaux et les obligations de l'étal du pénitent. C'est pourquoi nous joignons ici un examen, qui servira pour les confessions plus longues et surtout pour les confessions générales.
■lilo. Si quelque chose vous inquiétait sur le passé, je vous aiderai, ditesle moi sans crainte. Peut-être précédemment vous avez négligé de vous exciter suffisamment au regret de vos fautes? Vous aviez été négligent dans votre examen ; vous étiez retombé bientôt après la confession ? Il faut faire ces questions à chaque pénitent que l'on voit pour la première fois; et néanmoins il arrivera souvent que vous ne réussirez pas par là à découvrir le sacrilège, ce ne sera que plus tard que le pénitent, enhardi par la bonté du confesseur, en viendra à avouer ce qu'il n'osait pas dire d'abord. Nous donnons ci-dessous les interrogations principales qui peuvent suffire avec le plus grand nombredespenitents.il en est même qui ne peuvent pas convenir à tous.
Un confesseur prudent saura les discerner et les omettre. Toutefois, chaque prêtre doit connaître les diverses espèces de péchés, et cet examen n'est pas suffisant pour les lui apprendre toutes. Il est donc nécessaire d'étudier avec soin et de posséder les traités des péchés n" 2094, des vertus no 2022 et du décalogue voir n" 2183.
1116. PmRMIER COMMANDEMENT. -1° SUT
la foi: Avez-vous oublié les vérités nécessaires à savoir? Avez-vous douté des vérités de la foi ? Les avez-vou3
DIEU SANCTIFICATEUR
niées intérieurement? Combien de fois?
(A moins que des circonstances particulières ne conseillent le contraire, n'interrogeons pas sur les fautes extérieures, ceux qui n'ont pas consenti à des péchés intérieurs, sur la même matière). Avez-vous fait connaître aux autres vos doutes, ou votre manque de foi? Avez-vous tenu, ou entendu, des discours contre la religion, auxquels vous avez consenti intérieurement et applaudi extérieurement ? Avez-vous lu des livres ou des journaux contre la foi? (Il faut faire promettre au pénitent de brûler ces écrits, de ne plus les recevoir, et d'éviter les mauvaises compagnies.)
dll7. Pour prévenir le sacrilège, ne posons pas les questions d'une manière négative, autrement le pénitent est exposé à répondre de la -même sorte, et cela contre la vérité. Posons-les d'une manière affirmative, et après chaque réponse, disons au pénitent un mot, qui loin de l'etTrayer, lui donne au contraire courage et confiance. En interrogeant sur le nombre, suppgsons qu'il est plus grand qu'il ne l'est en réalité. Disons : Vous avez péché 20 fois par jour, si nous craignons qu'il ait péché dix fois. Le pénitent a moins de peine à diminuer qu'à augmenter.
Pour la même raison, disons-lui : Vous êtes retombé aujourd'hui, pour lui faire dire qu'il est retombé hier ; et s'il dit qu'il ne s'est pas confessé depuis longtemps, demandons-lui s'il y a oO ans qu'il ne s'est pas confessé ; il lui sera facile de dire qu'il n'y a que .30 ou 20 ans. Si vous soupçonnez que le pénitent, en répondant négativement, vous trompe, vous pouvez lui demander combien de fois il a fait ce péché ; et s'il dit le nombre,, il avoue par là même ce qu'il niait auparavant. Faisons tous nos efforts pour que le pénitent pense que nous ne le connaissons pas. S'il ne répond pas tout de suite, ne le pressons pas trop; au lieu de gagner du temps, nous lui fermerions la bouche.
Ne parlons pas haut au confessionnal, même quand il s'agit de choses qui ne sont pas de la confession, autrement les péniients craindraient que leurs péchés ne fussent entendus. .4vec ces industries saintes, vous empêcherez beaucoup de sacrilèges.
■11-18. 2o Sur l'Espérance. — Avezvous désespéré de voire salut, ou de vous corriger? Avez-vous murmuré contre Dieu, avec un sentiment de colère, dans vos malheurs ? Avez-vous péché i>ar présomption, vous exposant aux occasions, différant votre conversion, péchant plus facilement parce que Dieu est miséricordieux, ou comptant vous sauver sans bonnes œuvres?
-1119. 3» Sur la Charité. — Auriezvous eu de la haine contre Dieu, ou du dégoût à son service ?
1120. 4" Sur la Religion. — Vous êtes-vous rendu coupable de superstition, ajoutant foi aux songes, aux sorciers ? Etait-ce pour nuire au prochain? Avez-vous commis certains péchés graves dans l'Eglise? Avez-vous maltraité les personnes consacrées à Dieu, ou désiré d'offenser Dieu avec elles ?
Avez-vous reçu les sacrements sans les dispositions nécessaires ? Avez-vous communié sans être à jeun ? Avez-vous négligé de prier, et de faire prier ceux dont vous aviez la charge ?
-1121. Deuxième commandemext. — Avez-vous dit des paroles injurieuses, des blasphèmes contre Dieu etles saints? (N'oublions pas qu'aujourd'hui il faut interroger sur le blasphème, non seulement les femmes etles petits garçons, mais même les petites filles, qui cachent facilement ce péché) ? Avez-vous fait des serments faux, ou injustes ? Avezvous nui en cela au prochain? Avezvous négligé d'accomplir les vœux et les serments que vous aviez faits?
1122. Troisième commaxèemext. — Le dimanche et les jours de fête d'obligation, avez-vous travaillé longtemps sans nécessité ? Avez-vous fait travailler les autres ? Y avez-vous manqué la messe?
Y êles-vous arrivé tard? L'avez-vous laissé manquer, ou fait manquer à d'autres?
1128. Quatrième commandement. — A l'égard des parents, des supérieurs, de votre époux, elc, avez-vous eu de la haine? Les avez-vous insultés, ou méprisés? Les avez-vous menacés, ou frappés ? Leur avez-vous désobéi ? A l'égard de vos enfants, de vos pupilles, de vos domestiques, de votre épou.se, les avez-vous maltraités? Les avez-vous laissés exposés à de mauvaises occasions, avez-vous négligé de les corriger, leur avez-vous donné de mauvais exemples ? Avez-vous négligé de leur faire connaître et accomplir leurs devoirs religieux ? A l'égard de vos frères et sœurs, y a-l-il eu de !a haine, des mépris, des insultes, de mauvais traitements ?
1124. Cinquième et Huitième commandements. — Avez-vous souhaité du mal grave à vous-même et aux autres? Vous êtes-vous réjoui du malheur du prochain ? Vous êtes-vous attristé de sa prospérité? Avez-vous gardé rancune contre quelqu'un ? Avez-vous insulté les autres? Avez-vous dit du mal secret qui pût leur nuire gravement? Ce mal était-il faux ou non? Avez-vous frappé quelqu'un, donné de mauvais coups, occasionné la mort de quelqu'un? Vousêtes-vous battu en duel? (11 faut tout pardonner, parler avec tous, rendre service à tous, accep-