‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 201 sur 459 · LA PENITENCE, L EXAMEN · texte numérisé non relu

LA PENITENCE, L EXAMEN

1er les excuses, qu'on vous ferait répai-er les calomnies et les médisances).

Avez-vous mal jugé les autres? Avezvous révélé des secrets graves, lu des lettres secrètes et importantes adressées à d'autres?

■H25. Sixième et Neuvième comma^- BEMESTS. — Ici, le confesseur prendra bien garde de ne pas apprendre le mal à ceux qui l'ignorent, en procurant néanmoins l'intégrité de la confession ei la tranquillité du pénitent. Ce sont les péchés de celte nature qui tourmentent davantage les âmes, quand ils n'ont pas été confessés. Ne prolongeons pas ces interrogations. Au besoin entremêlons-les d'autres sortes d'interrogations, ou ayons soin que le pénitent invoque de temps en temps les saints noms de Jésus et de Marie.

■H26.VOUS avez pris plaisir à de mauvaises pensées? Vous avez lu de mauvais livres? Vous les avez prêtés aux autres? Brùlez-les. Vous avez vu des choses obscènes? Il n'y a pas besoin de dire ce que vous avez vu. Vous avez désiré d'en voir? Le meilleur moyen d'après St Léonard, de faire accuser au pénitentles mauvais désirs, c'est, après qu'on l'a interrogé sur les diverses sortes de péchés que nous énumérons ciaprès, de lui demander s'il a désiré de ies commettre.

Vous avez entendu de mauvais discours? Fuyez ces compagnies. Vous avez dit des choses déshonnêtes, avec de mauvaises pensées, et en présence de personnes qui pouvaient en être scandalisées? Vous avez chanté de mauvaises chansons ? Vous en avez appris aux autres? Vous avez fait de mauvaises actions seul avec vous-même, soit avant, soit après le mariage, ou le vœu de chasteté ? Vous avez éprouvé par suite des plaisirs mauvais? A quel âge avez-vous commencé ?

H27. (Qu'on remarque bien que dans une confession générale, il importe que le pénitent confesse les péchés qu'il a commis depuis sa plus tendre enfance, depuis 8 ou 4 ans s'il s'en souvient, afin qu'il n'ait pas d'inquiétudes plus tard à ce sujet. Que le confesseur l'interroge donc là-dessusj.

ii'IH. Tactus habuisti erga alios ejusdem aexus^cum manibus,c'tetiam alio modo, cum iisdem voluptatihus malis ? Erant consampiinei f Conjugati? Deo consecrati? Er(ja alios etiain alterius scxiis, oscula habuisti et tactus ?erant consang uiiu-ii> conj ugatif Deo consecratif aclum conjugii cum illi$ fccisti, quolies, ? habuisti filios ex hoc consorlio, quid de illisf Sinon habuisti, modo prohibilo c.oncep'.ionem impcdisli ? rel abortum prociirastiP Complices ma-

nenlne in domo tua 9 Si pœnitens puer sit, quœre cum quo dormiat?

removenda es/ occasio. Uxoribus: Obedivisti marilo in rébus licilis ? Ambobus conjugibus : Aumquid desiderasti alium vel aliam quam conjugem f habesne inmatrimonio aliquid quod te molestet f Si respondent :

bene concordamus, adde : aliquidne fecistis contra casli'.alem ? Portasse accusabunl onanismum.Aliquid aliud habetis ? si hœsitant, addis extra actum conjugii malas libertates sumpsisti, tactu ? alio modo, cum malis voiuptatibus ? an extra cas debitum ?

Omnibus post prœdicta : Si quid adhuc habes, quod non postulaverim, die bono animo, adjavabo te ; et deiiide potes, si pœnitentem anxie hœrentem vides, interrogare, prœsertim si sit rudis, rel pastor, an peccacerit cum animalibus tactu, vei alio modo ? Avez-vous assisté au théâtre, aux danses, fréquenté de mauvaises compagnies ou des personnes de différent sexe? {Voir au no •lolU, ce que nous disons au sujet des enfants).

1129. Septième TT dixième coaimande- MENTS. — Avez-vous causé du dommage au prochain en volant quelque chose, en trompant dans les marchés, en prêtant à usure, en retenant le salaire des domestiques, en gardant ce que vous aviez trouvé ? pour combien avez-vous fait tort? il faut restituer. Avez-vous désiré de voler?

dlSO. A cet endroit de la confession, si vous voulez pour la gloire de Dieu, guérir un grand nombre de mauvaises consciences, dites au pénitent: Oh !

que vous avez bien dit vos péchés ! Jamais vous ne les aviez expliqués si bien? Vous étiez inquiet par suite? S'il répond oui, demandez-lui depuis combien de temps il était inquiet; et ajoutez : Je suis très content de ce que vous m'avez bien ouvert votre conscience, ditesmoi maintenant tous les péchés de votre vie et je vous aiderai. Et alors, il fera volontiers une confession générale qu'il a peut-être refusé de'faire au commencement. Toutefois, d'après ce que nous avons dit ci-dessus n" -ilOO, si le confesseur prévoyant, dès le commencement, que le pénitent avait besoin d'une confession générale, a eu soin pendant qu'il disait les péchés d'une année d'en faire l'application à sa vie tout entière, il peut se contenter d'ajouler: Vous vous accusez bien d'avoir fait à peu près toujours les même fautes dans toute votre vie? lit cela suffira.

-ilîil. Mais qu'on le remarque bien, quand le uénitent veut faire un retour sur le passé, il vaut mieux le faire faiie aussitôt de toute la vie, que de parlir

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blEU SANCTiFICVTEL'R

d'une épofiiic délerniinée, du mariage par exemple.' Il arrive en effet souvent que celui, qui se disait d'abord n'être inquiet que depuis son mariage, finit par dire qu'il l'était depuis sa première communion, ou même avant sa première communion, ce qui fait perdre beaucoup de temps. On en gagne donc en lui faisant faire tout d'abord une confession de toute sa vie.

113^. CoMMA?îDEME\TS DE L'ECLISE. —

Avez-vous omis votre confession annuelle, et votre communion pascale?

Combien de fois vous êtes-vous confessé, ou avez-vous communié, pendant que vous étiez inquiet sur vos confessions? Vous avez été confirmé et vous vous êtes marié dans ces doutes ?

Vous vous accusez bien d'avoir ainsi mal reçu les sacrements? Une autre fois dites bien tout, et lorsque quelque chose vous embarrasse, priez votre confesseur de vous aider; et au besoin, changez de confesseur plutôt que de rien cacher. Vous avez manqué aux jeûnes, vous avez mangé de la viande les jours défendus? Ne prenez pas vos repas avec ceux qui vous exposeraient à manger de la viande.

1133. Péchés capitaux. — (Nous avons prévu ci-dessus ce qu'ils comportent de grave). Vous avez bu du vin avec excès, jusqu'à perdre la laison?

Dans l'ivresse vous étiez porté à des colères graves, ou à des pensées mauvaises, etc.? Ne buvez jamais sans manger, évitez les cabarets et les buveurs.

1134. Devoirs d'état. Il ne suffit pas toujours, d'après St Liguori, de demander au pénitent s'il a accompli ses devoirs d'état ; il faut de plu.s, s'il est d'une conscience large, l'interroger sur ses principales obligations.

A un prêtre il faut demander s'il a récité son office, s'il a acquitté les messes en temps voulu, s'il a négligé d'entendre les confessions, et cela lors même qu'il n'aurait pas charge d'àmes, si les confesseurs n'étaient pas assez nombreux pour suffire aux pénitents; s'il a étudié la théologie, s'il a négligé d'absijudre les enfants capables d'offenser Dieu ; s'il a donné sans suivre les vraies règles, l'absolution, aux récidifs et à ceux qui sont dans l'occasion du péché.

il33. A un curé, demandez en outre s'il a cherché à ramener ses paroissiens lorsqu'ils offensaient Dieu; s'il a veillé à ce que tous remplissent leur devoir pascal; s'il a refusé les sacrements à ceux qui leslui demandaient, s'il a assisté avec soin les moribonds ; s'il a fait son prône le dimancl;e et les jours de fôte ; s'il a instruit des principaux mystères de la foi les enfants

et les ignorants; s'il a trop différé de faire fai're la 4 le communion aux enfants, s'il a donné à desordinands des lettres de recommandation, qu'ils ne méritaient pas. (Voir n» 3674 et suiv. sur les devoirs des Evêques, voir L. P. et les no 3452 et suiv.)

•1136.^ une religieuse, on demande si elle a observé ses vœux ; si ell& a entretenu dans son cœur des affectioas dangereuses. A une supérieure, si elle a veillé à ce qu'on observât les règles même légère*; car elle peut pécher mortellement en tolérant plusieurs légers abus. A une portière, si, contre les règles de la clôture, elle a introduit dans l'intérieur du monastère des personnes, ou des lettres suspectes.

1137. A un juge, ou à un arbitre, on demande s'il a fait acception de personnes; s'il a laissé traîner les causes en longueur, ou s'il a négligé d'apporter à ses jugements toute la maturité voulue.

■M38. A un avocat, on demande s'il a entrepris de soutenir des causes injustes; s'il a défendu des causes justes sans la science voulue, ou avec négligence, ou s'il a exigé un honoraire trop élevé.

A un avoué, s'il a fait traîner les causes en longueur.

-H 39. .4 un huissier, s'il a fait tort à ses clients ou à d'autres.

.4 im notaire, s'il a pris des informations suffisantes, s'il a exagéré, ou diminué les dépositions des témoins, s*il a fait des actes injustes, ou des actes justes, mais sans les formes voulues, ou s'il a confié ces actes à des secrétaires inhabiles.

1140. .4 un médecin, s'iléludie dans les cas difficiles, s'il donne à ses malades les soins voulus, surtout aux pauvres, s'il a ordonné des remèdes dangereux avant que l'état du malade fût désespéré, s'il a accordé trop facilement la permission de faire gras, s'il a conseillé d'acheter chez un pharmacien ami, des remèdes dont la vertu était passée, ^il a surtout averti les malades en danger de mort de se confesser, c'est surquoi il faut fortement insister.

1141.. 4 un pharmacien, s'U a donné des remèdas aux mères pour nuire à leur fruit, s'il a vendu un remède pour un autre, ou s'il l'a vendu trop cher. V. n" 3744 et suivants.

1142. Aux votants, s'ils ont donné leur vote à des indignes, ou s'ils ont coopéré à l'élection des indignes en s'abstenant de donner leurs suffrages.

Aux gardes, s'ils ont négligé de dénoncer ceux qui faisaient du dommage.

Aux mai'chands, s'ils ont vendu

La Pénitence, l'examen

des choses au-dessus du prix Je plus élevé, surtout à crédit, quand ils étaient sûrs du paiement.

Aux tailleurs, s'ils ont vendu trop cher le drap qu'ils ont fourni, s'ils ont gardé les restes d'étofles, ou s'ils ont trouvé une occasion de péché en pienant la mesure des vêtements des femmes.

-1143. Aux courtiers, {on à ceux qui vendent au nom d'un autre,) s"ils ont retenu pour eux une partie du prix, sans une juste raison. V. no 2915.

Aux barbiers, s'ils ont coiffé les femmes avec danger de péché.

Aux cabaretiers, s'ils ont, sans une juste raison, donné du vin à ceux qui devaient s'enivrer; si les jours d'abstinence ils n'ont offert que des aliments gras ;\ceux qui n'en demandaientpas, s'ils ont toléré dans leur maison des scandales. Pour plus de détail voir L.

P. 48 et suivants, et plus loin no 2478.

1U4. 3» De la satisfaction.

La salisfaclion est le support volontaire de la peine pour compenser l'injure faite à Dieu, et pour expier une peine temporelle plus grave, que le péché a méritée. M. 1714. La satisfaction est donc une branche de la pénitence et de la justice à l'égard de Dieu. Le baptême enlève toute la peine temporelle, mais la pénitence ne le fait pas toujours. C'est (fe/'oL « Si quelqu'un dit que foute la peine est toujours remise par Dieu en même temps que la coulpe, qu'il soit anathème. » Tr., sess. 14, can. 12.

Mais quelle est la peine qui reste précisément ? Dieu seul le sait.

Cela dépend de la gravité des péchés pardonnes et de la pénitence plus ou moins parfaite.

« Si quelqu'un dit que pour la peine temporelle, due au.x péchés, on ne satisfait point du tout à Dieu par les mérites de Jésus- Christ, par les peines infligées par Dieu et supportées patiemment, ni parcelles qui ont été imposées par le prêtre, ni même par celles qu'on s'impose spontanément, commeles jeûnes, les oraisons, les aumônes, oule^ autres œuvres de piété, qu'ilsoit

anathème. » Tr, sess. Il, c. 13.

C'est donc de foi qu'il y a une satisfaction sacramentelle, et une autre qui est extra sacramentelle. NoustraileronsdeTune et de l'autre.

1145. 1) De la satisfaction SACRAMENTELLE. 11 y a des auteurs quidisentquelevœudesatisfaireà Dieu, ou le désir d'accomplir la pénitenceimposée par le confesseur, désir rendu sensible par l'imposition de la pénitence, et par l'acceptation du pénitent, est de l'essence du sacrement ; bien qu'en réalité la satisfaction elle-même, ou l'accomplissement delà pénitence, en soit une partie intégrante, de telle sorte que le sacrement est valide quand même la pénitence ne serait pas accomplie ; niais il serait invalide si on n'avait pas le propos de l'accomplir. D'autres disent que même le vœu delà satisfaction n'est pas de l'essence du sacrement, qu'il n'en est qu'une partie intégrante, G. B. 414. Qu'on n'oublie pas toutefois que le Concile de Trente dit que les actes du pénitent sont comme la matière du sacrement, et parmi les actes du pénitent, il compte la satisfaction.

Tr., sess. 14. can. A. Quoiqu'il en soit, il est certain que la pénitence sacramentelle remet ex opère operato une partie plus ou moins grande de la peine, selon la perfection plus ou moins grande de l'œuvre iinposée, ou des dispositions du pénitent, et qu'elle a plus de valeur pour expier le péché, que si on faisait à son choix une bonne œuvre équivalenle. Bien plus, quelques uns disent que la satisfaction produit l'augmentation delà grâce ; mais d'autres théologiens le nient. B. 274 et suivants. Cela étant pogé,Jparlons de l'imposition de la pénitence et de l'ac-

DIEU SANCTIFICATEUR

ceplalion et de la commutation (le la péiiilence.

1146. (a) De l'imposition de LA PÉMTEN'CE. [o} BeVobUgatiou d'imposer la pénitence. 11 est certain que c'est une obligation grave pour le confesseur, d'imposer une pénitence grave, pour des péchés mortels, à moins qu'une vrai© raison ne l'autorise à agir autrement. Le Concile de Trente dit en effet : c; Les prêtres du Seigneur doivent, selon la qualité des crimes et le pouvoir des pénitents, imposer une satisfaction salutaire et convenable... que la satisfaction qu'ils imposent ne soit pas seulement pour assurer une vie nouvelle, mais encore pour expier les péchés passés. » Sess. 14^, chap.8.

Mais il y a plusieurs raisons légitimes de diminuer la pénitence même pour des péchés graves, comme par exemple, une maladie grave, dans laquelle il suffit d'invoquer les noms de Jésus et de Marie, les dispositions imparfaites du pénitent qui n'accepterait qu'avec peine une pénitencegrave, enfin une indulgence à gagner. St Liguori conseille au confesseur de donner une pénitence légère au malade, en lui conseillant d'en faire une plus grande, après la maladie. On peut absoudre, sans lui donner la pénitence, le moribond qui a perdu l'usage de ses sens, mais qu'on lui suggère des actes intérieurs.

Au reste, l'opinion la plus probable et la plus commune soutient contre d'autres théologiens que ces paroles : Passio bomuii nostriJesn Christi., etc.

élève les bonnes œuvres du pénitent à la dignilé de la salislaction sacramentelle. Lig. 510-507.

, 1147. De plus, pour une cause raisonnable, le prêtre peut, pour des péchés graves, donner

une pénitence grave obligeant sub leti seulement. C'est ce qui ressort de ce que nous avons dit au n° 1146 ; mais il ne peut donner une pénitence qui n'oblige ni sub gravi, ni sub levi ; et il est ordinairement tenu de donner une pénitence grave pour des péchés graves ; Lig. 510.

Mais avant de l'imposer, que le confesseur demanae au pénitent s'il la fera volontiers ; et au besoin qu'il la change. Or on regarde comme grave la pénitence qui équivaut à une œuvre qui est imposée par l'Eglise sub gravi, comme par exemple l'audition de la messe, la récitation de cinq dizaines à' Ave Maria, mais non pascelledupsaumejy*ser^/Y'.

G. 524. Si le pénitent n'a que des péchés véniels, le prêtre pèche-til gravement, en ne lui donnant point de pénitence? Les uns probablement l'affirment ; les autres le nient. Pécherait-il en donnant une pénitence à la condition qu'on retomberait?

Oui, s'il ne donne que cette pénitence, mais non, s'il donne une pénitence absolue, et une autre avec cette condition. G. 525.

Régulièrement, la pénitence doit être imposée avant l'absolution ; mais si elle n'a pas été imposée avant, on peut et on doit l'imposer après. Lig. 514.

11-48 [b) Des qualités de la pénitence à imposer. — 1 II faut que la pénitence soïlpropor lionnée un péché, c'est ce qui résulte de tout ce que nous avons dit.

Qu'on n'impose donc pas une pénitence publique pour des péchés secrets, ni même pour des péchés publics, si le pénitent le redoute ; car on peut enlever autrement le scandale, par exemple, par la réception publique des sacrements. C'est donc mal ;\ propos d'exiger d'un enfant (ju il demande pardon à ses pa-

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