‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 202 sur 459 · LA PENITENCE, LA SATISFACTION · texte numérisé non relu

LA PENITENCE, LA SATISFACTION

renls, ou à d'autres. 2 Que les pénitences conviennent ou pénitent, par conséquent qu'elles ne l'exposent pas au mépris, et qu'elles ne le chargent pas trop longtemps. Il est hors de saison de donner une pénitence qui dure plusieurs mois. Il serait imprudent d'imposer des jeûnes à des enfants, ouàdes personnes faibles, des prières longues et difficiles à des ouvriers, ou des prières en latin à des ignorants.

1149. 3 II faut que les pénitences soient médicinales, c'està-dire, aptes à produire l'amendement du pénitent. Or il est des pénitences qui servent à guérir toutes les maladies de l'àme, comme la fuite des occasions, la fréquentation des sacrements, qu'il ne faut toutefois imposer que lorsqu'on est sûr qu'on l'accomplira, l'assistance aux sermons et aux saints offices, la lecture spirituelle, l'examen de conscience, le chemin de la la croix, la visite au Saint-Sacrement, ou à une image de la Sainte Vierge, la récitation de trois Ave Maria, matin et soir, pour demander la persévérance, ce que St Ligrori imposait à tout le monde, ou bien l'acte de contrition matin et soir en renouvelant la résolution de ne plus pécher, surtout contre tel commandement, l'oraison mentale pour les personnes pieuses, et pour les autres, surtout pourles ignorants, une pieuse réflexion avant de s'endormir, comme par exemple : Dans ce lit bientôt je serai étendu mort, avec un acte de contrition, ou une courte prière àrécitermalin et soir, ouau moins le soir pendant une semaine ou deux, comme par ex. Notre Père, Je vous salue Marie, Je crois en Dieu, les commandements de Dieu et de l'Eglise et un acte de contrition. On exhorterait ensui-

te à réciter celte prière tous les jours. L'assistance à la messe pendant deux dimanches, (on peut en efTet donner pour pénitence une chose déjàcom mandée, cependant St Liguori dit qu'une seule et même chose prescrite dans une confession précédente ne peut pas être donnée en pénitencedans uneseconde.) Il faut donc donner une seconde pénitence à ceux à qui on donne une seconde absolution pour des péchés oubliés. L. 513.

1150. Outre ces pénitences généralement médicinales, il en est qui servent spécialement ta guérir certaines maladies particulières de l'àme. Les contraires se guérissent 2'» ar les contraires.

De i.à à ceux qui sont faibles dans la foi, donnez à réciter des actes de foi. A ceux qui sont tièdes, donnez à réciter des oraisons jaculatoires : Mon Jésus miséricorde, Doux cœur de Jésus, faites que je vous aime de plus en plus ; aux désespérés donnez à réciter des actes d'espérance.

Aux blasphémateurs, la récitation de l'invocation : Loué soit Jésus-Christ. A ceux qui manquent la messe le dimanche donnez d'assister à la messe quelquefois dans la semaine, s'ils le peuvent facilement. A ceux qui gardent rancune, imposez des actes de charité intérieure et extérieure, car d'après l'opinion commune on peut ordonner des actes mêmeintérieurs. Aux âmes voluptueuses, sensuelles, imposons quelques privations dans lanourriture, la boisson ou le sommeil, ou quelques mortifications des sens, ou du corps, s'il y a quelque espérance qu'elles l'accomplissent. Aux voleurs et aux avares donnons quelques aumônes à faire, mais gardons-nous de nous charger de les faire nous-mêmes. Prescrivons aux

ortçueilleux quelques œuvres d'humilité comme de visiter les pauvres.

115 1 . 4 Si vous ne devez pas absoudre le pénitent, donnez-luides pénitences commémoratives, qui vous rappelleront l'étatde sa conscience, si vous veniez à l'oublier, afin que vous puissiez ensuite l'absoudre en sûreté de conscience. Voir ce qui a été dit au n" 1099. Une ou plusieurs des pénitences médicinales indiquées ci-dessus rappelleront, une, ou plusieurs des habitudes du pénitent. Si le pénitent se trouve dans une occasion in esse, ou s'il est dans l'obligation de restituer, ajoutez àces pénitences quelques prières particulières, comme un acte de contrition qui rappelleront ces circonstances, mais ne multipliez pas les pénitences de manière à les lui faire oublier ; et avant de le renvoyer, assurezvous qu'il les a bien comprises et retenues ; autrement en revenant, il vous dira qu'il a fait une pénitence que vous ne lui aviez pas imposée.

1152. (b) De l'acceptation

ET DE l'accomplissement DE LA

PÉNITENCE, (a) De l'acceptation de la pénitence. Il est certain que le pénitent doit accepter la pénitence juste que lui impose son confesseur. Le 4^ concile de Latran dit en effet: ce Que le pénitent s'applique selon ses forces à accomplir la pénitence qui lui est imposée. » Il est probable cependant que si la pénitence était évidemment plus grave qu'il ne faut, le pénitent pourrait, sans faute grave, se retirer sans recevoir l'absolution. Mais si la pénitence était raisonnable, on ne voit pas comment on pourrait excuser de péché mortel, le pénitent qui refuserait de l'accepter et voudrait absolument recevoir l'absolution avec une

pénitence légère.

1154. (b) De r accomplissement de la pénitence. Il est certain que le pénitent est tenu sub gravi d'accomplir une pénitence grave, imposée pour des fautes graves, à moins que le confesseur, (ce qui ne peut se faire régulièrement), ne la lui ait imposée sub levi d'une manière expresse. Si une pénitence grave a été donnée pour des fautes légères, ou pour des péchés déjà confessés, il est probable qu'elle n'oblige que sub levi, à moins que le confesseur n'ait eu une raison particulière de l'imposer sous peine de faute grave, comme par exemple s'il l'avait fait pour préserver le pénitent de chutes mortelles. Cr. 8840.

1154. Omettre une partie notable d'une pénitence grave, c'est une faute grave. Différer longtemps d'accomplir une pénitence grave, c'est aussi une faute grave. D'après l'opinion la plus probable, un délai de deux mois est regardé comme un délai notable, bien que quelques auteurs soient plus larges; mais si la pénitence était médicinale, un délai bien plus court pourrait être mortel.

L. 521. Cr. 3842. Celui qui n'a pas accompli sa pénitence dans le temps voulu, doit l'accomplir après. Quand la pénitence est légère, quand même elle est imposée pour des péchés graves, elle n'oblige pas de sa nature sub gravi. Bien plus, la pénitence n'oblige nullement, si la confession a été nulle; il faut excepter cependant ; 1° le cas où la pénitence est médicinale et a pour but de préserver de la rechute ; 2° le cas, où le pénitent, venant plusieurs fois se confesser sans recevoir l'absolution, le confesseur lui donne chaque fois quelque pénitence, dans l'intention de lui en donner

Page 1