ET DE SON ENTRÉE DANS L'AUTRE
Article I". — De la sortie de l'homme de cette vie.
1G99. Il y a une mort spiriluelie, qui est le fruit du péché; et elle est double : La première se fait en cette vie, et la seconde à la mort. Il y a une autre mort spirituelle qui est la mort au péché, et la vie de l'àme, d'après ces paroles : Nous avons été ensevelis . . . par le baptême dans la mort. Rom. VI, 4. Il y a aussi la mort corporelle, qui est la séparation de l'àme et du corps, c'est d'elle que nous allons parler.
nuO. Tows les hommes mourront.In omnes homines morspertransiit. Rom. V, lî\ et l'expérience l'apprend. Quelques-uns cependant admettent quelque exception k cette loi. St Thomas les réfute (D. T. Sup. q. 78, a.
1), en disant que nous avons été condamnés à mort, à cause du péché, que nous devons tous ressusciter, donc nous devons tous mourir. (Ibid. art. 3).
1701. Il ajoute que les corps de tous les hommes, môme de ceux qui vivront à la fin du monde, doivent être réduits en cendres : ce mot cendres a sa racine, ou bien dans le foyer du péché qui est la cause de la corruption, ou bien dans l'ancienne coutume de brûler les corps. Le Christ et la Bienheureuse Y. Marie, qui n'ont pas eu le foyer du péché, ont été manifestement exempts de cette loi.
1702. Il est donc évident que la mort est la peine du péché, -bien qu'en elle-même, elle soit naturelle au corps, dont les parties se dissolvent naturellement.
Mais dans l'état d'innocence, l'homme ne serait pas mort, il aurait été enlevé, corps et âme, dans le ciel ; et cette immortalité aurait été connalnrelle à l'état de grâce, ou bien elle aurait été produite en nous par le fruit de l'arbre de vie, comme quelquesuns le veulent. Mais le péché est entré dans le monde et par le péché la mort. La mort est donc une pénalité pour ceux qui sont baptisés ; et elle est une peine pour ceux qui ne le sont pas.
Voir n° 836. Cependant comme elle est le commencement d'une vie nouvelle, elle est désirée par les saints. J'rtt désiré, dit St Paul, d'élre dissous... et d'être avec le Christ. (Philip. I, 23).
St Thomas enseigne (III, q. 50, art. 2), que le corps, même séparé de l'âme, doit à l'âme d'appartenir, d'unecertaine manière, à la nature humaine; car il lui reste de par l'ordre établi par Dieu une certaine disposition à la résurrection. V. n" 1719.
1703. Il est certain que les hommes ne meurent qu'une fois, et que d'après la loi ordinaire, ils ignorent l'heure de leur mort :
Veillez, parce que vous ne savez ni le jour, ni l'heure (Math. XXV, 13); et de plus, la mort met fin au mérite et à l'état de viateur.
Morluï non habent ultra mercedem. (Eccl. IX, h). Donc pendant' que vous en avotis le temps, faisons le bien. (Cal. VI, 10).
Art. II. — De l'entrée de l'âme dans l'autre vie.
1704. § I. Du Jugement particulier. Au seuil de l'autre vie, lïime est jugée, c'est une vérité certaine et catholique que Calvin a niée. Pr. 1) Par l'Ecriture:
// a été décrété que les hommes meurent une fois ; et après cela le jugement. (Hébr. IX, 27).
L'homme aussitôt après la mort,